jeudi 31 juillet 2008

Jardin aquatique ...

Ce soir une pluie diluvienne est tombée sur mon patelin. Je l'ai bien vue par les fenêtres, mais toute occupée que j'étais à terminer de laver le plancher de la salle à dîner je ne m'en suis pas souciée.

Mais voilà que quelqu'un, par la porte arrière laissée grande ouverte, me demandait si j'avais besoin d'aide. Lorsque sa silhouette se découpa dans l'entrée, je reconnu le gentil mécano qui travaille pour mon voisin le garagiste. Je ne compris pas le but de sa visite impromptue… m'aider? A quoi? A laver mon plancher?

C'est alors qu'il m'apprit que le garage était inondé comme la plupart de mes voisins. Il avait pensé venir vérifier si j'avais besoin de son aide pour déplacer des choses dans la cave. Inondation? Je le suivis dehors et c'est un spectacle étrange qui m'attendait… Une partie de mon jardin était recouvert d'une eau brune. Du jamais vu depuis 15 ans!

Anxieuse, je descendis dans la cave, suivie de près du gentil mécanicien et d'un chihuahua méfiant. Rien… Même mes deux pompes submersibles étaient coites. Je le remerciai chaleureusement d'avoir pensé à moi.

C'est une heure plus tard toutefois que l'eau se mit à monter dans la partie de la cave qui est près de la rue. Une des pompes démarrait par intermittence mais ne réussissait pas à évacuer l'eau; les égouts pluviaux ne devaient pas suffire à la tâche et la flotte, pendant ce temps, montait inexorablement sur mon plancher de cave. Heureusement rien ne pouvait vraiment être abîmé sauf le déshumidificateur que je hissai sur un caisson de plastique. Puis une demi-heure plus tard, lentement l'eau cessa de monter, la pompe réussissant à la rejeter dans l'égout.

Contrairement à mes voisins, je m'en suis tirée vraiment à bon compte. Il ne restera demain qu'à aspirer ce qui restera avec ma "Shop-Vac" et plus rien n'y paraîtra. Ouf… avec ma maison qui est en vente, je suis doublement contente d'avoir été épargnée.

Petite maison rouge: 1
Pluie torrentielle: 0

mercredi 30 juillet 2008

L'heure du thé...

Mes vacances de la construction à moi ...

lundi 28 juillet 2008

Tomber pile poil…

Hier en fin d'après-midi, je décidai de m'attaquer à la peinture de mon ancienne chambre. Mon ex-coloc avait coloré les murs en rose pâle et je n'aimais pas l'atmosphère que ça créait. Il n'était pas question que je réintègre cette pièce sans en changer la couleur. J'aurais eu l'impression de dormir dans sa chambre.

J'hésitais entre les tons de vert et de bleu lavande. Comme il y a déjà du vert dans la salle de bain, dans le salon et bientôt dans la cuisine, j'avais envie d'une teinte différente. En examinant les cartes de coloris chez mon voisin le quincailler, je n'avais pas trouvé le bleu que j'avais imaginé.

Peu après cependant, je découvris au sous-sol 2 contenants de peinture entamés. Un de blanc velouté et l'autre du "bleu de bal" qui avait été utilisé pour ma dernière boutique (fermée depuis) et dont ont été peintes quelques portes d'armoire de ma cuisine. Ce bleu-gris, pour l'avoir trop vu, me donnait des haut-le-cœur. Toutefois en le pâlissant, j'ai pensé qu'il pourrait devenir intéressant.

Je versai donc le ½ gallon de blanc dans le ½ gallon de bleu. Cela donna un très joli bleu poudre. J'étais à mélanger la peinture et j'avais vraiment hâte de m'y mettre. Pas que j'aime particulièrement peindre, mais de voir ma petite maison se transformer, se faire une beauté, m'enthousiasme au plus haut point. C'est alors que le téléphone sonna. Je failli ne pas répondre; ça m'arrive parfois. Presque à contre coeur, j'abandonnai mon bâton dans la peinture et saisis le combiné.

"-Quel escalier as-tu peint en premier?" me demanda une voix d'homme. C'était mon ami Blanche-Neige qui était en bas, dans mon jardin. J'avais installé bien en évidence des affiches "Peinture fraîche" devant les 2 escaliers extérieurs que j'avais repeints le matin même. J'indiquai à mon visiteur d'emprunter la porte du sous-sol, via l'enclos des chiens.

Cela faisait quelques semaines que nous ne nous étions vus et comme les vacances de mon ami prenaient fin, il avait eu envie de venir me faire une petite visite surprise. Hé, hé! Fut surpris qui croyait surprendre!!!

Par politesse (je dois absolument corriger cette qualité qui me joue des tours…) j'assurai Blanche-Neige qu'il ne me dérangeait pas et lui demandai de m'attendre, le temps que j'aille refermer le gallon de peinture.

Au lieu d'acquiescer, il offrit de me donner un coup de main! "-Mais tu vas te salir!" lui fis-je remarquer. Cher Blanche-Neige, il n'en fallait pas moins pour qu'il trouve une solution. C'est ainsi que nous avons appliqué une première couche du très beau bleu pâle sur les murs de la chambre, moi au découpage, lui au rouleau. Moins de deux heures plus tard, nous étions confortablement assis sur la terrasse du Pilsen à déguster une bière bien froide que nous avons accompagné de moules et de frites.

Comme soirée improvisée, ce fut réussi! Et avouez que ça n'arrive pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir une Blanche-Neige poilue, pieds nus et en boxer manier le rouleau. J'aurais bien aimé prendre une photo mais il n'a pas voulu! Ah bon?

samedi 26 juillet 2008

Puisque le ridicule ne tue pas ...

La Belle...

La Bête...

J'ai peur des araignées. Pas à en demeurer paralysée si j'en voyais une, mais plutôt à hurler si par malheur la bestiole se ruait sur moi. Mon ex-coloc, elle, nourrissait une véritable phobie à leur endroit. C'est tout juste si elle n'est pas grimpée sur la table le jour où elle a découvert, à ses pieds, un gros spécimen plutôt amorphe que j'entrepris de reconduire dehors, sans lui faire de mal.

Il y a différentes méthodes pour se débarrasser des intruses (euh… des araignées, pas des colocs…). La première, drastique, est de les trucider d'un coup de talon ou de tapette à mouche. J'en suis incapable… La seconde, loin d'être cool, consiste à utiliser l'aspirateur, mais j'avoue que ça me donne mauvaise conscience (parfois). Par conséquent, j'ai décidé d'adopter une méthode dite douce pour les araignées qui se trouvent à ma portée et qui ne sont ni trop grosses, ni trop rapides: je saisis un contenant en plastique transparent et une feuille de papier. Je place rapidement le contenant par-dessus la bibitte et je glisse la feuille en dessous, de sorte à fermer l'ouverture. Il ne me reste plus qu'à relâcher la bestiole dehors et de vitement refermer la porte derrière moi. Mais cette méthode ne fonctionne pas pour les araignées que j'ai au plafond, enfin, façon de parler… Désolé, mais celles-là vivent l'expérience d'un long tunnel au bout duquel il n'y a pas de jolie lumière blanche…

Cependant, peut-être à cause de ma peur et de ma répulsion, les araignées me fascinent. Comme tous les insectes d'ailleurs. Une d'entre elles a choisi une fenêtre de mon atelier, à l'extérieur, pour y tisser sa toile.

Mercredi dernier j'avais du travail d'assemblage à faire avec ma surjeteuse qui est placée juste à côté de cette fenêtre. J'étais occupée à remplacer les bobines de fil ivoire par du noir lorsque j'ai vu du mouvement provenant de la toile. Une mouche venait de s'y prendre. L'araignée est descendue à une vitesse incroyable et quelques secondes plus tard, l'insecte, après avoir été enroulé habilement dans le fil, servait de petit déjeuner à son hôte. Brrrr…la scène ressemblait drôlement aux films d'horreur de ma jeunesse.

Je me remis au travail mais voilà que quelques minutes plus tard, le même manège se produisit à nouveau. Un autre insecte s'était imprudemment approché et lui aussi subissait le même sort. Une véritable ogresse cette araignée! C'est à ce moment que je vis une toute petite bestiole dans le bas de la toile, qui venait à son tour d'être prise au piège. Une de ses ailes était bien collée, l'autre en partie, comme ses pattes sauf une antérieure. Tout ce qu'elle arrivait à faire, c'était de lever sa patte libre. Jamais elle n'arriverait à se sortir de là. "–Hé! Ne bouge pas!" me suis-je dit. "Tu vas alerter l'araignée!" Mais le petit insecte, que je cru un instant être un maringouin, continuait à tendre sa petite patte… comme si elle implorait mon aide!

Je sais, c'est complètement dingue mais l'espace d'un moment, j'eus l'impression de capter les sensations de l'insecte pris au piège. Comme si la petite mouche savait que l'énorme araignée, qui devait bien faire dix fois son poids, viendrait bientôt la dévorer et qu'elle avait très peur.

Je chassai ces idées idiotes et je continuai à travailler. Je jetai un œil sur l'araignée qui n'avait pas encore fini de manger le deuxième insecte. Puis mes yeux redescendirent sur la petite mouche. Elle avait toujours sa patte dressée et la bougeait lentement, semblant me faire signe.

Ah et puis zut alors … j'ouvris la fenêtre tout doucement pour ne pas déranger la grosse araignée, saisis une règle de plastique et brisai une portion de la toile qui emprisonnait la petite mouche. Rapidement je refermai la fenêtre. Et là je me retrouvai avec la petite bestiole toute collée sur ma règle. "- Bon, j'en fais quoi maintenant?" me suis-je demandé.

Le mieux était de la déposer dehors dans un endroit sûr. Pourquoi pas dans un des pots de géraniums? J'essayai de déprendre la mouche du fil gluant. Ouf… c'est ce que ça colle ce truc! Je parvins à libérer l'aile prisonnière mais pour ses pattes minuscules, ce n'était pas une mince affaire. Pauvre petite chose, j'entendais le bourdonnement de ses ailes qu'elle battait furieusement afin de s'échapper. Alors que je me démenais avec le fil qui la retenait toujours à ma règle, horreur… je lui arrachai une patte. Malgré tout, je continuai tout doucement à la dégager et je réussis… enfin, presque. Un petit amas de fils était resté englué sur son abdomen. Du bout de l'ongle, je la poussai doucement sur le terreau du pot de géranium. Elle resta collée à mon doigt. Hé, misère!!! Finalement, à l'aide d'une aiguille de pin qui traînait par là, je pus déposer la petite mouche sur la terre légèrement humide, en espérant que ça empêche quoi que ce soit de lui coller après, le temps qu'elle se ressaisisse. Elle alla se cacher sous une feuille et je retournai à l'atelier.

Après avoir cousu 4-5 pochettes pour les baguettes magiques du Magicien, mon esprit n'arrivait pas à se détacher de ma protégée. Je retournai au pot de géraniums. Elle était toujours là; j'en profitai pour prendre quelques photos… ratées… Elle essaya de s'envoler mais des résidus de terre s'étaient collé sur son ventre. Re-zut… je saisis très, mais vraiment très doucement la petite mouche et lentement du bout des doigts, je réussis à sectionner le fil qui retenait les petits morceaux de terre à son corps. Immédiatement, elle s'envola, me percuta le front et disparu!

Je sais, c'est une histoire tout à fait ridicule! Alors, ça reste entre nous?

jeudi 24 juillet 2008

A moi la parole ...


Le mois dernier, je répondis à l'invitation de l'équipe du Journal de l'Association pour la protection du lac Massawippi, "Le Massawippi", en composant un court texte qui exprimait mon attachement à mon village d'adoption. L'édition Été 2008 a été distribuée dans nos boites aux lettres ce matin. Voici ce qu'on peut lire dans la section "A vous la parole!".


Passion estrienne...

La première fois que je le vis, j'eus un véritable coup de foudre. Je sus immédiatement que nous allions vivre une histoire d'amour. Ça se sent ces choses là. Il avait tout pour me plaire; généreux, calme, romantique et d'une grande beauté! Au risque de paraître superficielle, c'est cette dernière qualité qui me fit tomber amoureuse, éperdument.

Notre histoire d'amour dure maintenant depuis plus de 15 ans. Entre nous, aucune lassitude malgré le quotidien et son train-train. Il me plait encore autant ; il arrive à me séduire, jour après jour, quelle que soit la saison.

Lorsque des amis me l'ont présenté, peu après mon arrivée en Estrie, je leur jurai qu'un jour je partagerais sa vie. J'en étais certaine. Pour moi, il représentait un idéal, un ingrédient qui allait sublimer la recette de mon bonheur. Deux ans plus tard, mon désir fut exaucé; nos destins allaient enfin s’entremêler.

North Hatley. C'est ce petit village, un des plus beaux des Cantons de l'Est, qui me fit perdre la tête et que je choisis en 1993 pour y installer mon nid. Malgré les années, il m'émerveille chaque jour: ses montagnes, cette nature à perte de vue et ce lac qui me salue, voisin paisible ou déchaîné, juste au coin de ma rue. J'observe ses humeurs, ses couleurs. Ce lac magnifique, source de vie, de plaisirs et de rêveries, est un trésor précieux et fragile. Si par le passé, il pu arriver qu'il soit un peu négligé, voire malmené, je constate maintenant les efforts qui sont déployés pour éviter l'érosion de ses rives et son vieillissement prématuré. Les gens d'ici ont réalisé sa valeur et la place qu'il occupait dans leur vie et dans leur cœur.

Malgré la beauté du lac Massawippi, je l'avoue, moi c'est la rivière qui a ma préférence. Je suis accro à son parc, à ses arbres majestueux, à la multitude de plantes sauvages qui poussent librement sur ses berges et à la faune ailée qui y trouve nourriture et abri et qui nous berce de ses chants. Le parc de la rivière et moi avons développé une réelle connivence. Si mon chien l'adore, moi je m'y ressource; il me fait oublier les petits tracas de la vie, me rebranche sur l'essentiel et me rappelle à quel point l'univers est riche et passionnant.

Quelqu'un que j'aime beaucoup qualifie mon village de "coin de paradis"... il a raison. Le bonheur y est palpable et c'est toujours avec beaucoup de fierté et de tendresse qu'à mon tour, je le présente aux amis de passage.

Pour toi, Bôf Adoré, la "translation" qu'on en a faite:


Eastern Townships' Romance ...

The moment I saw him, I knew we were made for each other. It was love at first sight. Through my veins and my heart, I could feel that both of us were bound to share great times together. He had everything to please and seduce: generous, calm, romantic… beautiful. Without wanting to sound superficial, I must admit that this last quality is the one that made me fall in love. Beautiful.

Our love story has been going on for 15 years now. No regrets. No boredom either, even with routine slowly settling in. He still pleases me as much as before. He seduces me over and over again, day after day, season after season. North Hatley: the name of the village, one of the nicest in the Eastern Townships, which conquered my heart. It is there, in 1993, that I chose to build my nest. Years have gone by, and yet he still amazes me every day with his blooming vales and hills, where nature grows endlessly. I smile each morning when my next door neighbour waves to me: lovely Lake Massawippi. Of changing mood, he entertains the neighbourhood with many surprises, be he calm, aggressive, peaceful or lively. I watch his fluctuations, his changing colors, with great interest. To my eyes, he is a priceless treasure, full of dreams, pleasure and life. Although in the past he might have been neglected or mistreated, today he has found a family that works hard to slow down his premature aging, protecting his shoreline from wrinkles and retarding its erosion. The people from around have realized what value he has and how precious he is to their lives and hearts.

Someone I admire refers to him as "heaven on earth" … he is right. His beauty emanates from every parcel of earth and infuses well-being. It is with great pride and tenderness that I, in turn, present my love North Hatley, to friends who come to visit.

mercredi 23 juillet 2008

Les cornemuseurs...

video

Le 12 juillet dernier se tenait, à Halifax, le "Halifax Highland Games & Scottish Festival". En compagnie de mon ami saint-pierrais, je pu assister à des démonstrations musclées lors des compétitions de lancer du marteau. Les participants portaient tous le kilt et … un boxer en-dessous! Oui, je sais, c'est de la triche …

Un peu plus loin, une horde de McLeod (de Harris et de Lewis) avaient joyeusement envahi un grand espace du terrain et, sous la tente, invitaient les badauds, qu'ils soient des descendants d'Highlander, de Lowlander, de Sassenach ou pas du tout, à s'arrêter pour faire connaissance. De gentils messieurs issus de la lignée du Clan Lamont répondirent à nos questions, enfin à celles de mon ami devrais-je écrire, car moi je tentai de faire bonne figure en hochant la tête de temps à autre et en émettant des grognements éloquents pouvant tout aussi bien signifier "yes" que "no". Je pu ainsi leur faire croire que je comprenais ce qu'ils racontaient. Mon subterfuge fonctionna si bien qu'un des arrière-arrière-arrière-arrière petits-fils de sir James Lamont m'offrit une minuscule reproduction d'un béret écossais taillée dans un tissu dont le bleu et vert prédominent, rappelant les couleurs de leur clan.

A quelques pas de là, des musiciens commencèrent à se regrouper. Malgré le soleil brûlant et la quasi impossibilité de trouver une place à l'ombre, nous attendîmes LE moment qui allait valoir tous les frisottis, les sueurs et même l'absorption, faute de mieux, d'un Ginger Ale … j'ai nommé LE spectacle qui allait se révéler époustouflant. Ce ne sont pas moins de six groupes de cornemuseurs qui défilèrent devant nous dans toute la splendeur de leur tartan respectif, faisant résonner cette musique si particulière, si poignante qu'est celle de la cornemuse. Des dizaines d'instruments remplirent l'air de leurs plaintes, leurs sons se frayant un chemin jusqu'au creux de ma poitrine, enserrant mon cœur, mon âme, comme un souvenir lointain, la réminiscence d'une autre vie très ancienne où, en ce temps là, les Highlanders ne portaient rien sous leur kilt…

Mon ami pu saisir sur son appareil une partie de cette magnifique démonstration et a gentiment accepté que je le partage avec vous.

mardi 22 juillet 2008

La demoiselle du parc...


... est venue, ce soir encore, nous saluer.

dimanche 20 juillet 2008

Faire l'amour ...

... après la guerre.

Photo croquée à la citadelle d'Halifax.
Cette maman pigeon a choisi la bouche
d'un canon pour y faire son nid.

vendredi 18 juillet 2008

Lune de miel gargantuesque …



Depuis trois ans, mon jardin est envahi par des couples d'amoureux originaires du Japon. Les jours ensoleillés, ils arrivent en grand nombre et sans aucune pudeur, se livrent à des parties de pattes en l'air. Curieusement, l'activité ne semble pas enthousiasmer outre mesure madame puisqu'elle continue à s'empiffrer pendant que monsieur s'échine.

J'ai cru leur couper l'herbe sous les pattes en rasant près du sol les tiges de vignes vierges dont ils se nourrissaient à grands coups de mandibules, transformant les jolies feuilles en pauvres choses squelettiques… C'était sans compter leur appétit féroce et leur détermination. Aujourd'hui j'ai constaté que les scarabées japonais avaient jeté leur dévolu sur les feuilles de mes framboisiers! Misère …

jeudi 17 juillet 2008

La Nouvelle-Écosse en vert et bleu ...

Me voilà de retour de mon court périple
en Nouvelle-Écosse.
J'y ai fait de délicieuses découvertes
en charmante compagnie.
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Balade sur le port d'Halifax.

Yacht Club de Halifax.

Étang du Public Gardens d'Halifax.

13 juillet 2008, départ
de la course Halifax/Saint-Pierre.

Halte à Chester.

Halifax vue de la Citadelle.

mercredi 9 juillet 2008

Intermède…

C'est vendredi matin que je m'envolerai vers la Nouvelle-Écosse. Ce sera un court séjour, un intermède estival entre des périodes d'attente qui se multiplient.

J'ai attendu une commande printanière qui n'est jamais arrivée; il semble que depuis plusieurs mois l'économie ne soit pas particulièrement favorable aux détaillants de vêtements spécialisés. Les boutiques ont débuté l'année avec un surplus d'inventaire. Pas de ventes, pas de commande…

Par la suite, un de mes clients, propriétaire de huit magasins, a manifesté son intérêt pour un modèle de robe d'été qui fait partie de mes classiques. Après des recherches pour trouver un tissu non froissant, original, à prix abordable, disponible maintenant et dans des teintes spécifiques, j'attends toujours que mes fournisseurs le dénichent… Est-ce que l'été attendra, lui?

Pendant ce temps, j'avais vérifié avec mon sous-traitant la disponibilité de son tailleur et on m'avait appris que ce dernier s'était brisé des côtes et qu'il ne pourrait travailler avant plusieurs semaines. On tentait bien de lui trouver un remplaçant mais depuis quelques années, il est pratiquement impossible d'en recruter; les nombreuses fermetures d'usines ont eu raison du métier. Il me faudrait attendre…

Comme sa responsable des achats me l'avait suggéré, j'ai rappelé à mon plus gros client que ce serait une bonne idée, pour une fois, qu'il me fasse parvenir sa commande d'automne pour les modèles réguliers, avant la fin de juillet. De cette façon, j'aurais un peu plus de temps pour faire la planification et la mise en production. Au début de cet après-midi, j'apprenais que le tailleur était revenu à son poste mais …qu'il me faudrait attendre après les vacances estivales si je voulais faire coudre les vêtements de cette commande par ma couturière. Mon sous-traitant, voyant que je n'avais pas de travail pour elle, lui a donné des contrats pour tout l'été. Il faut bien qu'elle gagne son pain et elle ne pouvait attendre indéfiniment après moi…

Par conséquent, si je recevais les commandes d'automne tôt, que mon fournisseur avait les tissus en inventaire et que le tailleur pouvait faire mes coupes, je n'aurais d'autre choix que d'utiliser le service de confection de mon sous-traitant, en présumant que ses couturières soient encore disponibles à ce moment. Tout serait pour le mieux alors? Presque … car depuis le printemps dernier, le prix du service de confection, comme celui de la coupe, a plus que doublé… Il fallait s'y attendre …

Tout à l'heure mon ami le Magicien à qui je racontais mes déboires, m'a fait la remarque suivante: "-on dirait que la vie essaie de t'empêcher de poursuivre dans ce domaine…". Perspicace ce Scarabée!

Qu'à cela ne tienne! Cet intermède, qui me permettra de découvrir une partie de la Vallée d'Annapolis et de retrouver un ami très cher, tombe à point. Je n'attendrai pas pour profiter de ces quelques jours de félicité, ni pour apprécier le moment présent en laissant derrière mes problèmes d'approvisionnement et de production qui vont croissant depuis l'automne dernier.

Le bonheur lui, n'attend pas…

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Je serai de retour le 17 juillet prochain!

lundi 7 juillet 2008

A la demande générale… de Grand Frère!


Mon récent séjour en Abitibi et les préparatifs en vue de ma prochaine escapade en Nouvelle-Écosse, sans parler du travail de développement et de production pour mon ami le Magicien, m'ont laissé peu de temps pour écrire de nouveaux billets sur mon blog.

Par conséquent, il semble que cela affecte une petite partie de mon lectorat. A preuve, voici le courriel que je trouvai ce matin dans ma boite de réception:

"Qu'est ce qui se passe?

Pas de blog?

Seulement deux la semaine passée.

Pas d'histoire que tu étais en Abitibi, ca "pogne pas"

Paresseuse.........

Je veux mon blog......

Je veux mon blog........

Je veux mon blog!"

Puisqu'il en est ainsi, vous subirez les textes que j'ai composés pour mon examen #3 en Création littéraire. Cela fera patienter l'auteur du message signé: "Moi" et le tiendra occupé le temps que je revienne de mon long week-end. Car bon, je n'ai pas juste ça à faire moi, écrire des billets!!! J'ai plein de procrastination en retard…


Création littéraire, examen 3:

1. Récit présent / histoire passé par un Narrateur aligné (5 à 8 lignes)

Félini avait eu très envie de voir de plus près ces appétissantes petites choses emplumées qui sautaient de branche en branche dans l'érable de son jardin. Soudain, il se figea… "-C'est quoi ça?" se demanda t'il, avant de grimper dans l'arbre pour échapper à un hideux croisement d'un teckel avec un pékinois. Le chien lui jappa après un long moment avant d'être rappelé par son maître. Le pauvre Félini, ne sachant plus comment redescendre, miaula son désarroi jusqu'à ce qu'il vit apparaître tout près de lui, le visage rassurant de la gentille dame qui lui offrait parfois du lait.

2. Même texte que 1 récit présent / histoire présent

Félini a très envie de voir de plus près ces appétissantes petites choses emplumées qui sautent de branche en branche dans l'érable de son jardin. Soudain, il se fige... "-C'est quoi ça?" se demande t'il, avant de grimper dans l'arbre pour échapper à un hideux croisement d'un teckel avec un pékinois. Le chien lui jappe après méchamment mais son maître s'empresse de le rappeler. Le pauvre Félini ne sait plus comment redescendre et miaule de désarroi. Heureusement, il voit apparaître tout près de lui le visage rassurant de la gentille dame qui lui offre parfois du lait.

3. Récit au présent d'une histoire au passé / Narrateur intra-diégétique (5 à 8 lignes)

Je me souviens de ce jour là. Ma journée s'annonçait somme toute tranquille. J'avais terminé la rédaction d'un texte qu'il me fallait remettre le surlendemain. Fière du travail accompli, j'avais envisagé passer la journée à lire et à flâner. C'était sans compter ma voisine, madame Verdure. Je la revois encore, débarquant sur ma terrasse, le regard brillant, le petit sourire coquin. A peine lui avais-je offert un siège qu'elle s'était mise à me raconter son dernier exploit qui lui avait permis de rencontrer son nouveau partenaire de bridge, lequel selon ses dires, était plus que charmant.

4. Ellipse

C'est fébrile que Solène poussa la porte sur laquelle de grasses lettres proclamaient "Me Gontrand Payer, notaire". Trente minutes plus tard elle ressortait du bureau, radieuse. Durant le trajet qui la ramena chez-elle, elle fredonna, semblant soudainement apprécier le choix musical qu'elle qualifiait habituellement de redondant. En passant devant le marchand de spiritueux, elle décida d'y faire un arrêt. Il fut bref puisque Solène savait exactement ce dont elle avait besoin. La route défila devant elle, sinueuse, évanescente sous le soleil incandescent.

Dès son arrivée, elle rangea ses achats au réfrigérateur, saisit le combiné du téléphone et composa un premier numéro. Dès qu'on lui répondit, elle ne prononça que quelques mots et raccrocha. Elle refit le même manège cinq autres fois toujours en économisant ses mots. Une heure plus tard, six amis de Solène pénétraient chez-elle, probablement pour la dernière fois.

En ouvrant une bouteille de champagne, elle leur annonça, les yeux pétillants, qu'elle venait de conclure la vente de sa maison. Son second toast fut pour souligner l'achat de sa nouvelle demeure qui allait l'accueillir dans moins de trois semaines.

5. Anticipation

De ce jour là, Robin allait garder un souvenir impérissable, mais il ne le savait pas encore. Il fut à son bureau dès 8h00 et se prépara un café dans lequel, comme d'habitude, il mit un sucre et versa un nuage de lait. Il écouta ensuite ses messages sur sa boite vocale et prit connaissance d'une quinzaine de courriels.

Au moment où il s'apprêtait à rappeler un premier client, son ordinateur fit entendre le timbre musical indiquant qu'un nouveau message venait d'arriver dans sa boite de réception. Il hésita un bref instant, déposa le combiné et commença la lecture du courriel nouvellement arrivé.

C'était une offre de services. Normalement il transférait les curriculum vitae à sa secrétaire, mais celui-là l'intrigua. Il le lu en détail, jusqu'à la dernière ligne. Outre le prénom peu courant, il décela dans la présentation une belle maîtrise des mots et une originalité certaine.

Curieusement, la veille, il s'était endormi en songeant qu'il devenait essentiel d'embaucher un assistant qui l'épaulerait et à qui il pourrait confier certains dossiers. Mû par un réflexe qu'il ne s'expliquerait jamais et qu'il appellerait plus tard "pressentiment", il décrocha le téléphone et composa le numéro qui apparaissait au bas de l'offre de services.

C'est ainsi qu'au début de cet après-midi là, Solène pénétra dans le hall d'un très joli et vieil immeuble où elle venait d'être convoquée en entrevue pour un poste qui, lui avait-on dit, allait être créé. Elle ne se douta pas qu'en plus de décrocher l'emploi dont elle n'avait jamais osé rêver, elle allait y rencontrer l'amour.

dimanche 6 juillet 2008

Souvenirs en mémoire...

Au moment où je publiais mon billet "Une fleur se meurt", ma tante exhalait son dernier soupir. C'est ce que j'appris quelques heures plus tard. Sa maladie ne nous avait laissé aucun doute sur sa fin prochaine. Malgré tout, il est toujours bouleversant de se retrouver devant le fait accompli. Particulièrement d'assister au grand chagrin de ses enfants et à celui, incommensurable, de son vieil époux.

Ce furent des moments émouvants que vinrent pourtant adoucir les retrouvailles. Je revus des cousins, des cousines, des tantes et oncles, des connaissances, les vieux amis de notre famille et parfois même les amis de nos amis. Nous nous sommes rappelés des événements lointains. "-Tu te souviens de ..." "-Je me rappelle que ...". Avec mes cousines nous avons beaucoup évoqué notre enfance. Les fois où je me fis garder chez ma tante. La longue et éprouvante maladie de son premier mari, mon parrain. La configuration des pièces de leur ancienne maison. Les enfants que nous étions. Des événements cocasses ou dramatiques.

Durant ces quelques heures passées en terre abitibienne il y eut aussi des moments heureux. Entre autres, celui d'avoir au bout du fil une ancienne compagne de classe lorsque je fréquentais l'école primaire. Elle vit en Belgique depuis 40 ans. Nous parlâmes de choses et d'autres et elle m'apprit, puisque je n'en avais gardé aucun souvenir, que nous fûmes en compétition l'une contre l'autre en composition française. Il semble que le vendredi le professeur choisissait la meilleure rédaction et en faisait la lecture devant la classe; mon amie me dit que la lutte se fit souvent entre sa composition et la mienne. La mémoire retient certains souvenirs et en efface d'autres.

Aussi, lorsque nous fûmes tous réunis, après les funérailles de ma tante, je nous observai et me dis que nous étions en train de nous fabriquer des souvenirs. Certains seraient tristes ou touchants et d'autres comiques. Ma nièce Anne-Sophie contribua à ceux de cette dernière catégorie.

Du haut de ses 9 ans, ma nièce nous fit part qu'elle trouvait un de ses petits cousins "vraiment beau". Malgré ses descriptions, nous n'arrivions pas à reconnaître celui dont elle nous parlait. Elle me dit alors: "-Viens, je vais te le montrer et pour ne pas que ça paraisse, je vais faire semblant de me choisir un dessert." Une de mes tantes, assise en face de ma nièce, décida de nous accompagner puisqu'elle connaissait le prénom des nombreux petits cousins qui étaient regroupés à la table près du buffet. Après que ma nièce eut désigné discrètement l'objet de sa pâmoison, ma tante la pris par surprise et lui présenta Yosef qui, en souriant, lui serra la main. De retour à notre table, Anne-Sophie s'écria: "-Je ne me laverai plus jamais la main et en plus, il m'a parlé!!!" avant de demander à Frérot, son père, de vitement lui donner son sac à main qui était près de lui. Devant nos regards médusés, elle fouilla à l'intérieur, en ressortit un miroir et s'y regarda peut-être pour s'assurer que le sourire qu'elle avait offert au si beau cousin n'avait pas été gâché par un quelconque résidu de sandwiche ou de chou-fleur. Toute la table s'esclaffa évidemment.

Parmi les souvenirs tristes de ces deux jours pendant lesquels nous avons fait nos adieux à tante Yolande, se glissera cette anecdote qui y sera dorénavant associée et qui nous fera sourire...