lundi 1 juin 2009

La rencontre ...


La première chose que je remarquai fut la couleur de ses cheveux. Ses fines boucles rousses et décoiffées auréolaient sa petite tête ronde, lui donnant un air sauvage.

Malgré ses langes blancs, je devinai que l'enfant était une fille. On l'avait couchée dans un porte-bébé lequel avait été déposé sous l'escalier qui menait au restaurant, à l'étage. Ses parents furetaient dans la boutique, profitant vraisemblablement du sommeil de leur fillette.

En général, je craque davantage pour les bêtes que pour les petits des humains. Mais, cette enfant m'attirait comme un aimant et je m’approchai d’elle pour admirer sa chevelure de feu. Comme si elle avait senti ma présence, elle ouvrit les yeux et me fixa gravement.

Au milieu de son visage à la peau très claire, qu'on aurait dit translucide, ses yeux d'un bleu étrange semblaient aussi lumineux qu’un ciel d’été. J’étais littéralement captivée par ce regard à la couleur indicible. Alors, au lieu de me détourner, je me penchai au-dessus de l’enfant. Comme si elle m'attendait, la petite fille tendit vers moi ses deux bras minuscules. C'est à ce moment que je remarquai que le droit se terminait avant le coude, pauvre petit moignon inachevé.

Sans me soucier de ce qu'en penseraient ses parents, je pris la fillette tout contre moi et mes yeux s'attachèrent aux siens. Nous restâmes ainsi de longues minutes, silencieuses, immobiles.

Soudain, derrière moi, une voix murmura :

- Elle ne parle pas.

Par ces quelques mots, sa mère m'informait que je ne devais m'attendre à aucun babillage, à aucun mot car son enfant était autiste. Sans rien ajouter de plus, elle s'en retourna, me laissant avec sa fille qui, elle, ne me quittait pas des yeux.

De manière irréfléchie et sans me soucier d’inquiéter ses parents, je gravis l'escalier avec mon léger fardeau et j'allai me réfugier sur le palier, dans un angle étroit où, je le savais, personne n'allait jamais. Je m'assis à même le sol et m'appuyai le dos au mur. Les genoux fléchis, je déposai la petite fille sur moi, mes cuisses lui servant de dossier.

Alors, l'inimaginable se produisit… L'enfant ouvrit la bouche et prononça un premier mot, puis un deuxième. Ensuite, ce fut un flot de paroles qui franchirent ses lèvres, comme si le temps lui était compté. De ses confidences, je ne retins absolument rien, subjuguée que j’étais par l'étrange situation. J'étais bouleversée car je comprenais qu'elle m'avait choisie, entre tous, pour être le témoin de sa guérison.

Ses parents, des touristes de passage, vinrent me dire qu’il était temps pour eux de partir. Une vague de tristesse me submergea et j'eus du mal à me séparer de la fillette. Malgré le peu de temps passé ensemble, un lien indescriptible s’était noué. Solide et insolite…

De la fenêtre de la boutique, je regardai la voiture grise dans laquelle prenait place la petite famille. Soudain, comme mue par une force intérieure, je sortis et me précipitai vers le véhicule.

- Attendez! Criai-je.

Ses parents me dévisagèrent un instant, surpris.

- Ne bougez pas! Je reviens tout de suite!

Au pas de course, je retournai à la boutique. Sur une tablette, j'avais déposé des pierres fines et précieuses. Sans hésiter, je choisis celle qui était d'un bleu ciel intense, comme les yeux de l'enfant.

Je me précipitai à nouveau vers la voiture et, par la vitre baissée de la portière, je remis à la fillette, devenue entre temps une jeune femme au visage ingrat, la pierre bleue.

- C'est un souvenir afin que tu ne m'oublies pas. Lui dis-je.

Émue, elle saisit la pierre et la porta à son cœur en étouffant un sanglot. Ses mains nouées se tendirent une dernière fois vers moi en signe de reconnaissance et elle fit un effort pour me sourire à travers ses larmes. Je réalisai soudain que son bras droit n’avait plus aucun handicap.

Un vieil homme, que je devinai être son grand-père, était assis à côté de la jeune femme. Il se pencha un peu vers moi et me dit:

- La dernière fois que c’est arrivé, c'était en Chine.

Puis la voiture démarra, fit demi-tour et s'éloigna.

◊•◊•◊

Samedi matin, lorsque je m’éveillai, ce rêve étrange, au lieu de s’estomper, se fit tenace. Malgré que ce ne fut qu’un songe, je me souviendrai longtemps de cette rencontre fascinante et surtout, de ce regard de saphir brut.

vendredi 29 mai 2009

Comme sur un nuage...


Comment oublier la toute première nuit près de lui, alors que notre corps le réclamait depuis si longtemps? Comment ne pas graver à tout jamais le souvenir de ces douces sensations qui nous envahissent, qui nous pénètrent jusqu’au creux des reins? Ces frissons d’enchantement, ces soupirs d’extase que nous ne pouvons réfréner?

Pelotonnées contre lui, enfin conquises, nous ne souhaitons qu’une chose : que pour toujours il reste ainsi, tendre et solide, doux mais ferme.

À jamais, nous nous souviendrons, qu’avant lui, notre réveil était pénible, parfois douloureux. Que notre corps, perclus, se languissait de ses caresses apaisantes. Que sans lui, nous n’étions plus que l’ombre de nous-mêmes.

Maintenant qu’il est là, il nous bercera en nous promettant de veiller sur notre sommeil. Nos rêves n’en seront que plus doux, comme si nous flottions sur un nuage, légères et vaporeuses.

Ce soir je serai brève car il me tarde d’aller le rejoindre. Pour lui, j’ai mis mes plus beaux draps, parfumés à la lavande.

Cette nuit sera la première d’une multitude d’autres.

Cette nuit, je dormirai pour la toute première fois sur mon nouveau matelas…

mercredi 27 mai 2009

Mince alors…


Il semble que j’aie passé le test et que ma nouvelle cliente, L. juge que je couds assez bien pour elle. Après avoir raccourci un rideau de dentelle et en avoir réalisé un autre, elle me confia la confection de deux coussins pour la chambre de sa petite fille. Elle accepta même ma suggestion d’ajouter un cordonnet blanc sur les contours, ce qui leur donna beaucoup plus de punch et fit oublier que les tissus étaient quelconques. L. fut ravie du résultat.

Mes amis savent à quel point j’ai l’imagination fertile. Il suffit qu’on me laisse miroiter qu’on désire me faire une surprise, que j’imagine une croisière sur la
Mare Tranquillitatis, un château en Espagne ou encore un safari-photo dans la vallée de Chasma Boréalis.

Par conséquent, lorsqu’hier, L. me parla d’un somptueux couvre-lit en dentelle dont elle se désolait qu’il soit si mince et que sa fille y ait malencontreusement fait une entaille avec un ciseau (?), j’imaginais un entrelacs de fils savamment crochetés, de fragiles volutes, ou encore un fin voile aux broderies arachnéennes…. Je l’avais rassurée en lui disant que je pourrais sans doute le doubler et réparer le bris.

Alors qu’elle devait passer à mon atelier vers 17h00, L. me téléphona à 15h00 pour me demander d’aller la voir au garage où elle travaille. Comme c’est vraiment à côté, j’abandonnai les chemises sur lesquelles je travaillais et me rendis à son bureau.

Visiblement fière, elle sortit d’un sac un truc tout blanc sur lequel je distinguai quelque chose de vaguement texturé.

L. : - Regarde, c’est ça. C’est tu assez beau, hein ? Mais c’est ben d’trop mince, regarde.

Moi : - Ah… mais c’est un jupon de lit.

L. : - Ouin, c’est mince, pis regarde le trou là.

Moi : - Oui, c’est normal que le tissu du centre soit mince, car c’est un jupon de lit et …

L. : - Je mets ça par-dessus le lit de ma fille. C’est assez beau, là ! Mais c’est tellement mince. Regarde, on voit à travers !

Moi : -Je vois, en effet, mais les jupons de lit, en général, sont faits comme ça. On utilise un tissu mince et peu dispendieux pour le milieu puisque ça se place sous le matelas et que ça ne sert à rien de …

L. : -On n’en trouve pus comme ça. C’est tellement beau. Mais c’est ben d’trop mince.

Moi : - Euh… oui, tu as raison : c’est mince. Vraiment très très mince.

Alors, pour éviter d’y passer l’après-midi, j’abrégeai et proposai à L. de remplacer le tissu du centre par un autre, plus épais et attrayant. Le jupon deviendrait alors un véritable couvre-lit, mettant en valeur les jolis appliqués texturés qui garnissent la bande du contour.

Ouf ! De rester zen n’est pas toujours une mince affaire…

lundi 25 mai 2009

Tout le monde il est gentil…


Je le répète à qui veut l’entendre : je suis entourée de «bonnes personnes». Je crois même que je les attire. Qui plus est, même les pas gentilles le deviennent et les revêches s’adoucissent. Des exemples?

Ma voisine, cette américaine qui passe l’hiver dans sa maison de Floride et l’été dans celle qui est juste de l’autre côté de la rangée d’arbres lesquels, assure-t-elle, se trouvent sur SON terrain. Ah, bon, si ça lui chante… Mais le problème n’est pas là. C’est que, voyez-vous, nous nous partageons un chemin privé qui mène d’abord à ma maison et ensuite, à la sienne. Cette dame qui, je l’espère, ne lit pas mon blog, est une vraie mégère. Elle se plaint pour tout et pour rien. Elle fait la vie dure à notre voisin le garagiste et par le passé, a réservé le même sort au quincaillier. Elle a terrorisé la locataire qui habitait la petite maison blanche maintenant abandonnée et a cassé les pieds des élus municipaux. Bref, elle est considérée comme une harpie, une vraie de vraie.

Avec moi? Elle est gentille. De la Floride, elle m’envoie ses vœux de Noël et en avril, m’annonce par courriel la date de son retour. Nous défrayons ensemble les coûts de déneigement du chemin privé et, tous les deux ou trois ans, l’ajout de gravier. Sans anicroche, tout en harmonie. Elle m’aime bien et j’ai même droit, en mai et en octobre, à un «hug» de sa part. Ce n’est pas rien!

Puis, il y a l’épouse du quincailler. Oh, elle est loin d’être désagréable mais en général, elle est distante et souvent froide avec les gens. Je crois surtout qu’elle est timide mais, malheureusement, je n’entends que des commentaires peu flatteurs à son égard. Pourtant avec moi, elle est souriante, me salue en prononçant mon prénom, me sert avec empressement et fait l’effort de me parler en français même si elle ne maîtrise pas ma langue.

C’est ainsi depuis toujours. Sauf à de rares exceptions, j’ai eu la chance de ne côtoyer que des gens aimables et honnêtes. Chance ou intuition? Il me plait de croire que j’ai de l’instinct; que j’ai du flair pour deviner les envieux, les négatifs et les tricheurs. Et la sagesse de prendre mes jambes à mon cou s’ils croisent ma route.

Même dans mes nouvelles connaissances, il n’y a que des personnes charmantes : Claudine, Madeleine, Olivier, Gabrielle, tous mes clients ainsi que mon peintre Christian et son amie Sonia.

Si je n’oublie pas que la Terre est peuplée de trop nombreux individus abjects, d’êtres ignobles et de sombres crapules, dans mon univers à moi, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil…

samedi 23 mai 2009

Les nuits de Baladine…


Lorsqu’allaient retentir les douze coups de minuit, Cendrillon devait avoir quitté le bal, le château et son prince. Sa marraine-fée l’avait mise en garde; sa somptueuse robe, le carrosse et son attelage allaient disparaître et c’est sous son vrai jour qu’apparaîtrait cette pauvresse vivant sous le joug d’une belle-mère acariâtre et de demi-sœurs despotiques et envieuses.

Dans mon univers à moi gravitent des personnages tout aussi légendaires. Il y a bien sûr mon ami le testostéronesque Blanche-Neige qui, étrangement, disparut peu après sa rencontre avec une jolie bibliothécaire qui, m’a-t-on dit, n’est pas naine. Puis il y a Baladine, petit volcan qui, jusqu’à récemment, se languissait d’être inactif et qui, sous une épaisse couche de cendre, entretenait une flamme qui ne demandait qu’à la consumer tout entière.

Comme pour Cendrillon, une Fée, qui toutefois n’était pas sa marraine, décida qu’il était temps qu’elle sorte de sa léthargie. Ces êtres ailés qui vivent parmi nous ont des pouvoirs insoupçonnés. Il arrive que, d’un seul coup de baguette magique, ils réussissent là où les méthodes des simples mortels donnent des succès mitigés, parfois même voués à l’échec. Ainsi fut-il.

Au cœur du printemps, par une nuit de pleine lune, alors que les citoyens vertueux se mettaient au lit, Baladine sortit du sien. Une invitation, reçue le jour même, l’avait laissée pantelante. Elle avait été conviée, sans autre cérémonie, à un bal nocturne qui ne débutait qu’à minuit et où il lui faudrait retirer son masque. Pour s’y rendre, il lui fallut traverser des hameaux endormis, longer des champs somnolents et contourner de sombres forêts. Au fil des kilomètres, conduisant de ses mains frémissantes ses 110 chevaux-vapeur à la robe gris taupe, la fébrilité gagnait du terrain. Le cœur de Baladine tambourinait dans sa poitrine, charriant dans ses veines une lave en ébullition.

À son arrivée au village, Baladine repéra facilement le bâtiment ancien; sa tour blanche coiffée d’un toit pointu marquait la nuit d’une tache claire. Sans faire de bruit, elle rasa la façade ouest de l’imposante demeure où elle fut introduite par une porte dérobée. Derrière les battants, intimidée, elle découvrit un monde à l’atmosphère feutré où les mots se chuchotent. Sur ce royaume, un seigneur régnait désormais seul. Après avoir rompu un enchantement qui l’avait contraint à l’éloignement de longs mois, il lui tardait de célébrer sa liberté retrouvée et de partager les émotions qu’elle éveillait en lui. Émerveillée, Baladine se laissa emporter par la musique et par ses sens que le seigneur sut embraser, se laissant submerger par le désir, ivre de plaisirs enfin assouvis.

Depuis cette nuit Fée-rique, Baladine emprunte chaque semaine cette route, guidée par sa passion et enivrée par l’anticipation de retrouver ce maître qui, dès les douze coups de minuit, déploie tous ses pouvoirs pour l’amener au 7e ciel.

jeudi 21 mai 2009

Sous-estimation…


Depuis que j’offre mes services pour réparer des vêtements, je découvre une faune diversifiée et parfois divertissante. Il y a les très gentils, les polis, les reconnaissants, les exubérants, les passionnés, les posés, les rigolos, mais aussi les méfiants.

- Est-ce que tu couds bien? Me demanda l’une de cette dernière catégorie.
Parce que sinon, je vais aller au Carrefour de l’Estrie, y a là une couturière. Avait-elle ajouté.

Honnêtement, croyait-elle que j’allais répondre : "Non, je couds mal." ? C’est qu’elle avait, parait-il, un magnifique manteau d’hiver signé
Hilary Radley. Le hic, c’est qu’il était beaucoup trop grand et elle m’avait demandé si je pouvais l’ajuster à sa taille. Je lui avais suggéré qu’elle vienne me rencontrer et que je pourrais alors lui dire si la coupe permettait des modifications.

- Est-ce que ça va coûter cher? Parce que je ne veux pas mettre trop d’argent sur ce manteau même si je l’ai eu pour presque rien.

Gentiment, je lui avais répondu que je ne pouvais lui répondre tant que je n’avais pas vu le manteau et que si je pouvais évaluer approximativement le temps nécessaire, jamais je ne fixais de prix d’avance. Je l’informai de mon tarif horaire et l’invitai à prendre rendez-vous.

Les jours passèrent et c’est hier qu’elle me téléphona. Nos disponibilités concordèrent pour aujourd’hui, 10h30. Ce n’est toutefois qu’aux alentours de 15h00 qu’elle me donna un coup de fil pour s’excuser de n’avoir pu se présenter, à cause de trop nombreux clients au garage où elle travaille, de ses vieux parents desquels elle doit s’occuper, du bureau de poste où elle devait passer et de ses journées trop bien remplies. Mais, ajouta-t-elle, elle essaierait de se libérer un peu avant 17h00.

Il était 20h30 lorsque le téléphone sonna.

-Allo! C’est L., j’avais à faire au garage. Est-ce que je peux aller te voir ?

-Ah… Oui… En fait, j’étais en train de souper, mais il ne me reste qu’une bouchée et …

- Ok, j’arrive !

Et elle arriva, visiblement ravie de mettre les pieds chez moi pour la première fois et, je crois, un peu rassurée de constater que j’avais un «vrai atelier de couture».

Avant de nous pencher sur le cas du manteau, L. sortit d’un sac deux rideaux de dentelle et un jupon de lit. La première mission qu’elle me confia, serait de raccourcir un des panneaux de dentelle pour qu’il soit de la même longueur que l’autre. La seconde, celle de tailler et de confectionner, dans le tissu du contour du jupon, un genre de rideau très court (cela doit bien avoir un nom ce truc, n’est-ce pas Emma ?) pour la chambre de son fils.

- C’est pas trop difficile, ce que je te demande?

- …

J’aurais pu lui répondre que la première fois que j’ai utilisé une machine à coudre, j’avais 11 ans. Qu’à 12, dans le cadre d’un cours de couture, j’ai confectionné
ma première robe. Puis, que durant toute mon adolescence et ma vie de jeune adulte, j’ai réalisé un nombre incalculable de vêtements pour moi et quelques uns pour des amies. Que j’ai une formation en dessin de mode et une accréditation en design. Que j’ai dirigé une entreprise manufacturière durant 16 ans dont 8 pendant lesquelles je participai à la production. Que j’ai eu à concevoir et à coudre des manteaux, des robes de bal et de mariée. Et que mon entreprise se démarquait et était reconnue pour la qualité de sa confection.

J’aurais pu … mais je me suis contentée de lui sourire et de lui répondre que non, ce ne serait pas trop compliqué et que je devrais pouvoir y arriver.

Quant au manteau, il me suffira de raccourcir l’épaule, de rapetisser l’emmanchure et sa manche, de rétrécir le vêtement d’environ 6 cm sur chaque latérale au niveau de la taille, d’un peu moins vis-à-vis le sous bras, à rien à l’ourlet. Finalement, de remodeler un manteau 8 ans pour en faire un 5 ans.

Bon, ça au moins c’est facile !

mardi 19 mai 2009

La fin des regrets...



Depuis quelques jours, je pensais davantage à lui. C’est probablement pour cette raison que je fus surprise, en matinée, lorsqu’on me demanda de ses nouvelles. Notre dernière rencontre remontait à si longtemps. Je l’avais bien aperçu, le mois dernier, mais sans qu’il ne me voie. Il était passé sur ma rue, accompagné d’une amie; la tête haute, le pas rapide, il avait regardé droit devant. Je mentirais si je disais que cela m'avait laissée indifférente. Dès que je l’avais reconnu, mon cœur s’était serré et j’avais senti une vague de regrets m’assaillir, entremêlés d’un flot de souvenirs. Par chance, j’avais réussi à me rappeler les raisons pour lesquelles nous nous étions séparés.

Malgré tout, je sens encore son énergie bien présente et, immanquablement, lorsque je fais du rangement, je trouve des objets qui lui appartenaient. Des dizaines de photos de lui sont mémorisées sur mes ordinateurs et une, particulièrement réussie, se trouve encore sur mon appareil photo sans que je n’aie le courage de l’effacer.

Puis aujourd’hui, alors que je ne l’attendais plus, il a poussé le portillon de mon jardin. Dans son regard, je pus voir toute la joie qu’il avait de me retrouver. Ses gestes étaient empreints de fébrilité, de tendresse. Quant à moi, je n’arrivais pas à détacher mes yeux de cette apparition. Si vous saviez comme je l’ai trouvé beau lorsqu’il s’est avancé vers moi…

Soudain, comme s’il y avait urgence, il a manifesté le désir de visiter la maison, son ancienne maison. Il l’a parcourue, visiblement heureux de s’y retrouver. Lorsqu’un peu plus tard j’ai proposé que l’on retourne sur la terrasse pour profiter du soleil, il a retrouvé ses gestes, sa place favorite, comme s’il n’était jamais parti. Comme s’il n’y avait pas sept mois qu’il m’avait quittée.

Je remarquai pourtant que quelque chose en lui avait changé. Il était un peu plus distant, un peu moins câlin. Et j’ai senti, sans qu’il ne subsiste le moindre doute, qu’entre nous c’était bel et bien fini. Je n’étais plus le centre de son univers et, curieusement, ce constat, au lieu de me peiner, me soulagea. Son comportement avait réussi à balayer mes regrets, une fois pour toutes, pour ne laisser la place qu’aux heureux souvenirs.

Pixel, rebaptisé Axel, m’a rendu visite aujourd’hui, avec sa maîtresse Mélanie. Mes craintes que je lui manque, qu’il s’ennuie de son ancienne vie, ont disparu complètement. S’il était content de me revoir, de fureter dans la maison et dans le jardin, j’ai bien vu qu’il était très attaché à la jeune femme qui l’a adopté l’automne dernier.
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C’est donc le cœur léger que je vis repartir, deux heures plus tard, un petit chien heureux à l’idée de reprendre le chemin de sa maison qui, je l’ai compris, n’était plus la mienne.

dimanche 17 mai 2009

Comme on fait son lit…

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-«Bonne fin de semaine à toi (je ne te dis pas d'en profiter, suis certaine que tu le feras...)», m’écrivait l’Ange Aérien.

Mon amie ne se trompait pas. Tout ce que j’avais prévu, c’était d’aller emprunter des livres à la bibliothèque, passer l’aspirateur, laver les planchers et reporter aux calendes grecques l’époussetage pourtant nécessaire. Et pourtant…

Tout commença jeudi après-midi. Avant d’aller faire mon marché, j’arrêtai saluer Céline et l’inviter à monter au café pour en siroter un. Lorsque je pénétrai dans son atelier, elle sembla fort occupée à se débattre avec un amas de tissu qui prenait toute la place sur sa trop petite table. Elle m’apprit qu’une cliente lui avait demandé de lui confectionner une housse de couette. Cela me rappela que, moi aussi, j’avais projeté de remplacer la mienne, une vieille chose beige et terne qui datait de plusieurs années. Et que, fidèle à mes habitudes, je n’avais cessé de remettre la réalisation à plus tard.

Néanmoins, la petite graine était semée et, en revenant chez moi, je m’empressai de sortir le coton que j’avais acheté au cours du printemps et je me mis au travail. Le tissu était souple et fut facile à coudre si ce n’est des rayures qu’il me fallut faire coïncider entre elles. Comme les belles choses ne sont pas nécessairement les plus difficiles à réaliser, je choisis de faire une housse de type «sac à sandwichs». Outre le fait qu’il me fallut coudre deux bandes latérales à celle du milieu pour obtenir la largeur voulue, la réalisation ne me prit que quelques heures. J’étais assez fière ! Mais voilà… une jolie couette houssée de neuf ne pouvait quand même pas s’exhiber avec des taies défraîchies et dépareillées ! Et les oreillers, eux, n’avaient toujours pas d’enveloppe protectrice. Alors, je taillai quatre enveloppes blanches et quatre taies rayées avec bordures inversées. C’était presque parfait. Presque… En effet, malgré la jolie couette et de belles taies, il manquait encore un détail pour que mon lit ancien soit habillé comme il se devait : il lui fallait un jupon. Bah ! Ce sera facile, m’étais-je dit. Erreur. Pour avoir mal imaginé la conception, cela me prit beaucoup plus de temps que prévu. Finalement, comme il restait encore plusieurs mètres de tissus, je songeai qu’il serait du plus bel effet si des rideaux garnissaient ma penderie. L'inspiration était au rendez-vous.

En voyant les délicates rayures faire écho au bleu des murs et au blanc des plinthes et des tentures, je sus que désormais, je rêverais mieux…

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vendredi 15 mai 2009

Plein le dos...


Ce matin, comme presque tous les autres depuis des mois, j’en eus plein le dos. Dès mon réveil, je me mis à ronchonner, à grommeler et à vitupérer. Contre mon radio réveil? Jules? Ou peut-être à cause de la nuit trop courte? Pas du tout.

Ce que je maudissais ainsi, c’était ce mal de dos qui perdure. L’an passé, au printemps, je crus que c’était la faute du stress, puis celle des travaux de rénovation qui mirent mes muscles à dure épreuve. Ensuite, je soupçonnai le compagnon de mes nuits de ne plus être assez ferme.

J’essayai bien des choses : des traitements chez une chiropraticienne, le repos, la pratique de certains exercices, l’arrêt de tout exercice, des massages répétés et même une séance d’exorciste! Mais non, je plaisante! Il n’y eut jamais de massages répétés!!!

Une fois mon sacrum remis à sa place et mon grand oblique reposé, je crus que je pourrais me lever du bon pied comme avant et retrouver toute ma souplesse. Mais les semaines et les mois passèrent sans véritable amélioration, si ce n’est que je peux, depuis un mois, me retourner dans mon lit sans devoir m’accrocher au montant. C’est toujours ça, mais c’est insuffisant…

Chassés, mes soupçons revinrent au galop. Alors cet après-midi, sans plus hésiter, je décidai de remercier celui qui, vraisemblablement, n’arrive plus à me supporter. Son remplaçant, jeune et ferme, gagnera ma chambre dans trois semaines.

Il me tarde de passer ma première nuit avec lui, mon nouveau matelas…

mercredi 13 mai 2009

Résigne-action...


Après plusieurs jours passés à l’atelier, à me consacrer à la réalisation des trois corsages sur mesure, ce fut sans regret que j’en sortis. Vers midi, ayant mis la touche finale au dernier vêtement, je pus débrancher le fer, éteindre les lumières et refermer les portes derrière moi. Une autre se serait lancé dans le ménage ce qui, honnêtement, n’aurait pas été un luxe. Mais moi, plutôt, je décidai de m’accorder une pause et de profiter des 19 degrés annoncés. Sur la table, une tasse de thé fumant, mes jumelles et une grille Sudoku donnaient à ma terrasse un petit air de vacances. Le soleil était au menu, me dorant délicieusement les bras et colorant mon nez d’une jolie teinte vermeille.

Le temps, pétrifié, se mit à ralentir et consentit même à s’arrêter. J’en profitai pour observer les tourterelles, les mésanges et les geais bleus venir, tour à tour, casser la graine dans mon jardin. Pour regarder mon Jules, redevenir un chaton et tenter d’attraper des feuilles mortes soufflées par la brise ou grimper aux arbres, comme s’il avait un chihuahua aux trousses. Et pour constater combien la ciboulette avait poussé et le plantain, proliféré.

Cependant, après de longues minutes de flânerie, il fallut me résigner : je devais vraiment m’occuper de choses plus sérieuses, comme du terrain devant ma maison. Je n’en avais pas vraiment envie mais bon, il y a de ces obligations auxquelles il est difficile de se soustraire. Il faut dire que l’herbe y était scandaleusement longue, que des tiges séchées de phlox se dressaient, inélégantes et qu’une multitude de branches cassées jonchaient la pelouse qui donne sur la rue. Alors, je pris mon sécateur d’une main, mon râteau de l’autre et je m’attelai à la tâche.

Ainsi, au lieu de dévorer les six derniers chapitres de la Grotte aux fées de Marie-Bernadette Dupuy, je tondis la pelouse et raclai le terrain. Je dévissai les quatorze équerres fixées aux sept fenêtres et retirai les trois boites à fleurs qui avaient passé l’hiver à agrémenter les vitrines du devant. Je décrochai la vigne à raisin et la clématite de leurs supports afin que le peintre, qui viendra refaire une beauté à ma maison, ait le champ libre. Je déracinai une quantité étonnante de pissenlits, enlevai un amoncellement de feuilles mortes sur la parcelle de potager sauvage et balayai les dalles de l’ancien enclos des chiens, celles qui mènent au stationnement ainsi que les deux galeries. Des mètres de tiges traçantes de lierre terrestre furent arrachées et presque autant de vigne vierge, qui courrait à travers les plants de fraises. Ce n’est que vers 17h30 que je jetai les gants, satisfaite du travail accompli.

Une telle journée ne pouvait que se terminer en beauté : en début de soirée, au moment où je m’apprêtais à jeter des pâtes dans de l’eau bouillante, l’amie Claudine s’annonça. Son prétexte? Une jupe qu’elle voulait faire rétrécir à la taille. En réalité? Une envie de bavarder. Comme par hasard, il me restait une bonne bouteille de Puyfromage. Rien de mieux pour irriguer les conversations. De quoi avons-nous discuté? Mais vous êtes d’incorrigibles curieux! Bon, d’accord, puisque vous insistez. Nous avons parlé entre autres des …, davantage de… mais surtout de nos… Mais ça reste entre nous, promis?

lundi 11 mai 2009

Un tour à Québec…


Je fus bien inspirée de m’enfuir à Québec vendredi dernier, puisqu’il semble que l’Estrie ait reçu des trombes d’eau la fin de semaine durant. Je pus le constater en roulant vers North Hatley hier soir: des canards et des bernaches flottaient paresseusement dans le champ inondé de la ferme Beaulieu. Plus loin, les rivières Massawippi et Coaticook affichaient un niveau étonnamment haut.

Dans la vieille capitale, si le ciel ne quitta guère sa couverture grise, le temps ne nous empêcha pas de nous balader un peu et même, de faire un safari photo. Enfin, pas un vrai de vrai, car l’exercice avait pour but d’initier mon amie Emma au fonctionnement de sa nouvelle caméra numérique. Elle a d’ailleurs fait quelques magnifiques photos en macro et réussi à croquer le portrait de deux corneilles amoureuses qui se bécotaient sur un fil. Bon… on ne voit que leurs pattes, mais ce sont de très jolies pattes, je vous assure!

Dans cette belle ville, qui fut mienne l’espace de ma première année d’études en Dessin de mode en 1988, le printemps se donnait en spectacle. Le long des rues, de jolies feuilles tachetaient les arbres gris de vert, le gazon, prolixe, faisait la barbe aux tondeuses et de photogéniques pissenlits dressaient fièrement leur capitule jaune en quête d’un soleil intermittent. Malgré tout, les terrasses étaient quasi désertes et, outre les corneilles, la faune urbaine s’y fit rare.

Si le temps nous a manqué pour aller flâner sur les places publiques, nous avons toutefois découvert un excellent restaurant à deux pas de chez Emma. Et là, le mot «excellent» est faible. Malgré qu’il ne payait pas de mine de l’extérieur, et que l’intérieur aurait intérêt à être «relooké» par mon amie, la cuisine, elle, y était exquise, savoureuse, renversante… Honnêtement, j’ai été tout à fait conquise par le restaurant-bistro Au pied de la Tour, tout comme Emma. Si vous vous installez à une de ses tables, la propriétaire, Carole McBain, vous racontera sans doute qu’il y a tout juste un an qu’elle a réalisé son rêve en ouvrant ce resto. Son chef, un géant baraqué, délaissera probablement ses fourneaux pour venir vous décrire ses plats ou encore pour s’assurer que ce qu’il vous a mijoté vous plait. Ça vous tente? C’est au 969 sur l’avenue Myrand à Québec, juste en face des studios de TVA. Vous ne pourrez le manquer, il est juste au pied de la tour…

jeudi 7 mai 2009

La mémoire empoussiérée…


Si j’avais oublié la raison pour laquelle la réalisation de vêtements sur mesure me répugnait tant, ça m’est revenu aujourd’hui. Tiens, c’est comme pour la soupe aux pois. Je me rappelais vaguement que ce n’était pas mon met préféré. Puis, au fil des ans, je me suis mise à croire que ça ne devait pas être si pire. Alors, un jour j’y ai goûté à nouveau. Ce n’est toujours pas ma soupe favorite.

Pour le «sur-mesure», c’est semblable. Les mauvais souvenirs, comme le fameux cas Rudy* ou celui de la fiancée de Jésus* se sont estompés, ont pâli. Certaines aventures aux relents d’enfer ont été peu à peu recouvertes par la poussière du temps. Parfois, elles affichent même une belle patine qui nous fait oublier qu’à l’époque, elles nous hantèrent le jour comme la nuit. Surtout le jour…

N’ayez crainte, les trois clientes pour lesquelles je confectionne des tenues pour le mariage de la fille de l'une d'entre elles, sont très gentilles et souriantes. Elles font des efforts remarquables pour me parler en français alors que moi, je ne peux que leur baragouiner les quelques mots que je connais, comme sleeve, lining, fabric et miracle qui se prononce presque de la même façon dans les deux langues. Cool!

N’empêche, même si elles sont des soies, le contrat que j’ai accepté ne me fait pas trépigner de joie. Pourquoi? À cause des nombreux essayages, des ajustements, des corrections de patrons, des réalisations de prototypes, des réessayages, des réajustements et des recorrections. Misère!

Pour ajouter du piquant, c’est dans trois minuscules coupons que je devrai tenter de loger les patrons de chacune de mes clientes. Il y a trop peu de tissu, ce qui m’oblige à devoir essayer divers placements pour que les deux pièces du dos, les trois du devant et les deux manches s’emboitent, tout en respectant le droit fil et en faisant correspondre la lisière brodée, au bas des manches. D’ailleurs, pour l’un des corsages taillé en fin d’après-midi, je dus créer une découpe horizontale sur les pièces du dos ainsi qu’une autre, verticale, sur la médiane et tailler les parties inférieures et centrales dans la pièce de soie prévue pour servir de sari. J’y ai presque épuisé ma réserve de concentration et de patience… Presque.

Même si Carole, Judy 1 et Judy 2 sont sympathiques et reconnaissantes pour l’épine que je leur enlève du pied, je préfère de loin remodeler des manteaux, raccourcir des pantalons, remplacer des fermetures à glissière et… repriser des chaussettes.

Je m’en souviendrai, la prochaine fois. Promis…


Ah! Oui, j’oubliais : je vous quitte jusqu’à lundi. J’irai passer deux belles journées à Québec chez mon amie Emma. Si vous mangez tous vos légumes, je vous raconterai.


*Des histoires d’horreur horrifiantes, dignes des Contes de Fée. Un jour, peut-être...

mercredi 6 mai 2009

La panne…


Ça se passait hier. J’avais enfilé un chandail que je venais de coudre et je me préparais à aller voir ce qu’en disait le reflet du miroir, lorsque j’entendis une voix de femme.

- Hou! Hou!

Revenant sur mes pas, je découvris une inconnue dans ma salle à manger.

- Vous êtes Sally? Me demande-t-elle, avec un petit accent anglais.

Ça commençait bien, je connaissais la réponse!

-Oui, c’est moi. Lui répondis-je.

Et la dame de m’expliquer que c’était Denise, bénévole à la bibliothèque, qui lui avait conseillé de venir me voir pour une robe qui avait besoin d’être ajustée. Que c’était très simple comme réparation, que la robe n’avait pas de manches et que c’était les bretelles qui étaient trop longues. Bon…

Vraisemblablement, la gentille Denise n’avait pas cru utile de suggérer à son amie de téléphoner avant de débarquer chez moi. Heureusement, je ne portais pas mon vieux survêtement et j’avais eu le temps de me coiffer. La maison, elle, était dans un état relativement normal considérant les travaux en cours : des poils de chat jouaient à saute-mouton sous la table, de la poussière de plâtre recouvrait le buffet et l’escabeau de 8 pieds, qui sert à accéder au grenier, était appuyé à l'horizontale sur la chaise berçante près de l’entrée. De quoi mettre en confiance une nouvelle cliente…

Après avoir examiné la robe, j’informai la dame que je lui ferais l’ajustement sur-le-champ et qu’elle pouvait attendre. Pendant que je décousais, raccourcissais, surjetais, repiquais puis repassais le tout, elle me confia que sa fille allait se marier la semaine prochaine. Que son futur époux était d’origine indienne et qu’il y aurait deux cérémonies. Que pour la seconde, les femmes allaient porter le sari traditionnel. Sa fille lui avait offert de splendides pièces de soie et une couturière d’une ville voisine avait pour mandat de confectionner les corsages qui se portent en dessous, pour elle et pour deux invitées. Elle ajouta que c’était dommage qu’elle ne m’ait pas rencontrée avant, car elle aurait aimé me confier ce délicat travail.

Moi, je n’étais pas désolée; réaliser des vêtements sur mesure n’est pas ma tasse de thé. Habituellement, lorsqu’on me le demande, je dirige les gens vers une amie designer dont c’est la spécialité. Je fais toutefois exception pour Gabrielle, ma cliente qui est illustratrice. Avec elle, ce n’est pas une corvée, mais un plaisir.

La dame, donc, repartit heureuse avec sa robe sous le bras. Avant qu’elle ne s’en aille, je lui remis ma carte professionnelle en me disant que, comme elle aurait mon numéro de téléphone, elle pourrait dorénavant s’annoncer avant de venir faire des Hou! Hou! dans ma cuisine.

Et bien non. En fin d’après-midi, qui vis-je se profiler par la fenêtre de la porte principale? La dame à la robe. Je lui ouvris et, d’un air désolé, elle s'empressa de me dire :

- J’ai une panne!

-Oh! Non! Pas vrai? J’allais lui offrir d’utiliser mon téléphone ou, pourquoi pas, d’aller la reconduire chez elle.

Je n’y étais pas du tout! La panne n’était pas mécanique, mais humaine. La dame m’apprit que la couturière qui devait confectionner les trois corsages était tombée malade et qu’elle ne pourrait terminer le contrat. Elle me demanda, pleine d’espoir, si je pouvais m’en occuper; elle ajouta qu’il fallait que les vêtements soient terminés mercredi prochain. Elle était là, à attendre ma réponse, avec au fond des yeux comme une supplication.

Pendant ce temps, je réfléchissais. J’avais prévu partir demain matin pour Québec et ne revenir que dimanche soir ou lundi matin. Et puis c’était du satané «sur mesure», ce que j’aimais le moins faire, pour ne pas dire que j’abhorrais…

Zut… d'un autre côté, je ne pouvais la laisser en plan. Alors, j’acceptai et, par le fait même, reportai mon départ à vendredi.

Ce n’est que vers 11h30, aujourd’hui, que la dame m’apporta les coupons de soie, la doublure et un prototype de corsage commencé par la couturière qui s’était portée blême. Demain matin à 9 h, la dame reviendra, accompagnée d’Invitée-numéro-1, pour essayer la doublure que j’ai assemblée tout à l’heure, après avoir réalisé un patron à ses mesures. Je m’en servirai également pour l’essayage d’Invitée-numéro-2 qui passera sur l’heure du dîner. Il ne me reste qu’à souhaiter qu’il y ait que peu de modifications à faire au patron de la dame pour qu’il s’ajuste aux formes de ses deux amies.

Y a pas que le CAA qui fait du dépannage! Moi aussi, et vous n'avez même pas besoin d’être membres!

lundi 4 mai 2009

Florilège de souvenirs…


Claudine et moi ne fûmes pas seules hier soir, à nous souvenir. Autour de nous, des spectateurs conquis fredonnèrent les airs connus que nous ont servi, sur le plateau du théâtre Centennial de l’Université Bishop, les soixante choristes du Chœur Florilège. Leur spectacle intitulé «Te souviens-tu?», nous permit de revivre l’époque de la formation suédoise Abba, de réentendre les chansons à succès du regretté Joe Dassin et, oh! bonheur, de chantonner avec eux les meilleures tounes du groupe humoristique Rock et Belles Oreilles.

Comme nous, probablement, vous vous seriez attendus à un spectacle statique. Et bien, comme vous l’auriez sans aucun doute été, nous fûmes agréablement surprises. Une habile mise en scène, des choristes-comédiens doués et des chorégraphies délectables donnèrent à ce spectacle un petit air de comédie musicale, ce qui valut aux artistes une ovation spontanée et drôlement méritée.
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Je pus admirer le fruit de mon labeur de la semaine dernière lorsque, après l’entracte, le rideau se leva sur soixante capes noires. Sous leurs plis étaient dissimulés tout autant de choristes qui, de toute évidence, avaient des choses à nous cacher. Après l’interprétation du célèbre Fantôme de l’Opéra, dans un geste théâtral, ils laissèrent glisser leur cape de trois mètres sur le plancher de la scène, anéantissant du même coup mon travail de repassage…

À mes côtés, Claudine prit soudain un air déconfit. Pauvre amie, comme elle fut déçue! Elle avait cru, et visiblement espéré, que les basses, les ténors et les barytons allaient apparaître dans toute la splendeur de leur costume d’Adam. Hélas, elle dut se contenter de l’accoutrement à la mode des années 1980 qu’ils avaient revêtu.
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Même l’ami Steeve eut l’air d’avoir régressé… dans le temps. Il portait une abomin… euh, adorable chemise rouge à fleurs blanches qui lui donnait un petit air indéfinissable.
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Il fallait le voir, la bouche en cœur, faire des «tadumtadumdum» et des «humahumahum» en se trémoussant et en claquant des doigts.

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Mémorable...

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PS : Pour les détails succulents, vous pouvez cliquer sur les photos.

samedi 2 mai 2009

La vérité, toute la vérité…


Les sorcières, Satan, le Père Noël et le Lapin de Pâques. Lesquels sont réels? Lesquels ne sont que fabulation? Bien malin qui pourrait le dire.

Cependant, les anges existent, je peux en témoigner puisqu’ils font partie de mon univers. Il y a mon amie, l’Ange Aérien, à qui l'on a confié les Territoires du Nord. Malgré les turbulences et les nuages parfois gris qui envahissent son ciel boréal, elle garde le cap sans baisser les ailes.

L’autre, mon Ange Gardien, vit très loin d’ici, dans un Royaume coloré appelé les Angles. On l’y envoya, jadis, pour régner sur les verts. Malgré la distance, cet ange veille sur moi, il allège mon existence et me permet de goûter aux plaisirs de la vie. Ses interventions sont discrètes, empreintes de retenue et insufflées par la grande générosité qui est propre à son peuple.
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Quant au Bonhomme 7 heures, la Fée des Dents et le Marchand de Sable, je vous dois la vérité… au moment où j’écris ces lignes, je n’ai aucune preuve qu’ils ne soient que contes de fées …

jeudi 30 avril 2009

Ma belle Carmen…


Nous n’avions qu’une petite heure, mais cela ne nous a pas empêchées de nous retrouver pour partager un bagel-saumon, arrosé d’une coupe de vin. Outre le plaisir de nous revoir, c’était en quelque sorte mon souper post anniversaire.

Car depuis qu’elle a emménagé chez son amoureux, ma belle amie se fait rare. La dernière fois que nous nous étions donné rendez-vous au Caffucino de la rue King Est, sur son heure de souper, c’était l’an passé. Nous choisissons toujours la même banquette et c’est la même sympathique serveuse qui voit à ce que nous soyons servies rapidement puisque le jeudi, Carmen doit retourner au travail en début de soirée.

Sans perdre de temps, j’allai droit au but :

- Tu lis mon blogue, ainsi tu sais ce qui se passe dans ma vie, alors, dans la tienne, quoi de neuf?

Ses yeux bleus se mirent à pétiller et elle me raconta… Que son amoureux était de plus en plus gentil, qu’elle aimait se retrouver dans leur petit chalet qu’ils ont construit sur leur terre acquise il y a un peu plus d’un an. Elle me parla de leurs projets, du rôle de grand-maman qu’elle endossera bientôt pour la première fois, de la remise en forme qu’elle a entamée et de l’acquisition d’une nouvelle bicyclette qui, m’avoua-t-elle, lui a coûté la peau de la région du bas du dos.

Nous en étions à notre 50e minute lorsqu’elle me relança.

- Et toi, à part les rénovations de ta maison, tes contrats en couture et tes cours en création littéraire… à quel diapason vibre ton cœur? (Bon, ok, elle a plutôt dit : qu’est-ce qui se passe avec tes amours, mais je trouvais cette expression plus jolie …).

Alors, en peu de mots, effleurant à peine le sujet, puisqu’il ne restait que quelques grains dans notre sablier, j’entrouvris la porte de mon jardin secret.

Ce qu’il y a dans ce jardin? Tout plein de secrets…

mardi 28 avril 2009

Beauté intérieure…


Lorsque pour la première fois, notre regard se pose sur l’objet de notre désir, tout se joue dans les minutes initiales, voire les quelques secondes. Ce qui s’expose là, sous nos yeux, nous plait-il? Avons-nous une envie subite de prendre nos jambes à notre cou ou, au contraire, d’en découvrir davantage?

On a beau dire que «C’est la beauté intérieure qui compte…», n’essayez pas de me convaincre que l’autre, celle du dehors, n’a pas une aussi grande importance. Après tout, n’est-elle pas celle qui nous frappe en premier? Qui nous touche, qui nous donne un avant-goût de ce que peut révéler l’intérieur?

D’ailleurs, ma bonne amie E.-P. pourrait vous en parler encore et encore de cette fameuse beauté, car vendredi dernier, elle recevait un merveilleux diplôme fleurant bon le désir réalisé. Cette amie, qui est la mienne depuis plus de 25 ans, a fait un grand pas vers la réalisation d’un rêve.

Après avoir entendu maintes fois les membres de sa famille et des professionnels de l’immobilier lui répéter à quel point elle avait un talent inné pour tout ce qui est beau et une facilité déconcertante pour le mettre en valeur. Pour avoir, à la demande d’amis, réaménagé leur intérieur et donné des conseils pour l’embellissement extérieur, elle a rassemblé tout ce qu’elle avait accumulé de détermination, de courage et de folie pour s’inscrire à une formation en Home Staging. Un rêve qu’elle caressait depuis longtemps.

Avec ce diplôme en poche, c’est une E.-P. enthousiaste et pleine d’assurance qui m’a téléphoné cet après-midi pour me dire à quel point les cours furent intéressants et stimulants. Elle me raconta avec passion l’étape finale qui fut de refaire le look d’une maison pour la rendre attrayante aux yeux d’éventuels acheteurs. Elle me parla de l’esprit d’équipe, des défis rencontrés et de toutes les informations contenues dans un gros cartable, qu’elle a parcourues, dévorées. Cette étape franchie, elle en entame maintenant une autre qui la mènera à la création de son entreprise.

Que vous résidiez à Québec, dans la région métropolitaine ou même, pourquoi pas, dans celle de l’Estrie. Que ce soit pour réaménager votre intérieur, celui de votre bureau ou de votre immeuble; pour le décorer ou pour le rajeunir. Que vous songiez à vendre votre maison ou simplement à la «relooker». Que vous soyez à court d’idées pour faire de votre terrain un endroit accueillant qui fera verdir de jalousie vos voisins, je vous invite à participer à cette belle aventure dans laquelle s’est lancée mon amie E.-P.

Il me fera un grand plaisir de vous mettre en contact avec cette nouvelle entrepreneure passionnée, intègre et imaginative; pour m’en faire la demande, ça se fait JUSTE ICI.

Intérieur ou extérieur, ce sera de toute beauté…

dimanche 26 avril 2009

Sauter la clôture…


Désolée mon Ange, Frérot, Martin et vous tous, chers Abitibiens, mais contrairement à votre région qui semble résister au réchauffement planétaire, aujourd’hui mon Estrie d’adoption fut baignée d’un soleil impertinemment chaud qui distribuait ses rayons avec une ardeur soutenue. Vous savez, une de ces journées à donner envie de sauter la clôture pour faire l'école buissonnière?

Malgré l’objectif que je m’étais fixé, qui était de paresser laborieusement toute la journée, je me retrouvai armée d’un marteau, de pinces coupantes, d’un tournevis carré et d’une euphorie toute printanière. Qu’allais-je donc pouvoir réparer ainsi munie? Rien du tout. J’avais au contraire une envie folle de détruire quelque chose. Rrrrrrrrr.

Clac! Couic-couic! Iiiinnnnnn! Ouch! (ça, c’était mon dos…). D’un coup de rein, qui faillit se transformer en un tour du même nom, j’arrachai quatre poteaux, un à un, et les balançai sur le sol compacté où rien n’accepte de pousser, sauf le plantain, et encore. Il ne fut pas trop difficile d’enlever les clous rouillés qui retenaient les feuilles de treillis aux pièces de bois, et qui, avant mon offensive, formaient une palissade sinueuse qui ondulait, ici à l’extérieur, là à l’intérieur. J’en compris vite la raison et j’en fus ébaubie… les pieux qui, à l’origine devaient accueillir les pièces de bois qui composaient la structure de la clôture, avaient disparu, vraisemblablement rongés par l’acidité de la terre! Ahurissant, n’est-ce pas?

Euh, comment? C’est impossible? Vous voulez dire qu’il est plus que probable qu’il n’y ait jamais eu de pieux de métal? Que les pièces de bois avaient sans doute été déposées, toutes nues, dans la terre? Et que c’est la raison pour laquelle la clôture avait l’air d’avoir subi les assauts de Katrina… Ah! bon…
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Décidément, j’ai été plutôt bien inspirée de la faire sauter cette satanée clôture!

vendredi 24 avril 2009

Fée-lébration…


Ouf! Les soixante capes ont quitté mon atelier, vers 17h30, pour s’entasser dans la voiture de l’ami Steeve. Il faut dire qu’elles m’ont tenue fort occupée toute la semaine. Néanmoins, je réussis à prendre un peu d’avance et, quoique la date de livraison ait été prévue pour le 27 avril, je parvins à terminer le repassage hier au milieu de la soirée. Ainsi, ce soir, les membres du chœur Florilège auront pu découvrir une des tenues qu’ils revêtiront lors de leurs représentations des 2 et 3 mai prochain.

Dès lundi, je pourrai alors me pencher sur les contrats de remodelage que m’a confiés mon amie Céline et procéder à la coupe des robes Mona et des chemises Philippe pour ma cliente du Saguenay. Oui Martin, toi aussi tu en auras de ces chemises pour ta boutique web.

Si je travaillerai en fin de semaine? Pas du tout. J’ai décidé que les deux prochains jours seraient paressés, musardés… chômés. Rien d’autre au programme que lire, flâner à mon café préféré, peut-être louer un film et assurément faire la sieste. Ah oui, c’est vrai! Samedi j’irai souper avec l’amie Claudine pour souligner un événement. Lequel? Devinez… Non, pas un gain à la loterie, ni une offre d’achat pour ma maison. Un contrat faramineux d’une maison d’édition? Mais non! Quoi? Une demande en mariage? Vous rêvez? Un voyage en Europe? Hum, ce serait génial, mais non, ce n’est pas ça. Allez, un peu d’imagination!

Bravo Magda, tu as trouvé! Si tu gagnes quelque chose? Que dirais-tu d’une bougie de plus sur ton gâteau d’anniversaire au début de mai, comme moi sur le mien demain?

Et que la fête commence!

mercredi 22 avril 2009

Nature morte…


En ce Jour de la Terre, malgré ma bonne volonté, je n’eus d’autre choix que de prendre mon véhicule: j’avais trois rendez-vous à Sherbrooke. À mon retour vers 16h30, si j’avais très envie d’un thé, l’idée de commencer le repassage des capes ne m’effleura l’esprit qu’un tout petit instant avant que, d’une pichenette, je l’envoie valser.

Le soleil qui faisait des apparitions de plus en plus fréquentes à travers les nuages me convainquit de ne pas rester à l’intérieur. Mal m’en prit car, en sortant sur la terrasse avec ma tasse fumante, je fus obligée de reconnaître que mon jardin avait piètre allure. Seul un devin aurait pu imaginer que sous l’épaisse couche de feuilles mortes et de branches cassées, se cachait un sentier garni de pierres de rivières qui serpentait au milieu d’un doux tapis de mousse.

Comme je n’avais plus rien à lire, je réussis à me convaincre que le raclage du terrain serait la chose à faire. Résignée, je sortis le râteau de son hibernation et c’est gantée que je me mis au boulot, croyant naïvement qu’un petit coup ici et là aurait raison des débris végétaux éparpillés un peu partout.

Misère! C’est à se demander si mes voisins, voire tous mes concitoyens, ne sont pas venus déverser leurs feuilles mortes chez moi! Il me fallut près de deux heures pour faire le ménage d’un peu plus de la moitié du terrain arrière! Et là, je ne vous dis pas combien de fois je dus remplir la brouette pour aller en vider le contenu dans mon carré à compost!

Alors qu’une ampoule commençait à se former entre le pouce et l’index de ma main droite, je songeai que cette corvée ne me plaisait pas vraiment. «Vraiment pas» serait plus juste. Tout comme le jardinage, l’entretient de la pelouse et ce sapristi de ménage du printemps qui revient… à chaque printemps! Moi, d’avoir les mains dans la terre, ça ne me détend pas. Aménager des plates-bandes? De grâce! Préparer les boites à fleurs? Pitié!

Non, moi, je suis une contemplative. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est de m’asseoir sur ma terrasse ou dans le jardin et de m’émerveiller du vert intense de la mousse qui se mêle aux brins d’herbe. D’admirer les asperges joliment montées en graine et l’exubérance de la mente qui entoure le plant de rhubarbe qui, lui, refuse obstinément de fleurir. Puis d’applaudir l’acharnement des fraisiers qui étendent leurs stolons hors de la bande de terre qui, il y a bien longtemps, portait le nom de potager.

Je préfère la nature sauvage, avec ses aménagements incomparables et changeants. Avec ses hautes herbes qui dansent sous le vent ou se couchent sous la pluie. Mais, j’habite la ville et je dois accepter ses contraintes… Alors, s’il vous plait les voisins!!! Gardez vos feuilles mortes chez vous!

lundi 20 avril 2009

Partir du bon pied…


Pour tout dire, ma semaine commença dimanche. Au volant de la guimbarde, pardon… de la voiture que Stéphane m’avait gentiment prêtée, je me rendis dans la petite municipalité non loin de Sherbrooke où il réside. La veille, il m’avait annoncé qu’il avait terminé le rapiéçage de la carrosserie de ma vieille Venture. Lorsque la porte de son garage s’ouvrit, au lieu d’un bazou troué, je découvris une fourgonnette endimanchée, toute belle dans sa tenue en patchwork vert ancien et vert nouveau. Quel contraste avec son ancienne robe tachetée de fauve qui la faisait paraître plus âgée! Et tout ça, pour moins de $700.

À mon retour, au début de l’après-midi, je décidai de faire fi du jour du Seigneur et m’assis résolument devant ma fidèle Pfaff qui en ronronna de plaisir. Mon Dieu! Si vous aviez vu la montagne d’étoffe sur ma table de coupe! Si Lise considère que l’enfer c’est de coudre quelques boutons, qu’aurait-elle pensé de ce demi-kilomètre de tissu à ourler?

Comme je n’avais pas envie d’y passer la semaine, j’eus recours à un truc fantastique. Comment? Vous croyez que j’ai triché en utilisant ma baguette magique? Et bien non, vous n’y êtes pas du tout! Ce truc en question est encore plus utile, je dirais même giga-ingénieux et… je l’avais juste là, sous la main.

C’est ma «super-couturière-Sylvie» qui me fit découvrir cet astucieux pied à ourler il y a plusieurs années. À mon atelier, j’en avais quelques-uns de la même famille, mais ils étaient plus encombrants qu’efficaces.

Avec celui-ci qui est articulé, wow! Cool! Super! Génial! Vous croyez que j’exagère? OK! Alors, si je vous dis que je viens à bout de l’ourlet d’une des capes commandées par l’ami Steeve et sa chorale, en 10 minutes à peine! Et que cela comprend l’insertion des deux liens d’encolure sous la couture, juste en bas du capuchon. Ah! Bon, vous n’êtes pas impressionnés? D’accord, alors si j’ajoute que le contour à ourler pour chaque cape mesure 10 mètres, avouez que là, vous êtes abasourdis!
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Ciel! Avec 600 mètres à ourler, de connaître ce petit accessoire, c’est vraiment le pied!

samedi 18 avril 2009

Le rêve de Susan Boyle…


Ce matin, en parcourant la section Arts et Spectacles du journal La Tribune, mon attention fut attirée par le titre d’une chronique: "Apparences trompeuses". Puis, un moment plus tard, à l’émission Samedi et rien d’autre à la radio de Radio Canada, il fut brièvement question d’une candidate étonnante qui avait participé au "Britain’s got talent 2009". Il n’en fallait pas plus pour titiller ma curiosité. Sur YouTube, je tapai donc: Suzan Boyle…

Il est vrai que j’ai un cœur de guimauve et que je m’émeus facilement, mais je vous défie de ne pas être profondément touchés par le spectacle de cette femme toute simple qui, malgré l’attitude dédaigneuse des juges et celle moqueuse de l’auditoire, a su conserver son sourire et sa candeur. Dès les premières notes, elle les a littéralement médusés, stupéfiés… éblouis. Le vidéoclip est ICI.

L’empathie et la compassion… si chacun de nous les cultivait juste un peu, le monde serait meilleur. Et nul doute que nous serions moins nombreux à ricaner et à mépriser ceux qui malgré leurs imperfections, ont le courage de leurs rêves.

Bravo Susan!


jeudi 16 avril 2009

Rire sous cape…


Batman, Dumbledore et les Trois Mousquetaires qui, en fait étaient quatre, ne seront désormais plus seuls à porter la cape. Ma collaboration avec le plus célèbre des magiciens, enfin, célèbre sur mon blogue, on s’entend, vient de franchir une nouvelle étape.

Aux étuis pour baguettes magiques, musettes, carrés de consécration et nappes d’autel, se sont ajoutées des capes longues avec capuchon. Ce produit avait été développé il y a plusieurs années, à la demande de la clientèle de Lambertrand. Unisexe, elle était prisée tant par les princesses d’un soir, pour leur bal de finissantes, que par les mages, chevaliers et guerriers amateurs de «Grandeur Nature».
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Confectionnée dans un tissu résistant et moins froissant que celui d’invisibilité, la cape arbore un capuchon qui finit en pointe, rappelant les «liripipes» du Moyen-âge. Jadis, ces pointes plus ou moins longues pouvaient flotter librement au bout du capuchon, être enroulées autour de la tête ou du cou pour tenir le chaperon bien en place ou encore, servir d’aumônière dans laquelle on glissait les écus ou le goûter.

La boutique ésotérique les Artefacts du Scarabée est le seul distributeur de ces capes médiévales au Québec, au Canada et même sur la planète entière! Par la barbichette de Merlin, c’est de l’exclusivité ça! On ne rit plus!
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mardi 14 avril 2009

Rémission…


Je compris que le mal avait commencé ses ravages bien avant l’apparition des premiers symptômes. Lorsque, de façon fulgurante il se propagea, réellement j'ai craint le pire.

J’ai cru que le combat était perdu d’avance et qu’il me faudrait faire mes adieux à cette amie fidèle qui, beau temps, mauvais temps, était là, fiable et discrète. Qu'il me faudrait tenter d'oublier celle qui, malgré les froids de canard, n’a jamais rechigné à m’accompagner dans mes déplacements nécessaires. Qui, stoïquement, a affronté l’attaque de nuées d’insectes lors de nos balades estivales. Et celle, qu’à certaines occasions, je dus consentir à laisser derrière parce que son état ne lui permettait pas de sortir.

Pourtant, elle sut cacher le mal qui la rongeait depuis tant d’années. Je la soupçonne même d’avoir délibérément camouflé ses plaies sous un maquillage habile. Oh! Elle avait bonne mine l’amie; mes proches n’y ont vu que du feu et jamais n’ont deviné ce qui se cachait sous son fard.

Hier, n’y tenant plus, je l’ai accompagnée chez un ami spécialiste pour qu’elle subisse un examen approfondi. À première vue, son cas semblait désespéré. En palpant sa pauvre carcasse, mon ami avait hoché la tête gravement; ma plus grande crainte était que le mal se soit généralisé. Un examen plus poussé demandait qu’elle reste en observation quelques jours. Avant de refermer la porte, espérant la faire sourire, je lui ai lancé :

- Tu seras sage, n’est-ce pas?

Elle est restée muette, comme je m’y attendais.

Plus tard, en soirée, je reçus un courriel de l’ami spécialiste qui, en quelques phrases transforma mon abattement en allégresse! Voici la teneur de ce merveilleux message :

J'ai pas eu le choix …. Je sais que tu m'avais dit de t'en parler d'avance... mais je me suis dit que ça valait le coup. Je peux t’assurer que les parties… qui doivent être saines, le sont …

Et il termina par ces mots porteurs d’espoir :

Ta van vaudra la peine d'être gardée un autre deux ans !
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Cool! Grâce à sa mécanique impeccable et surtout à l’ami Stéphane qui lui refera une beauté, ma vieille fourgonnette Venture 1999 bénéficiera d'une rémission d'un an ou deux ; cela me laissera le temps de lui trouver une remplaçante plus compacte et un peu plus jeune !
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Merci Stéphane…


dimanche 12 avril 2009

In-digression…


- Tenu à l’écart? On veut que je sois tenu à l’écart? Grommela Gustave, intérieurement.

Il faisait les cent pas, piétinant l’herbe encore mouillée par la rosée du matin. Il avait surpris une conversation entre ceux qu’il considérait pourtant comme ses meilleurs amis. Sans même le consulter, ils avaient décidé qu’il ne participerait pas à la chasse qui allait débuter d’un moment à l’autre. Au loin, il vit les concurrents se regrouper et, malgré la distance, il put sentir leur fébrilité. Secrètement, il espérait un mot, un geste ou, du moins, un regard, mais ses compagnons l’ignorèrent.

Gustave était déçu. Déçu et mécontent, car depuis son plus jeune âge, il adorait cette activité. Il possédait un flair remarquable. Et ce matin, contre toute attente, on avait exigé qu’il reste à distance. L’œil maussade, il épiait ceux qui, de l’autre côté de la clôture s’apprêtaient à commencer leur battue. N’eut été de son orgueil de mâle, il en aurait pleuré; il réprima avec peine un gémissement et, profondément contrarié, il tourna le dos aux traitres qui semblèrent avoir oublié jusqu’à son existence.

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Il n’était qu’un adolescent dégingandé lorsque, au beau milieu de l’hiver, il avait fait son apparition à la ferme des Quatre Chênes. Il errait par les chemins depuis un bon moment déjà, trouvant sa pitance chez des fermiers au grand cœur qui lui offraient le gite et de quoi se sustenter. On avait bien tenté d’en savoir davantage sur lui, de découvrir qui était sa famille et d’où il venait mais, chaque fois, leurs questions étaient demeurées sans réponse.

Vagabond dans l’âme, il ne s’arrêtait jamais longtemps chez ses hôtes. Au bout d’un moment, parfois un jour ou deux à peine, il reprenait la route sans se retourner. Souvent on l’avait supplié de rester et même, à quelques reprises, on avait tenté de le retenir, en vain. L’appel de la liberté était puissant et couvrait le murmure de ceux qui n’avaient su toucher son cœur.

Mais un jour, alors qu’il avait presque oublié ce qu’était un vrai repas, il s’était retrouvé sur une petite route enneigée qui l’avait mené devant une grande demeure blanche aux fenêtres garnies de volets verts. Il avait entendu des voix et des rires joyeux qui provenaient de la maison. Soudain, une porte s’était ouverte à la volée et trois jeunes enfants avaient dégringolé les marches en chahutant. Les bambins s’étaient arrêtés nets en apercevant celui qui se tenait campé au milieu de l’allée et, rapidement, l’avaient entouré.

- T’es qui toi? Avait demandé le plus petit des trois en dévisageant l’inconnu.

-Maman! Papa! Vite, venez voir, on a de la visite! S’était écrié l’aîné du haut de ses huit ans.

Intrigués, les parents étaient sortis sous le portique et, en apercevant le visiteur, s’étaient empressés de rappeler les enfants. Le père s’était alors avancé vers le nouvel arrivant, la main tendue, en lui adressant gentiment la parole.

-D’où viens-tu et comment diable es-tu arrivé jusqu’ici? Lui avait-il demandé, sans obtenir de réponse.

-Allez, tu dois être affamé. Avait fini par dire le maître des lieux, avant de l’entraîner sous la véranda où il lui avait offert de quoi se désaltérer et se rassasier.

Les enfants, curieux, n’avaient cessé de lui tourner autour. Leurs parents avaient dû les gronder afin qu’ils laissent leur invité se reposer. Mais le benjamin, fasciné, ne pouvait détacher ses yeux de cet étrange visiteur.

- Comment tu t’appelles? C’est quoi ton nom? Tu veux pas me répondre? C’est pas grave, je vais t’appeler Gustave. Moi, j’aime ça Gustave. Avait débité d’une traite le petit garçon.

C’est ainsi qu’avait été baptisé ce vagabond silencieux qui, peut-être grâce à la présence des enfants, avait prolongé son séjour, finissant par s’incruster à la ferme des Quatre Chênes. Gustave le nomade était devenu sédentaire et, au fil des semaines, s’était profondément attaché à sa famille d’accueil.

Fin chasseur, il avait gagné sa croute en éloignant les renards et les belettes du poulailler. Les parents, au départ méfiants, s’étaient vite rendu compte qu’ils pouvaient faire confiance à Gustave, acceptant même de lui confier la garde des enfants qui, d’ailleurs, ne le lâchaient pas d’une semelle.
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Depuis son arrivée, il n’avait pas émis le moindre son et les enfants avaient cru qu’il était muet. Puis un jour, alors que le soleil printanier réchauffait la terre à peine sortie de son long sommeil hivernal, un hurlement à glacer le sang s’était fait entendre. Le père, qui travaillait dans la grange, était sorti en trombe, essayant de déterminer d’où venait le cri. Un second hurlement l’avait fait se précipiter derrière les bâtiments et, horrifié, il avait aperçu son petit garçon au milieu de l’étang. Gustave s’y trouvait aussi et tenait le bambin par le col de son manteau, tentant de le tirer vers la berge.

C’est ce jour-là, qu’unanimement, il avait été décidé que Gustave allait devenir officiellement un membre de la famille. Depuis, tous n’avaient cessé de le féliciter et de lui prouver leur reconnaissance et leur affection pour le courage dont il avait fait preuve.

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Dans son coin, Gustave boudait. La même question tournait sans cesse dans sa tête: pourquoi ne pouvait-il pas participer à cette chasse? Il était le meilleur et il aurait pu les aider. Il jeta un coup d’œil à la troupe et la vit se disperser en désordre, se chamaillant et lançant des cris perçants. Des amateurs, c’est tout ce qu’ils étaient! Ils n’arriveraient à rien de cette façon… Songea-t-il, furieux.

Puis, le regard de Gustave glissa lentement jusqu’au portail et s’alluma. Il n’avait rien à perdre…

La joyeuse bande s’était mise en route depuis cinq minutes à peine, lorsque Gustave tourna le coin de la grange pour s’élancer en direction du petit boisé. Les cris excités des enfants lui parvenaient, de plus en plus près. Immédiatement, son flair lui indiqua qu’il était sur la bonne piste. Il ne lui fallut que quelques minutes pour faire une première prise, puis une seconde et une troisième. Il se sentait déchaîné! Il exultait!

-Non! Gustave! Non! Crièrent les enfants en chœur! T’as pas le droit!

Mais Gustave fit la sourde oreille et poursuivit sa course folle au pied des arbres, sous les massifs de fleurs, allant jusqu’à retourner les petites boites colorées qui avaient été placées là le matin même. Si les enfants furent déçus de s’être fait damer le pion par leur ami, celui-ci perdit à tout jamais le goût du chocolat.

C’est ainsi qu’en ce dimanche d’avril, la chasse aux œufs de Pâques fut sabotée par Gustave, le chien de la ferme des Quatre Chênes.



Joyeuses Pâques!

vendredi 10 avril 2009

C’est dans le sac…


Mon travail à l’atelier m’a tenue passablement occupée ces derniers jours. Hier, la fameuse robe Morgane a bien failli avoir raison de ma patience, mais j’ai finalement eu le dernier mot. Ma couturière se moquerait de moi si je lui dévoilais le temps qu’il me fallut pour en faire la confection. Il faut dire que j’ai dû découdre plusieurs fois, faute d’avoir mal interprété les étapes de montage de l’échantillon que j’avais pourtant devant les yeux. Mais bon, lorsque j’aurai à coudre ce modèle à l’avenir, je saurai comment m’y prendre.

Ce matin, fière du boulot accompli, pour ne pas dire «débarrassée de la corvée Morgane», je pus me consacrer aux contrats de deux autres clientes. Pour la première, il s’agissait de compléter l’ajustement de vêtements qu’elle était venue essayer la veille. Quant à la seconde, ce fut du travail d’aiguille : j’eus à repriser deux mitaines, un gant, un t-shirt, un collant pour enfant, une écharpe de laine, à remplacer des boutons sur un cardigan et … à recoudre la queue d’un tout petit cochon rose.

En après-midi, comme je n’avais eu ni le temps, ni l’occasion de mettre le nez dehors depuis lundi, je prétextai la livraison d’un des contrats pour aller prendre l’air. Je ne savais pas qu’un cadeau m’attendait.

La fin de semaine dernière, j’avais eu le grand plaisir d’accueillir une amie qui vit et travaille à Amos. Il y avait bien un an qu’elle songeait à me rendre visite, mais ses congés ne coïncidaient pas avec les miens ou encore il survenait des contretemps qui l’obligeaient à reporter son voyage. C’est donc avec beaucoup de joie que nous nous étions retrouvées vendredi dernier.

Samedi, j’avais proposé à mon amie une balade qui lui ferait découvrir le cœur du village de North Hatley. Après avoir visité la bibliothèque et fait une halte à l’Emporium, chez De Mère en Filles ainsi qu’à la Galerie d’Art Naïf Jeannine Blais, nous avions longuement fureté à la charmante boutique Passerose. Mon amie y avait déniché des cadeaux pour ses enfants et nous nous étions extasiées sur quelques beaux vêtements, dont une magnifique jupe longue réversible et … en solde. Nous avions terminé notre excursion au Café North Hatley.

Cet après-midi, lorsque j’arrêtai à la boutique Passerose, la propriétaire m’informa qu’elle avait un présent à me remettre de la part de mon amie amossoise. De retour chez moi, je découvris une enveloppe sur laquelle il avait été écrit : «Bonne Fête!»; elle avait été déposée bien en évidence sur le dessus d’un sac-cadeau que garnissaient des feuilles de papier de soie vert forêt.

-Sapristi! Me suis-je dit. Mon anniversaire n’était que dans une quinzaine de jours. D’un autre côté, ce n’était pas spécifié de quelle fête il s’agissait! Celle de l’an passé? De cette année? Pas la fête des mères, évidemment. Puis je ne crois pas qu’il existe une fête des Fées. Ah! Ça manquait fichtrement de précision tout ça! Alors, en catimini, je jetai un petit coup d’œil de rien du tout sous le papier de soie…

Ce qu’il y avait dans le sac? Tssss, la curiosité est un vilain défaut, très très vilain même… Moi, à votre place, j’aurais un peu honte!

mercredi 8 avril 2009

Tout ou rien…


-C'est tout ou rien! Disais-je à mon amie Emma.

Depuis le début de l'année, j'espérais recevoir une commande, décrocher des contrats, trouver un boulot à temps partiel ou, du moins, avoir des inscriptions pour mes cours de couture, en vain.

Ce fut l'absence de l'amie Céline qui me permit de travailler de temps à autre. J'avais accepté de la remplacer à son atelier durant son séjour à Vancouver; j'allais devoir répondre aux demandes de ses clients pour la réparation de leurs vêtements et ce, pendant les sept semaines où elle irait donner un coup de main à sa fille qui venait de donner naissance à son second enfant.

Au début, il y eut peu de travail. Puis, au fil des semaines, le nombre de contrats se multiplia. J'eus à raccourcir des rideaux, à réaliser des garnitures pour des dossiers de chaises, à remplacer des fermetures éclair, à raccourcir des pantalons et les manches de chandails, à modifier des vêtements, à dessiner le patron d'un cardigan et d'une jupe et à les réaliser, à coudre des empiècements et … à repriser des chaussettes. J'eus également à produire dix tabliers pour le Café North Hatley où j'aime aller flâner seule ou avec Claudine.

Depuis les deux dernières semaines, le rythme s'est accéléré. Je me suis laissée convaincre par ma cliente du Saguenay, de continuer à réaliser certains vêtements de ma collection d'inspiration médiévale. J'avais décidé de cesser définitivement la production mais, en voyant la liste des modèles qu'elle avait l'intention de garder en inventaire, je suis revenue sur ma décision. Heureusement, parmi ma collection, plusieurs vêtements sont devenus des "classiques" qui ont toujours beaucoup de succès auprès de sa clientèle, saison après saison. Entre autres, il y a le chandail Tabatha, la robe Mona, la chemise Philippe, la robe de bal Morgane et la jupe Héléna.

Ce qui a fait pencher la balance, c'est que tous ces modèles réguliers sont déjà développés et que les patrons, dans toutes les tailles, sont enregistrés dans le système Pad (logiciel de développement, de gradation et de placement de patrons) dont je suis copropriétaire avec une entreprise amie de Sherbrooke. De plus, comme ces modèles existent depuis plusieurs années, j'en suis venue à les connaître parfaitement et à pouvoir les confectionner les doigts dans le nez, enfin, presque…

D'ailleurs, aujourd'hui, j'ai travaillé sur une commande spéciale que je dois livrer à la boutique de Chicoutimi d'ici deux semaines: une robe Morgane avec manches-bracelets longues, dans la grandeur 21 ans. Habituellement, c'est ma "super-couturière-Sylvie" qui s'occupe de la confection. Mais, comme elle est déjà occupée avec une vingtaine de chandails Tabatha et que je lui enverrai bientôt une douzaine de robes Mona à coudre, je n'avais d'autre choix que de me lancer… Malgré que j'aie dessiné ce modèle il y a plusieurs années, ce sera la première fois que j'en ferai l'assemblage. Alors, pour les doigts dans le nez, on repassera…

Puis, comme le bonheur qui n'arrive jamais seul, j'ai reçu d'autres contrats cet après-midi: des rideaux à réaliser et, par l'intermédiaire de l'ami Steeve, cinquante capes longues avec capuchon et dix extra-longues, à tailler et à confectionner pour les membres de la chorale dont il fait partie. Les représentations de leur spectacle se tiendront les 2 et 3 mai prochain et j'ai promis de leur remettre les soixante capes au plus tard le 24 avril.

Malgré la pression qu'amènent les délais toujours trop courts, je préfère de loin, le tout au rien…

lundi 6 avril 2009

La tag des livres ...


Panne d’inspiration ou paresse à revendre ? Probablement un peu des deux. Ainsi je profite de la tag des livres, attrapée lors d’une de mes visites chez l’ami Taximan. Elle me permettra un retour dans mon univers virtuel, tout en douceur.


1. Plutôt corne ou marque-page ?

Marque-page exclusivement sauf… pour le Sélection du Reader’s Digest. D’ailleurs je milite en faveur d’une punition sévère pour ceux qui cornent les pages des livres qu’ils empruntent à la bibliothèque de mon village. J’hésite entre deux châtiments : la pendaison par les index ou le tatouage sur le front de « C’est moi qui corne les pages ».

2. Un livre en cadeau ?

Je les préfère aux boites de chocolat et aux diamants.

Reçu : “Michel Pageau, trappeur, J’ai entendu pleurer la forêt”, offert par mon ami Dan, le mois dernier.

Donné : Je fais parvenir à Maman 1 ou 2 bouquins par trimestre, parfois d’avantage. C’est que ma mère, à 82 ans, dévore sans difficulté un livre par mois.

PS : Pour les diamants, c'est une blague…

3. Lis-tu dans ton bain ?

Évidemment ! Et si je pouvais trouver une façon d’imperméabiliser le papier, je lirais sous la douche.

4. As-tu déjà pensé à écrire un livre?

La question devrait être : « combien » de fois depuis 2001 aie-je pensé à écrire un livre. Hum, je dirais 2457 fois…

5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

Que le plaisir se multiplie tome après tome.

6. As-tu un livre culte ?

Pas un livre, mais une série. Écrit par J.K. Rowling. Ça vous dit quelque chose ?

7. Aimes-tu relire ?

Après quelques années, oui. J’ai même relu trois fois «Le Talisman » de Richard Backman.

8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés ?

Je ne sais trop. Je crois que cela m’intimiderait. Le seul auteur que j’ai eu le (grand) plaisir de rencontrer fut celui d’Un Taxi la Nuit et bon, j’avoue qu’il était pas mal sympathique…

9. Aimes-tu parler de tes lectures ?

Beaucoup, mais peu de mes amis sont, comme moi, des mordus de la lecture.

10. Comment choisis-tu tes livres ?

Je commence par lire le résumé. J’ouvre ensuite le bouquin et je parcours le premier paragraphe, puis vers la moitié du livre, je lis quelques phrases. Je sais dès lors si l’oeuvre a, ou non, des chances de me plaire.

11. Une lecture inavouable?

Même pas… j’assume mes goûts éclectiques. De Stephen King à Nicole de Buron, en passant par Alexandre Jardin, Khaled Hosseini, Didier Van Cauwelaert…

12. Des endroits préférés pour lire?

J’aime lire partout, partout, partout… Mais, principalement sur ma terrasse, avec une tasse de thé et le gazouillis des oiseaux.

13. Un livre idéal pour toi serait ?

Ce serait un livre magique ; il aurait le pouvoir de m’aspirer entre ses pages, dans son univers. Plutôt que de lire l’histoire, j’en serais un des personnages, l’héroïne, il va sans dire.

14. Lire par-dessus l’épaule ?

Avec mon mètre cinquante-et-un, l’exercice s’avère plutôt difficile.

15. Télé, jeux vidéos ou livre ?

Livre, bien sûr. Quant à la télé, elle se réanime le dimanche pour l’émission Dieu Merci et de temps à autres pour écouter les fabuleux reportages à Découvertes. Jeux vidéo ? Aucun intérêt.

16. Lire et manger ?

Toujours ! Enfin, lorsque je mange seule. J’adore accompagner mes repas d’un bon bouquin et mon bouquin d’un bon repas…

17. Lecture en musique, en silence, peu importe ?

Parfois avec de la musique en sourdine mais je préfère le silence ou encore le chant des oiseaux, l’été dans le jardin.

18. Lire un livre électronique ?

Non… j’aime trop sentir le papier sous mes doigts, l'odeur de l'encre, admirer la beauté des couvertures glacées et revivre les souvenirs qu’un livre évoque chaque fois que mon regard se pose sur lui lorsqu’il est rangé au côté de ses pairs dans ma bibliothèque.

19. Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?

La plupart du temps je lis chaque chapitre, chaque paragraphe, chaque mot, même si le livre ne me captive pas. La plupart du temps…

20. Qu’arrive t-il à la page 100?

… c’est à ce moment que le prince Armand, galopant à travers forêts et vallées afin de retrouver son amant, le duc de Quintoie, fit une malencontreuse rencontre et que…

21. Un livre que tu donnerais à ton pire ennemi?

Un livre dont toutes les pages seraient blanches et nues. Je sais, je suis cruelle…


Voyons voir si cette tag est contagieuse. Qui du Scarabée, de l’Ange Aérien, de Croco Mickey, de Zoreilles ou d’Un Gars l’attrapera ?

dimanche 29 mars 2009

Un amour affranchi ... dernière partie


On frappa à la porte de la chambre.

-Je peux entrer?

-Oh! Laurence, enfin, tu es là! S’écria Mélanie en se jetant dans ses bras.

-Ne t’en fais pas, tout va bien se passer. Laisse-moi te regarder.

-Je suis affreuse. Affreuse et énorme.

Laurence recula d’un pas et la contempla. Mélanie était époustouflante. Ses cheveux avaient été coiffés en chignon et quelques mèches blondes qui s’en étaient échappé, caressaient sa nuque. La vérité était que Mélanie aurait fait damner un saint.

- Tu es magnifique. Magnifique et … énorme. Allez, c’est l’heure. Murmura-t-il, en lui prenant la main.

Lorsqu’ils sortirent du chalet, le soleil était déjà haut dans le ciel qu’aucun nuage ne venait assombrir. La pluie de la veille avait lustré les feuilles des arbres et revigoré le gazon qui faisait un tapis moelleux sous leur pas. Au fond du jardin, un grand chapiteau blanc avait été dressé et, devant, des arbustes en pots formaient deux haies parallèles qui s’arrêtaient sous l’auvent. Une multitude de rubans bleus avaient été fixés à leurs branches et oscillaient sous le souffle d’une légère brise.

La rumeur de conversations et de rires qui fusaient, emplissait le jardin. Mélanie prit une grande respiration et s’agrippa au bras de Laurence. Une femme qui s’apprêtait à sortir du chapiteau rebroussa chemin lorsqu’elle aperçut le couple qui s’amenait. Soudain, la clameur s’évanouit pour faire place au silence que seul brisait le chant des oiseaux qui s’égosillaient en se donnant la réplique.

Des murmures approbateurs s’élevèrent lorsque Mélanie apparut. Gracieuse, elle se laissa guider vers un autel qui avait été dressé tout au fond du pavillon. Sa robe d’un bleu très pâle caressait l’herbe sous ses pas. Le décolleté mettait en valeur sa poitrine épanouie qu’ornait une fine chaine d’argent à laquelle pendait une perle noire. Sous le buste, une infinité de petits plis retombaient sur le ventre rebondi de Mélanie qui, visiblement, allait bientôt être maman.

Alors qu’il marchait vers l’estrade où allait se dérouler la cérémonie, Laurence ne put s’empêcher de fouiller l’assistance du regard, cherchant manifestement quelqu’un. Lorsqu’il l’aperçut enfin, elle lui rendit son sourire et Laurence sentit son cœur se gonfler au point qu’il crut qu’il allait éclater…

• • • • • • •

Bien de l’eau avait coulé dans le ruisseau depuis sa rencontre avec Éva. Malgré tout, Laurence n’en avait oublié aucun détail. Il se revoyait, assis sur la grosse pierre, se laissant bercer par le murmure des cascades.

-Ne partez pas… Éva, attends… s’il te plait. C’est tout ce qu’il avait réussi à dire lorsqu’elle avait voulu fuir après qu’elle l’ait aperçu.

Elle était restée. C’est ainsi, qu’après des semaines passées à s’éviter, ils avaient pu parler longuement. Laurence se souvenait à quel point il l’avait trouvé belle, qu’il avait été enivré par son parfum, par l’éclat de sa peau. Tout en elle l’avait ému et attiré.

Puis Éva lui avait demandé un peu de temps …

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Mélanie avait insisté. Son mariage serait célébré en campagne et, de loin, c’était le jardin de Laurence qui convenait le mieux; c’était même le site idéal. À proximité de la ville, le terrain était de bonnes dimensions et permettait qu’on y installe un chapiteau.

Ce qui avait débuté par une simple idylle s’était transformé, à la plus grande surprise de l’intéressée, en une histoire d’amour, avec un A majuscule. Après tant d’aventures et presque autant de désillusions, elle avait enfin rencontré l’homme avec lequel elle avait envie de passer le reste de ses jours. Depuis qu’il était entré dans sa vie, elle n’était plus la même. Plus exactement, elle était une version améliorée de la Mélanie d’avant.

Les mois avaient passé, magiques et intenses. Puis, un jour, après trop de matins nauséeux, Mélanie avait constaté avec effroi qu’elle était enceinte. Contre toute attente, au lieu de les catastropher, cette nouvelle avait réjoui le couple. Bien sûr, la venue d’un enfant n’avait pas été envisagée et ils auraient volontiers attendu quelques années avant de fonder une famille, mais leur amour était tel qu’ils accueillirent cet événement avec beaucoup de bonheur.

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Mille fois Éva s’était repassé le film de sa rencontre avec Laurence. Autant de fois, elle avait revécu ce jour d’automne, avait revu le scintillement de l’eau vive du petit cours d’eau près duquel elle était allée méditer. Lorsqu’il avait prononcé son prénom, elle s’était immobilisée, le cœur battant.

Et alors qu’elle n’avait qu’une envie, s’enfuir, elle s’était retournée et elle l'avait vu, là, tout près.

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Devant l’autel, face à un auditoire attentif et fébrile, l’ami d’enfance de Mélanie, à qui elle avait demandé de célébrer son mariage, venait de poser la question que tous attendaient. Celle qui allait changer son statut de célibataire frivole, en épouse fidèle.

- Oui, je le veux! La voix étranglée par l’émotion, Mélanie avait levé la tête vers celui qui, dans un instant, allait devenir son mari.

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Laurence était perdu dans ses pensées. Alors qu’il aurait dû être attentif à la cérémonie qui se déroulait devant lui, il n’arrivait pas à chasser le souvenir de sa rencontre avec Éva. Il la revoyait devant lui, près du ruisseau. Après un silence durant lequel chacun cherchait ce qu’il fallait dire, c’est Laurence qui avait prononcé les premiers mots.

Il lui avait tout raconté. La première fois qu’il l’avait aperçue et toutes les autres qui avaient fini par le rendre accro. Il lui avait même avoué le choix qu’il avait failli faire par impatience, et les regrets qui s’étaient ensuivis. Il lui parla de l’attente jour après jour, d’un mot, d’un signe. Il confessa son incompréhension lorsqu’elle s’était mise à l’éviter. Il lui dit aussi combien elle lui plaisait et à quel point il avait envie de la connaître. Il ajouta que si elle ressentait pour lui, ne serait-ce qu'un tout petit attrait, il attendrait le temps qu’il faudrait.

Alors, Éva avait dit à Laurence qu’elle avait besoin de réfléchir…


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Laurence abandonna ses rêveries au moment où l’officier demanda :

- Simon, acceptes-tu de prendre pour épouse, Mélanie. De l’aimer, de la respecter et de la soutenir?

Une salve d’applaudissements avait retenti lorsque le nouvel époux, haut et fort, avait répondu :

- Oh! Oui, de tout mon cœur, je le veux!

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Éva glissa sa main dans celle de Laurence. Le mariage de leurs amis, Mélanie et Simon, les réjouissait. Simon était un homme intègre, attentionné et passionné.

Lorsque Mélanie avait réussi à obtenir une invitation pour l’inauguration de sa galerie d’art, il y avait maintenant plus d’un an, elle visait ni plus ni moins que de séduire Simon. Elle avait simplement envie d’ajouter un nouveau trophée à son tableau de chasse. Quant à Simon, malgré qu’il ait trouvé Mélanie sublime, il avait vu clair dans son jeu et cela l’avait amusé… ni plus ni moins. Ce soir-là, accaparé par ses invités, Simon n’avait pu accorder que peu de temps à Mélanie. En quittant la soirée, malgré son égo légèrement malmené, elle avait été plus que jamais décidée à conquérir cet homme avant qu’il ne lui échappe. Quelques jours plus tard, ils s’étaient revus et, alors que rien ne présageait un tel dénouement, ils étaient tombés follement amoureux. Depuis ce jour, ils ne s’étaient plus jamais quittés.

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Alors que les mariés s’embrassaient, sous un tonnerre d’acclamations, Laurence prit le visage d’Éva entre ses mains et la regarda intensément. Puis sans se soucier des témoins, il posa ses lèvres sur les siennes pour un long baiser. Comme une promesse, comme un serment…


FIN