dimanche 6 avril 2008

De la magie dans l’air…

Depuis quelques jours, je travaille au développement d’une cape pour un magicien. Pas un illusionniste, non… un vrai de vrai. C’est d’ailleurs lui qui a fabriqué ma baguette magique, enfin, celle que je recevrai bientôt.

Alors j’ai mis tout mon cœur à lui dessiner et à confectionner une cape qui l’accompagnera dans ses déplacements, entre autres en forêt où il cueille ses matières premières.

Comme il habite très loin d’ici et qu’il nous est impossible de nous rencontrer pour l’instant, je travaille en quelque sorte à l’aveuglette. Je dois deviner les détails qu’il aimera, prévoir ceux qui pourraient lui déplaire (il se décrit lui-même comme un «magicien drabe», donc pas de fioriture!). Il est très grand, m’a-t-il dit, alors je m’en remets aux mesures qu’il m’a fournies sans cependant pouvoir faire essayer la cape à qui que ce soit pour vérifier les proportions : mes amis sont tous nettement plus… euh… moins grands…

Encore quelques ajustements avant de faire l’ourlet et je pourrai passer à l’étape finale qui est de trouver un moyen simple, rapide et discret d’attacher la cape au devant. Rien ne me déplairait autant que d’imaginer un magicien maugréer ou, pire, étranglé par un vêtement que j'ai conçu.

Étant en rupture de stock pour le tissu d’invisibilité, j’ai dû me rabattre sur un beau velours froissé qui a l’avantage d’avoir plus de look...

Je devine en ce moment quelques sourires incrédules … ah, mes crapauds!

jeudi 3 avril 2008

Y a de ces jours…

… où tout va bien. On se lève pas trop poquée de s’être couchée encore trop tard la veille. Le soleil brille sur notre coin de pays et ça nous met tout plein de bonne humeur.

En ouvrant notre boite de réception Hotmail, on n’y trouve que de gentils messages.

Il reste assez de fruits et de yogourt dans le frigo désert pour se faire un petit déjeuner gargantuesque, comme on les aime. Le thé est juste assez infusé et fume dans notre tasse.

Le chien, heureux du printemps arrivé, peut courir dehors afin d’aller japper sa joie et aviser les écureuils qu’ils n’ont qu’à bien se tenir. Du coup, les voisins apprendront la nouvelle eux aussi.

On est à l’heure à nos rendez-vous et on peut même en devancer un qui devait se tenir au milieu de l’après-midi. A l’usine du sous-traitant, on découvre avec joie que le tailleur vient tout juste de terminer la coupe tant attendue et on peut même repartir avec le lot de vêtements qui sera remis le surlendemain à la couturière. Tout roule comme sur des roulettes !

Puis on revient à la maison, heureuse d’être en avance sur son horaire. A midi, on découvre que le frigo recelait encore quelques surprises : 3 œufs et quelques légumes encore frais. On réussit donc à se concocter une délicieuse omelette qu’on dévore en lisant l’incomparable Jacques Salomé.

Après ce copieux repas, une petite fatigue s’installe car on a dû se lever très tôt pour commencer cette journée magnifique, et comme il nous reste un peu de temps, on se permet une petite sieste d’une heure et demie qui nous ragaillardira. Reposée, on se réveillera même avant que l’alarme, que précautionneusement on avait réglée, ne retentisse.

Pour ne pas manquer d’appel important, on avait gardé à portée de main le téléphone sans fil qui, oh joie, n’a pas sonné. Mais au moment où on vient pour le reposer sur son socle, on voit dans la petite fenêtre «Message waiting». Et là… ça se gâche…

Un message laissé d’une voix suave nous indique que la cliente pour laquelle on avait fait un petit miracle juste avant Pâques, n’aime pas les teintes des vêtements qu’elle a reçus… il y a trop de couleurs sur le tissu. Et que si les autres qu’elle a commandés ne sont pas coupés, il vaut mieux arrêter tout ça là…

Alors nous, dans notre tête, on calcule … on multiplie la déception par le nombre de vêtements déjà taillés et actuellement en production et ceux que nous retournera la cliente. On soustrait de nos revenus, qui seront fractionnés, le montant de la facture des tissus qui arrivera à échéance bientôt et qui elle, restera entière.

Et là, à notre propre étonnement, on se dit : « c’est pas grave »… On connaît des propriétaires de petites boutiques de la région qui seront heureuses d’avoir ces vêtements en consignation. Que cet incident n’est qu’un élément de plus qui vient alimenter une réflexion déjà amorcée. Et que bon, ça pourrait être pire et que c’est pas la fin du monde.

Parce qu’à l’heure où j’écris ces lignes, le soleil brille toujours sur mon coin de pays, et qu’à ma bonne humeur demeurée intacte, s’additionne une multitude de petites joies, comme celles de voir le chien heureux de retrouver ses habitudes, de savoir mon départ en vacances de plus en plus près et de découvrir, dans ma boite de réception, de chouettes courriels…

mardi 1 avril 2008

Casser la glace...

Et moi qui pensais que ça allait fondre tout seul avec l'arrivée du printemps. Même pas... donc au lieu de tailler l'échantillon d'une robe de bal pour ma cliente du Saguenay comme je l'avais prévu, je suis montée (encore une fois) sur la toiture pour tenter de casser la glace qui cause une infiltration d'eau dans l'entrée arrière.

Deux heures d'acharnement plus tard, j'ai décidé de suivre le conseil de mon ami Flo... j'ai répandu un peu de gros sel sur ce qui avait résisté au combo pelle-hache. Et au moment où je redescendais de l'escabeau, fière de moi, ben, il s'est mis à pleuvoir. Misère...

Et pendant tout ce temps, où était Steve? Je n'en ai aucune idée...



lundi 31 mars 2008

Rêveries...


Aller simple...


Aujourd’hui je réserverai un billet d’avion pour de petites vacances improvisées. J’ai accepté l’invitation d’un ami et j’irai souligner mon anniversaire dans son pays, un petit archipel qu’il me tarde de découvrir.

Depuis mon enfance, je rêve de vivre sur une île perdue dans l’immensité de l’océan. Bon, ok, celle qui m’a fait tant rêver était parsemée de palmiers, bordée de plages de sable chaud et habitée par deux personnages dont un portait le prénom de Vendredi. Mais celle qui m’attend alimente mon imaginaire tout autant…

Après tous ces mois d’hibernation et de pelletage, j’ai envie de vacances, de dépaysement, d’ailleurs. Mon billet sera un « aller simple », j’ai un désir fou d’improviser, de ne pas planifier, ni de penser à une date de retour. Pour mon anniversaire, je m’offre la liberté …

Ainsi le 25 avril prochain, c’est aux îles St-Pierre et Miquelon que je soufflerai une bougie supplémentaire sur mon gâteau et que j’aurai une pensée pour la femme qui, il y a longtemps (enfin, pas tant que ça…) m’a donné la vie.

Le bonheur peut être si simple…

vendredi 28 mars 2008

lundi 24 mars 2008

En découdre...


Découseur: Petit instrument plus ou moins sympathique mais très utile à une designer qui, en ce magnifique lundi de Pâques, alors qu'elle assemblait le prototype d'une robe de bal promise à la gentille ado de sa couturière préférée (et unique...), avait la tête ailleurs que sur ses deux épaules.

Il aura servi une première fois pour découdre le voile froncé qui fut posé à l'envers du corsage au lieu d'être cousu sur l'endroit.

Puis une deuxième fois pour séparer les pièces du corsage dos, de celles du devant, qui auraient dû attendre que la pièce de voile ait été fixée, avant d'être assemblées.

Et une troisième fois lorsque ladite designer s'est aperçue, évidemment à la toute fin, que seulement 2 des 4 panneaux de la jupe du dos avaient été assemblés. Ce qui, par le fait même, expliquait pourquoi le corsage s'était avéré curieusement trop grand et que, la même designer pour le moins distraite, avait dû recouper les extrémités du corsage pour qu'il soit de la même largeur que le haut de la jupe. Heureusement les deux petits bouts précédemment amputés furent retrouvés et ont pu être recousus pour donner au corsage sa bonne dimension.

La morale de cette histoire: toujours avoir un découseur à portée de main lorsqu'on oublie, trois jours de suite, de prendre ses capsules de Ginkgo Biloba dont une des propriétés est de favoriser la concentration d'une designer qui a la tête ailleurs.

dimanche 23 mars 2008

jeudi 20 mars 2008

Bonne Fête Lise!


Merci à Lise qui a passé plus de quatre heures, hier soir, à coudre des boutons afin que je puisse expédier ma commande aujourd'hui comme promis.
Joyeux anniversaire!

Miracle accompli...


Heureux de printemps...


lundi 17 mars 2008

Et un miracle, un…

Y a de ces lundis matin où tout semble vouloir aller lentement. On se lève quinze minutes plus tard parce que c’est si bon de rêvasser un peu au lit. On prend le temps de répondre à un ou deux courriels en attendant que l’eau bouille pour le thé. On s’étire longuement en pratiquant notre « salutation au soleil »… rien ne presse, donc on fait la série de 22 mouvements. Puis on se prépare sans se bousculer, pourquoi d’ailleurs le ferait-on ?

Soudain… « Driiiiiiiiiiing » !!! Le téléphone sonne et il est à peine 9h30 (ne pas oublier qu’on vient à peine d’avancer l’heure…). C’est ma cliente de Chicoutimi qui me dit candidement que sa boutique participera à un défilé de mode samedi prochain (oui, le prochain samedi…) et qu’elle aimerait beaucoup recevoir une partie de sa commande jeudi. Euh... jeudi, ce sera dans trois tout petits jours. Et le tissu n’a été livré chez mon sous-traitant que vendredi dernier. Donc rien n’est encore fait. Mais c’est qu’elle est douée cette cliente pour m’avoir par les sentiments… Et moi qui aime faire plaisir… Alors je lui dis que je vais tenter de réaliser un miracle. Après tout Pâques sera dans quelques jours…

Alors j’embraye en vitesse supérieure, prépare mon p’tit dèj en deux temps trois mouvements, donne un coup de fil à l’usine pour savoir si le tailleur est là ce matin, à ma couturière pour vérifier sa disponibilité, réfléchi à la meilleure méthode de transport compte tenu du congé de vendredi. Puis je file chez mon sous-traitant afin de préparer le traceur pour le taillage. Heureusement il m’est facile de soudoyer la responsable de la coupe qui fut, par le passé, ma patroniste et qui est devenue une amie. C’est que mon sous-traitant est littéralement débordé et que techniquement il n’a pas le temps de faire ma coupe avant la semaine prochaine. Pour mettre toutes les chances de mon côté, je fais un brin de charme (à peine…) à Léo le tailleur qui m’aime bien. Je lui dis combien il rendrait ma cliente heureuse et quel plaisir il aurait à tailler mes magnifiques tricots au lieu de ses banals tissus habituels.

Bref, ma coupe a été faite vers la fin de cet après-midi. Ma couturière, Sylvie, ira chercher les lots demain matin à l’usine. Mercredi je me rendrai chez elle afin de commencer à poser les œillets sur les robes pendant qu’elle en terminera la confection. A la fin de la journée je pourrai rapporter chez-moi les vêtements pour les repasser, en faire le laçage et la mise en boite. Puis jeudi au début de l’après-midi j’irai porter le colis au terminus d’autobus afin que ma cliente la reçoive tôt vendredi. Elle aura des nouveautés à présenter à son défilé et elle en sera heureuse. Je le serai aussi en pensant que lundi prochain, je pourrai prendre mon temps, paresser un peu au lit et commencer ma journée lentement, comme j’aime le faire.

samedi 15 mars 2008

Télépathie…

Après avoir remis de semaine en semaine le déneigement de la toiture de ma galerie, je me suis enfin décidée aujourd’hui à abattre cette besogne qui s’annonçait plutôt ardue.

La pluie intense du week-end dernier avait formé une couche de glace épaisse, elle-même recouverte d’une neige fondante et lourde. Un travail titanesque en perspective. A certains endroits c’étaient 2 pieds de neige bien tassée qui s’était accumulée et j’avoue que je craignais que le poids n’endommage la structure de cette partie de la maison qui repose sur des équerres et pilotis.

C’est donc armée d’une pelle et d’une hache que je suis grimpée dans l’escabeau. Afin de me permettre de me hisser sur le toit de la galerie, je dû creuser, à la hache, des appuis pour les pieds. Ainsi stabilisée, je réussi à enlever la première couche du tapis granuleux avant d’être confrontée à une épaisseur impressionnante de glace.

C’est alors que j’eus une pensée pour mon bon samaritain, Steve, celui qui m’avait si gentiment aidée à pelleter mon stationnement il y a deux semaines. Il m’avait alors proposé qu’on s’attaque à la toiture mais j’avais refusé car je craignais d’abuser de sa gentillesse.

Cela faisait un peu plus d’une heure que je m’acharnais et j’en étais à peine au ¼ du déneigement, lorsque je vis quelqu’un s’avancer dans mon stationnement, un bouquin à la main. C’était Steve. Il revenait du café où nous avions fait connaissance, et constatant que je n’y étais pas, il avait décidé de venir me rapporter le livre que je lui avais prêté lors de notre première rencontre.

Comme s’il était venu pour ça, il est monté me rejoindre sur le toit et durant près de 2 heures, sans relâche, nous avons manié à tour de rôle la hache et la pelle jusqu’à ce qu’il ne reste, sur le bardeau d’asphalte, qu’une petite couche de glace qui ne résistera pas au doux temps.

J’ai invité Steve à entrer, histoire de prendre un thé et une pâtisserie. C’est ainsi que nous avons passé un agréable moment à parler d’immobilier, de boulot, de nos vies et de nos amours respectifs. De son rêve de partager sa vie avec cette amie de toujours, de mes projets, de ses craintes, de mon bonheur …comme deux vieux chums.

Nous nous sommes promis que notre prochaine rencontre se ferait autour d’une bonne bouffe, confiants qu’il n’y aurait plus de neige à pelleter. Et cette fois-ci, c’est avec les bouquins « Le Zèbre » d’Alexandre Jardin et « Pour de vrai » de François Avard que mon nouvel ami est reparti.

Hasard ? Télépathie ? Dans un cas comme dans l’autre, la vie m’a fait un gentil clin d’oeil …












vendredi 14 mars 2008

Toute bonne chose …

… a une fin. Encore quelques jours de congé, histoire de revenir sur terre, et je me remettrai au travail.

La dernière semaine fut féerique. Je suis allée de découverte en découverte; roulé sur des routes que je ne connaissais pas. Joué le rôle de copilote pour mieux nous faire rater des sorties, tourner à droite alors qu’il fallait le faire à gauche, sans pour autant arriver à ternir le sourire du conducteur désigné (et résigné !). J’ai foulé pour la première fois le sol de lieux voisins mais inconnus. Humé le parfum d’endroits connus mais ignorés depuis plus de vingt ans. Senti le temps s’arrêter et mon cœur s’enivrer de liberté et de douceur. Mes jambes se sont déliées d’avantage en une semaine que durant les deux dernières années. J’ai respiré le bon air de nos hivers québécois comme au temps de mon Abitibi natale; eu le bout du nez gelé, les joues rougies par le froid mais les yeux brillants de tant de bonheur.

Ces courtes vacances m’ont transportée sur les routes comme à l’intérieur de moi. Elles sont bel et bien terminées mais leur souvenir survit. Il me revient des images magnifiques, des sensations délicieuses qui ne s’effaceront jamais et que j’aimerais vivre à nouveau. Et comme un ami me le rappelait: «L’avenir n’est pas encore écrit…».

mercredi 5 mars 2008

Re-lâche...

J’ai décidé de prendre quelques jours de congé. En pleine période de relâche, j’ai pensé que ça allait de soi. Non pas que je me suis tuée au travail. Ces vacances ne serviront pas à me refaire un teint dans le sud. Ni à passer du temps avec les enfants… pour ce faire il m’aurait fallu en emprunter et ma foi, ça ne m’est pas venu à l’esprit (j’espère que mes nièces ne liront pas ça… ça pourrait leur donner l’idée pour l’an prochain !). Pas non plus pour faire un voyage de ski avec les amis... je n’en ai pas (des ski, pas des amis).

Non, en fait, je serai touriste dans mon propre coin de pays. Je ferai découvrir à un ami de St-Pierre et Miquelon
de passage au Québec, la beauté de l’Estrie. Nos charmants villages, nos campagnes, nos lacs et nos montagnes. Des galeries d’art et des petits cafés. Les étonnantes murales qu’on peut admirer à Sherbrooke. La promenade du parc Jacques-Cartier et le marché de la Vieille gare que je ne connais pas encore. La chapelle du sanctuaire de Beauvoir et la Basilique-Cathédrale Saint-Michel. Tant d’endroits que j’oublie de visiter mais que je n’ai cesse d’admirer, au passage. Pour une fois, je prendrai le temps de m’attarder, de regarder, de contempler.

Et cette visite ne pourrait être complète sans un arrêt au Pilsen Pub. Car c’est là, sans contredit, qu’on fait les meilleures frites en Estrie.

Bonne relâche !

lundi 3 mars 2008

Pré-destination...

Samedi dernier malgré le pelletage que je ne pouvais plus remettre à plus tard, je choisis d’aller rejoindre l’amie Céline à mon café préféré. J’aime cette pause que nous nous accordons devant une tisane ou un thé, le temps de discuter de tout et de rien ; du dernier bouquin lu, d’un spectacle à voir, de nos amis, de la vie.

Vers 15h00, Céline qui est plus disciplinée que moi, m’abandonna devant ma tasse presque vide, alléguant qu’elle devait retourner travailler. A une table voisine, un client qui découvrait ce charmant petit café, m’entendit dire que le soir même j’allais assister au spectacle Hommage à Genesis «Turn it on again»; c’était cocasse puisqu’il tentait justement de rejoindre la billetterie pour savoir s’il restait des places. Nous échangeâmes quelques mots ; j’appris qu’il habitait dans une ville pas très loin, qu’il songeait à acheter une maison dans le coin. La conversation glissa ensuite sur le livre «L’île des Gauchers» de Alexandre Jardin, que j’avais terminé le matin même.

Peu à peu, il commença à se livrer d’avantage. Je sentais chez-lui un besoin de s’épancher. Il se raconta, me parla de cette femme qu’il aimait depuis toujours. De la vie qui semblait ne pas vouloir les réunir. De leur rencontre de la veille. Du timing incertain. D’une sorte de tristesse qui ne le quittait plus depuis le matin.

Aussi, lorsque je lui annonçai que je devais partir pour aller déneiger mon stationnement, il m'offrit spontanément de m’aider. Je croyais qu’il blaguait mais il me dit que son offre était des plus sérieuses car rien ne lui tentait moins que de retourner dans son petit logement vide.

C’est ainsi qu’au milieu de l’après-midi, je me retrouvai à pelleter toute cette neige qui encombrait mon stationnement et ma galerie, en duo avec un bon samaritain prénommé Steve qui, peu de temps avant, était un parfait inconnu. Il nous fallu à peine une heure pour venir à bout des dizaines de centimètres tombés depuis le début de la semaine.

Steve repartit les joues rougies par l’effort et le grand air. Le coeur plus léger aussi. Je lui prêtai le bouquin L’île des Gauchers. Une fois la lecture terminée, il ira le reporter au café où nous nous sommes rencontrés. Je me suis mise à souhaiter qu’il y retourne, mais cette fois, accompagné de cette amie qui occupe une telle place dans son cœur. Qui sait, après tant d’années, peut-être que la vie aura décidé de les réunir enfin ?

mercredi 27 février 2008

lundi 25 février 2008

Adieu procrastination...

Ce matin j’ai fait la compilation de ma première commande de l’année. J’ai ensuite réservé les quelques 250 mètres de tissus qui seront nécessaires à la production. Selon ma grille Excel (j’adore…) Sylvie travaillera près de 48 heures à la confection, ce qui exclue la coupe, la finition et l’expédition, qui à elles trois demanderont presque autant de temps. Ce sera donc un total de 86 vêtements qui se retrouveront dans une boutique de Chicoutimi dans quelques semaines.

Contre toute attente, ma cliente n’a passé aucun commentaire sur le coût des tissus (elle a même choisi les plus chers !). Comme quoi, un look, ça n’a pas de prix !

Un des modèles qui sera taillé dans deux magnifiques tricots dénichés récemment, est une robe que j’aime beaucoup. Ma préférée, la Mona. Sa principale qualité est qu’elle flatte la silhouette des femmes, peu importe leur morphologie. J’aime la fluidité dans le mouvement, les coupes féminines, un peu sexy. Je désire que les femmes se trouvent belles, élégantes et ce, qu’elles habillent du 7 ou du 17 ; qu’elles aient 20 ou 60 ans. Ma cliente de Chicoutimi a compris elle aussi: elle a commandé pas moins de 50 robes Mona en 6 tailles et en autant de teintes.

Je prédis que l’été prochain, au Lac St-Jean, bien des têtes se retourneront …

« Votre vie n’a rien d’ordinaire…
Ne passez pas inaperçu… »

Lambertrand

dimanche 24 février 2008

Fée-lonne...

Il y avait longtemps que cette vieille et indésirable amie ne m’avait rendu visite. Et elle s’incruste. J’ai tout essayé, ou presque, pour la déloger, lui montrer la porte. Peine perdue… elle n’en fait qu’à sa tête, ou plutôt, à la mienne…

Voilà plus d’une semaine qu’elle est là, bien installée. Sa présence me vide de mon énergie : « Out » lecture, composition, travail devant l’écran. J’ai l’impression que mon cerveau n’est qu’une masse molle et inutile. Que sa seule fonction est de me rappeler, à chaque pulsation, que mon crâne veut exploser…

La migraine… compagne des années passées qui s’inscrivait régulièrement à mon calendrier. Elle se nourrit de stress, de fatigue. Elle s’en gave littéralement. Pourtant, depuis plus d’un an, j’avais cru l’avoir semée. J’avais baissé la garde. J’ai eu tort ! Ralentissement du marché, changement prochain de nid… il n’en fallait pas plus pour entrebâiller la porte et que cette copine des mauvais jours se faufile et vienne me casser les pieds.

Mais j’ai bien l’intention d’avoir le dernier «maux ». Dans les mois à venir, je serai aux aguets ; parce que je sais que tout finit par s’arranger et que chaque renouveau apporte son lot de bonheur…

samedi 23 février 2008

jeudi 21 février 2008

mardi 19 février 2008

dimanche 17 février 2008

"L'amour...

... c'est lorsque la différence ne sépare plus..."
Jacques de Bourbon Busset

vendredi 15 février 2008

Tournée fée-conde...

Partie tôt ce matin, je n’avais osé me faire d’illusion sur cette tournée des fournisseurs. J’avais encore sur le coeur ma déception de la semaine dernière alors que je n’avais absolument rien trouvé à Longueuil. Le temps de passer prendre Sylvie, ma fidèle couturière qui avait accepté de m’accompagner, nous prenions la route. Il neigeait, la chaussée n’était pas adaptée à mes vieux pneus d’hiver de l’an passé, puis il y avait ce vent qui nous bousculait… N’eut été l’urgence de dénicher de quoi transformer mes idées en comptes à recevoir, j’aurais tout simplement annulé mes rendez-vous à Montréal.

Je déteste conduire dans cette ville ; tout va trop vite. Il y a trop de trafic, de sorties, de mastodontes à côtoyer. Ainsi, j’avais convenu avec Sylvie qu’elle prendrait le volant à la sortie vers d'Iberville. J’ai l’habitude d’y arrêter juste avant d’entrer dans Montréal sauf que ce matin, j’ai passé tout droit. Je m’en suis aperçue alors qu’on s’apprêtait à entrer dans Montréal. Zut ! J’ai serré les dents … et le volant, mon navigateur tenant fébrilement notre itinéraire de «Map Quest» entre ses mains, prête à me diriger.

J’avoue que ça s’est relativement bien passé. Nous avions un premier rendez-vous à 11h00 chez un fournisseur de longue date qui avait déménagé ses pénates dans de nouveaux locaux dans un parc industriel quelque part près de la 40 ouest. Nous avons cru louper la sortie, demandé notre chemin, fait demi-tour pour se rendre compte que la première fois nous étions au bon endroit. Nous sommes finalement arrivées à l’heure au rendez-vous. Ça commençait plutôt bien malgré le détour…

La salle d’échantillons semblait avoir été conçue pour impressionner ! Une pièce immense avec un plafond démesurément haut. Une dizaine de petites alcôves accueillaient les «cartes de couleurs» (cartons sur lesquels sont collés des carrés de tissus et qui indiquent les informations techniques).

Première alcôve. -Rien ! Me suis-je dit, déçue… avant de tomber sur un magnifique tissu extensible, offert dans quatre teintes plus belles les unes que les autres. Wow… Un peu cher cependant… Mais bon…

Deuxième alcôve. Un coup de cœur : Un faux cuir étampé époustouflant. Pas moins de sept couleurs disponibles. Une cliente me réclamait depuis des mois (OK…des années) un de mes modèles de manteau créé en 2000 qui eut un succès monstre… (tellement qu’il fut copié par un fabricant de manteaux de «cuir» type «ranch»). Belle trouvaille, cool !

Je continuai à passer en revue les cartes mais rien ne ressemblait à ce que je cherchais. Ce n’est qu’à la dernière alcôve que je tombai sur deux magnifiques tissus… Le premier serait parfait pour un modèle de robe de soirée qu’on me commande année après année. Récemment, on m’a demandé des teintes pastel, du ivoire et du noir… Incroyable… toutes étaient disponibles.

Le second était un autre tricot fin, très beau, dans de belles couleurs et un peu moins cher que le premier … Idéal pour deux autres modèles classiques qu’on me réclamait. Là, j’ai commencé à douter. Et si je rêvais ? Je voulu m’en assurer… je pinçai Sylvie. Son cri me confirma que non, je ne rêvais pas… Ouf !

J’arrivais à peine à y croire… habituellement, lorsque je craque pour des tissus, ils ne se font plus ou ils sont en rupture de stock, ou encore il ne reste que les couleurs invendables comme le petit jaune pas beau ou le aqua improbable… Cette fois-ci, que de jolies teintes, à des prix relativement raisonnables et… en inventaire ! C’était presque louche…

Nous avons donc repris la route, moi le cœur léger et Sylvie se frottant le bras. Cette fois ci, une destination toute simple : rue St-Laurent. Chez un autre fournisseur, je trouvai un tissu qui allait être parfait pour une nouvelle chemise d’homme… Bon prix, look intéressant. Quelque chose de frais, de déjà froissé et un inventaire relativement rassurant … à la condition que mes clients ne tardent pas trop à me confirmer leurs commandes.

Il nous restait un dernier arrêt à faire sur Chabanel, ancienne destination mode, qui est devenue un désert désolant… Édifice décrépit, 4e étage crasseux. Ce fournisseur était un revendeur où j’aimais bien aller fouiner. Les prix étaient très bas, mais il me fallait acheter les tissus sur le champ au risque de les voir disparus la fois suivante. J’eu un choc… le local était presque vide. Il ne restait que quelques rouleaux éparpillés ici et là… C’est le propriétaire «sorry-I-dont-understand-french» qui était là au lieu du sympathique Wayne avec qui je faisais affaires habituellement. « Anyway », je lui achetai un rouleau de jolie laine bouillie vert olive… pour moi ! J’adore le vert et je n’ai pu résister. Je la transformerai en manteau demi-saison, en jeté ou en jupe… bref, les mites n’auront pas le temps d’y goûter.

C’est donc vers 14h30 et sous un soleil radieux qui semblait vouloir célébrer notre victoire sur la rareté des matières premières, que nous avons repris la route en direction de la 10.

Ce fut une journée bien remplie… Un petit périple en bonne compagnie. Pas trop de détours, pas trop de circulation. De magnifiques trouvailles qui laissent supposer de belles commandes. De quoi me redonner la motivation qui me manquait en début d’année.

Sans contredit, ce fut une tournée des plus fécondes…

PS : pour me faire pardonner, j’ai invité Sylvie à casser la croûte un peu après Montréal… je n’ai pas manqué la sortie cette fois-ci…

jeudi 14 février 2008

mercredi 13 février 2008

mardi 12 février 2008

Mocheté...

J’ai dû choper ça entre Sherbrooke et Rimouski, vendredi soir. Un trajet de six belles heures, si j’exclue l’attente à Ste-Foy. Un environnement idéal pour ça… autobus bondé, promiscuité, toux grasses et expectorations qui ponctuaient les kilomètres! Ouache… En route pour un tout petit « séjour-découverte », je ne me doutais pas que mon système immunitaire allait me laisser tomber aussi lâchement…

Samedi matin. Relativement en forme si ce n’est que je n’avais pas fermé l’œil de la nuit (ça m’arrive lorsque je dors ailleurs que dans mon lit). La journée fut des plus agréables. J’ai joué à la touriste, pris quelques photos sur le bord du fleuve (il faisait très froid). Nous avons également visité un ranch à St-Fabien
http://www.ranchcr.qc.ca/ où j’ai eu la joie d’admirer un poulain né le jour même. On rebroussa ensuite chemin en arrêtant ici et là pour prendre des clichés, pour admirer la beauté des paysages de ce magnifique coin de pays.

Samedi soir. J’étais un peu fatiguée. Mais je mis ça sur le dos de ma nuit blanche de la veille. Je pris en main la direction du souper et on s’est installés au salon devant un film et une pizza maison (végé, bien sûr). Les assiettes n’étaient pas aussitôt déposées sur le comptoir de la cuisine dans l’attente d’être lavées par mon hôte, après mon départ… (j’allais tout de même pas faire la vaisselle après avoir fait le souper !!!), que je décidai de m’allonger sur le divan, en ramenant sur moi une doudou. J’ai un vague souvenir des 5 premières minutes du film. Après ? J’ai dormi. Je ne me suis levée que pour aller me recoucher. La nuit ne fut cependant pas meilleure que la précédente. Je devais être au terminus pour 7h50 le lendemain matin et je craignais que les 2 réveils et mon cellulaire ne sonnent pas et me fassent manquer l’autobus.

Dimanche matin, très tôt, beaucoup trop tôt… je me suis levée avec un mal de gorge. Fatiguée. Je n’avais envie que d’une chose… être chez-moi. Mais il y avait, entre le terminus et mon lit, 6 heures de route plus les incontournables 2 heures d’attente à Sainte-Foy, sans compter la demi-heure entre Sherbrooke et mon village. Mais, je finis par arriver, après avoir sommeillé durant une grande partie du trajet (sauf la dernière demi-heure, évidemment).

Dimanche soir. Cool. Mon mal de gorge avait presque disparu. Je me suis couchée relativement tôt, avec un bouquin. Rien de mieux pour se remettre en forme.

Lundi matin. Pfff…
-Je l’ai échappé belle… Me suis-je dit naïvement.

Erreur…

Ce matin, au réveil, j’étais un peu poquée mais rien de bien étonnant : Une autre nuit presque blanche (ça, c’est une autre histoire…).

Plus tard, juste un peu avant midi. Horreur : Frissons, mal de tête, la gorge qui gratte, les yeux qui brûlent, des quintes de toux aussi brèves que subites. Rien qu’une sieste n’a pu faire passer, malheureusement. Comme si ce n’était pas assez, mon cerveau s’est peu à peu rempli d’une brume opaque, tandis que la chair de poule envahissait mes avant-bras et mon dos, par vagues.

J’abdique… je vais aller me faire couler un bain chaud et je passerai le reste de la soirée à végéter devant la télé en ingurgitant des litres et des litres d’eau…

Misère… quelle mocheté, la grippe…

lundi 11 février 2008

Rencontre...

Musée Empress of Ireland, Rimouski

jeudi 7 février 2008

mercredi 6 février 2008

Touchée...


J'ai beaucoup d'admiration pour ceux qui font preuve d'humilité. Qui admettent leurs erreurs. Les petites comme les autres, les grosses, les immenses. Celles qu'on pourrait presque qualifier d'impardonnables. Qui les regrettent, sans les justifier.

Ça m'émeut plus que je ne saurais le dire, cette confiance, cette vulnérabilité qu'on m'offre, comme le plus précieux des cadeaux. Alors que je ne peux que les écouter se raconter. Ce courage qu'il leur faut pour s'ouvrir, se mettre à nu, pour déposer sur la table leurs mensonges, leur lâcheté de jadis. Et risquer d'être jugés. De les voir se délester d'un fardeau trop lourd, trop longtemps porté sur leurs épaules, comme une croix.

Qu'on me choisisse, moi, comme témoin... J'en suis profondément touchée...

lundi 4 février 2008

Sens unique...

Autre message à ma grande-soeur préférée:

- Proposition reçue;
- Géniale... mais non retenue;
- Plan initial devrait être OK;
- Détails à suivre si modem en décide ainsi.

Soeurette préférée
XX

Sur le sentier de la puberté

Embarras du choix...
Ou choix de l'embarras?

jeudi 31 janvier 2008

Nécropole...

On n’y peut rien, chaque jour des milliers d’entre eux disparaissent mystérieusement. Il y en a auxquels nous tenions particulièrement. D’autres moins. Il nous est arrivé de consacrer beaucoup de temps à certains d’entre eux, en vain.

Curieusement, il arrive que ces disparitions ne laissent pas de trace, nous avons beau en chercher, fébrilement… c’est comme si rien n’avait jamais existé.

Malheureusement, plusieurs passent inaperçus jusqu’au jour où quelqu’un s’informe d’eux. Quelle réponse peut-on apporter lorsqu’on est confronté au vide ?

Où vont-ils ? Se perdent-ils dans le néant ? Y a-t-il quelque part un cimetière des courriels perdus ? Jamais nous ne le saurons.

PS. Message à ma grande sœur préférée : il semble, que mes derniers courriels se soient égarés quelque part dans le cyberespace à moins qu’ils ne se soient abîmés dans l’immensité de l’Atlantique qui nous sépare.

Alors, pour répondre aux questions de ton message de 15h57 le 29 janvier, dans l’ordre : Non, oui, oui, OUI, non, re-OUI, non, pas du tout, rien d’autre. Réalité.

Cool… une chance que tu lis mon blog !!!

mardi 29 janvier 2008

L'utile et l'agréable...

Dans le courrier aujourd'hui...
Un cadeau de moi, à moi...

lundi 28 janvier 2008

Feeling...

Depuis un an, un feeling m’habitait. Le pressentiment que quelque chose se produirait bientôt. Qu’un changement important se tramait. Qu’un chapitre, un autre, s’achevait.

Il est vrai que la dernière année fut riche en rebondissements, en événements. Tant au niveau personnel que professionnel. Même après tous ces changements, le feeling persistait. Quelque chose d’intangible, de flou. Mais en même temps de solide et d’incontournable. Je sentais que ce serait une bonne chose ; difficile peut-être, mais positive. Là-dessus, je n’avais aucun doute.

J’avais beau chercher, épier autour de moi. De nature curieuse, j’aurais bien voulu deviner ce qui se préparait. Qu’est-ce qui pourrait bien arriver qui changerait ma vie, encore.

C’est ce matin, sans crier gare, que ça s’est produit. Ce changement en apportera d’autres, assurément. De ça aussi j’en ai le feeling. Pour être plus précise, c’est à 11h50 que ça s’est passé. Juste avant l’heure du lunch ; ça m’a coupé un peu l’appétit d’ailleurs.

Ainsi, ce matin, j’ai pris la décision de me départir de mon nid. Celui que j’occupe depuis 14 ans. Celui que j’ai tant désiré, que j’ai imaginé. Qui a vu défiler des amis d’ici et d’ailleurs. Qui fut un refuge, mon île déserte à moi. Que j’aime encore beaucoup.

Mais il est temps de passer à autre chose. De calculer différemment surtout. Dans le monde impitoyable de la mode, où il faut se battre pour garder la tête hors de l’eau, rien n’est jamais acquis. On a beau vouloir planifier, budgéter… on est à la merci de mille et uns événements, petits ou grands qui tantôt nous amèneront à travailler d’arrache-pied pour arriver à livrer des commandes trop importantes pour un délai trop court, et d’autres fois, nous feront faire du sang d’encre parce qu’aucune commande ne se pointe.

L’été qui arrivera me transportera donc dans un nouveau nid. Il sera certes différent. Moins gourmand surtout. Mais je l’imagine déjà. Chaleureux, apaisant, accueillant. D’autres histoires s’y dérouleront, s’y écriront. Le bonheur m’y attend déjà. J’en ai le feeling.

Mais lorsque pour la dernière fois je refermerai la porte de ma petite maison rouge, c’est un beau grand chapitre qui se terminera.

dimanche 27 janvier 2008

Les rencontres

Au cours d’une vie, nous ferons d’innombrables rencontres. Plusieurs banales, d’autres inoubliables et certaines, déterminantes.

Ces rencontres laisseront des traces ; toutes petites pour la plupart, ou au contraire, indélébiles mais parfois aussi, douloureuses.

Il y a celles qu’on espère mais aussi celles qu’on appréhende.

Certaines dont on se serait bien passé. D’autres qu’on a failli faire, sans le savoir. Ou encore, qu’on regrette qu’elles n’aient pas eu lieu.

Quelques unes d’entre elles nous feront battre le cœur à moins qu’elles ne nous le déchirent.

Il arrivera que des rencontres nous feront rêver, tandis que d’autres nous donneront envie de nous réveiller.

Certaines évolueront alors que d’autres s’évaporeront.

Néanmoins elles nous feront avancer. Peut-être même, nous améliorer. Elles nous amèneront à réfléchir, à nous arrêter, à nous questionner aussi sur ce que nous serions devenus sans elles, ces rencontres.

vendredi 25 janvier 2008

Liberté...


"L'homme qui est libre doit revenir à la seule nature qui nous commande un plein épanouissement du corps et de l'esprit, sans peur des limites, des bornes et de ce qu'à tort, on appelle excès."
Rabelais

Adam et Eve...

mercredi 23 janvier 2008

mardi 22 janvier 2008

Fée-néante...

Procrastination: 1
Fée: 0

lundi 21 janvier 2008

Isa

J’ai fait sa connaissance au début des années 1990, alors que nous venions de mettre sur pied notre entreprise. Isa, mère au foyer de 3 enfants, avait fait un retour aux études en mode. Elle avait manifesté son désir de faire son stage de fin d’année à notre atelier. Stage qui dura quatre semaines.

Ce qui m’avait frappé chez Isa, c’était son attitude positive. C’est pendant cette période qu’elle connu une épreuve difficile: une séparation douloureuse et imprévisible. Au début de la quarantaine, après avoir passé de longues années à prendre soin de sa petite famille, elle se retrouva seule avec ses 3 enfants. Son cours terminé, elle prit des petits contrats de réparation et de confection sur mesure. Elle se retroussa les manches et choisit d’offrir à ses enfants l’image d’une femme forte, alors qu’intérieurement elle était dévastée et se sentait abandonnée, trahie.

Puis, en 1998, la vie nous réunit de nouveau. Ex et moi avions élaboré un projet de boutique coopérative et avions songé immédiatement à Isa. Elle fut une des 6 designers qui exposa ses créations dans notre boutique « Premier Acte ». L’aventure coopérative dura 2 ans à peine et chacun poursuivit sa route.

Au fil des ans, j’ai gardé contact avec Isa. Ses créations ont toujours eu une place dans notre boutique. C’est à elle que je redirigeais les clients désireux de se faire confectionner des vêtements sur mesure. Elle fut constamment pour moi une source d’inspiration. Elle est la douceur incarnée et jamais elle ne porte de jugement. Elle a toujours su, malgré les temps difficiles, conserver son optimisme et la tête haute.

Isa m’a téléphoné aujourd’hui. Elle était à la recherche de « guipure » pour une robe de mariée qu’elle confectionne pour une cliente. Comme à chaque fois, nous avons parlé du travail, de nos clients. Des aléas du métier. Lorsque je lui ai confié mon manque d’enthousiasme, mon absence de motivation et que j’ai évoqué ma flamme qui vacillait, elle a encore su trouver les mots justes. Elle est même allée jusqu’à douter de mon manque de discipline. Elle m’a assuré que c’était « normal » de connaître une période sombre où le boulot nous semble d’avantage une corvée qu’un privilège. Elle m’a rappelé que l’année qui venait de se terminer en fut une de grands bouleversements pour moi. De quoi éteindre n’importe quel flambeau.

Et en cette journée la plus froide du mois de janvier, c’est Isa, travailleur autonome qui trime dur pour tirer son épingle du jeu, qui m’a insufflé l’espoir qu’un bon matin ma flamme brûlerait à nouveau bien haut, bien droite.

Merci Isa.

dimanche 20 janvier 2008

Dessein...

Créer, c'est donner une forme à son destin.

Albert Camus

mercredi 16 janvier 2008

mardi 15 janvier 2008

lundi 14 janvier 2008

Combat Fée-roce...

Designer: 2
Procrastination: 0


dimanche 13 janvier 2008

Le Carnaval

Lorsqu'elle débuta ses études secondaires, les écoles n'étaient pas encore mixtes. Les filles fréquentaient l'école Assomption et les gars, quelques rues plus loin, celle de St-Viateur.

Comme à chaque année, un carnaval était organisé et des aspirantes au très convoité duché étaient recrutées par un conseil siégeant dans chaque école. Les établissements choisissaient une duchesse parmi des dizaines de postulantes qui rêvaient de sentir le poids de la couronne royale sur leur frêle tête.

Elle ne se souviens plus quelles ont pu être ses motivations à se présenter comme candidate. Mais, elle revoit la longue table installée dans la grande salle du 1er étage. Tout autour, une demi-douzaine de professeurs s'étaient regroupés pour rencontrer les jeunes filles et leur poser des questions, histoire d'éliminer celles qui risquaient de ne pas représenter dignement leur école. Quoiqu'il en soit, quelques heures plus tard et contre toute attente, c'est elle qui fut choisie pour représenter une des écoles. Celle des gars.

Ils devaient être entre 200 et 300 dans leur gymnase ce jour là. Une petite foule compacte et curieuse s'entassait à ses pieds en bas de l'estrade. Des centaines d'yeux rivés sur elle, avaient l'air de se demander ce qu'une fille venait faire à l'intérieur de leurs murs. Aux premiers rangs, certains ricanaient bêtement et semblaient intimidés par cette présence féminine. D'autres se donnaient des coups de coude dans les côtes et se poussaient comme les gamins qu'ils étaient encore. Mais, en majorité, les garçons semblaient juste curieux et attendaient patiemment, trop heureux de ne pas être en classe. Après un petit discours enthousiaste, le directeur de St-Viateur présenta au public masculin celle qui porterait le flambeau de leur école. Leur duchesse.

C'est à une fée, Madame Bibeau, qu'elle confia la tâche de réaliser sa robe en vue du grand bal. Après quelques hésitations, elle avait jeté son dévolu sur une nouvelle étoffe qui était très à la mode. Un tissu résistant, infroissable et en polyester. Du Fortrel... Elle opta pour une jolie teinte de bleu. Sa robe serait cintrée jusqu'à la taille avec une jupe ample qui balayerait le sol. Taillée dans le même tissu, une longue traîne serait fixée aux épaules du corsage et un large ruban de velours bleu nuit en garnirait le contour. Sa robe fut magnifique. Quant à sa coiffure...

A cet âge, elle était timide et elle n'avait pas osé émettre de commentaire lorsque la coiffeuse avait remonté ses cheveux en un chignon très serré et tiré vers l'arrière tout ce qu'elle avait de frange sur le front. Ses boucles avaient été longuement étirées, surchauffées, puis lissées sur son crâne. De grandes quantités de pinces à cheveux et de fixatif plus tard, la coiffeuse s'était frotté les mains, lui avait à peine souri et avait lancé d'une voix forte: "Suivante"... La duchesse de St-Viateur était donc repartie avec son petit chignon léché pour se rendre chez la maquilleuse qui, avec quelques coups de pinceaux magiques, avaient réussi à lui faire oublier qu'elle n'aimait pas sa tête.

Comment se sont déroulés le bal et le couronnement? Elle n'en a gardé aucun souvenir. Cependant c'est en souriant qu'elle s'est remémoré ce qui s'était passé quelques semaines plus tard...

Le hasard, ou le destin, voulu qu'en ouvrant un casier inoccupé pour en faire le ménage, le neveu du concierge d'une école trouve une grande enveloppe de papier Kraft sur la tablette du haut. Elle n'était pas scellée; aucune inscription n'y apparaissait. Curieux, il l'ouvrit et en retira le contenu. C'était la photo d'une toute jeune fille. Il lui donna entre 14 et 16 ans. Son petit visage mince était surmonté de cheveux bruns, lesquels avaient été coiffés en un chignon strict, dégageant son haut front. Deux fossettes creusaient ses joues de part et d'autre d'un sourire un peu timide. Il la trouva jolie... Et il arriva ce qui arrive parfois: Cupidon, alerté, et peut-être un peu prompt sur la gâchette, visa et lui tira en plein coeur. Le résultat fut foudroyant.

C'est ainsi que dans le couloir silencieux d'une école désertée, un garçon aux cheveux roux tomba éperdument amoureux d'une duchesse de carnaval. Ils n'eurent aucun enfant mais furent très heureux... jusqu'à la fin du secondaire. La suite? Ça, c'est une autre histoire...

Ah oui, j'oubliais... la duchesse de St-Viateur ne fut pas élue reine du Carnaval cette année-là...

vendredi 11 janvier 2008

jeudi 10 janvier 2008

mardi 8 janvier 2008

Journée Fée-conde

Designer: 1
Procrastination: 0



lundi 7 janvier 2008

Vol de lit...


Ma mère avait ralenti en arrivant près de la maison qui avait brûlé la semaine précédente. Du bâtiment, il ne restait qu’une carcasse noircie dont le toit s’était effondré. Les ruines défiguraient le paysage qui, quelques jours auparavant était d’une douce tranquillité. Rien n’avait résisté au brasier. Sauf le petit hangar, un peu en retrait. Et un vieux lit de fer qui trônait dans la cour.

Nous nous étions arrêtées quelques instants pour observer ce triste spectacle, avant de poursuivre notre route.

Un peu plus tard, lorsque la nuit fut tombée, ma mère me prit à part.

Maman Fée : - Tu sais, le lit…
Fée ado : - Le lit?
Maman Fée : - Celui derrière la maison qui a brûlé…
Fée ado : -Ah, celui-là… Il était vraiment super hein?
Maman Fée : - T’aimerais l’avoir?
Fée ado : - ??
Maman Fée : - Tu le veux?
Fée ado éberluée : - Comment ça?
Maman Fée en levant les yeux au ciel : - …
Fée ado horrifiée : -Tu veux qu’on le prenne???
Maman Fée déterminée : - Allez, monte dans la voiture. On va aller voir s’il est encore là! Faudrait pas qu’il se fasse voler…

Et c’est ainsi que l’été de mes 15 ans, par une nuit sans lune, un vieux lit de fer est entré dans ma vie et dans ma chambre.

Il m’a suivi d’escale en escale. De l’Abitibi jusqu'en Estrie. En passant par Montréal et les Laurentides. Il a vu naître des amours. S’éteindre des passions. Puis un jour, il fut relégué au grenier. Il n’était plus de taille. Il y passa de longues années.

C’est hier que pris fin son exil. Et dans quelques jours, celui qui m’a bercée tant de nuits, reprendra sa place. Il m’accueillera à nouveau, soir après soir. Et au petit matin, il fera tout pour me garder dans ses beaux draps. Il me reverra soupirer, rêver et m’endormir. Et avec lui, je ferai les plus beaux vols de nuit.






samedi 5 janvier 2008

Desiderata

Une autre année vient de disparaître; avec son lot de déceptions, de bouleversements et d’incertitudes. Mais aussi de recommencement, de découvertes, de nouvelles amitiés, de petits et grands bonheurs. Une année fertile en émotions. Une histoire qui finit bien.

Un dernier regard dans le rétroviseur pour admirer la route parcourue et me voilà prête à bifurquer vers 2008.

Si j’en crois quelques amis, il semble que la prochaine année devrait être exceptionnelle pour les natifs du Taureau. On m’a assurée que je n’aurais qu’à demander pour recevoir. Cool!

Alors pour 2008, je veux :

-Que soient terminées (enfin…) les rénovations de ma maison;
-Qu’un prince (charmant…) m’enlève et m’amène dans son château (je me contenterais d’un manoir, à la limite, d’un 5 1/2…);
-Que le succès me soit fidèle;
-Que mes rêves les plus fous se réalisent.

Je ne m’attends à rien de moins. Je veux le meilleur de la vie. Un travail qui me passionne. Des projets exaltants. Des rêves qui deviennent réalité.

Mais y a un principe qui veut que pour recevoir, il faut aussi donner. OK, je n’ai pas le choix, alors voici mes résolutions pour 2008 :

-Être plus disciplinée (ouch…);
-Laver la vaisselle chaque jour (c’est vraiment nécessaire?);
-Consacrer plus de temps à l’écriture et moins à Internet;
-Réintégrer le mot « époussetage » à mon vocabulaire.

Me voici donc prête pour cette année qui s’annonce formidable, exceptionnelle, mémorable.

Bon, c’est pas tout ça… j’ai de la vaisselle à faire, moi. Misère...

vendredi 4 janvier 2008

mercredi 2 janvier 2008

Bonne année 2008!


Bon retour à la maison!

samedi 22 décembre 2007

Joyeuses Fêtes!


De retour le 1er janvier!

mardi 18 décembre 2007

Retour au bercail

Ça y est. Dans 2-3 jours j’embarquerai dans l’autobus qui me ramènera dans mon Abitibi natale. Un long périple de 11 heures, de nuit. A ce temps de l’année, c’est bondé. Pas la moindre petite chance d’espérer prendre 2 bancs pour s’étirer, pour se rouler en boule. Il arrive souvent qu’un second véhicule doive être ajouté pour répondre à cette ruée vers le Nord.

Depuis quelques années, c’est mon frérot qui vient me chercher au terminus lorsque j’arrive à destination, le lendemain matin vers 7h30. Nous avons pris l’habitude d’aller déjeuner ensemble à un casse-croute de la place; cette petite heure nous permet de nous retrouver seuls tous les deux. De nous mettre à jour. Il me raconte les bons et mauvais coups de ses filles, son dernier tournoi de quilles, sa future excursion de pêche avec sa douce. J’aime ces courts moments où malgré le «pain doré» des plus ordinaires et le thé étrangement insipide, je me retrouve face à cet homme qui, malgré ses 5 pieds et 11 pouces, restera toujours mon petit frère.

Cette année, exceptionnellement, je séjournerai chez ma mère. Son nouveau logement comporte une 2e chambre où je pourrai m’installer. Ceci multipliera les occasions de nous parler de tout et de rien. Pour qu’elle ait le temps de prendre son temps pour me raconter son quotidien. Les derniers visiteurs qui sont allés la voir. D’entendre ce qui s’est passé de nouveau depuis ma dernière visite. Constater la santé qu’elle recouvre, sa bonne forme revenue. Redevenir la fille de ma mère.

Pendant mon séjour, je pourrai aussi revoir mes amis(es). Il me tarde de retrouver ma belle Lina. A chaque fois, c’est comme si nous nous étions vues la veille. Sauf qu’elle a toujours plein de potins, parfois croustillants, à me raconter! Je passerai du temps avec mon vieux chum Dan, le solitaire, que je tenterai de convaincre de m’accompagner au dîner de Noël qui se donnera chez ma mère. J’essaierai de voir mon ami Marco, mon complice des années de discothèque. Et Gilles qui, nouveau grand-papa, devient gaga lorsqu’il me parle de ses jumeaux. Tout ce beau monde que je vois 1 à 2 fois par année, toujours avec autant de plaisir.

J’aurai aussi la chance de revoir plusieurs anciens collègues de travail du centre d’accueil où j’ai travaillé avant de quitter l’Abitibi. Un souper-retrouvailles a été organisé et c’est ainsi que nous nous retrouverons, plusieurs je l’espère, à l’incontournable restaurant-bar de la place, le 27 décembre prochain. Ce sera un plaisir de revoir ces hommes, ces femmes que j’ai côtoyés durant 7 ans. D’apprendre ce qu’ils sont devenus.

Mais il y a aussi les absents. Entre autres, mon ami d’enfance Ubald. Qui nous a quitté trop rapidement. Une sale maladie l’a emporté avant que je n’aie le temps de lui dire aurevoir. Celui chez qui j’aimais aller prendre un « p’tit caf » bien corsé. Il me racontait de sa voix rauque de grand fumeur, ses dernières excursions à son camp dans le bois. Il me montrait les derniers travaux qu’il avait faits à sa maison, construite de ses mains. Cet ami que j’ai connu au primaire. Complice de mes nombreuses absences non-motivées au milieu du secondaire. Avec qui, à 15 ans, j’ai fait du pouce jusqu’à Montréal. Celui qui m’a hébergée au début des années 1990 alors que je cherchais un logement. Celui qui était comme mon frère. Il aurait eu 50 ans le 20 décembre. Et il me manque.

En avançant dans la vie, on réalise la place qu’occupent les membres de notre famille, nos amis(es). On se dit, en voyant partir les uns, qu’on doit prendre du temps pour les autres. Leur faire savoir combien ils comptent pour nous. Qu’ils nous font du bien. Pour leur écoute, leur rire, leurs blagues, leur excellent café. Les remercier d’être là simplement. C’est pour toutes ces raisons que j’ai préféré revoir les miens à Noël au lieu d’aller marcher sur les plages brûlantes du Mexique, trop loin de ceux que j’aime. Merci quand même Michel…

dimanche 16 décembre 2007

Blanc de neige

J’ai écourté d’une journée mon séjour chez un ami. J’avais songé y passer le week-end, mais l’annonce d’importantes chutes de neige, combinée à un emploi du temps pour le moins bien rempli de cet ami, ont fait que je me suis retrouvée au terminus de Montréal un jour plus tôt que prévu.

Deux heures plus tard, le temps de passer à la garderie récupérer le chihuahua extrêmement heureux de revoir sa maîtresse, je prenais la route vers la maison. Une petite demi-heure de trajet dans un véhicule glacial qui s’est réchauffé une fois rendu à destination.

J’eu cependant une très agréable surprise à mon arrivée. La personne qui s’occupe de déneiger le chemin mitoyen qui mène à la maison de ma voisine derrière chez-moi, avait gentiment passé la gratte sur presque la moitié de mon stationnement. Wow… surtout que le contrat qui nous lie à ce déneigeur, ma voisine et moi, ne comprend que le déblaiement du chemin, rien de plus.

Récemment, je disais justement à un ami qui habite « la grande ville » combien j’appréciais vivre dans un tout petit village. Les gens se connaissent de vue. Se font confiance. Cherchent à se rendre service.

Je lui racontais que lorsque je prenais rendez-vous avec mon garagiste pour la mise au point de mon véhicule, je n’avais qu’à laisser les clés sur le contact et mon voisin mécanicien venait chercher ma voiture dans mon stationnement.

Je lui disais aussi qu’un soir, voulant allumer un feu dans mon poêle et ayant épuisé ma réserve de bois d’allumage, j’avais traversé chez mon autre voisin, quincaillier, pris un sac de bois dans la pile laissée dehors et n’avais eu qu’à griffonner un petit mot sur le calepin qui est fixé à côté de la porte pour qu’il ajoute cet achat sur mon compte.

Que l’hiver dernier, après la grosse tempête de neige, une amie et moi étions à déneiger mon entrée devant la maison lorsque le conducteur d’un gros tracteur qui passait dans la rue, et qui se rendait ouvrir une cour plus loin, ralentit, recula et d’un coup de sa gratte gigantesque, enleva plus de la moitié de la neige qui bloquait mon entrée!

J’adore ce petit patelin. Au fil des ans je m’y suis fait une place. On me reconnaît. J’aime revoir ces visages devenus familiers, sur lesquels je peux la plupart du temps mettre un prénom. Que ce soit la maître de poste, Wendy. La propriétaire de cette galerie d’art, Jeannine, celle de cette magnifique boutique et du café, au-dessus, Madeleine. De Charlène, Daniel, Céline, Peter, Ron. Ceux à qui on s’adresse rarement mais qu’on salue à chaque fois. La «madame aux chiens», le «gars de la Ville», le «p’tit mécano d’à côté», la «petite souris d’en face». Tous me font sentir chez-moi. En sécurité. Entourée.

La neige peut continuer de neiger…

mercredi 12 décembre 2007

Nouveau départ

Ma mère avait dû se résigner à quitter sa maison et à abandonner sa ferme. Un huissier était venu frapper à sa porte pour lui remettre un avis de saisie. C’était il y a 25 ans. C’est moi qui ai pleuré comme une Madeleine lorsque je l’ai aidée à empaqueter, à trier. Maman, elle, n’a rien montré de son désespoir.

Toute ma jeunesse, j’ai eu l’exemple d’une femme acharnée au travail, qui se levait à l’aube et se couchait après nous tous. Qui parfois se rendait à l’étable, la nuit, pour assister une vache qui vêlait. C’est elle qui mettait le pain sur la table, au sens propre comme au figuré. Elle aussi qui réparait les clôtures. Qui dégelait l’écureur de fumier à coup de masse, l’hiver, lorsque ça gelait dur à 30 sous zéro. Qui a abîmé ses poumons à respirer la poussière de l’ensilage des silos.

La vie de cultivateur était difficile en ce temps là, comme encore aujourd’hui. Mais ma mère avait une famille à nourrir. Et pour elle, pas question de demander la charité ni d’aide à l’état. Mon père était commerçant et avait un garage où on y faisait la réparation et la vente de machinerie agricole. Il connut quelques bonnes années. D‘autres furent catastrophiques. Baisse du marché? Malchance? Toujours est-il que la ferme de ma mère avait été donnée en garantie à une banque pour financer le commerce de mon père. Elle signa sa perte.

De la grande maison de ferme de 9 pièces, mon père et ma mère furent contraints d’emménager dans un tout petit logement de 3 pièces un peu à l’extérieur de la ville voisine. Une petite bâtisse mal isolée qui servait jadis de bureau. Construite dans la cour d’une entreprise, à une dizaine de kilomètres du centre ville. Heureusement, le montant du loyer était ridiculement bas. Ils y entassèrent leurs meubles, souvenirs mais durent se résigner à en abandonner beaucoup derrière eux.

Mon père quitta ce monde en 1998 et ma mère continua de mener sa vie. Victime d’un ACV il y a 4 ans, elle s’est vue retirer son permis de conduire. Cette épreuve fut très difficile. Elle perdait son autonomie, elle si indépendante. Les visiteurs se firent rares. Elle perdit le goût de vivre, de se battre. Elle attendait, presque impatiemment, la mort. Elle, jadis si en forme, n’était plus que l’ombre d’elle-même. Elle respirait difficilement. Il lui restait à peine assez d’énergie pour se rendre à sa boite aux lettres dehors. Plus question de prendre des marches comme elle le faisait quelques années auparavant. Nous nous aperçûmes, qu’en plus de la dépression dans laquelle elle sombrait, que le logement qu’elle habitait la rendait malade. A cause des tapis partout. Des moisissures l’été, et de l’air trop sec l’hiver. Et les poils que perdait son chat n’aidaient pas.

Nous essayâmes de la convaincre de déménager. Dans un logement sans tapis. En ville. Mais il lui en aurait coûté 3 fois le prix. Elle refusa catégoriquement. Après avoir travaillé si fort pour gagner son argent, qui aurait pu l’en blâmer?

Et vinrent les vacances d’été, en août dernier. Ma sœur qui vit en Angleterre pris 2 semaines pour les passer en famille. C’était la première fois que nous nous retrouvions seules, elle et moi, pour plus de 48 heures. Nous avons beaucoup parlé. De maman. Des soucis que nous causaient son état de santé et son moral.

Ma mère a 81 ans, bientôt 82. A cet âge, il arrive que les enfants songent à placer leurs parents en institution. Pour leur propre sécurité. Ma sœur, elle, eu une idée complètement opposée. Qu’elle mis à exécution sans tarder.

C’est ainsi qu’en octobre dernier, mon frérot, aidé de son beau-fils et d’un ami, organisèrent le déménagement de ma mère. Ma sœur et son époux firent l’acquisition d’un duplex situé tout près du centre-ville. Le logement du bas, lumineux, sans tapis, serait occupé par ma mère et son chat. Le prix de son loyer? Le même qu’elle payait à l’endroit précédant, à quelques dollars près.

Ma belle-sœur, épouse de frérot, souffre d’une maladie oculaire dégénérative. Qu’à cela ne tienne. Elle s’occupa de tout laver, de tout ranger. Bibelots, draps, serviettes, linges à vaisselle, tout y passa. Maman n’eut qu’à donner ses instructions quant à l’emplacement qu’elle préférait pour sa vaisselle, ses chaudrons.

Depuis, ma mère a retrouvé sa belle humeur. Elle respire mieux. Elle peut maintenant s’occuper toute seule de son ménage. Elle a même recommencé à prendre des marches. Elle s’est rendue toute seule, à quelques reprises, au centre ville faire des courses.

C’est une nouvelle vie que lui a offert ma sœur et son mari. Alors qu’ils auraient pu utiliser cet argent pour finir de rénover leur maison, pour voyager, ils ont choisi de redonner une qualité à l’existence de ma mère.

Alors qu’à 81 ans certains terminent leurs jours, ma mère, elle, commence une nouvelle vie.

Je suis fière des miens.

Retrouvailles

Depuis 2 jours, ça n’arrête pas. Je retrouve des amis, des complices. Avec qui j’ai passé de merveilleux moments. Dans certains cas, ce ne fut qu’une brève rencontre, quelques heures tout au plus. Souvent, c’était les plus passionnants. Ceux qu’on n’arrive plus à quitter. Même s’il faut sacrifier une partie de sa nuit.

Ils sont tous différents, à part bien sûr ceux qui sont frères. Chez ceux-là, on ne peut nier une certaine ressemblance. Mais ils ont chacun un petit quelque chose d’unique.

Je n’avais pas vu certains depuis quelques années, d’autres depuis des mois. Nous nous sommes retrouvés comme si nous nous étions vus hier. Les souvenirs refaisaient surface, presque intacts. Que ce soit des histoires d’amour, d’aventure ou de celles qui finissent moins bien. Je ne pourrais me résigner à ne plus les voir, à tourner la page définitivement.

Aucune jalousie entre eux; ils ont chacun leur petite place bien à eux. Ils se côtoient, se touchent. Aucun préjugé… que ce soit un petit mince, un beau grand ou même un gros épais.

Mes livres, compagnons fidèles, ont enfin quitté les boites et ont repris leur place dans ma bibliothèque. Pour mon plus grand bonheur.

dimanche 9 décembre 2007

Pôles ...

Comme je l’ai déjà mentionné, ma maison subit des rénovations depuis les 15 dernières années. C’est un peu une histoire sans fin. M’enfin…

Récemment, j’ai fait remplacer toutes les fenêtres du premier étage. Les anciennes dataient de la construction de la maison quelque part en 1945. Elles fermaient mal, avaient besoin d’être doublées de châssis l’hiver et de monstrueux moustiquaires tout rapiécés, l’été. Et les fameuses contre-fenêtres étaient tellement lourdes que je devais demander de l’aide pour les enlever et les installer. J’avais développé une tactique ingénieuse : j’invitais des amis (les couples étaient admis, mais il devait y avoir au moins 1 gars avec des gros bras) au mois de mai et à la fin octobre et, innocemment je mentionnais qu’il me faudrait très bientôt enlever ou remettre les contre-fenêtres. Ça fonctionnait à tout coup.

Mais aussi jolies que pouvaient être ces vieilles fenêtres, elles ne fermaient plus (sauf à coup de marteau), devaient être recouvertes de grandes feuilles de plastique transparent dès l’automne et contribuaient à refroidir la maison et à faire grimper mes factures d’électricité. J’ai alors choisi d’investir dans mon nid plutôt que dans Hydro-Québec, et me voilà aujourd’hui avec des fenêtres toutes neuves (et propres!!!), hermétiques, jolies quoiqu’ en PVC … rien n’est parfait.

Je n’avais donc plus aucune bonne raison de reporter la fabrication des rideaux et l’installation des pôles. J’avais tenté de me convaincre que je devais attendre d’avoir des cadrages, mais je n’en pouvais plus de voir des panneaux de tissus cloués devant les fenêtres. Et j’avoue que de penser que j’aurais bientôt un vrai salon, a été plus fort que ma costaude procrastination. C’est tout dire.

Fébrile, je me mis donc à la recherche de la boite qui contenait les fameuses pôles à rideaux achetées il doit bien y avoir 2 ans. Je trouve la boite, l’ouvre et déballe une pôle. Mmm… curieux… elle me semble bien courte. En vérifiant sa longueur étirée au maximum, je me suis rendue compte que ça n’allait pas. Pas du tout. Elle mesurait 48 pouces alors que j’avais besoin de 54 pouces minimum. Et j’en avais 8 comme ça. Je ne répéterai pas ici les quelques gros mots qui me sont passés par la tête, nous sommes trop près de Noël pour que je prenne une telle chance. J’ai un ami très « haut placé » qui lit mon blog.

Je me voyais tenter de récupérer les anciennes tringles à rideau et d’essayer de trouver un moyen pour les faire tenir car évidemment, les attaches murales étaient égarées depuis des années! Je calculai mentalement ce qu’il m’en coûterait pour acheter des pôles, jolies, pour ces 8 fenêtres. Ouch…

Chassant ces pensées pour le moins désagréables, je décidai d’utiliser les 2 dernières pôles du même modèles, mais celles-là beaucoup plus longues et qui étaient destinées au rez-de-chaussée, pour les installer aux 2 fenêtres du salon qui donnent vis-à-vis celles de mon voisin, au nord. Dans le salon, les 2 autres sont camouflées par les arbres qui entourent ma maison et pourraient bien attendre un peu.

En quête de ces 2 pôles que j’avais aperçues précédemment, que vois-je? Une autre boite. Je l’ouvre et… surprise! Elle contenait plein de pôles pivotantes! Je me suis souvenue que nous avions acheté ce modèle à cause des vieilles fenêtres du haut qui étaient à battant! (note à moi même : « recommencer à prendre du Ginkgo Biloba »). Elles sont juste de la bonne longueur. Et super jolies! Il y en a 8 paires. Quant aux 8 pôles de 48 pouces, si je calcule les petites fenêtres encore nues au rez-de-chaussée, il m’en reste 7. Ha bon!

Une véritable histoire de pôles à en perdre le Nord!!!

vendredi 7 décembre 2007

Ema

J’échangeais quelques mots au clavier avec mon ami Cœur de Lion lorsque le téléphone a sonné. C’était Ema.

Vivant en banlieue de la métropole, elle est originaire de la même région que moi, dans le nord du Québec. Nous avons fait connaissance il y a une trentaine d’années et avons toujours gardé contact même si nous sommes parfois plusieurs semaines sans nous donner des nouvelles. Elle est mon amie.

Ema a traversé une immense épreuve il y a plus de 4 ans. Une blessure profonde qui, même si elle est cicatrisée, lui fait encore mal. Surtout lorsqu’arrive le mois de septembre. Car c’est à la fin de ce mois là, il y a quelques années que son ami, son complice, le père de sa fille, décédait subitement. Lorsque Ema a été mise au courant et qu’elle a pu le rejoindre à l’hôpital, il ne subsistait qu’un peu de chaleur dans le corps de son bien-aimé. Elle s’est étendue à ses côtés, mais il était déjà parti. Elle n’a pu lui faire ses adieux.

J’étais surprise de recevoir un appel d’Ema en ce vendredi après-midi. Habituellement, nous nous téléphonons le soir ou la fin de semaine. Ce devait être important.

"Je viens d’enterrer mon petit papa…" furent ses premiers mots. Ema revenait tout juste de l’Abitibi où elle s’était rendue précipitamment. Son père, âgé quoiqu’en assez bonne santé, a attrapé un virus et son corps affaibli n’a pas réussi à combattre l’assaillant. Il a rendu les armes. Ç’aurait été son anniversaire le 15 décembre prochain et une grande fête était organisée. Il ne fêtera pas ses 80 ans.

Cette fois-ci mon amie Ema a pu accompagner cet être qu’elle aimait tant. Ce père, de qui elle était très proche. Elle lui a tenu la main. Elle était à ses côtés. Le temps d’une larme sur la joue d’un vieillard, qui regrette de ne plus avoir la force de continuer à lutter. Et il s’en est allé, tout doucement.

Et Ema revit la douleur du départ, de l’absence, du deuil. Ce grand chagrin se mêle à l’ancien, encore présent. Elle devra l’affronter, continuer à travailler, à faire les gestes quotidiens. L’apprivoiser aussi en espérant le dompter un peu, le faire taire parfois, le temps d’apprécier un rayon de soleil. De rire avec des amis. De profiter d’un petit bonheur fugace.

Cependant avec les festivités de Noël qui sont à nos portes, c’est la nostalgie qui sera au rendez-vous. Au fil des ans, les absents se font plus nombreux. Les souvenirs s’accumulent. Profitons de chaque moment passé avec ceux qui nous sont chers. Tenons leur la main, disons leur combien ils comptent pour nous. Prenons le temps de rire avec eux, de leur parler, de les écouter. Parce que ces instants précieux se transformeront en autant de doux souvenirs qui, un jour, mettront un baume sur note cœur meurtri.

jeudi 6 décembre 2007

Chère Fée...

Merci pour ton dernier message. C’est toujours agréable d’avoir de tes nouvelles. Ainsi tu as pu venir à bout de cette commande de dernière minute? Je ne m’attendais à rien de moins, surtout que tu es supportée de manière extraordinaire par ton équipe de sous-traitants. Je vous félicite, tous.

J’ai bien ri en lisant ton dernier billet. Je ferai comme si je n’avais pas lu que Sylvie avait dit quelques gros mots! Ho! Ho! Ho!

Ici c’est l’effervescence comme tu peux l’imaginer. Mais nous serons prêts pour la nuit de Noël. D’après les messages que m’ont fait parvenir mes confrères des autres pays, eux aussi prévoient encore cette année terminer à temps pour la grande nuit.

Contrairement à ta mésaventure, ici tout s’est bien passé et aucun incident majeur n’est venu perturber notre préparation. Enfin, si je fais abstraction de Théodore qui, le pauvre, a trébuché en transportant un gros contenant de teinture végétale rouge. Tu devineras qu’à son habitude, il n’avait pas cru nécessaire de remettre le couvercle! Nous avons bien tenté de ne pas rire mais tu aurais dû voir sa tête lorsqu’il s’est relevé! Ses cheveux, habituellement blancs, dégoulinaient de rouge comme son visage et tout le haut de son corps. Nous avons tellement ri que nous en avons eu mal au ventre. Et pendant tout ce temps, Théo nous regardait, bouche bée, les deux pieds dans l’énorme flaque rouge qui s’étendait tout autour de lui. Nous avons réussi à nettoyer le dégât mais Théodore passera Noël coloré d’une jolie teinte rouge qui, ma foi, va plutôt bien avec ses yeux verts!

Chère amie, cette année tu m’avais fait une demande très particulière. Et je t’avoue bien honnêtement que je n’étais pas persuadé de pouvoir faire quelque chose pour toi. Tu sais, dans certains cas, même avec mes nombreux contacts, il arrive que je reste impuissant face à des demandes délicates. Mais cette fois, je crois avoir réussi, sauf pour la distance, ça je n’ai rien pu faire. Je sais, 2 heures de route ça peut sembler énorme mais il faudra que tu t’en accommodes. Après tout... je suis le Père Noël, pas Dumbledore!

Quant à la demande de ton ami Cœur de Lion, on m’a dit qu’elle est en voie de réalisation. Il se peut toutefois que son bonheur soit progressif, car c’est une petite chose bien fragile qui prend d’avantage de temps à fabriquer. Mais son voeu sera exaucé, très bientôt.

Je te souhaite de joyeuses festivités auprès des tiens, de belles retrouvailles avec tes amis(es) ainsi que mille et un petits bonheurs reçus et offerts.

Au plaisir de te lire à nouveau,

Avec toute mon affection,

Ton ami le Père Noël
XOXOXO

mercredi 5 décembre 2007

Mission accomplie

Ça y est. Nous avons réussi à relever le défi. Ce sont 16 boites qui ont été ramassées hier : 8 à mon atelier et autant chez Sylvie. 331 vêtements. Le tout sera livré cet après-midi chez mon client dans la métropole. Les boites seront ouvertes, tous les vêtements seront étiquetés, repliés et remis dans les boites pour être distribués dans chacune des 8 boutiques. A leur tour de "rusher"...

Nous n’avons pas compté les heures pour arriver à livrer le tout à temps. De mon côté, pas trop de pépins, enfin rien de grave.

C’est Sylvie qui a écopé. Et pas à peu près. Le dernier lot qu’elle avait à finir (poser les œillets, repasser et lacer) était composé de jupes. Un modèle très simple, pas compliqué à coudre. Qui se fait presque les doigts dans le nez (au sens figuré, bien entendu). Mais, malheureusement, il y a une couturière qui a réussi à saboter le lot au complet …71 jupes. Toutes les jupes (oui, toutes …) ont dû être décousues en partie et corrigées. Car même avec beaucoup de vapeur (qui fait souvent des miracles) il était impossible de livrer ces jupes sans au préalable réparer ce gâchis.

Pourtant, quiconque doté d’une intelligence moyenne, un juste milieu entre Einstein et Frankenstein… aurait dû voir que quelque chose ne fonctionnait pas, que ça clochait, que c’était pas normal. Ou encore, cette personne aurait dû dire à mon sous-traitant qu’elle ne se sentait pas capable de faire la production ou que sa machine à coudre fonctionnait mal. Il est "i-m-p-o-s-s-i-b-l-e" qu’elle se soit dit que le résultat était satisfaisant. Je dis pas, 1 jupe sur le lot, mais 71!!! Toutes les coutures étaient froncées (plissaient) comme si elle avait utilisé le pied fait exprès pour faire des fronces. Presque tous les ourlets au bas des jupes ont dû être coupés et recommencés pour la même raison.

Ainsi, Sylvie, aidée de Belle-maman (la sienne), à passé 3 jours à découdre, couper, corriger, recoudre. Elle a fait preuve d’une patience d’ange. Bon, elle a dit quelques gros mots de circonstance, mais pas tant que ça (et je le dirai pas au Père Noël). Elle a tout réparé, parce que pour elle, il était primordial que les vêtements qui allaient être livrés dans les boutiques soient à la hauteur de la griffe qui leur est apposée. Elle a sacrifié toute sa fin de semaine, ses soirées, son dos. C’est une professionnelle, dans tous les sens du terme.

Ici, l’atelier a repris ses airs d’avant le « rush ». On dirait même qu’il est plus grand. Tout est dégagé, rangé. Il me reste quelques trucs à terminer avant la période des Fêtes. Entre autres, je veux poursuivre le développement de modèles pour le printemps, même si mes clients attendront jusqu’en février avant de passer leurs commandes. Je veux aussi travailler sur un patron dont ma coiffeuse m’a fait un croquis lors de ma dernière visite. Mais rien d’urgent.

Quant à Sylvie, il lui reste une petite commande à produire qu’une cliente de Chicoutimi veut avoir à la fin de cette semaine (évidemment). Une trentaine de chandails d’un modèle que nous produisons très souvent et qui fait partie des « classiques ». Une vingtaine d’heures en tout, de la confection, en passant par la finition, jusqu’à la livraison. Ce sera la dernière production de 2007.

Ce sera à moi maintenant de jouer, d’avoir l’inspiration pour dessiner quelques nouveaux modèles qui idéalement deviendront à leur tour des classiques. De trouver les bons tissus, dans les bonnes couleurs et espérer qu’ils soient disponibles au moment où j’en aurai besoin pour une production. Dans mon métier, c’est ce que je préfère, la création et le développement. C’est un mélange de planification et d’improvisation. D’abstrait et de concret.

Dans un monde idéal, je ne ferais rien d’autre, que ce soit en mode, en littérature, en décoration. Le processus de création est le plus beau, le plus intense. On oublie tout autour de nous, le temps s’arrête, on puise dans les trésors que sont nos souvenirs, nos expériences, nos rêves, notre folie, les barrières tombent, tout est possible. En attendant cet idéal, je poursuis ma route et nul doute que j'aurai d'autres missions, à première vue impossibles, à accomplir.

lundi 3 décembre 2007