mardi 15 juin 2010

Saint-Vivien, enfin ...

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C’est pour le moins exaltée que je bouclai mes valises samedi matin le 29 mai. C’était le jour «J», celui où le conte de Fée allait devenir réalité. Après avoir dit au revoir à nos hôtes du Moulin du Pont à Lisle, nous prîmes à gauche au bout de la rue en direction de Brantôme.
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Ne pouvant nous pointer avant 16h00 au Château Marouatte, nous fîmes quelques boutiques et galeries d’art. Il n’en fallait pas plus pour me creuser l’appétit et c’est au Nid des thés qu’on arriva à colmater ce gouffre petit creux. Puis, l’heure du marché sonna et c’est une douzaine de sacs de victuailles qu’il fallu caser dans le coffre de la voiture, sur la banquette arrière et sur la petite Sauveuroise qui disparut sous les pieds de céleri et les barquettes de fraises.
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17h00 : Si la voiture passa sans anicroche les premières portes de la fortification qui ceinture le château, il fallut escamoter les miroirs des portières pour passer la seconde et ainsi l’amener près de la cuisine afin de la délester de ses provisions.
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Une dernière virée à Lisle permit à Bôf-Adoré de récupérer les caisses de vin et la bière achetées la veille et que les propriétaires du Moulin du Pont avaient gentiment accepté de garder au frais dans leur cave.



Je n’avais pas encore terminé de laver le troisième sac de laitue en feuilles que «la visite» se mit à arriver. D’abord par groupes de quatre, puis le rythme s’intensifia jusqu’à compter vingt-cinq Anglais heureux d’être arrivés à bon port. Pendant que Grande-Sœur guidait chaque famille jusqu’à ses quartiers, je commençai la préparation d’une gigantesque salade en vue de notre premier souper tribal.


Mon séjour en France fut l’occasion d’une multitude de «premières fois». Ce soir-là, l’une d’entre elles fut d’employer la langue de Shakespeare devant vingt-sept paires d’oreilles attentives que mon accent ne sembla pas trop heurter.

Pas étonnant que deux heures et plusieurs coupes de vin plus tard, je n’aie eu qu’une envie : regagner ma chambre. Dans son décor d’une autre époque, je ne défis pas ma valise, me contentant de la déposer sur une chaise près de mon lit, avant de me glisser sous les draps.






Soudain, au milieu de la nuit, je fus brusquement tirée de mon sommeil : les battants de ma fenêtre venaient de s’ouvrir et de heurter les volets intérieurs et ma porte que je croyais verrouillée, claqua à son tour en s’ouvrant à toute volée. Les yeux écarquillés, je me redressai et tendis l’oreille. Comme dans les films d’épouvante, les gémissements du vent s’amplifièrent en s’engouffrant dans les corridors sinueux du château. Je mis les pieds par terre et, à tâtons, j’atteignis la fenêtre que je réussis à fermer malgré la bise qui soufflait à l’extérieur. Dans le noir total, je me dirigeai ensuite vers la porte et c’est à ce moment-là que je sentis …

…rien. Je ne sentis absolument rien du tout : pas de présence malveillante ou réconfortante, pas de fantôme, ni de revenant, pas même le plus petit spectre. Je compris alors que les rumeurs étaient exactes et mes craintes, fondées …
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Marouatte n’était même pas un château hanté…
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4 commentaires:

ClaudeL a dit…

un vrai roman... illustré en plus.
On se croirait au milieu d'un autre siècle.
Mais se peut-il que j'aie passé par dessus des ti-bouts. Le château est un gîte? et vous aidez grande soeur à recevoir les clients? Ou bien je devrais relire plus lentement, moi!

RAnnieB a dit…

Dommage que le château n'était pas hanté par un beau cocher de nuit. Les vacances auraient pu être doublement excitantes :).

Merveilleux récit !

Merci.

Contes de Fée a dit…

@ ClaudeL:

Le château Marouatte est loué comme gite et, appartiendrait vraisemblablement au gérant du groupe The Police. Grande-Soeur et Bôf Adoré ont choisi ce site pour une méga-giga-fête de famille du côté anglais. Comme il restait une chambre libre après avoir casé les autres invités, ils m'ont gentiment offert de me joindre à eux.

N'est-ce pas là un véritable Conte de Fée?

@ RAnnieB:

Bienvenue chez moi RAnnieB!

Hum... pour ma part, je n'aurais pas détesté ressentir une petite frousse, surtout si l'auteur en avait été un "beau cocher"!

Mais les jeunes filles qui occupaient une des tours ont vécu une très grande frousse lorsqu'une petite chauve souris leur a rendu visite la seconde nuit!

Merci à vous!

Fitzsou, l'ange-aérien a dit…

Wow! Je ne peux que répéter: "Quel Conte de Fée!"... Tu me fais voyager, rêver à des temps anciens...
T'imagines qu'il y a des gens qui ont déjà vraiment vécu là, mangé à cette longue table, ingurgité vins et festins... REWOW!...