mercredi 13 avril 2011

Tenue de route ...



"Tu auras trop chaud", qu'elle m'avait dit. "Et puis, la route sera longue, très longue", qu'elle avait rajouté.


Longue? J'étais perplexe. Longue comment, qu'elle voulait dire? Plus longue que la fois où j'étais allée trèèèès loin chez l'ami RatoN?

Et puis comment ça, j'allais avoir trop chaud en voiture? Je pourrai pas me sortir la tête par la vitre baissée? Parce que c'est trop loin et que Grand-Maman risque d'avoir froid? Et que c'est pour ça que Michel, celui qui a un gros-chien-géant-mais-gentil, m'a coupé les poils? Ah! Bon ...



Décidément, ça promet ce voyage en Abitibi.



vendredi 8 avril 2011

Résurrection ...


"Vous lui avez donné une seconde vie!", s'exclama ma cliente, visiblement ravie.

"C'est du beau travail!", renchérit son époux en contemplant la courtepointe que j'avais étalée sur ma table.

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Son retour à la vie ne se fit pas d'un claquement de doigt de Fée. Il nécessita pas moins de 68 reprises de coutures, l'ajout de 9 bandes blanches ensuite matelassées et d'une bordure rose, couleur préférée de ma cliente, qui, cousue tout le tour de la courtepointe, camoufla la multitude de minuscules déchirures qui défiguraient la jolie pièce d'artisanat.

Dans ce métier parfois ingrat, il y a de ces petits miracles qui me réconcilient avec la couture et qui me donnent envie de m'aventurer là où mes pairs refusent d'aller.

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dimanche 27 mars 2011

À tout prix...


"Pensez-vous pouvoir faire quelque chose?", m'avait demandé une nouvelle cliente en déposant sur ma table une très vieille courtepointe qui semblait avoir brûlé la chandelle par les deux bouts.
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"J'suis pas pressée", avait ajouté la vieille dame. "Mais elle a beaucoup de valeur pour moi. C'est ma grande-tante qui l'a faite et j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux. J'suis prête à y mettre le prix!"
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En examinant de plus près la relique, je m'aperçus qu'elle était décousue à maints endroits, qu'elle présentait des accrocs, des trous et que le blanc de jadis n'était plus qu'un vague souvenir.

N'empêche...


Il me fallut plus de sept heures pour réaliser le voeux de ma cliente et redonner au souvenir de famille, un peu de sa splendeur d'antan.





Il y a des souhaits qui n'ont pas de prix ...


jeudi 10 mars 2011

Changement climatique ...

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... ou comment faire regretter à deux Anglais fraîchement arrivés, le printemps déjà bien installé au royaume de Sa Majesté.
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dimanche 6 mars 2011

Âge critique ...


"Ahhhh… j'ai été ben malade, tu sais!" me lança ma cliente, madame H., lorsque j'entrai dans sa petite chambre surchauffée d'une résidence pour personnes en perte d'autonomie.

"Que s'est-il passé?"

"Ah… toutes sortes de choses, mais j'ai été ben malade. J'te dis que c'est pas drôle de vieillir."

"Faites-vous un peu d'exercice? Peut-être que ça vous donnerait de l'énergie."

"Ah… tu sais, j'suis rendue à 88 ans et ça vaut pas la peine à mon âge; j'ai juste hâte que ce soit fini."

Après avoir rangé dans mon cabas un pantalon qu'elle désirait faire rétrécir, je pris congé, mais avant qu'elle ne referme sa porte:

"Vous n'avez pas envie d'aller vous asseoir au salon? Vous pourriez échanger avec d'autres résidents, voir du monde. Vous seriez moins seule et il me semble que ce serait mieux que de rester dans votre chambre, non?"

"Ah! Pantoute!" rétorqua madame H. avec une moue dédaigneuse. "C'est toute des vieux et pis y sont malades!"

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mercredi 23 février 2011

Porc-épique ...

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"C'est bon!", me dit Maman après 2 bouchées du souper que je lui avais concocté hier.
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Depuis le départ de Grande-Soeur et Bôf-Adoré au début de janvier, je cuisine pour deux. Ma mère, pour qui s'alimenter est une corvée nécessaire, montre autant d'enthousiasme à vider son assiette qu'un adolescent à ranger sa chambre.
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Elle ne passe pour ainsi dire jamais de commentaire, à moins que je lui demande si le repas est à son goût. Mais hier, son enthousiasme me donna l'impression d'avoir remporté la première joute d'une bataille sans faim: son menu sera désormais agrémenté de "Sus scrofa domesticus" en côtelettes.
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Saint François d'Assise ait leur âme ...
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lundi 14 février 2011

Cupidon express ...


C'est les mains pleines que Cupidon sonna à ma porte en fin de matinée. Il était si heureux de me remettre ses présents, qu'il oublia de me décocher une de ses flèches.

Après m'avoir embrassée, fort chastement pour un tireur d'élite, il s'empressa de m'informer qu'il me faudrait partager les cadeaux avec Maman.




Aussi vite arrivé, aussi vite reparti. En ce jour de la Saint-Valentin, il avait fort à faire.

Merci l'Égareur des Bois Cupidon pour cette si gentille attention et surtout, pour ta précieuse amitié. Mais, l'an prochain, dans ta tournée, n'oublie pas ton carquois: il tarde à mon coeur ankylosé de battre la chamade...

Bonne Saint-Valentin!
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mercredi 9 février 2011

L'appétit vint en mangeant…



J'avais eu la main un peu lourde pour les portions du souper de ma mère.

"Bon appétit Maman!"

Le sempiternel "Tu m'en as mis beaucoup!" ne vint pas et l'assiette ne tarda pas à se vider.

"Voulez-vous un peu de crème glacée?"

"Non, j'ai terminé. J'ai plus faim, merci."

Un instant plus tard, je préparais le thé lorsque…

"Frrrrrchhhhfrrrrchhh"

Ma mère déchirait l'emballage d'un petit gâteau au caramel qui disparut en trois bouchées.

On pourrait appeler ça un appétit sélectif…
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mardi 8 février 2011

Curriculum vital ...


Il y avait longtemps que je ne m'étais livrée à un tel exercice. La fois précédente fut en 1990. Tout juste arrivée à Saint-Jérôme, une fois mes études en mode terminées, j'avais pris connaissance d'une offre d'emploi de secrétaire et assistante dentaire dans une clinique de la rue de Martigny, à quelques coins de rue de mon nouvel appartement. Si j'avais à mon actif plusieurs années d'expérience en secrétariat, je ne connaissais rien à la dentisterie.

"Ainsi, vous vous intéressez à la dentisterie!" avait déclaré l'épouse du docteur pendant l'entrevue d'embauche.

"Enfin, pour être honnête, si j'ai posé ma candidature c'est qu'il s'agit d'un poste à temps partiel et que cela me permettrait de poursuivre mes activités à mon atelier de couture", lui avais-je répondu candidement. Je n'eus pas à regretter mon excès de franchise puisque ce fut ma candidature qu'on retint.

C'est à cette époque que je fis la connaissance de celle qui, après avoir été une collègue, devint mon amie, ma Jéromienne.

Je ne sais pas si la jeune femme que j'ai rencontrée aujourd'hui deviendra un jour une amie. Après m'avoir fait visiter les lieux et présenté la contrôleuse financière, elle m'entraîna dans son bureau où, pendant une demi-heure, elle m'interviewa.

En anglais, mes qualités. En français, mes défauts, mes objectifs, les raisons qui m'avaient amenée à déménager d'Amos à Québec, de Montréal à Saint-Jérôme et de North Hatley à Saint-Sauveur. Elle me parla de l'entreprise, de ses patrons, de leurs réalisations.

Cette fois aussi j'ai joué la carte de la transparence en révélant que je ne maîtrisais pas les logiciels bureautiques. Autodidacte, j'ai apprivoisé Word par nécessité et appris les rudiments d'Excel en décortiquant les formules inscrites dans les cellules.

Reste à souhaiter que ma candeur ne m'ait pas desservie, car le poste d'adjointe administrative pour lequel j'ai posé ma candidature en est un à temps partiel. Son obtention me permettrait de réaliser un nouveau défi et de joindre les rangs d'une entreprise qui a le vent dans les voiles, tout en conservant ma clientèle en couture.

Qu'on se croise les doigts…

lundi 24 janvier 2011

Pour que l'habit ...

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... fasse le moine!

samedi 22 janvier 2011

À deux pas de la tentation ...


Je l'attendais depuis des jours, des semaines, des mois… Et enfin, il fut là.

Depuis, l'envie me tiraillait de faire un premier pas vers lui, mais chaque fois, trop pressée, je me ravisais, reportant notre rendez-vous.

Est-ce le froid polaire de ce samedi glacial? Le besoin impérieux de m'évader de la cellule que peut devenir ma tanière lorsque trop peu souvent abandonnée? Il n'en demeure pas moins qu'il me vint, aujourd'hui, un désir impossible à réfréner, la nécessité absolue de sortir, de prendre l'air et la poudre d'escampette. Sans détour aucun, mes pas me conduisirent à lui.

Trois minutes à peine me suffirent pour arriver à destination. En face de moi, près du trottoir, 6 lettres flamboyantes attirèrent mon regard. Elles avaient été placées là à bon escient. Le message était clair. Il m'attendait…

Au début de l'après-midi, j'eus enfin le plaisir de pousser la porte du tout nouveau Cozicafé, un endroit ravissant aux délices multiples et savoureux. À l'étage, certains laisseront errer leur regard sur les pentes du Mont-St-Sauveur, observeront les passants déambuler sur la rue Principale ou encore prendront le temps de le laisser s'écouler lentement, en feuilletant le journal ou en bouquinant.

D'autres, dans un cahier Éco Junkie, gribouilleront les prémices d'un billet qui fera peut-être oublier à un lectorat assoiffé, les absences non motivées d'une blogueuse sous-alimentée en événements inspirants.




samedi 8 janvier 2011

Basses résolutions ...


Les décorations de Noël ont réintégré leurs boites, 4 Amossois sur 5 ont traversé le parc La Vérendrye en sens inverse et 2 Vancouverois ont reculé les aiguilles de leur montre quelques heures après avoir dit au revoir à la tribu qui les avait accompagnés à l'aéroport et qui s'est ensuite dispersée dans la métropole pour les uns, dans le Nord pour les autres.

Les traces du passage de mes visiteurs ont été effacées, les meubles du salon ont joué au fauteuil musical et des clients ont recommencé à sonner à ma porte.

Après deux semaines d'effervescence et une pendaison de crémaillère réussie, la maison de Grande-Sœur et Bôf-Adoré a repris son souffle ainsi que ses habitudes et vit au rythme de ses trois occupants.

Jules est sorti de sa tanière, tandis que Mimi-Fée regrette déjà les quatorze paires de mains qui la gratouillaient ou qui lui refilaient, sous la table, des bouchées de six-pâtes, des miettes de dindes ou un bout de fromage.

Dans l'âtre, les cendres ont refroidi et le silence fait à nouveau entendre sa symphonie pour clavier à laquelle se mêle le timbre eurythmique de ma nouvelle compagne plus que trentenaire, une Britannique d'origine qui a traversé l'océan à la nage dans un conteneur afin de venir ponctuer mes heures de sa voix mélodieuse.

Le calendrier 2010 a tourné sa dernière page et celui de 2011 étale son ventre qui n'est déjà plus vierge. Ce sera bientôt le temps de préparer les déclarations et les relevés, de réfléchir à ce que nous voulons faire de ces 12 mois et sortir du placard un vieux rêve à réaliser. Particulièrement s'il est complètement fou.

La nouvelle année verra des amours naître et d'autres s'éteindre, des défis relevés et des obstacles se dresser. Pour les uns elle sera parsemée d'imprévus et de changements de direction tandis que pour d'autres, elle sera tracée à l'encre indélébile.

Certains ont pris des résolutions, comme arrêter de fumer, faire de l'exercice ou perdre du poids. D'autres se promettent de visiter plus souvent leurs parents, de passer moins de temps devant l'ordinateur ou de réduire leur consommation de café.
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Pour ma part, sur ma page blanche du 1er de l'An, je n'ai réussi qu'à griffonner deux ou trois bonnes, mais molles intentions. Lesquelles, bien sûr, je m'empresserai de tenir … ou pas.

Bonne Année!



samedi 25 décembre 2010

Joyeux Noël!

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Joyeux, joyeux Noël à vous tous, amis d'ici, amis d'ailleurs, visiteurs assidus ou accidentels!
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Que cette période de l'année vous permette de vous reposer, de vous amuser et vous donne l'élan nécessaire pour entamer 2011 qui, selon mes prédictions, s'annonce Fée-noménale, Fée-rique et Fée-conde.
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À vous tous qui m'êtes chers, d'Est en Ouest, du Nord au Sud, je souhaite santé, bonheur, amour et tout plein de temps juste pour vous, pour réaliser de vieux rêves, en dessiner de nouveaux ou simplement pour le regarder passer.
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Joyeuses Fêtes!
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xxx
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samedi 18 décembre 2010

Pendant que ...

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... certains profitent d'un repos sans doute bien mérité,
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une autre doute qu'elle pourra se mériter un repos de sitôt!
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jeudi 16 décembre 2010

La patience d'un ange ...

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... des doigts de Fée et une tête de linotte mûle.
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Il a mis toutes les chances de son côté,
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sans que ça ne lui coûte un bras
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ou qu'il n'y laisse sa chemise!
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mercredi 15 décembre 2010

Déchirer sa chemise ...

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... en se retroussant les manches?
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Il ne faut pas y aller de main morte!
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mercredi 8 décembre 2010

Variation ...

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(Mimi-Fée avant et après son rendez-vous
chez son coiffeur.)
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... sur un même chien!
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lundi 6 décembre 2010

Le poil de la bête ...

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Les deux sont couturés, faits de cuir véritable, chauds lorsque déposés sur les genoux et sont diablement résistants.
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L'un a plus de 20 ans, l'autre à peine la moitié.
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Le premier est domestiqué tandis que le second est sauvage.
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Tous deux ont une grande valeur sentimentale et coûtent la peau des ... euh... Fées lorsqu'il faut les recoudre.
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Si je suis absolument contre le deuxième, à moins qu'il ne soit très très âgé, je craque pour le premier et tous ses semblables, peu importe leur âge.
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Heureuse de ne pas avoir eu à enlever le col de l'un, ce fut un véritable soulagement de retirer celui de l'autre.
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Jules va mieux, beaucoup mieux. Avec un peu de chance, son rendez-vous de jeudi chez le vétérinaire sera le dernier.
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Demain, ce chat sauvage sera raccourci de plusieurs centimètres à la demande de sa maîtresse propriétaire.
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Si le second en perdra inévitablement, je n'ai aucun doute que le premier continuera à en reprendre... du poil de la bête.
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dimanche 28 novembre 2010

Y laisser sa peau ...


Je ne l’avais pas revu depuis l’accident. Dès notre arrivée à l’hôpital, on l’avait transporté dans une salle au fond du corridor. Il avait fallu faire vite et le stabiliser pour éviter que sa blessure ne s’aggrave. Les larmes aux yeux et le cœur serré par l’angoisse, j’avais décliné son identité et répondu à la préposée à l’accueil tant bien que mal, l’esprit embrouillé.

«Il devra être opéré. Immédiatement.», m’avait annoncé le docteur un instant ou un siècle plus tard.

Puis il avait été question d’autorisation, de risques postopératoires, de cicatrices importantes, de … je ne sais plus trop.

«Si vous le voulez, je vous téléphonerai après l’opération pour vous donner des nouvelles.», avait dit le médecin, compatissant.

Le lendemain, en poussant la porte du petit hôpital, j’avais senti mes jambes trembler. Une odeur de désinfectant m’était montée aux narines, me soulevant l’estomac que j’avais déjà au bord des lèvres.

Comment allait-il réagir en me voyant? Allait-il s’agiter? Allais-je flancher?

«Il ne sera pas beau à voir… nous avons dû lui faire de nombreux points de suture et installer un drain afin que le liquide s’écoule…», m’avait-on avertie.

Puis, on m’avait conduit à la salle où d’autres patients impatients récupéraient, certains en gémissant, d’autres silencieusement.

Mes yeux avaient rencontré les siens, tout au fond de la pièce tamisée… il m’attendait.



Mon Jules fut victime d’un étrange accident lundi dernier; il s’en fallut de peu qu’il lui soit fatal. Après avoir manqué à l’appel toute la journée, ne réapparaissant pas toutes les heures pour venir croquer quelques grains de moulée comme il le faisait d’habitude, je l’aperçus près de la porte qui donne sur le jardin. Une fois à l’intérieur, son comportement me parut insolite et malgré qu’il m’ait signifié qu’il voulait retourner dehors, je décidai de ne pas le laisser sortir.

C’est au moment où je voulus le prendre pour aller le porter dans «sa chambre» le temps que je m’occupe d’une cliente qui venait d’arriver et éviter ainsi qu’il ne se faufile à l’extérieur, que je vis qu’il avait un trou énorme et béant au ventre.

Opéré d’urgence, moins d’une heure plus tard, l’intervention se déroula bien et à la lumière de l’examen préopératoire, on m’assura qu’aucun organe n’avait été touché. La déchirure était à ce point importante et la peau tellement abimée, que le médecin n’eut d’autre choix que de découper tout le tour de la plaie. Lorsque vint le temps de recoudre le ventre de Jules, il dut tirer ce qui restait, effectuant involontairement un drapage très peu esthétique.

Le drain fut retiré samedi et les points le seront vendredi prochain. D’ici là, minet est au repos complet, doit porter un collier élisabéthain et subir le très désagréable moment, deux fois par jour, d’ingérer un antibiotique en comprimé jeté au fond de sa gorge. Pauvre, pauvre Jujules…

Quant à la clé des champs, mon chat n’est pas prêt d’être autorisé à la prendre. D’ici à ce qu’il soit entièrement guéri, j’aurais trop peur qu’il y laisse sa peau …