jeudi 22 mai 2008

Weed-end Laurentabitibien…


Ça faisait bien 3-4 mois que je promettais à mon ami Flo de lui rendre visite. D’une fois à l’autre, soit le timing n’était pas bon, soit c’était la température qui faisait des siennes.

Mais cette fois-ci, ça y est, c’est la bonne. Le printemps est là, je n’avais rien de prévu en fin de semaine et ma coloc Lise pourra s’occuper de la ménagerie pendant mon absence. Bon, j’aurais bien été tentée, aidée de ma baguette magique, de transplaner jusqu’à
Saint-Pierre et Miquelon mais avec mon Fée-noménal manque d’orientation, je craignais d’atterrir non pas sur l’archipel mais quelque part à St-Ignace de Loyola au milieu du lac St-Pierre, et comme je nage comme une marmite …

C’est donc par voie terrestre, dans mon vieux baz que je me rendrai dans la région du
Mont Tremblant où, depuis 2005, mon ami Flo a élu domicile. C’est après avoir vécu plus de 40 ans à Amos, qu’il eut un jour envie d’aller voir ce qui se passait ailleurs. Naturellement ce sont les Laurentides qu’il a choisies.

Pour nous, abitibiens, cette région tient une place particulière dans nos cœurs. Après avoir traversé le
parc La Vérendrye et dépassé Mont-Laurier, le panorama se métamorphose. Finis les terrains plats, sans relief. Ce sont les collines et surtout les montagnes qui nous fascinent, qui nous font nous extasier tout au long de la route qui nous mène à Montréal, l’incontournable destination lorsqu’on décide de faire près de sept heures de route pour aller "en ville".

Flo avait déniché, dans un petit coin de campagne, un immense terrain de plusieurs acres sur lequel se trouvait un grand bâtiment à peine habitable. Le connaissant, nul doute qu’il a pu acquérir son "domaine", comme il l’appelle affectueusement, pour pas trop cher.

Et c’est ainsi qu’armé de beaucoup de courage et de détermination, il a transporté et entassé ses pénates dans des abris temporaires qu’il a fabriqués lui-même. Il a ensuite entamé les rénovations du bâtiment qui allait devenir sa maison et dans lequel il a aménagé un
studio (Ar 496) qu’il loue à une clientèle touristique.

En fin de semaine, Flo me fera parcourir sa forêt, me partagera ses rêves, ses ambitions et ses projets d’aménagement de ce coin de pays qui est devenu le sien.

Puis, comme un plaisir n’arrive jamais seul, mon vieux chum Dan viendra nous rejoindre. Je ne croyais pas vraiment que mes "
Come on, Dan, viens dont, sors de ton rang pour une fois… ce s’rait l’fun ! Flo serait content de te revoir…" auraient décidé mon ami à se taper 950 km en deux jours pour venir passer quelques heures avec son amie la Fée. Et j’ai même pas eu besoin d’utiliser un philtre de persuasion ou encore ma baguette magique. Cool, hein ?

Wow, c’est vrai que ce sera l’fun…

mercredi 21 mai 2008

Fenêtre sur la nature ...

J’ai passé une grande partie de la journée à repasser et à finir un lot supplémentaire de vêtements pour ma cliente qui viendra chercher sa commande demain soir. Pendant que je posais les lacets sur les robes et sur quelques corsages, mon regard fut attiré par le vert qui éclaboussait une des fenêtres de mon atelier. Un jeune érable entêté déploie ses branches malgré les coupes qu’il subit année après année ; celles-ci viennent caresser les carreaux près de mon espace de couture.

Quel contraste avec les locaux que mon entreprise a occupés durant les sept dernières années, dans lesquels il y avait peu ou pas de fenêtre. Combien de jours, submergée par trop de travail, je n’eus aucune idée de la température qu’il faisait à l’extérieur, jusqu’à ce que je sorte, à la fin de ma journée?

Dans mon atelier actuel, malgré son manque d’espace, la lumière elle, y entre à profusion. A l’est, à l’ouest et au nord, j’aperçois des fleurs, des arbres, des carrés de pelouse bien verte et les montagnes qui entourent mon village. Toute cette luminosité crée une ambiance particulière, propice à la création.

Il m’arrive fréquemment de lever les yeux de mon travail pour jeter un coup d’œil par une des six fenêtres ; je vois des oiseaux, la couleur du ciel et le temps qu’il fait. Ma nature contemplative se réjouit et je réalise ma chance d’avoir un environnement comme le mien au lieu de celui aveugle, poussiéreux et bruyant qui, trop souvent hélas, est le lot des travailleurs du textile.

Pour mon plus grand bonheur, mon atelier a ses fenêtres sur la nature…


mardi 20 mai 2008

A pleine vapeur …


Alors que des nuages hors saison saupoudraient quelques flocons de neige sur la région qui m’a vu naître, au grand dam des abitibiens qui en ont plus qu’assez de cette température "printaumnale", je travaillais bien au chaud dans mon atelier en me réjouissant des belles éclaircies de soleil dans le ciel de mon Estrie d’adoption.

Quel temps parfait pour travailler à l’intérieur ! Un tout petit 14C acoquiné à un ciel menaçant dont le soleil avait peine à percer les nuages tout gris. Rien qui donne envie de mettre le nez dehors au lieu de bosser. Du sur mesure pour moi en ce début de semaine.

Une fois le fer installé, puisqu’il avait séjourné chez ma couturière Sylvie durant mes vacances, je me suis attaquée au repassage de deux douzaines de corsages pour une petite boutique de ma région, à East Angus. Rien de trop ardu pour un retour au travail après un arrêt de trois semaines. Cool...

Alors que la vapeur s’élançait à l’assaut des plis et des coutures, j’ai réalisé ma chance d’avoir un atelier si bien équipé. Particulièrement mon fer industriel qui rend jaloux mon sous-traitant (oui, oui…). Mon entreprise avait fait cet investissement au début de 2000 alors que les commandes justifiaient l’embauche de 2 presseuses à plein temps. Outre le fer ultra léger qui est suspendu à la pôle transversale de la table de pressage, évitant d’avoir à le déposer entre chaque étape, son débit de vapeur ajustable permet également de l’utiliser comme défroisseur. Un petit bijou qui me fait presque aimer le repassage !

Si rien ne vient me distraire ce soir, je devrais être en mesure de mettre en boite les vêtements puisqu’il ne me reste que le laçage à faire et à préparer le bon de livraison. Soit encore une heure ou deux, tout au plus.

Ainsi dès demain, je pourrai me consacrer au développement des produits que m’a demandé mon ami le magicien. J’avoue qu’il me tarde de m’y mettre. Ce travail sera à mi-chemin entre la confection et le bricolage. J’ai peu de contraintes contrairement à la création de vêtements. N’empêche que mon défi sera de réaliser des articles qui existent déjà sur le marché mais en leur ajoutant un petit "je ne sais quoi", une petite touche qui les différenciera de ceux qui inondent le marché et qui sont fabriqués pour même pas une bouchée de riz en Asie.

Alors sans lui faire de promesse que je ne saurais tenir (jamais je n’oserais !!!) il est fort possible qu’il puisse recevoir ces échantillons au courant de la semaine prochaine.

Hum, peut-être qu’un petit coup de baguette magique serait utile ?

lundi 19 mai 2008

Book-limie ...

Dès mon retour de vacances, je me suis plongée dans la lecture. Un peu pour faire passer mon petit spleen mais beaucoup par plaisir, car je l’avoue, j’en suis accro…

Juste avant de quitter Saint-Pierre, j’avais terminé l’excellent bouquin de Khaled Hosseini "Mille soleils splendides" que mon ami Blanche-Neige m’avait offert pour mon anniversaire. C’est un roman émouvant, tragique, qui nous rappelle que la puissance de l’amitié et de l’amour peut vaincre de tout, ou presque. J’avais adoré son roman précédent, "Les cerfs-volants de Kaboul".

En visitant une librairie de l’île, pendant mes vacances, je n’avais pu résister à la tentation de mettre la main sur le dernier roman de Didier Van Cauwelaert, un auteur que j’affectionne particulièrement, intitulé "La nuit dernière au XVe siècle". Une charmante histoire qui s’est lue toute seule la semaine dernière et qui fut divertissante à souhait. Je l’ai dévorée en moins de deux jours.

Encore affamée, j’ai ensuite attaqué un premier livre de Marc Fisher, "Le secret de la rose". Rien de nouveau puisque récemment j’avais lu "Le Secret" de l’américaine Rhonda Byrne et que, outre le récit de Fisher qui est romancé, les deux bouquins ont la même essence. Et entre vous et moi j’ai trouvé que, dans ce roman, la plume de monsieur Fisher manquait un peu de souplesse et beaucoup de ponctuation.

Finalement hier, j’ai terminé une autre œuvre de Marc Fisher intitulée "Conseils à un jeune romancier". Un tout petit bouquin de 134 pages qui représente néanmoins un précieux guide pour ceux et celles qui, comme moi, ont la passion de la littérature et qui rêvent, un jour, d’étaler leur amour des mots entre deux couvertures souples. Cet ouvrage fut composé sous forme de lettres écrites par l’auteur à son neveu qui manifeste le désir de devenir romancier. La méthode est efficace et plutôt sympathique.

Puis, en soirée, pour ne pas aller au lit l’esprit comme mon estomac, vide, j’ai commencé la lecture de contes tchèques, traduits en français : "Mon nouveau livre de contes", des Éditions du Korrigan. Je l’ai acheté en solde à ma pharmacie (j’y fais souvent d’intéressantes trouvailles). Ce livre renferme trente courtes histoires et comme dans ceux de mon enfance, il est illustré magnifiquement. Un régal pour mon cœur de petite fille et pour mes yeux gourmands.

Et en ce lundi férié où il me reste encore beaucoup à faire pour que ma chambre-salon perde son air vandalisé et où j’avais prévu préparer l’atelier pour mon retour au travail demain, je ressens un petit creux. Comme si ma lecture des derniers jours ne m’avait pas rassasiée mais au contraire, ouvert l’appétit.

Mon plus grand dilemme ? Choisir… Est-ce que ce sera "Libérer son écriture et enrichir son style" de Pascal Perrat ? Ou encore la poursuite de "Que la force d’attraction soit avec toi" de Michèle Cyr. Quoique une autre acquisition faite durant mes vacances m’attire particulièrement : "Les contes du Chalin aux Îles Saint-Pierre et Miquelon" d’Andrée Lebailly. A moins que je ne m’attaque à la pièce de résistance : le dernier Harry Potter qui m’attend sagement depuis plusieurs semaines dans ma bibliothèque, à côté de ses six prédécesseurs. Il y a aussi le deuxième examen de mon cours de création littéraire qui me hante l’esprit. Mais bon, comme j’ai mis à la poste l’examen #1 avant-hier, lequel a été courageusement complété durant mes vacances, je me dis que je peux bien attendre un peu avant d’expédier ma feuille-réponse #2. Histoire de ne pas surcharger la responsable de mon dossier qui a sûrement d’autres étudiants, euh… chats à fouetter…

Par conséquent, aujourd’hui, je serai raisonnable. Pour une petite heure de ménage, de lavage et d’aménagement, j’en passerai une le nez plongé dans un bouquin. C’est un bon compromis, surtout que c’est la fête de Dollar et que je ne voudrais surtout pas lui manquer de respect. Car pour moi un anniversaire, c’est sacré, surtout celui d’un compatriote…

dimanche 18 mai 2008

Remède contre la grisaille...

Petit dimanche; rien de particulier si ce n’est que j’ai ressenti un manque persistant. Et c’est plutôt inhabituel. Je dirais même que ce n’est pas dans ma nature.

Alors j’ai signalé le numéro de mon vieux chum Dan, à Amos. Il n’a pas son pareil pour me changer les idées, pour me faire rire. Ça marche à tout coup.

Nous nous sommes connus à l’âge de 11-12 ans et depuis, à part quelques brèves périodes de silence, nous avons fait partie de nos paysages respectifs. C’est mon meilleur ami ; celui à qui je peux raconter mes états d’âme, mes erreurs, mes peurs et mes désirs, aussi.

Même si je lui avais parlé plus tôt en semaine, j’ai eu envie de l’avoir au bout du fil aujourd’hui encore. Mais la sonnerie a retenti une bonne dizaine de fois, en vain. Il m’a finalement rappelée vers la fin de l’après-midi.

Comme d’habitude, nous avons commencé par comparer les températures estriennes et abitibiennes. Puis la conversation a glissé sur l’importance des amis, sur les défis à relever, les leçons que nous avons à apprendre. Il m’a écouté lui dire que je trouvais le ciel moins bleu, le soleil plus terne et que je me sentais seule sans toutefois avoir envie de voir qui que ce soit. Que j’en avais un peu marre de cette morosité qui me colle aux basquets depuis mon retour de vacances. Alors, il m’a rassurée. Il m’a dit que c’était normal. Que ça lui arrivait aussi que ses «blues passent pu dans porte». Et comme à chaque fois, nous avons passé quelques minutes à déconner un peu.

Nous n’avons pu parler bien longtemps car Dan devait se préparer pour son quart de travail de soir. Néanmoins cette pause-amitié m’a fait du bien et il m’a semblé que ça se dégageait un peu dans mon ciel…


samedi 17 mai 2008

Ode au printemps...

J’ai profité de cette journée magnifique et toute printanière pour faire quelques petits travaux dans le jardin. Le terrain avait grand besoin d’être raclé et ce qui, à tort, est nommé « pelouse » au devant de ma maison, avait poussé de façon chaotique et a dû être égalisé à l’aide de ma super tondeuse.Écologique, évidemment.

Par le fait même, je n’ai eu d’autre choix que de sacrifier la bande de pissenlits qui cachait de si jolie façon les méfaits de l’hiver dernier sur mon gazon. Mais bon, comme j’ai des voisins qui prennent soin de leur terrain comme si leur réputation était en jeu, n’hésitant pas à tondre leur pelouse deux fois par semaine, je me suis dit qu’ils n’apprécieraient peut-être pas mon amour pour ces fleurs jaunes et indigènes.

Par chance seul le terrain au devant de la maison nécessitait un petit coup de tondeuse. A l’arrière, les nombreux arbres jettent un ombrage suffisant pour ralentir la pousse des quelques brins d’herbe qui résistent à l’envahissement d’une spongieuse et verte mousse. Ainsi j’ai pu prendre de longues pauses-lecture entre chaque petite séance de travaux. J’aime …

Tout au long de la journée j’ai ressenti quelques désirs vite endigués, comme celui de rempoter les plans de géraniums rouges que j’ai achetés chez mon voisin le quincaillier. J’ai même sorti d’en dessous de la galerie, un sac de terre noire et un autre de compost. Mais il ne fallait pas sous estimer ma capacité à ne pas céder à mes désirs. Faisant preuve d’une détermination Fée-noménale, j’ai détourné les yeux des boites à fleurs vides qui n’attendaient que mon bon vouloir et j’ai vite ouvert mon bouquin. J’ai de la volonté, moi …

Cette chaleur printanière, l’odeur de la terre et de l’herbe coupée, le chant des oiseaux, tout ça a réveillé en moi de vieux rêves. Comme celui de vivre à la campagne, la vraie. D’avoir plusieurs acres de terre pour y aménager des sentiers à travers la forêt. D’installer une serre qui verrait pousser des tomates juteuses, des concombres croquants et qui donnerait aux légumes cette saveur si particulière. Ma foi, presque une envie d’un retour à la terre… mais pas jusqu’à me laisser pousser les poils sous les bras et sur les jambes, quand même. D’ailleurs ça me fait penser qu’il me faudrait prendre un rendez-vous chez mon esthéticienne…

Ce fut vraiment une belle journée. Travailler dehors, y prendre mes repas, lire, admirer les arbres, le vert de l’herbe et le bleu du ciel. M’émerveiller de voir renaître les arbustes, éclore les fleurs. M’emplir les oreilles du chant des oiseaux qui viennent visiter mes mangeoires, et rêver. Rêver...



vendredi 16 mai 2008

Mon Jules...

Mon Jules est revenu à la maison hier soir, quelques minutes seulement après que j'aie mis en ligne mon billet dans lequel je soulignais sa disparition. Je ne sais pas ce qui m'a poussée à sortir dehors vers 22h30 sans les chiens. C'est là que j'ai entendu un chat miauler faiblement, d'une voix que je ne reconnaissais pas. J'ai néanmoins prononcé son nom et les miaulements m'ont répondu. C'est sous la voiture de ma coloc, dans la pénombre, que j'ai aperçu un chat qui se roulait dans le gravier en miaulant d'une voix rauque. J'ai réussi à l'attraper et c'est alors que j'ai reconnu ses grands yeux. Après des retrouvailles émouvantes avec son chien et son environnement, nous avons passé la nuit à nous murmurer des mots doux et à ronronner.

jeudi 15 mai 2008

"Show must go on"...

Après trois semaines de vacances, je suis de retour chez-moi. J’ai retrouvé ma petite maison rouge et un Chihuahua très heureux de revoir sa maîtresse. Cependant un ami manquait à l’appel ; mon chat Jules a disparu une semaine après mon départ. J’espère de tout cœur qu’il retrouvera le chemin de sa maison...

Pendant mon absence, le printemps en a profité pour garnir les arbres d’un joli feuillage et pour faire éclore une multitude de fleurs … Plus de neige, plus de gris mais un vert éclatant agrémenté ici et là de pommiers fleuris.

Mon nid aussi s’est transformé ; ma coloc a emménagé chez-moi le lendemain de mon départ pour Saint-Pierre et Miquelon. Par conséquent, l’atmosphère n’est plus tout à fait la même, comme le décor et l’emplacement des choses. La sauvageonne que je suis devra s’adapter et apprendre à partager son espace. Par chance, j’ai une coloc des plus gentilles. Mais bon, on ne se refait pas si facilement.

Côté boulot par contre, rien, mais absolument rien n’a bougé. Pas de nouvelle, bonne nouvelle ? Je n’en suis pas si certaine. Mon courriel envoyé à la responsable des achats de mon client principal est demeuré lettre morte. Je demandais des nouvelles sur d’éventuelles commandes des modèles réguliers. Rien… Aujourd’hui je leur ai téléphoné. Résultat : pas de réponse au bureau de l’acheteuse et c’est une boite vocale qui a recueilli mon message lorsque j’ai signalé le numéro du siège social. Je devrais sans doute m’inquiéter de ce silence, mais curieusement ce n’est pas le cas. Au fil des ans, j’ai appris à faire confiance à la vie. Et il y a ce feeling persistant, comme une promesse d’événements heureux. Alors je ne m’en fais pas.

Pour ma petite maison rouge, aucun acheteur potentiel n’a encore manifesté le désir de la visiter. Bon, pour l’instant ça m’arrange car j’avoue que je ne sais pas où j’aimerais aller vivre. En ville ? A la campagne ? Dans un logement ? Acheter une autre maison ? Investir dans un édifice à logements ? Changer de ville ? De région ? Bref, je ne sais plus. S’il est relativement facile de déménager des meubles et des casseroles, il en est tout autrement d’un atelier de couture. Outre la machinerie et l’inventaire de tissus, de garnitures et de vêtements, il me faudra trouver un endroit suffisamment grand pour me reloger mais également pour installer mon atelier de façon fonctionnelle. Alors pour l’instant, je laisse aller les choses.

Encore quelques jours pour terminer l’installation de ma nouvelle chambre et d’une penderie, et je retournerai à l’atelier. Un magicien de ma connaissance attend impatiemment les échantillons de pochettes et d’étuis que je lui ai promis avant mon départ. Ce sera une belle façon de reprendre le travail.

Quant à mon petit blues d’après vacances, il s’estompe graduellement. Même si j’étais heureuse de retrouver mon village, ma maison, mes copains et copines, j’ai laissé derrière moi un ami, une île et un petit morceau de vie. Alors le retour au quotidien s’est teinté d’un peu de gris, le temps de reprendre pied. Mais c’est aussi ça, la vie.

«Show must go on…»

mardi 13 mai 2008

La douceur du printemps...

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Quelle douceur de découvrir ce vert tendre après trois semaines d'absence...

dimanche 11 mai 2008

Jour 19 de mes vacances... le dernier

Mon dernier jour de vacances à Saint-Pierre.
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Ça y est. C'est demain que je repartirai vers le Québec via Halifax. Ce seront 20 jours que j'aurai passés sur l'île à m'imprégner de la vie d'ici, du climat. A entendre l'accent des insulaires qui est à mi-chemin entre celui de la France et le nôtre du Québec.

Durant mon séjour, la température fut clémente et le soleil brilla plus souvent qu'à son tour en cette période de l'année. J'ai pu ainsi faire de magnifiques randonnées en montagne tant à Saint-Pierre, qu'à Miquelon. Il faut dire que la ville est entourée de massifs rocheux; il suffit de quelques minutes de marche seulement pour accéder aux multitudes de sentiers qui parcourent ce gros caillou.


L'île de Saint-Pierre fait 8 km de long (26 km carrés) et, à part quelques maisons bâties un peu en retrait, les commerces, les entreprises de services et ceux de loisirs sont regroupés près du port. Ici tout est à proximité et le rythme de la vie s'en ressent: personne ne semble pressé.

Pour desservir ses 6,000 habitants, plusieurs petits commerces ont poussé ici et là. La dizaine de marchés d'alimentation et dépanneurs tentent de satisfaire les besoins des Saint-Pierrais; il faut savoir que l'approvisionnement des produits frais se fait par bateau 1 fois par semaine, le mercredi. Pour cette raison, il est fréquent de retrouver sur les étals des légumes ramollis, des fruits trop murs ou des compartiments vides. D'ailleurs beaucoup de produits sont consommés en conserve. Le choix des aliments est plutôt restreint et varie selon les trouvailles des commerçants.

Tous les commerces ferment sur l'heure du dîner soit entre midi et 13h30. Le soir, c'est à 18h00, sauf certaines épiceries qui ouvrent jusqu'à 19h00. Le samedi, quelques magasins ouvrent leurs portes en avant-midi. Mais le dimanche, tout est fermé. Tout sauf les pâtisseries qui voient des files de Saint-Pierrais faire la queue pour se procurer des éclairs au chocolat, des Paris-Brest, des tartelettes et des gâteaux de toutes sortes.

Pour moi le dépaysement fut total. Avec ses maisons colorées et entassées les unes sur les autres, ses tambours empiétant sur les trottoirs, ses rues étroites, souvent à sens unique avec priorité de tourner à droite. Avec son port, la mer tout autour et l'air salin. Cette petite ville bâtie au pied des rochers qui s'accroche malgré son économie difficile et son climat rigoureux, m'a séduite. Ses habitants sont chaleureux et j'ai reçu un accueil des plus charmants, particulièrement des membres de la Chorale de Saint-Pierre qui ont accepté gentiment que j'assiste à 2 de leurs répétitions en vue de leur prochain spectacle qui aura lieu en juin. Mon séjour chez mon ami et hôte, André fut des plus agréables. Il fut mon guide durant ces trois semaines, me faisant découvrir les splendeurs de son île, les spécialités locales et le quotidien des insulaires. Ce fut un plaisir également de partager un bout de vie avec ses enfants: Estelle, qui m'a rappelé que mon adolescence n'est pas si loin. Coline, source inépuisable d'informations sur son île et Guilhem, grâce à qui j'en sais beaucoup plus sur les Pokémon, leur efficacité, leur taille, leur poids et j'en passe...

Mon seul regret fut de n'avoir pu visiter l'Île aux Marins. Ce minuscule petit bout de terre inhabité l'hiver, sur lequel on peut apercevoir une église, l'ancienne école et quelques bâtiments, m'a ensorcelée. Balayé par les vents, pas un arbre n'y a poussé mais cela n'a pas empêché une poignée d'hommes et de femmes d'y vivre il n'y a pas si longtemps. Cette île fait partie du paysage puisqu'elle se trouve tout près de celle de Saint-Pierre. Du centre-ville, de la montagne, du port, elle est là, dans toute sa splendeur. Énigmatique, romantique. Qui sait, peut-être qu'un jour son appel traversera l'océan pour me murmurer à l'oreille une invitation que je ne saurai décliner...

samedi 10 mai 2008

Jour 18 de mes vacances... l'avant dernier

Bord de mer au nord-est de Saint-Pierre.
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Nous avions prévu nous rendre sur l'Île aux Marins aujourd'hui. Cependant un contretemps nous en a empêchés. Nous avons donc fait une courte randonnée du côté de Savoyard (au sud-ouest de Saint-Pierre) à travers la forêt et sous un ciel couvert qui n'était pas propice à la photographie. J'ai plutôt choisi ce cliché pris il y a deux jours lors de notre promenade du côté du Colombier. Au bord de la mer, ce gros caillou encastré dans des rochers recouverts d'algues avait attiré mon attention. Ce n'est qu'après avoir transféré la photo sur mon ordinateur que j'ai remarqué qu'on voyait la courbure de l'horizon ...

vendredi 9 mai 2008

Jour 17 de mes vacances ...

L'entrée du port de Saint-Pierre.
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Hier, au retour d'une randonnée qui nous a amenés tout près du Colombier, immense caillou déposé dans la mer au nord-est de l'île de Saint-Pierre, j'ai croqué cette vue magnifique. Il s'agit de l'entrée du port où était accosté un paquebot qui venait de déverser un flot de touristes pour la journée. A l'extrême droite s'étend une partie de la ville de Saint-Pierre tandis qu'à gauche on peut apercevoir un tout petit bout de l'Île aux Marins. D'ailleurs demain, samedi, nous prévoyons une excursion sur cette île qui a capturé mon coeur depuis que j'y ai posé les yeux, à mon arrivée à Saint-Pierre le 23 avril dernier.

mercredi 7 mai 2008

Jour 15 de mes vacances...

Cap de Miquelon et ses étangs d'eau douce.
Tout au nord de Miquelon.
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Cette photo a été prise hier lors d'une randonnée d'une dizaine de kilomètres qui nous a menés au Cap de Miquelon. Nous avons marché tantôt à flanc de montagne, tantôt sur des sols marécageux, suivant la piste des chevreuils. Nous en avons d'ailleurs aperçu trois qui ont disparu avant que nous n'ayons pu dégainer (notre appareil photo, bien sûr...). Nous avons fait un arrêt pour casser la croûte, à mi-pente de la montagne de gauche. Abrités du vent par une talle de sapins, le soleil était chaud, comme en témoigne mon nez qui ferait blêmir d'envie Rudolf. Un peu plus bas, des Parulines et des Bruants voletaient ici et là, attirés par des nuées d'insectes qui se réfugiaient dans les conifères. Avec la mer à notre gauche, les étangs à nos pieds et les montagnes autour, le tout avait un avant-goût du paradis terrestre...

lundi 5 mai 2008

Jour 13 de mes vacances ...

Zoom sur l'Île aux Marins.

Photo prise le 2 mai dernier lors de ma randonnée en montagne. Sur le chemin du retour, l'Île aux Marins s'est profilée à l'horizon. Elle me fascine littéralement.

dimanche 4 mai 2008

Jour 12 de mes vacances... convalescence

Photos prises vendredi le 2 mai par un temps magnifique.
Il faisait d'ailleurs plus chaud à Saint-Pierre qu'au Québec!
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Randonnée en montagne du côté est de Saint-Pierre.
L'étang est celui du Cap.
Tout au fond, l'entrée du port de Saint-Pierre.
Nous sommes montés jusqu'au plus haut
sommet de l'île, le Trépied.

vendredi 2 mai 2008

Jour 10 de mes vacances... en mémoire de mon grand frère.

Photo prise hier au cimetière de Saint-Pierre.



Il était l'un de mes deux grands frères. Celui de qui j'étais le plus près, tant géographiquement que par affinités.

A l'époque où je vivais à Montréal, puis dans les Laurentides, je lui rendais visite fréquemment. Je me sentais chez-moi, chez-lui. Il m'accueillait toujours avec un plaisir évident. Malgré les années, je n'ai pas oublié sa voix, ses traits, le sourire dans ses yeux, son physique tout en minceur. Et que sa moustache me piquait lorsqu'il m'embrassait pour m'accueillir ou pour me dire aurevoir.

Avec lui je pouvais aborder n'importe quel sujet. Nous parlions de la vie, de nos rêves, de nos souvenirs d'enfance. Du regret aussi que ses fils n'aient pu connaître la ferme familiale, celle de ma mère. Il avait un coeur grand comme ça. Il était toujours prêt à rendre service.

Mon grand frère était un homme sensible, doux et il était fou de sa petite famille. De ses deux p'tits gars avec lesquels il aimait faire des "batailles" dans le salon. Et de sa femme dont il était très amoureux.

Lorsque je partis vivre en Estrie, nous nous vîmes moins souvent. En pré-démarrage de mon entreprise, les semaines, puis les mois se mirent à défiler de plus en plus vite. On se téléphonait de temps à autre mais, au bout du fil, les discussions étaient moins profondes; on s'en tenait au quotidien.

La dernière fois que je lui parlai, fut le 15 avril 1993. C'était l'anniversaire de ma belle-soeur, son épouse. C'est lui qui répondit au téléphone. Il ne semblait guère en forme. Il était même d'humeur sombre. Mais je ne m'en formalisai pas; ça peut arriver, me suis-je dit....

Et pourtant ... le 2 mai suivant je reçu un coup de fil comme un coup de poignard au coeur. Je connus le plus grand chagrin de ma vie... Mon grand frère, celui que j'admirais, que j'aimais, n'était plus. Il s'était suicidé.

C'est à ce moment seulement que j'appris qu'il était sur le point de se séparer de son épouse. Il ne m'en avait pas parlé. Il avait demandé à ma belle-soeur de garder le secret, préférant souffrir en silence parce que pour lui, c'était un échec, la fin de son existence. Il s'était donné la mort parce qu'il ne pouvait envisager de vivre sans sa femme et ses enfants. Rien n'avait plus aucun sens pour lui. Dans son grand chagrin, il était persuadé que ses deux p'tits hommes l'oublieraient rapidement et qu'à 45 ans, il était trop vieux pour refaire sa vie.

Il souffrait de dépression depuis quelques mois. On me dit qu'il avait beaucoup maigri. Lui qui était déjà très mince, n'avait plus que la peau sur les os. Mais tout ça, je le su trop tard... beaucoup trop tard.

Quinze ans ont passé et le vide causé par sa disparition n'a pas été comblé. Au fil des ans, mon coeur s'est cicatrisé mais il suffit que je pense à tout ce qu'il ne connaîtra pas, à tout ce que nous ne pourrons plus partager pour que cette blessure me fasse mal à nouveau.

Il ne saura jamais combien il nous manque à tous, surtout à ma vieille maman. Il n'aura pas vu mon entreprise croître, sa petite soeur devenir designer. Ni son petit frère être à son tour papa, de deux adorables fillettes. Il ne saura pas que son grand frère à lui, a trouvé le bonheur à l'autre bout du Canada. Que sa soeur cadette, celle qui a partagé ses jeux d'enfant, pourra dans quelques semaines profiter enfin de la vie, dans son Angleterre d'adoption. Pas plus qu'il n'aura partagé notre chagrin lorsque papa nous a quittés en 1998.

Ce grand frère que j'ai tant aimé, ne se réjouira jamais de voir ses deux garçons devenir des hommes. Des bons gars. Des beaux gars. Il ne pourra constater à quel point le cadet lui ressemble. Ni apprendre qu'il serait grand père pour la première fois l'automne prochain puisque son aîné sera lui même papa.

Jamais il ne saura que son souvenir est resté bien vivant dans nos coeurs. Et que loin de l'avoir oublié, ses fils pensent à lui souvent. Que le plus vieux, tel un talisman, conserve précieusement sa photo dans son portefeuille; il me l'a montrée l'été dernier...

Non, il ne saura jamais. Et quand j'y pense, ça me fait tellement de chagrin...

SVP: Si un de vos proches ou un de vos amis montre des signes de dépression, sonnez l'alarme. Resserrez les liens et osez en discuter avec lui. Ne sous-estimez pas cette maladie... parce qu'un jour, il pourrait être trop tard.

jeudi 1 mai 2008

Jour 9 de mes vacances ...

Pause-câlins...
La féline Saint-Pierraise et son ami de peluche.

mercredi 30 avril 2008

Jour 8 de mes vacances ...

Photo prise du port de Saint-Pierre,
à deux pas d'où j'habite.


A gauche, la bâtisse en construction qui abritera
les logements des gendarmes de Saint-Pierre
(réalisation de l'entreprise CDI dont mon ami
et hôte, André, est actionnaire).
Au centre, en bleu et blanc, la poissonnerie.
A l'extrême droite, à l'horizon, on peut apercevoir
les côtes de Terre-Neuve.

mardi 29 avril 2008

Jour 7 de mes vacances ...

L'île aux Marins vue du port de Saint-Pierre.
Cette île minuscule est inhabitée durant l'hiver;
seuls quelques Saint-Pierrais vont y passer l'été.

lundi 28 avril 2008

Jour 6 de mes vacances ...

Pointe du Diamant au sud-ouest de l'île Saint-Pierre.

Randonnée au bord de la mer, mais le vent était vraiment, mais vraiment pas chaud!

dimanche 27 avril 2008

Jour 5 de mes vacances...

Randonnée sur la partie ouest de l'île Saint-Pierre.
Au fond, on peut apercevoir Langlade qui est
au sud de Miquelon.
Ces deux dernières sont reliées entre elles
par l'Isthme de Langlade.
Avec un petit 6C, une humidité à 78%
et un vent soufflant du nord-est,
je suis revenue de mon expédition
plutôt oxygénée
et pas mal décoif-Fée!!!

samedi 26 avril 2008

Jour 4 de mes vacances...

Cette photo a été prise au jour 2 de mes vacances...
Le soleil brillait et arrivait à me réchauffer
lorsque je me tenais à l'abris du vent.
Un avant-goût d'été sur Saint-Pierre, quoi...


Sauf qu'aujourd'hui, ce serait d'avantage
un arrière goût d'automne,
comme vous pourrez le constater
via la web-cam installée
à deux coins de rue d'ici...
Alors les jaloux, vous pouvez bien aller
vous rhabiller... euh vous déshabiller...

jeudi 24 avril 2008

Jour 2 de mes vacances...

Le phare de St-Pierre avec, en toile de fond, l'Ile aux marins.
Merci à mon guide, Coline.

mardi 22 avril 2008

Plus que 1...

Abracadabra...

Wow! J'ai réussi!!!



Durant les prochaines semaines, la designer se métamorphosera en vacancière gourmande, curieuse, paresseuse et plus que jamais procrastinatrice... Cool... Très, très cool...


lundi 21 avril 2008

Plus que 2...

Ma baguette grif-Fée...

Conçue par mon magicien pré-Fée-ré.


dimanche 20 avril 2008

Plus que 3 ...

Souper de fête…

Pour souligner mon anniversaire et mon départ prochain en vacances, Lise, ma future-nouvelle-coloc eut la gentillesse d’organiser un souper en mon honneur ... chez-moi, puisque bientôt chez-elle.

Par conséquent, hier après-midi je dû ranger la maison, laver le plancher et, ne pouvant tourner la nappe de l’autre côté puisque j’avais déjà eu cette idée pour le moins écologique après le dernier souper d’amis, dû me mettre à la recherche d’une autre nappe propre (enfin, qui avait encore un côté intact…). Pour faire joli, j’y saupoudrai des confettis récupérés de ma perforatrice de bureau ; du coup, les petites taches suspectes se fondirent au décor. Cool !

En début de soirée, Lise et Claudine, habilement supervisées par Steve, mirent les pâtés au saumon au four et firent une excellente salade. Lise, fine cuisinière, réalisa une onctueuse sauce blanche, toute lisse, sans grumeau (merci Knorr…). Comme entrée, Steve nous prépara du maïs soufflé avec sa machine à pop-corn qu'il avait eu la bonne idée d'apporter… Ça augurait bien !

L’ambiance était à la fête, les amis semblaient heureux d’être autour de ma table. Blanche-Neige nous entretint, non pas de ses 7 nains, mais de sa passion pour le «toucher», «l’effleurage» et du bien qu’elle aimait faire autour d’elle. On pouvait lire le bonheur sur son visage poupin et dans ses yeux légèrement vitreux dans lesquels se miraient les cadavres de 3 bouteilles de vin.

Arrivés au dessert j’eus droit à de délicieux présents. Steve y alla d’une tarte à la crème et aux fruits que je partageai avec mes amis. Claudine m’offrit trois ouvrages qui seront de précieux outils pour affiner mes tâtonnements littéraires. Blanche-Neige, que le bon vin n'avait pas encore endormie, me remit le tout nouveau roman de l’auteur Khaled Hosseini que j’avais découvert dans «Les Cerfs-volants de Kaboul». Quant à Lise, ce sont 2 très jolies tasses transparentes avec leur soucoupe et du thé en fleur qu’elle me donna. Steve, ému ou pour attirer l’attention parce que ce sera son anniversaire le 24 avril prochain, renversa une partie de son café sur son pantalon, sur la nappe à demi-propre, sur le coussin et sur le plancher. Du fait, il se retrouva avec trois femmes à ses pieds qui tentaient de limiter les dégâts. Habile Steve, très habile…

Comme il se faisait tard et que grâce à Blanche-Neige il ne restait plus rien à boire, les amis commencèrent à débarrasser la table et à empiler vaisselle sale, coupes avinées et ustensiles dans le lavabo et sur le comptoir. Un timide «Qui lave ? Qui essuie ?», suivi d’un silence me fit commettre une erreur. Une grave erreur… Gentiment et par politesse, j’eus la mauvaise idée de rétorquer : «Mais non, je la ferai demain!» Moi, je disais ça pour paraître agréable en étant certaine que ma proposition serait reçue par un tollé de protestations… On soulignait mon anniversaire après tout! Et bien, ça ne s’est pas vraiment déroulé comme ça. Non, pas vraiment…

Lise, Claudine, Steve et Blanche-Neige, merci pour ce souper d’anniversaire génial. Mes pensées iront vers vous aujourd’hui, chers amis, sans l’ombre d’un doute… Avec toute la vaisselle sale que vous m’avez laissée sur les bras, je pourrais difficilement penser à autre chose… Euh, l’an prochain, que diriez-vous que mon souper de fête ait lieu chez Blanche-Neige, Steve ou encore chez Claudine ?



samedi 19 avril 2008

Plus que 4 ...

L’armoire ensorcelée…

Elle ne payait pas de mine, c’est vrai. Je me suis demandé longtemps ce qui avait pu me faire débourser $10 pour l’acquérir, un certain matin, dans une vente de garage. D’un blanc douteux, elle était parsemée d’éraflures, ses portes coulissantes étaient tellement rouillées qu’il fallait les soulever pour les glisser de côté. J’aurais dû me méfier de cet attrait irrésistible… en fait, c’était une armoire magique et elle m’avait ensorcelée pour arriver à ses fins… Ou plus exactement, à sa faim…

Elle débuta sa nouvelle existence bien tranquillement, dans ma cave, à accumuler la poussière et multiplier ses taches de rouille. Mais un jour, ayant besoin d’espace de rangement supplémentaire, je sus que son heure était venue. Elle allait reprendre du service. Un demi-litre de Hertel plus tard, elle fleurait bon mais avait encore son petit air négligé. Ma foi, j’avoue que ça lui donnait un certain charme, enfin, c’est ce que je me dis à l’époque.

Son magnétisme était tel, qu’en plus des petits aimants qui retenaient de très séduisantes photos, je lui confiai mes objets les plus précieux. Jusqu’à la semaine dernière. C’est là que je fis une découverte pour le moins étonnante et ma foi, effrayante : cette vieille étagère à l’allure inoffensive avait été jadis une ogresse. Sans doute qu’un magicien, écoeuré par sa goinfrerie, lui jeta un sort, la transformant en casier métallique pour l’éternité. Au début, ce n’était qu’une supposition que mon esprit plutôt rationnel fut tenté de rejeter. Mais la preuve fut accablante… Et j’en frissonne encore, surtout les matins frisquets.

Jugeant que ses dimensions en feraient un intéressant garde-manger pour Lise qui emménagera la semaine prochaine, j’entrepris de vider la fameuse armoire. Horreur et abomination! En soulevant les portes coulissantes (ça ne s’était pas arrangé avec le temps), je retrouvai certains de mes trésors profanés… Sur la dernière tablette du bas gisaient trois paires de bas de laine que Maman Fée avait tricoté spécialement pour moi, il y a longtemps. Des tout rouge, des bleu-blanc-rouge et des rouge et blanc (la laine rouge était en solde à cette époque). J’écris « trois paires », mais en fait, je trouvai des bas unijambistes ; enfin, les bleu-blanc-rouge étaient bien en paire, mais l’immonde goinfre avait déjà commencé à en grignoter les talons qui n’étaient plus que des trous béants… Et manquaient à l’appel une chaussette toute rouge et une autre rouge et blanc… Dévastée, je me retrouvai donc avec des bas impairs et qui plus est, à demi dévorés.

Je sais que j’ai le devoir de mettre Lise au courant de cette affreuse découverte. Elle n’en attend pas moins de moi, car c’est mon amie. Elle me fait confiance et si je veux que notre cohabitation se passe harmonieusement, je me dois de tout lui dire, enfin, presque… à quoi bon après tout lui confier que l’armoire ensorcelée se nourrit exclusivement de bas de laine rouge… Ce qu’on ne sait pas ne fait pas mal, dit-on… Comme ça, si parfois, étrangement, il disparaissait de son garde manger des trucs comme je sais pas moi, du chocolat ou de délicieux petits biscuits, ben, elle ne pensera pas à me soupçonner et croira que c’est la faute de la méchante et gloutonne armoire ! Et ainsi, notre précieuse amitié toute neuve sera préservée…

Mais ça reste entre nous, hein ?



vendredi 18 avril 2008

Plus que 5...

Horaire de taille, doublé de rêveries...

jeudi 17 avril 2008

Plus que 6 …

Hier je m’étais dressé une jolie petite liste de choses à faire, des trucs pas trop long qui se feraient «les doigts dans le nez», enfin, c'est une façon de parler :

- Repasser et mettre en boite les 4 robes de mariée ;
- Étendre le tissu pour une des deux coupes prévues et la commencer.

Bon, ça peut paraître court comme liste mais comme je devais passer à l’usine et aller à différents rendez-vous, je ne suis arrivée chez-moi que vers 16h30. Ainsi, après quelques heures de boulot en soirée, je me serais couchée satisfaite et fière de moi.

Quant à la maîtresse de ma future coloc Taïka, surnommée Lise, sa liste à elle était :

- Repeindre le plafond de sa chambre ;
- Commencer la peinture des murs.

A mon arrivée chez-moi, j’aperçu la voiture de Lise dans le stationnement. Une fois entrée dans la maison, je suis montée à l’étage, m’attendant à renifler les effluves de la peinture neuve. Snif ? Rien. Et pas de Lise non plus. J’eu beau observer le plafond, les murs, ils étaient toujours d’un blanc uniforme, sauf un tout petit rectangle d’environ 5 X 10 cm peint en un beige sable.

Le temps de redescendre et Lise arrivait. Comme je m’apprêtais à me faire un thé, je lui en offris un qu’elle accepta. Et nous voilà assises à la table à regarder les cartes de coloris de peinture. Mon estomac me criait depuis quelques longues minutes qu’il n’avait presque rien ingurgité depuis le matin, j’invitai donc Lise à partager mon souper. Une bonne idée en entraînant une autre, je suggérai qu’on ouvre la bouteille de vin qui était restée du souper de solos d’il y a 2 semaines (ou 3 ?). Et là, juste le temps au bouchon de faire «poc» et nos listes ont disparu de notre esprit, comme nos bonnes intentions. Si c’est pas de la magie ça !

Après avoir sifflé la bouteille de vin, on a fait plein de petites choses ensemble pour se donner un avant-goût de ce que serait notre cohabitation: pendant que Lise s’occupait de la vaisselle, moi je répondais à un courriel urgent (enfin, c’est ce que je lui ai fait croire !!!). Nous avons ensuite visité le site web de l’ami Daniel Victor (Lise adore ses diables), parlé de nos amours (…), de nos amis(es) et de plein d’autres trucs que je ne pourrais retranscrire ici.

Autour de 22h00, lorsque Lise est repartie vers son futur-ex-chez-elle, je suis allée me coucher sans me faire prier, légèrement euphorique. Et c’est beaucoup plus tôt que d’habitude, que Morphée m’accueillit dans ses bras.

Et ma liste de tâches à accomplir dans tout ça ? Bah… je travaillerai plus tard ce soir… à moins que Lise, qui doit venir repeindre sa chambre, n’arrive avec une bouteille de vin !!!

Ah oui ! Il ne reste plus que 6 jours avant mes vacances...

mercredi 16 avril 2008

Plus que 7 ...

Plus que 7 jours avant mes vacances...


Et le Pilsen dans tout ça? Ça flotte...


mardi 15 avril 2008

Plus que 8 ...

Plus que 8 jours avant mes vacances...

Dans mes trucs à faire, "comptabilité" a été bif-Fée!

La passion ...

« -Ça fait des lustres qu'on n'a pas eu de nouvelles l'un de l'autre »!

C’est ainsi que débutait mon courriel. Je ne sais trop comment ni pourquoi son souvenir m’était revenu soudainement, mais j’ai eu envie de lui faire signe, de savoir comment il allait. Je ne me souviens plus à quand remontait notre dernière correspondance. Trois-quatre ans ?

J’avoue que je ne garde pas de souvenir précis de l’époque où nous nous sommes rencontrés. Peut-être en 1993 ? en 1995 ? C’était probablement l’ami d’un ami. Mais ce que je n’ai pas oublié c’est son talent immense et la passion qui l’animait. Sa douceur aussi, sa gentillesse.

De loin, malgré que nous habitions des villages voisins, nous avons suivi nos carrières respectives tout ce temps. La sienne, après quelques années de vache maigre, a enfin connu un succès digne de son talent. Bien sûr, pour reprendre son expression, il doit « s'expatrier et travailler aux USA » pour bien vivre. Mais là-bas, à New-York, il expose à côté des plus grands, entre autre Salvator Dali… et, j’en suis fière. Ses œuvres sont admirées également à Istanbul.

Cet ami, c’est Daniel Victor. Un artiste-peintre au talent immense, plus grand que nature... Sa passion, on la ressent lorsqu’on admire ses œuvres, elle nous touche, nous secoue aussi.


En relisant mon message et le sien, j’ai constaté que nos propos revenaient sans cesse à la passion. A cette folie qui nous alimente, qui nous pousse à persévérer, à se battre même pour en vivre. Et de son déclin aussi, parfois. Pour toutes sortes de raisons : l’usure ou l’impression d’en avoir fait le tour, de faire du surplace, de s’enliser. Ou parce qu’une nouvelle flamme dévorante alimente notre cœur et nous donne envie de batailler ferme et d’aller jusqu’au bout, même si c’est de la folie.

Il y a de ces gens qui traversent notre vie et qui, sans le savoir, y laissent une empreinte indélébile. Par un geste, une phrase, ils nous amènent à une réflexion ou à un constat. Comme une lumière sur la pénombre de nos insatisfactions, de nos hésitations.

Avant de conclure son message, Daniel a écrit : «Le seul échec est de poursuivre quand la passion n’est plus… »

Cette phrase, je l’ai reçue en plein cœur. Comme un rayon de soleil qui perce la grisaille d’une journée nuageuse, juste le temps de venir nous éclabousser et de nous rappeler qu’il y aura plein de lendemains plus chauds, plus lumineux où les rêves deviendront réalité.

lundi 14 avril 2008

A l'affiche bientôt...

Taïka, future coloc, dans:
"Le regard et... l'haleine qui tuent..."

samedi 12 avril 2008

La nuit, tous les chats…

… n’en sont pas nécessairement.

Un soir, en jetant un œil par la fenêtre après avoir entendu des miaulements annonciateurs d'une bagarre ou d'une rencontre amoureuse, j’aperçu un chat qui déguerpissait. Le pauvre, il avait une mine affreuse. D’angora, il n’en restait qu’un vague souvenir, la plupart de son pelage formant des touffes emmêlées, lui donnant piètre allure.

Depuis cette rencontre, je déposais de la nourriture pour chats dans un bol sur ma galerie. Au début je ne mettais qu’une portion puis, constatant que le plat était vide le lendemain matin, je décidai d’augmenter la ration. Ainsi, c’est 2 tasses pleines que je servais à ce chat itinérant à l’appétit d’ogre.

Il y a quelques jours, Pixel, avec son flair digne des plus fins limiers, m’avertie qu’il devait y avoir « quelque chose » de l’autre côté de la porte (de SA porte, devrais-je écrire…). Pour ne pas effrayer le chat méfiant et affamé, discrètement je coulai un oeil par la fenêtre et mon regard rencontra deux beaux noirs qui me fixaient, plus curieux qu’effrayés. Nul doute que mes doubles portions avaient contribué aux jolies rondeurs qu’il affichait sans vergogne. Puis, élégamment, avec un dernier regard cerclé de noir, il fit demi-tour et je vis disparaître sa belle queue rayée de raton laveur.

Mais un visiteur en annonce un autre et, quelques minutes plus tard, vérifiant si mon raton était de retour, je vis plutôt un chat, que je ne connaissais pas, s’empiffrer allègrement du repas que n’avait pas eu le temps de goûter l’invité précédent. J’ai bien l’impression que je devrai tripler les portions…

mercredi 9 avril 2008

Pas dans ma cour…

Le printemps est partout, c’est indéniable. Y a des signes qui ne trompent pas… Au bout de ma rue le lac se dégage chaque jour d’avantage de sa chape de glace et troque son blanc immaculé pour une belle surface parfois bleue, parfois grise, selon le ciel qui s’y mire.

Le terrain de mon voisin laisse voir une grandissante étendue de jaune et de vert un peu fade. Devant ma maison, une bande gris-sal, mélange de gravier, de feuilles mortes et de glace a remplacé les bancs de neige encore présents la semaine dernière.

La terrasse du Pilsen est inondée, comme à chaque printemps ; ça, ça ne trompe pas. J’ai vu aussi des rouges-gorges arpenter les pelouses dégagées à la recherche d’insectes dégourdis, mais malheureusement peu nombreux.

Puis, dans la ville voisine, la faune estudiantine, le midi, déambule de plus en plus nombreuse, et de moins en moins couverte. J’ai même aperçu plusieurs mollets pâlots dans des bermudas pas tant de saison que ça.

Oui, décidément, le printemps est partout. Partout, mais pas dans ma cour…


lundi 7 avril 2008

Celui dont on peut prononcer le nom…

Celui-ci est nettement plus sympathique, plus vivant. Il est rempli d’une belle énergie. Pas sombre pour un écu et nettement plus charmant que «l’autre» dont il ne faut pas prononcer le nom.

Il vit loin d’ici, dans un royaume qui est tout près de celui qui m’a vu naître. La nature le nourrit, dans tous les sens du terme. Ses propos sont empreints de positivisme, de spiritualité et d’humilité. Il communique bien (et longtemps si je me fie à mes derniers relevés de Bell…) et sa passion est palpable ; il est d’une grande générosité et une véritable source de connaissances.

Il n’a pas perdu sa capacité de rêver et à force de persévérance et de travail, un de ses désirs les plus chers se réalisera aujourd’hui, quelque part en fin de journée. Pour ce faire, il s’est entouré de gens passionnés comme lui, d’habiles artisans, d’amoureux de la magie.

Pour partager ce rêve, il suffit de toucher votre nez avec l’auriculaire de la main gauche (surtout pas la droite !!!!), de sortir la langue d’environ 2 cm et de cliquer ICI. Si le lien ne fonctionne pas, il faudra réessayer plus tard en vous concentrant d’avantage.

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, plusieurs de ses amis, fées, druides, sorcières et autres gentilles créatures défileront tout au long de la journée pour lui souhaiter un anniversaire des plus magiques !!! Parce que Celui dont on peut prononcer le nom fête ses 34 ans aujourd’hui.

Bonne fête Martin !!!
PS: Le site du magicien: Les Artefacts du Scarabée

dimanche 6 avril 2008

De la magie dans l’air…

Depuis quelques jours, je travaille au développement d’une cape pour un magicien. Pas un illusionniste, non… un vrai de vrai. C’est d’ailleurs lui qui a fabriqué ma baguette magique, enfin, celle que je recevrai bientôt.

Alors j’ai mis tout mon cœur à lui dessiner et à confectionner une cape qui l’accompagnera dans ses déplacements, entre autres en forêt où il cueille ses matières premières.

Comme il habite très loin d’ici et qu’il nous est impossible de nous rencontrer pour l’instant, je travaille en quelque sorte à l’aveuglette. Je dois deviner les détails qu’il aimera, prévoir ceux qui pourraient lui déplaire (il se décrit lui-même comme un «magicien drabe», donc pas de fioriture!). Il est très grand, m’a-t-il dit, alors je m’en remets aux mesures qu’il m’a fournies sans cependant pouvoir faire essayer la cape à qui que ce soit pour vérifier les proportions : mes amis sont tous nettement plus… euh… moins grands…

Encore quelques ajustements avant de faire l’ourlet et je pourrai passer à l’étape finale qui est de trouver un moyen simple, rapide et discret d’attacher la cape au devant. Rien ne me déplairait autant que d’imaginer un magicien maugréer ou, pire, étranglé par un vêtement que j'ai conçu.

Étant en rupture de stock pour le tissu d’invisibilité, j’ai dû me rabattre sur un beau velours froissé qui a l’avantage d’avoir plus de look...

Je devine en ce moment quelques sourires incrédules … ah, mes crapauds!

jeudi 3 avril 2008

Y a de ces jours…

… où tout va bien. On se lève pas trop poquée de s’être couchée encore trop tard la veille. Le soleil brille sur notre coin de pays et ça nous met tout plein de bonne humeur.

En ouvrant notre boite de réception Hotmail, on n’y trouve que de gentils messages.

Il reste assez de fruits et de yogourt dans le frigo désert pour se faire un petit déjeuner gargantuesque, comme on les aime. Le thé est juste assez infusé et fume dans notre tasse.

Le chien, heureux du printemps arrivé, peut courir dehors afin d’aller japper sa joie et aviser les écureuils qu’ils n’ont qu’à bien se tenir. Du coup, les voisins apprendront la nouvelle eux aussi.

On est à l’heure à nos rendez-vous et on peut même en devancer un qui devait se tenir au milieu de l’après-midi. A l’usine du sous-traitant, on découvre avec joie que le tailleur vient tout juste de terminer la coupe tant attendue et on peut même repartir avec le lot de vêtements qui sera remis le surlendemain à la couturière. Tout roule comme sur des roulettes !

Puis on revient à la maison, heureuse d’être en avance sur son horaire. A midi, on découvre que le frigo recelait encore quelques surprises : 3 œufs et quelques légumes encore frais. On réussit donc à se concocter une délicieuse omelette qu’on dévore en lisant l’incomparable Jacques Salomé.

Après ce copieux repas, une petite fatigue s’installe car on a dû se lever très tôt pour commencer cette journée magnifique, et comme il nous reste un peu de temps, on se permet une petite sieste d’une heure et demie qui nous ragaillardira. Reposée, on se réveillera même avant que l’alarme, que précautionneusement on avait réglée, ne retentisse.

Pour ne pas manquer d’appel important, on avait gardé à portée de main le téléphone sans fil qui, oh joie, n’a pas sonné. Mais au moment où on vient pour le reposer sur son socle, on voit dans la petite fenêtre «Message waiting». Et là… ça se gâche…

Un message laissé d’une voix suave nous indique que la cliente pour laquelle on avait fait un petit miracle juste avant Pâques, n’aime pas les teintes des vêtements qu’elle a reçus… il y a trop de couleurs sur le tissu. Et que si les autres qu’elle a commandés ne sont pas coupés, il vaut mieux arrêter tout ça là…

Alors nous, dans notre tête, on calcule … on multiplie la déception par le nombre de vêtements déjà taillés et actuellement en production et ceux que nous retournera la cliente. On soustrait de nos revenus, qui seront fractionnés, le montant de la facture des tissus qui arrivera à échéance bientôt et qui elle, restera entière.

Et là, à notre propre étonnement, on se dit : « c’est pas grave »… On connaît des propriétaires de petites boutiques de la région qui seront heureuses d’avoir ces vêtements en consignation. Que cet incident n’est qu’un élément de plus qui vient alimenter une réflexion déjà amorcée. Et que bon, ça pourrait être pire et que c’est pas la fin du monde.

Parce qu’à l’heure où j’écris ces lignes, le soleil brille toujours sur mon coin de pays, et qu’à ma bonne humeur demeurée intacte, s’additionne une multitude de petites joies, comme celles de voir le chien heureux de retrouver ses habitudes, de savoir mon départ en vacances de plus en plus près et de découvrir, dans ma boite de réception, de chouettes courriels…

mardi 1 avril 2008

Casser la glace...

Et moi qui pensais que ça allait fondre tout seul avec l'arrivée du printemps. Même pas... donc au lieu de tailler l'échantillon d'une robe de bal pour ma cliente du Saguenay comme je l'avais prévu, je suis montée (encore une fois) sur la toiture pour tenter de casser la glace qui cause une infiltration d'eau dans l'entrée arrière.

Deux heures d'acharnement plus tard, j'ai décidé de suivre le conseil de mon ami Flo... j'ai répandu un peu de gros sel sur ce qui avait résisté au combo pelle-hache. Et au moment où je redescendais de l'escabeau, fière de moi, ben, il s'est mis à pleuvoir. Misère...

Et pendant tout ce temps, où était Steve? Je n'en ai aucune idée...



lundi 31 mars 2008

Rêveries...


Aller simple...


Aujourd’hui je réserverai un billet d’avion pour de petites vacances improvisées. J’ai accepté l’invitation d’un ami et j’irai souligner mon anniversaire dans son pays, un petit archipel qu’il me tarde de découvrir.

Depuis mon enfance, je rêve de vivre sur une île perdue dans l’immensité de l’océan. Bon, ok, celle qui m’a fait tant rêver était parsemée de palmiers, bordée de plages de sable chaud et habitée par deux personnages dont un portait le prénom de Vendredi. Mais celle qui m’attend alimente mon imaginaire tout autant…

Après tous ces mois d’hibernation et de pelletage, j’ai envie de vacances, de dépaysement, d’ailleurs. Mon billet sera un « aller simple », j’ai un désir fou d’improviser, de ne pas planifier, ni de penser à une date de retour. Pour mon anniversaire, je m’offre la liberté …

Ainsi le 25 avril prochain, c’est aux îles St-Pierre et Miquelon que je soufflerai une bougie supplémentaire sur mon gâteau et que j’aurai une pensée pour la femme qui, il y a longtemps (enfin, pas tant que ça…) m’a donné la vie.

Le bonheur peut être si simple…

vendredi 28 mars 2008

lundi 24 mars 2008

En découdre...


Découseur: Petit instrument plus ou moins sympathique mais très utile à une designer qui, en ce magnifique lundi de Pâques, alors qu'elle assemblait le prototype d'une robe de bal promise à la gentille ado de sa couturière préférée (et unique...), avait la tête ailleurs que sur ses deux épaules.

Il aura servi une première fois pour découdre le voile froncé qui fut posé à l'envers du corsage au lieu d'être cousu sur l'endroit.

Puis une deuxième fois pour séparer les pièces du corsage dos, de celles du devant, qui auraient dû attendre que la pièce de voile ait été fixée, avant d'être assemblées.

Et une troisième fois lorsque ladite designer s'est aperçue, évidemment à la toute fin, que seulement 2 des 4 panneaux de la jupe du dos avaient été assemblés. Ce qui, par le fait même, expliquait pourquoi le corsage s'était avéré curieusement trop grand et que, la même designer pour le moins distraite, avait dû recouper les extrémités du corsage pour qu'il soit de la même largeur que le haut de la jupe. Heureusement les deux petits bouts précédemment amputés furent retrouvés et ont pu être recousus pour donner au corsage sa bonne dimension.

La morale de cette histoire: toujours avoir un découseur à portée de main lorsqu'on oublie, trois jours de suite, de prendre ses capsules de Ginkgo Biloba dont une des propriétés est de favoriser la concentration d'une designer qui a la tête ailleurs.

dimanche 23 mars 2008

jeudi 20 mars 2008

Bonne Fête Lise!


Merci à Lise qui a passé plus de quatre heures, hier soir, à coudre des boutons afin que je puisse expédier ma commande aujourd'hui comme promis.
Joyeux anniversaire!

Miracle accompli...


Heureux de printemps...


lundi 17 mars 2008

Et un miracle, un…

Y a de ces lundis matin où tout semble vouloir aller lentement. On se lève quinze minutes plus tard parce que c’est si bon de rêvasser un peu au lit. On prend le temps de répondre à un ou deux courriels en attendant que l’eau bouille pour le thé. On s’étire longuement en pratiquant notre « salutation au soleil »… rien ne presse, donc on fait la série de 22 mouvements. Puis on se prépare sans se bousculer, pourquoi d’ailleurs le ferait-on ?

Soudain… « Driiiiiiiiiiing » !!! Le téléphone sonne et il est à peine 9h30 (ne pas oublier qu’on vient à peine d’avancer l’heure…). C’est ma cliente de Chicoutimi qui me dit candidement que sa boutique participera à un défilé de mode samedi prochain (oui, le prochain samedi…) et qu’elle aimerait beaucoup recevoir une partie de sa commande jeudi. Euh... jeudi, ce sera dans trois tout petits jours. Et le tissu n’a été livré chez mon sous-traitant que vendredi dernier. Donc rien n’est encore fait. Mais c’est qu’elle est douée cette cliente pour m’avoir par les sentiments… Et moi qui aime faire plaisir… Alors je lui dis que je vais tenter de réaliser un miracle. Après tout Pâques sera dans quelques jours…

Alors j’embraye en vitesse supérieure, prépare mon p’tit dèj en deux temps trois mouvements, donne un coup de fil à l’usine pour savoir si le tailleur est là ce matin, à ma couturière pour vérifier sa disponibilité, réfléchi à la meilleure méthode de transport compte tenu du congé de vendredi. Puis je file chez mon sous-traitant afin de préparer le traceur pour le taillage. Heureusement il m’est facile de soudoyer la responsable de la coupe qui fut, par le passé, ma patroniste et qui est devenue une amie. C’est que mon sous-traitant est littéralement débordé et que techniquement il n’a pas le temps de faire ma coupe avant la semaine prochaine. Pour mettre toutes les chances de mon côté, je fais un brin de charme (à peine…) à Léo le tailleur qui m’aime bien. Je lui dis combien il rendrait ma cliente heureuse et quel plaisir il aurait à tailler mes magnifiques tricots au lieu de ses banals tissus habituels.

Bref, ma coupe a été faite vers la fin de cet après-midi. Ma couturière, Sylvie, ira chercher les lots demain matin à l’usine. Mercredi je me rendrai chez elle afin de commencer à poser les œillets sur les robes pendant qu’elle en terminera la confection. A la fin de la journée je pourrai rapporter chez-moi les vêtements pour les repasser, en faire le laçage et la mise en boite. Puis jeudi au début de l’après-midi j’irai porter le colis au terminus d’autobus afin que ma cliente la reçoive tôt vendredi. Elle aura des nouveautés à présenter à son défilé et elle en sera heureuse. Je le serai aussi en pensant que lundi prochain, je pourrai prendre mon temps, paresser un peu au lit et commencer ma journée lentement, comme j’aime le faire.

samedi 15 mars 2008

Télépathie…

Après avoir remis de semaine en semaine le déneigement de la toiture de ma galerie, je me suis enfin décidée aujourd’hui à abattre cette besogne qui s’annonçait plutôt ardue.

La pluie intense du week-end dernier avait formé une couche de glace épaisse, elle-même recouverte d’une neige fondante et lourde. Un travail titanesque en perspective. A certains endroits c’étaient 2 pieds de neige bien tassée qui s’était accumulée et j’avoue que je craignais que le poids n’endommage la structure de cette partie de la maison qui repose sur des équerres et pilotis.

C’est donc armée d’une pelle et d’une hache que je suis grimpée dans l’escabeau. Afin de me permettre de me hisser sur le toit de la galerie, je dû creuser, à la hache, des appuis pour les pieds. Ainsi stabilisée, je réussi à enlever la première couche du tapis granuleux avant d’être confrontée à une épaisseur impressionnante de glace.

C’est alors que j’eus une pensée pour mon bon samaritain, Steve, celui qui m’avait si gentiment aidée à pelleter mon stationnement il y a deux semaines. Il m’avait alors proposé qu’on s’attaque à la toiture mais j’avais refusé car je craignais d’abuser de sa gentillesse.

Cela faisait un peu plus d’une heure que je m’acharnais et j’en étais à peine au ¼ du déneigement, lorsque je vis quelqu’un s’avancer dans mon stationnement, un bouquin à la main. C’était Steve. Il revenait du café où nous avions fait connaissance, et constatant que je n’y étais pas, il avait décidé de venir me rapporter le livre que je lui avais prêté lors de notre première rencontre.

Comme s’il était venu pour ça, il est monté me rejoindre sur le toit et durant près de 2 heures, sans relâche, nous avons manié à tour de rôle la hache et la pelle jusqu’à ce qu’il ne reste, sur le bardeau d’asphalte, qu’une petite couche de glace qui ne résistera pas au doux temps.

J’ai invité Steve à entrer, histoire de prendre un thé et une pâtisserie. C’est ainsi que nous avons passé un agréable moment à parler d’immobilier, de boulot, de nos vies et de nos amours respectifs. De son rêve de partager sa vie avec cette amie de toujours, de mes projets, de ses craintes, de mon bonheur …comme deux vieux chums.

Nous nous sommes promis que notre prochaine rencontre se ferait autour d’une bonne bouffe, confiants qu’il n’y aurait plus de neige à pelleter. Et cette fois-ci, c’est avec les bouquins « Le Zèbre » d’Alexandre Jardin et « Pour de vrai » de François Avard que mon nouvel ami est reparti.

Hasard ? Télépathie ? Dans un cas comme dans l’autre, la vie m’a fait un gentil clin d’oeil …












vendredi 14 mars 2008

Toute bonne chose …

… a une fin. Encore quelques jours de congé, histoire de revenir sur terre, et je me remettrai au travail.

La dernière semaine fut féerique. Je suis allée de découverte en découverte; roulé sur des routes que je ne connaissais pas. Joué le rôle de copilote pour mieux nous faire rater des sorties, tourner à droite alors qu’il fallait le faire à gauche, sans pour autant arriver à ternir le sourire du conducteur désigné (et résigné !). J’ai foulé pour la première fois le sol de lieux voisins mais inconnus. Humé le parfum d’endroits connus mais ignorés depuis plus de vingt ans. Senti le temps s’arrêter et mon cœur s’enivrer de liberté et de douceur. Mes jambes se sont déliées d’avantage en une semaine que durant les deux dernières années. J’ai respiré le bon air de nos hivers québécois comme au temps de mon Abitibi natale; eu le bout du nez gelé, les joues rougies par le froid mais les yeux brillants de tant de bonheur.

Ces courtes vacances m’ont transportée sur les routes comme à l’intérieur de moi. Elles sont bel et bien terminées mais leur souvenir survit. Il me revient des images magnifiques, des sensations délicieuses qui ne s’effaceront jamais et que j’aimerais vivre à nouveau. Et comme un ami me le rappelait: «L’avenir n’est pas encore écrit…».

mercredi 5 mars 2008

Re-lâche...

J’ai décidé de prendre quelques jours de congé. En pleine période de relâche, j’ai pensé que ça allait de soi. Non pas que je me suis tuée au travail. Ces vacances ne serviront pas à me refaire un teint dans le sud. Ni à passer du temps avec les enfants… pour ce faire il m’aurait fallu en emprunter et ma foi, ça ne m’est pas venu à l’esprit (j’espère que mes nièces ne liront pas ça… ça pourrait leur donner l’idée pour l’an prochain !). Pas non plus pour faire un voyage de ski avec les amis... je n’en ai pas (des ski, pas des amis).

Non, en fait, je serai touriste dans mon propre coin de pays. Je ferai découvrir à un ami de St-Pierre et Miquelon
de passage au Québec, la beauté de l’Estrie. Nos charmants villages, nos campagnes, nos lacs et nos montagnes. Des galeries d’art et des petits cafés. Les étonnantes murales qu’on peut admirer à Sherbrooke. La promenade du parc Jacques-Cartier et le marché de la Vieille gare que je ne connais pas encore. La chapelle du sanctuaire de Beauvoir et la Basilique-Cathédrale Saint-Michel. Tant d’endroits que j’oublie de visiter mais que je n’ai cesse d’admirer, au passage. Pour une fois, je prendrai le temps de m’attarder, de regarder, de contempler.

Et cette visite ne pourrait être complète sans un arrêt au Pilsen Pub. Car c’est là, sans contredit, qu’on fait les meilleures frites en Estrie.

Bonne relâche !

lundi 3 mars 2008

Pré-destination...

Samedi dernier malgré le pelletage que je ne pouvais plus remettre à plus tard, je choisis d’aller rejoindre l’amie Céline à mon café préféré. J’aime cette pause que nous nous accordons devant une tisane ou un thé, le temps de discuter de tout et de rien ; du dernier bouquin lu, d’un spectacle à voir, de nos amis, de la vie.

Vers 15h00, Céline qui est plus disciplinée que moi, m’abandonna devant ma tasse presque vide, alléguant qu’elle devait retourner travailler. A une table voisine, un client qui découvrait ce charmant petit café, m’entendit dire que le soir même j’allais assister au spectacle Hommage à Genesis «Turn it on again»; c’était cocasse puisqu’il tentait justement de rejoindre la billetterie pour savoir s’il restait des places. Nous échangeâmes quelques mots ; j’appris qu’il habitait dans une ville pas très loin, qu’il songeait à acheter une maison dans le coin. La conversation glissa ensuite sur le livre «L’île des Gauchers» de Alexandre Jardin, que j’avais terminé le matin même.

Peu à peu, il commença à se livrer d’avantage. Je sentais chez-lui un besoin de s’épancher. Il se raconta, me parla de cette femme qu’il aimait depuis toujours. De la vie qui semblait ne pas vouloir les réunir. De leur rencontre de la veille. Du timing incertain. D’une sorte de tristesse qui ne le quittait plus depuis le matin.

Aussi, lorsque je lui annonçai que je devais partir pour aller déneiger mon stationnement, il m'offrit spontanément de m’aider. Je croyais qu’il blaguait mais il me dit que son offre était des plus sérieuses car rien ne lui tentait moins que de retourner dans son petit logement vide.

C’est ainsi qu’au milieu de l’après-midi, je me retrouvai à pelleter toute cette neige qui encombrait mon stationnement et ma galerie, en duo avec un bon samaritain prénommé Steve qui, peu de temps avant, était un parfait inconnu. Il nous fallu à peine une heure pour venir à bout des dizaines de centimètres tombés depuis le début de la semaine.

Steve repartit les joues rougies par l’effort et le grand air. Le coeur plus léger aussi. Je lui prêtai le bouquin L’île des Gauchers. Une fois la lecture terminée, il ira le reporter au café où nous nous sommes rencontrés. Je me suis mise à souhaiter qu’il y retourne, mais cette fois, accompagné de cette amie qui occupe une telle place dans son cœur. Qui sait, après tant d’années, peut-être que la vie aura décidé de les réunir enfin ?