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lundi 4 janvier 2010

Une bonne fois, je t’en voudrai plus…


Chaque fois que j’entends Maxime Landry interpréter la chanson qu’a écrite pour lui Lynda Lemay, mon cœur se déchire. Son texte raconte la douleur d’un enfant qui cherche son père même s’il sait qu’il ne reviendra plus. Il parle de l’absence et de l’attente; il parle du vide laissé par le suicide. Et moi, quand j’entends ces paroles, je pense à mon frère qui s’est enlevé la vie il y a 17 ans et à ses fils qui, alors, n’étaient que des petits garçons.

Maintenant qu’ils sont devenus grands de tout leur corps, j’espère qu’ils ne lui en veulent plus…
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dimanche 18 octobre 2009

Un Grand Frère ...

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Un Grand Frère
C’est arrivé sur cette planète bien avant moi
Et ça connait plein de choses que je ne sais pas
Comme la signification du mot Apékinhapihapohama

Un Grand Frère
Ça sait accorder les verbes et les participes passés
Et c’est avec un plaisir évident, non dissimulé
Qu’il repère mes fautes pour me les brandir sous le nez

Un Grand Frère
Ça n’a pas hésité, un jour, à prendre la route jusque là-bas
D’y poursuivre sa vie, de s’y faire des amis et pas que ça
Puisqu’il y a rencontré la plus gentille qui soit, sa Pamela

Un Grand Frère
C’est exigeant, impatient et son frein, prompt à ronger
Si malgré des raisons, en long et en large exposées

Je ne lui procure pas matière à Contes de Fée

Ce Grand Frère, c’est le mien, vous le saviez déjà?
Et ce jour n’est pas n’importe lequel, croyez-moi
Car c’est l’anniversaire de mon Grand Frère
De mon Grand Frère à moi!


Happy Birthday Grand Frère!
Joyeux anniversaire!
Bonne Fête!


Ta petite sœur à toi

xxx

lundi 6 juillet 2009

Vendu...

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Qu'ajouter de plus? Que c'est le plus joli VENDU qu'il m'ait été donné de voir?
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Comment? Si j'avais remarqué les chaussettes? Sincèrement, vous croyez que qui que ce soit pourrait les manquer?

samedi 21 février 2009

Céder sa place …


Lorsque j'étais toute petite, avant de fermer les yeux, je tendais le bras entre les barreaux de la vieille couchette de métal qui avait été placée dans la chambre de mes parents, et je demandais à Maman de prendre ma main. C'est ainsi que je m'endormais, confiante et aimée, les doigts chauds et rassurants de ma mère entortillés aux miens.

Mais un jour, quelques mois après avoir fêté mon 5e anniversaire, mon univers fut chamboulé à tout jamais. Une petite chose gesticulante et braillarde fut introduite dans la maison. Tous n'en avaient que pour ce poupon qui, aux dires de mes grands frères, avait un gros nez. Malgré tout, on se pressait autour de lui, tentant de lui arracher une grimace, enfin, un sourire… Mais le pire restait à venir…

Alors qu'une semaine auparavant j'étais encore le bébé de la famille, Maman m'apprit que j'étais maintenant une grande fille, et que dorénavant j'allais dormir dans mon nouveau lit et partager la chambre de ma grande sœur, "en haut".

Ce fut difficile de me faire à cette chambre inconnue; il y faisait sombre et j'avais froid. Aussi, chaque nuit, je me levais et, sans faire de bruit, je tentais de me glisser dans le lit de mes parents. Maman se mit à dormir que d'une oreille, bien décidée à me faire passer cette habitude. La plupart du temps, je n'avais pas fini de descendre l'escalier que ma mère me sommait de retourner me coucher. Rusée, je pris mille précautions pour éviter les marches qui craquaient et pour me déplacer silencieusement. Quelques fois je réussis même à me faufiler sous les couvertures, au pied du lit, sans les réveiller. Mais quatre fois sur cinq Maman me surprenait avant que je n'atteigne mon but.

Une nuit où j'avais réussi à pénétrer dans la chambre, juste au moment où je m'apprêtais à grimper sur le matelas, j'entendis le sommier grincer. Vite! Je m'étais jetée à plat ventre et glissée sous le lit.

-Sally? C'est toi? Avait murmuré la voix de maman.

Et moi, sans hésiter:

-Non, c'est pas moi, c'est Ti-Puce!

Mon subterfuge ayant échoué lamentablement, j'avais dû regagner mon lit où j'avais retrouvé mon chien Ti-Puce, profondément endormie.

Les mois avaient passé et je m'étais faite à cette nouvelle vie avec ce petit frère tout neuf. Ses sourires baveux et ses petites menottes tendues avaient eut raison de mes dernières réserves et j'avais été obligée de reconnaître que c'était vraiment chouette d'avoir une poupée vivante. Puis j'avais appris à remplacer sa couche, à lui donner le biberon et j'avais même accepté de prendre mon bain avec lui.

Lorsqu'il avait commencé à marcher, je m'étais mise à le trimballer partout. L'hiver, Maman m'avait permis de l'amener glisser dans la neige à la condition qu'il soit habillé chaudement… Pauvre Frérot! Je craignais tellement qu'il n'ait froid que je lui enfilais camisole, chandail, pull, veste, collant, caleçon long, pantalon doublé, plusieurs paires de bas et de mitaines, une tuque, un foulard sur le front, un autre sur la bouche. Pour finir, je glissais le petit garçon saucissonné à l'intérieur d'un habit de neige avant de lui enfiler ses bottes d'hiver. Impossible d'avoir froid … ni de se tenir debout! Alors je devais l'asseoir sur ma super soucoupe volante en aluminium et le hisser en haut des côtes avant de m'installer derrière lui pour une descente tourbillonnante. Que de moments heureux ai je passés avec ce petit frère avant que ne nous séparent les remous de l'adolescence!

Il fut difficile pour la petite fille de 5 ans que j'étais alors, de céder sa place de cadette à un frère qu'elle n'avait pas demandé. Mais au fil des ans, chacun prit celle qui lui revenait, lui de benjamin, moi de sœur aînée. Avec ses bons et ses mauvais côtés.

Aujourd'hui, sans le moindre doute, je peux affirmer que mon Frérot, je ne l'échangerais pas pour tout l'or du monde. Enfin, ce n'est qu'une façon de parler. Euh, aux faits, le gros lot de la 6/49 s'élève à combien ce soir? Quoi? 48 millions!!!! Bon, ça demande réflexion ça…

jeudi 5 février 2009

Repassage à tabac…


Il n'avait rien vu venir. Dès qu'il avait tourné la poignée de la porte de la salle de bain, celle-ci s'était ouverte d'elle-même, comme si elle avait été poussée de l'extérieur. L'adolescent maigrichon n'avait eu que le temps de tendre les bras, évitant ainsi de recevoir en pleine poire le lourd objet qui lui était tombé dessus.

-Tu parles d'une distraction! Se dit le jeune homme de 17 ans en allant ranger la lourde planche à repasser dans le placard où elle aurait dû être remisée. Faite de bois massif, elle avait été fabriquée par son grand-père il y avait de cela très longtemps. Sa mère, qui aurait bien pu remplacer cette vieillerie par une nouvelle plus légère, s'entêtait à utiliser cette ancienne planche qui devait bien peser dans les trente livres.

L'adolescent avait oublié cet incident lorsque, quelques jours plus tard, en voulant sortir de la salle de bain, il se retrouva aux prises avec la fameuse planche qui avait été appuyée sur la porte. Mécontent, mais néanmoins surpris, il alla la remettre à sa place. Puis il partit à la recherche de sa mère qui devait être en train de ranger les vêtements qu'elle venait de repasser; ses distractions finiraient par blesser quelqu'un, à la fin!

Lorsqu'il pénétra dans la cuisine il fut étonné. Sa mère avait les bras blancs de farine et pétrissait une pâte à pain dans un grand bol. Et c'est là qu'il aperçut sa petite sœur, juchée sur une chaise. Qu'il remarqua son drôle de sourire. Soudain, malgré qu'elle fût en train de malaxer, avec beaucoup de vigueur, une petite boule de pâte, il eut un soupçon.

-Maman, as-tu fait du repassage tout à l'heure? Demanda-t-il.
-Du repassage? Non. Pourquoi?

C'est alors que la fillette pouffa de rire, ne pouvant contenir plus longtemps sa satisfaction d'avoir joué un tour à son grand frère.

Les jours passèrent et le jeune homme, lorsqu'il entrait dans la salle de bain, prit l'habitude de tendre l'oreille. La planche à repasser était si lourde qu'il était persuadé qu'il entendrait sa petite sœur la déplacer si elle s'avisait de tenter de l'attraper à nouveau.

Il sous-estima sa sœurette; non seulement elle sut attendre le moment où il baisserait la garde, mais elle arriva, sans faire le moindre bruit, à mouvoir le lourd objet. Ainsi, plusieurs semaines après son dernier tour, la petite peste récidiva. Un moment plus tard, lorsqu'elle entendit le bruit d'une chute suivi d'éclats de voix, elle courut se cacher derrière la jupe de sa mère. Si elle ne craignait pas les représailles de ce grand frère si doux, elle jugeait quand même préférable de se trouver une alliée.

Vous l'aurez deviné, la petite canaille, c'était moi. Et celui que je réussis à berner tant de fois, c'était mon Grand-Frère-Disparu. Ah, le coup de la planche à repasser!

Tiens, il ne faudrait pas que mes nièces apprennent cette histoire! C'est qu'elles ont, elles aussi, une victime euh… un grand frère tout doux. Bof, les planches à repasser sont tellement légères maintenant…

dimanche 25 janvier 2009

Un jour spécial …


Il y avait un peu moins d'un an et demi que la petite famille s'était installée à Malartic, ville alors florissante de l'Abitibi.

Deux garçonnets, âgés de 16 et 27 mois dormaient à poings fermés lorsque le médecin, un petit homme châtain, frappa à la porte d'une des maisons de la 3e Avenue. Une infirmière l'accompagnait. Une toute jeune femme les y attendait, visiblement soulagée de leur arrivée. Son époux était absent: il travaillait à quelques rues de là, à la mine East Malartic. Comme beaucoup d'autres, et malgré les conditions difficiles, il avait choisi de délaisser une terre à défricher pour s'engager dans cette mine d'or qui avait été mise en exploitation en 1936.

La jeune femme aux longues boucles brunes était calme; elle n'avait pas peur. C'est un chemin qu'elle avait parcouru déjà. Elle avait confiance. D'ailleurs, n'était-ce pas un jour spécial?

Les aiguilles de l'horloge ralentirent leur course durant quatre heures, peut-être cinq. La douleur se mit à gonfler, intense et viscérale. Puis, telle une marée, elle reflua pour mieux revenir, encore et encore, laissant chaque fois la jeune femme à bout de souffle, exténuée. C'est alors, au prix d'un effort vertigineux et d'une ultime poussée, qu'une petite tête apparut enfin, suivie d'un corps menu qui ne se fit pas prier pour hurler sa désapprobation d'avoir été expulsé de son nid chaud et enveloppant.

Lorsque le jeune homme émergea des entrailles de la mine, au petit matin, il courut chez-lui. Car c'était un jour spécial. Au moment où il ouvrit la bouche pour lui offrir ses vœux, il rencontra les yeux brillants et remarqua le sourire étincelant de son épouse. Émerveillé, il découvrit aux creux des bras de celle qui partageait sa vie depuis plus de trois ans, un petit être endormi et repus. Il n'eut pas le temps de formuler sa question…

-C'est une fille, l'entendit-il murmurer. Une belle petite fille qui portera ton prénom, ajouta t'elle.

Le nouveau papa, la gorge nouée par le bonheur, enlaça les deux femmes de sa vie. Car c'était un jour spécial.

Ce fut le jour de son 23e anniversaire, que ma mère donna naissance à sa première fille, ma Grande Sœur. Aurait-elle pu souhaiter plus beau cadeau?

Bonne fête Maman!

Happy Birthday Grande Sœur!

Vous êtes les deux femmes de ma vie, à moi aussi.

vendredi 23 janvier 2009

Mieux vœux tard que jamais…


Tout à l'heure, lors de mon appel quotidien, j'annonçai à Maman qu'une amie, qui fut ma meilleure durant de longues années, allait se marier, le dernier samedi de janvier.

Silence au bout du fil…
-Quel âge a-t-elle maintenant? Demanda ma mère.
-Euh… le même que moi, c'est-à-dire la quarantaine plus un petit tas de poussière.
-Ah..., conclut ma génitrice.

Je fis alors remarquer à Maman, comme si elle ne le savait pas déjà, que j'étais dorénavant la seule de la famille qui n'ait jamais dit "oui je le veux". Plus précisément, lui ai-je confié, personne ne m'avait jamais demandé de l'épouser. Aucun ex-petit ami n'avait même discuté d'une éventuelle possibilité d'unir sa vie à la mienne. Sans doute avaient-ils vite découvert que, sous mon vernis de fille douce, gentille et souriante, se cachait une femme indépendante, entêtée et solitaire.

Certains se marient pour réaliser un rêve, comme LadyDi qui, après plus de dix ans de vie commune et deux enfants nées de cette union, voulut entendre Frérot clamer haut et fort: "Oh que oui, je le veux!". D'autres le font pour diverses raisons: la promesse d'engagement, l'assurance de fidélité, le besoin de sécurité ou, pour la meilleure qui soit, simplement par amour.

Je n'ai jamais désiré me marier. Mais si un jour je pouvais redessiner ma route, parallèle à celle d'un homme que je choisirais comme compagnon de voyage, à la cérémonie et au contrat, je préférerais une randonnée en montagne. Peut-être ici. Peut-être là-bas. Peut-être ailleurs. Une fois au sommet, tout près du ciel, là où on se sent si petit face à l'immensité, ma main trouverait la sienne et ensemble, nous trinquerions à l'avenir qui n'est pas encore écrit. A des projets communs, à des rêves partagés. Sans obligation, sans promesse, mais avec beaucoup d'amour et …du vin frais plein nos thermos.

vendredi 31 octobre 2008

Nuit noire sur la 117 …



Lentement, l'homme souleva le drap. Un léger sourire étira ses lèvres lorsqu'il vit l'effroi dans les yeux des trois adolescents transis et exténués qu'il avait fait monter dans sa voiture quelques heures plus tôt …
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C'était une nuit d'automne. Probablement en 1972, à moins que ce ne soit en 1971. Le ciel déversait une pluie froide et drue, impitoyable pour qui ne pouvait se mettre à l'abri. Sur le bord de la 117, quelque part entre Mont-Laurier et le parc La Vérendrye, deux filles et un garçon faisaient le pied de grue, espérant qu'une voiture finirait par passer. Frigorifiés, ils attendaient depuis plus d'une heure. Pour se réchauffer, ils avaient alors décidé de marcher vers le nord. Il leur fallait bouger pour oublier leurs vêtements trempés, leurs doigts gourds et les crampes douloureuses de leur estomac affamé.

Le jeune homme, mince mais robuste, portait les sacs les plus lourds sans se plaindre. Ses cheveux blonds, portés longs, avaient confondu la plupart des automobilistes qui s'étaient arrêtés pour prendre les trois amis en stop quelques jours auparavant, alors qu'ils se dirigeaient vers le sud. Vers la grande ville. Vers Montréal.

Mais cette nuit-là, aucun véhicule n'était en vue, comme si le temps était suspendu. Quelle heure pouvait-il être? Dans un état second les trois amis mettaient un pied devant l'autre. Ils avaient bien été tentés de rester au village précédent, sous les lampadaires qui diffusaient une lumière rassurante. Mais ils craignaient qu'un éventuel conducteur n'hésite à s'arrêter s'il croyait que les jeunes gens habitaient le coin. Ils crurent qu'ils susciteraient d'avantage l'empathie s'ils étaient aperçus au milieu de nulle part…

Le ciel bouché masquait la lune et les étoiles; la nuit était noire, comme la route 117, comme tout ce qui les entourait. Seule la ligne blanche et le bitume qu'ils sentaient sous leurs espadrilles détrempées, leur indiquaient le chemin. La fatigue se faisait sentir mais ils n'osaient s'arrêter. Encore quelques pas pour ne pas penser au froid, à la faim ni à l'épuisement qu'ils ressentaient depuis que le dernier automobiliste les avait fait descendre au bout de sa destination, loin derrière.

De quoi pouvaient-ils discuter en avançant côte à côte dans l'obscurité? De leur projet qui avait échoué? De ce que l'avenir leur réservait? Des amis qui les attendaient et qui avaient envié leur audace? Des études qu'il leur faudrait reprendre? Du retour au bercail où il leur faudrait affronter les foudres et les semonces de leurs parents? Peut-être crânaient-ils? Peut-être aussi avaient-ils peur de cet inconnu qu'était l'avenir?

Ils n'auraient su dire qui, le premier, avait vu la lumière des phares trouant la nuit. Cela prit un certain temps à leur esprit confus pour réaliser qu'une voiture se dirigeait vers eux, roulant vers le nord. Remercièrent-ils le ciel? Personne ne s'en souviendra… C'est Joan la plus hardie des filles qui, sans réfléchir, se jeta pour ainsi dire devant le véhicule qui fonçait vers eux. "–Il n'aura pas le choix de s'arrêter!" Eut-elle le temps de crier à ses amis avant de s'élancer au centre de la chaussée en agitant les bras et sautant sur place.

Le jeune homme laissa tomber les sacs qu'il transportait et couru vers sa copine téméraire qu'il agrippa par le bras avant de la tirer sur le bas-côté de la route. Déchirant la nuit, le crissement des pneus fit écho à la catastrophe évitée de peu. L'adolescente se dégagea brusquement et se rua sur la portière qu'elle ouvrit sans hésiter. Derrière elle, le garçon et l'autre jeune fille, encore sous le choc, avaient peine à réaliser ce qui venait de se produire.

La discussion fut brève et Joan fit signe à ses amis de venir la rejoindre. Les adolescents s'engouffrèrent dans une voiture imposante et durent s'entasser tous trois aux côtés du conducteur, puisque sur la banquette arrière déjà encombrée, il y avait à peine assez d'espace pour déposer leurs maigres bagages.

Ils furent soulagés d'apprendre qu'ils pourraient faire le trajet jusqu'à Val d'Or. Les jeunes gens exténués fermèrent bientôt les paupières, se sentant étrangement en confiance auprès de cet inconnu qui, silencieux, gardait les yeux rivés sur la route. L'autre jeune fille se souvint, longtemps après, que l'homme avait fait une halte au Domaine. Il leur avait offert à chacun un café bien chaud, ajoutant que c'était tout ce qu'il pouvait faire pour les aider à se réchauffer.

L'aube naquit, embrasant le ciel boréal, sans qu'aucun des adolescents ne puisse contempler le soleil qui se levait. Ils avaient sombré dans un sommeil profond, balancés par le tangage de la grosse voiture qui filait sur la route. Soudain, le véhicule stoppa. "-C'est ici que vous descendez." Leur dit l'homme. "-Je ne veux pas risquer d'être vu avec vous à bord…" ajouta t-il. Les trois amis se frottèrent les yeux en regardant autour d'eux. La voiture s'était arrêtée dans une petite rue déserte à l'entrée de Val d'Or.

Ce n'est qu'à cet instant que les adolescents prirent conscience que quelque chose clochait. Un truc qu'ils n'avaient pas remarqué lorsqu'ils étaient montés; à cause de leur fatigue, à cause de la pénombre qui y régnait. A l'arrière de l'automobile, par l'interstice d'un rideau entrouvert, ils aperçurent un assemblage de bois sombre, reconnaissable entre tous. Juste à côté, une forme longue et étroite disparaissait sous une toile blanche…

Lentement, l'homme souleva le drap. Un léger sourire étira ses lèvres lorsqu'il vit l'effroi dans les yeux des trois adolescents qu'il avait fait monter dans sa voiture quelques heures plus tôt … Un pied apparut, d'une blancheur cadavérique; un carton, accroché à un des orteils du macchabée, oscillait sous la brise légère qui entrait par la portière ouverte.
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J'avais 14 ou 15 ans. Jamais je n'oublierai cette nuit où, transie et exténuée, je montai dans une voiture avec mes amis Joane (surnommée Gougoune) et Ubald. Cette "grosse familiale" qui roulait à tombeau ouvert en direction de l'Abitibi, était en réalité un corbillard.

Le conducteur avait dû se rendre à Montréal pour récupérer deux corps qu'il rapportait à Val d'Or. L'un était dans un cercueil et l'autre, sur une civière. Cela expliqua sans doute le silence de mort qui régna à bord … Nous restâmes discrets sur l'identité de l'employé des pompes funèbres qui nous avait pris en stop malgré l'interdiction. Nous ne voulions en aucun cas signer son arrêt de mort; il pouvait dormir tranquille… nous fûmes muets comme des tombes…

samedi 18 octobre 2008

Soleil d'octobre ...


C'était un vendredi ensoleillé. L'automne était exceptionnellement doux et donnait un répit aux abitibiens habitués à des températures plus fraîches en ce mois d'octobre.

Une jeune femme était allongée dans le salon de la maison de son père. Elle avait le visage en sueur, ses longs cheveux bruns et bouclés lui collaient aux tempes et on pouvait voir dans ses grands yeux noisette, l'inquiétude qui l'habitait. Sa mère était à ses côtés et la réconfortait du mieux qu'elle pouvait. Son père, quant à lui, faisait les cents pas dans la pièce et la douceur de son visage contrastait avec son masque sévère coutumier. Le docteur Dion avait été appelé au chevet de la jeune femme; ce n'était pas la première fois qu'il se rendait dans cette solide maison à quelques milles d'Amos. Il y était venu quelques mois plus tôt pour un cas semblable.

La maison était calme; les enfants avaient été expédiés chez leurs grands parents et les plus âgés s'étaient vus assigner des tâches qui allaient les tenir occupés jusqu'au souper.

Dehors, un jeune homme de 23 ans attendait, étendu sur l'herbe. On lui avait gentiment suggéré d'aller prendre l'air car son anxiété ne faisait qu'ajouter à celle de sa compagne dont les cris parvenaient jusqu'à lui. Que pouvait-il faire d'autre que de se ronger les sangs et se sentir impuissant?

Au milieu de l'après-midi, sous un soleil d'automne resplendissant, un long cri se fit entendre, différent des autres. Le jeune homme sauta sur ses pieds et s'élança vers la maison. Ému, il s'approcha lentement de la jeune femme dont il était follement amoureux; il l'avait fait sienne devant Dieu et devant les hommes l'année précédente. Ils avaient d'ailleurs souligné leur 1er anniversaire de mariage quelques jours plus tôt. Épuisée mais rayonnante, elle murmura: "-C'est un garçon…". Le jeune époux s'avança timidement vers sa belle-mère qui lavait avec des gestes tendres une petite chose toute rouge et fripée.

C'est ainsi qu'en ce beau vendredi d'automne, le 18 octobre 1946, naissait mon grand frère, premier enfant de mes parents. Ma mère tenait à lui donner un prénom peu commun; elle choisit celui de Gilbert. D'origine germanique, il signifie "brillant". Elle ne pouvait mieux choisir…

Cher Grand Frère, je te souhaite une merveilleuse journée d'anniversaire. Malgré la distance, malgré parfois des silences, sache que je pense à toi très souvent et que je t'aime GROS comme ça…

Ta soeurette.

jeudi 16 octobre 2008

Tête de gé-linotte…


Au début de la vingtaine, Frérot travailla à quelques reprises en forêt; sa tâche consistait à faire du débroussaillage. Il lui arriva de partir de longues semaines pendant lesquelles il dû dormir sous la tente, au milieu du bois. La plupart du temps des amis à lui étaient ses coéquipiers. Peu d'hommes auraient accepté un travail dans de telles conditions; cela laissait la place aux jeunes un peu marginaux, catégorie dont faisait partie mon petit frère à cette époque.

C'est ainsi que Frérot se retrouva, un automne, à plusieurs kilomètres au nord de Matagami à "faire de la ligne", terme utilisé pour désigner le travail de coupage de branches. Son ami C. faisait équipe avec lui.

Un soir, le boulot terminé, ils étaient assis tous deux devant le feu de camp qu'ils avaient allumé et s'apprêtaient à engloutir leur souper qui consistait, comme les jours précédents, en une tranche de Klic-Kam entre deux, de pain blanc, badigeonnées de moutarde. C'est alors qu'ils aperçurent non loin d'eux une gélinotte huppée, communément appelée "perdrix". L'instinct de chasseur de nos deux coupeurs de ligne refit surface instantanément! C. attrapa un gros caillou qui bordait le feu et le lança en direction du volatile qui le reçu en pleine tête, s'effondrant sans même avoir le temps de cacaber, de glousser ni de pirouitter!

Les deux comparses salivaient déjà en imaginant ce Bonasa umbellus empalé sur une branche au dessus des braises. Ils arrivaient presque à sentir le parfum de sa chair juteuse sous la peau rôtie et craquelante…

Frérot saisit le lagopède inerte par les pattes et le déposa dans la tente puis retourna rejoindre son ami qui, semble t-il, n'était pas peu fier de son exploit! Abattre une perdrix avec une pierre! Ils se promirent que le souper du lendemain serait un véritable festin…

Plus tard en soirée, pendant que C. éteignait le feu pour la nuit, Frérot regagna la tente et y alluma une petite lampe de camping. Ils s'apprêtaient à se glisser dans leur sac de couchage lorsqu'ils virent bouger la perdrix. Elle n'était pas morte mais seulement assommée!

"-Tords-lui le cou!" s'écria C. qui soudainement avait perdu de sa superbe… "-Euh, tords-lui le cou toi-même…" lui répondit Frérot, "… c'est ta perdrix!". Nos braves chasseurs ne pouvaient se résoudre à tenter une seconde fois de trucider la gélinotte huppée qui titubait dans la tente. Pas question non plus de la relâcher dans la nature car la pauvre bestiole avait la tête écorchée à l'endroit où l'avait atteint le projectile!

Contrit, C. ouvrit la trousse de premiers soins pendant que Frérot attrapait la perdrix qui, encore étourdie, ne lui offrit aucune résistance. Quelques minutes plus tard ils allèrent déposer le gallinacé, qui commençait à gigoter, sous les branches basses d'un gros sapin qui poussait non loin de leur campement.

Cette nuit là, nos deux compères eurent du mal à s'endormir tant ils riaient! Ils imaginaient la tête que ferait un éventuel chasseur découvrant sa proie, l'arrière de la tête badigeonné de teinture d'iode et recouvert d'un diachylon!

vendredi 10 octobre 2008

Compression littéraire…


Il y a quelques semaines, je présentais à une boite de marketing une courte histoire pour les petits. Elle fut assez bien reçue, sans "wow" mais sans "ouache". C'était un début.

Si j'ai un cœur d'enfant, j'avoue cependant ne rien connaître aux humains âgés de moins de 7 ans. Les chiens et les chats, ça oui mais je ne crois pas que la littérature les intéresse d'une façon ou d'une autre… quoique je me rappelle soudainement que Daphnée, mon labrador, avait littéralement dévoré deux de mes livres de la série Erotica. Une vraie orgie cellulosique!

Pour en revenir à mon histoire destinée aux bambins, on la jugea un peu longue. De plus, on m'apprit que ces jeunes terriens ne sauraient saisir le principe qu'un enfant devient un jour un adulte et, dans certains cas, un papa ou une maman. Vraiment? Pourtant ce n'est pas sorcier! L'hypothèque, les abeilles, les fleurs… même Jules et Pixel ont compris l'idée! Mais bon, si on me l'affirme…

Il me faudra donc couper certaines tranches de vie de mon personnage principal mais rassurez-vous, il n'y verra rien: Il est perpétuellement bourré! Le plus difficile sera la seconde partie où, après de longues années il … ah non, c'est vrai, je ne peux rien divulguer encore…

Promis, je vous dévoilerai tout avant Noël, ici ou
là-bas…



mercredi 8 octobre 2008

Le jour de la marmotte…


La vie est un perpétuel recommencement: chaque jour nous posons les mêmes gestes, formulons les mêmes souhaits de bonheur, ressentons les mêmes désirs d'une vie harmonieuse.

Pas surprenant qu'en cours de route il nous arrive parfois d'avoir une impression de "déjà vu". Comme si la vie, taquine, rembobinait le film de notre parcours pour nous le projeter encore et encore. Au montage il y a bien quelques ajouts, de légères modifications, mais la trame reste similaire.

Nous ressentons la même angoisse mêlée de fébrilité pour ce projet tout neuf ou ce nouveau travail. Un changement de cap nous passionne mais nous insécurise. Une nouvelle rencontre nous fait rêver, parfois hésiter. La fin d'une idylle nous broie le cœur ou nous amène à réfléchir sur ce qu'elle aurait pu devenir. Boulots, foyers, passions, ils se succèdent à la fois uniques mais si semblables.

Mon aujourd'hui s'annonçait sensiblement le même que l'autre d'il y a trois semaines: Rendez-vous avec Marie, ma sorcière de coiffeuse, suivi de quelques courses ici et là qui, sans être tout à fait pareilles à celles de l'autre fois, n'étaient pas si différentes.

De retour dans mon village je fis un crochet par le bureau de poste comme d'habitude. Comme la fois précédente, en passant devant l'antiquaire, je m'arrêtai pour saluer Lise, mon ex-coloc qui y travaille. Mes pas me menèrent ensuite à l'atelier de couture de mon amie Céline, l'ange gardien qui s'occupe habituellement de Jules lorsque je m'absente.

De coutume, nous prenons le temps de monter à l'étage de la boutique Passerose qui abrite un sympathique café pour déguster, elle une tisane aux fruits et moi un thé English Breakfast. Pas aujourd'hui. Dès que je mis les pieds dans son petit local attenant à la boutique, elle me demanda si j'avais envie de lui prêter main forte. L'automne lui apportait beaucoup plus de travail qu'en temps normal et elle avait à confectionner, avant samedi, une dizaine de coussins pour chaise. "Débordée" fut le terme qu'elle employa.

C'est ainsi que je passai une partie de mon après-midi à assembler des rectangles de tissu que Céline avait déjà taillés. J'y retournerai demain et, une fois les coussins terminés, je l'aiderai à venir à bout des nombreuses réparations qui s'ajoutent jour après jour.

Bref, ma journée fut semblable aux précédentes sans toutefois être vraiment pareille. Car aujourd'hui j'ai fait une rencontre; ma première du genre. Elle a bien failli mal tourner comme il arrive parfois. Mais la fin est jolie, vous l'aimerez…

Sur la route qui me ramenait dans mon village, j'aperçus une petite bête qui se dirigeait lentement vers la ligne jaune au centre de la chaussée. Deux automobiles me suivaient. Malgré mes coups de klaxon, la bestiole hésitante restait en plein dans la trajectoire de mes roues. Après avoir ralenti, je réussis à la contourner et à stationner ma voiture sur le bas-côté. Dès le moteur éteint, je me jetai hors de mon véhicule et allai me placer devant la petite chose téméraire pour l'empêcher d'aller plus loin, en tentant de la repousser avec mes pieds.

Les conducteurs des voitures derrière moi eurent la gentillesse d'attendre que j'aie immobilisé ma protégée avant de passer. Sauf qu'en sens inverse, un peu plus loin, je venais d'apercevoir un camion-remorque qui arrivait à vive allure. Le petit animal était apeuré et devait bien se demander ce que je lui voulais! Je réussis tant bien que mal à le faire reculer jusque sur le bord de la route. Lorsque je constatai que le fond du fossé était recouvert d'herbe et qu'il était sec, je n'hésitai pas et je fis dégringoler la boule de fourrure jusqu'en bas. Au même moment, le camion passa en vrombissant.

Émue malgré tout, il ne me resta plus qu'à souhaiter que la petite marmotte n'ait pas l'idée de remonter et de traverser la route. Ce n'est pas tous les jours qu'elle aura une bonne Fée pour veiller sur elle…

lundi 25 août 2008

Il était une fois…

Pour un moment, je laisse de côté l'histoire sur laquelle je travaille d'arrache-mots depuis quelques jours. Encore deux ou trois lectures méticuleuses et je serai prête à la soumettre à l'équipe d'une boite de marketing, dynamique et imaginative.

Comme mon ami Blanche-Neige doit bientôt venir me donner un coup de main pour déplacer les meubles du salon, je prends un peu de temps pour bouger ce que j'arrive à faire seule. J'ai vidé une première bibliothèque et rempli la penderie du salon de tout ce qui peut y loger.

En apercevant mes vieux albums-photos, je n'ai pu résister à la tentation d'ouvrir le plus ancien, celui que ma marraine m'avait offert pour mon anniversaire. Pendant ce court voyage dans le temps, j'ai revu cette petite fille alors âgée de 6 ans. Je me suis souvenue que quelques mois avant la prise de cette photo, ses cheveux étaient très longs mais qu'elle avait tant insisté auprès de sa mère que celle-ci, à regret, avait accepté de lui faire couper.

Le jour où le photographe était débarqué à son école pour croquer le portrait de tous les enfants, les professeurs, armés de peignes et de brosses, s'étaient attaqués aux petites têtes ébouriffées. La fillette n'avait osé dire à sa maîtresse d'école qu'elle détestait qu'on place ses cheveux derrière ses oreilles. C'est donc à cause de sa timidité qu'elle dû se résigner à se faire photographier ainsi coiffée.

Pourtant, j'aime beaucoup cette photo. Cette petite bouille intimidée avec ses grands yeux verts, son sourire un peu forcé et ses petites fossettes, me touche. Qu'a pu devenir cette fillette réservée et rêveuse? Quel fut son parcours? Ses rêves se sont-ils réalisés? A-t-elle aimé, ri, pleuré?

Je l'imagine aujourd'hui, passionnée, intrépide et amoureuse. Tournant sans regret des pages, des chapitres. Chaussant ses bottes de sept lieues pour faire de grands pas lorsqu'elle le doit. Ne regardant jamais en arrière, si ce n'est que pour contempler le chemin parcouru, tous les bonheurs vécus et pour parfois, revoir la petite fille qu'elle était et qui a su, malgré les ans, garder son cœur d'enfant…

samedi 23 août 2008

Mon père ...

Aujourd'hui, s'il avait été encore de ce monde, mon père aurait soufflé 85 bougies sur son gâteau d'anniversaire. Mais il nous a quittés le 3 juillet 1998 après avoir subi un second accident cérébro-vasculaire. La première attaque, en 1991, l'avait laissé avec une paralysie partielle, une légère perte de mémoire et un intellect passablement diminué. Cependant il lui restait tout ce qu'il fallait de ruse pour, au nom de sa paralysie, faire faire ses quatre volontés. Par contre, lorsque ma mère revenait d'une absence de plusieurs heures, il arrivait fréquemment qu'elle retrouve la pièce de mon père complètement réaménagée, le divan ayant pris la place de son lit, son vieux bureau de métal qui pesait une tonne, déplacé et le contenu du congélateur mis sans dessus-dessous, dans l'espoir d'y trouver une tarte ou un gâteau.

Lui jadis féru de politique, d'actualité et de lecture, n'avait plus la concentration nécessaire pour lire ou pour suivre ce qui se passait dans le monde et vers la fin, il s'abrutissait l'après-midi devant une télé débilitante ou encore il comptait le nombre de camions qui passaient devant la fenêtre du salon qui donnait sur la route tout près.

Quel contraste avec l'homme qu'il avait été. A l'époque où il était commerçant, il aurait réussi à vendre une moissonneuse-batteuse à un citadin . Il avait des opinions sur tout, des ambitions, des rêves et un sens de l'humour dont ses enfants ont hérité. Au début de mon adolescence, mon foyer devint une famille d'accueil. Plusieurs garçons et filles de tout âge défilèrent chez-moi, les uns pour quelques jours, les autres pour plusieurs années. Lili et Rolande furent de ce nombre. Une fois adolescentes, elles eurent bien sûr des copains que maman invitait parfois à partager notre souper. La blague préférée de mon père, au dessert, était de demander à l'amoureux timide et pétrifié s'il voulait un "bon morceau de tarte aux pommes avec une boule de crème glacée dessus". Évidemment, le garçon acceptait et là mon père lui répondait en souriant: "-Ah, si c'est dommage... on n'en a pas...".

Lorsque ma mère et lui vivaient encore sur la ferme, mon père répétait à qui voulait l'entendre "qu'il était le plus bel homme du rang 4". Et il avait entièrement raison! Notre rang comptait seulement trois maisons: la première était habitée par les "vieux garçons", deux frères très âgés, courbés et ridés comme des fruits séchés. La nôtre était au milieu, puis au fond, c'était la maison de la famille D. Le père de famille, un gentil monsieur et ancien bûcheron, avait des traits grossiers et un nez imposant. Malgré tout, l'affirmation de papa nous faisait rire. Et combien de fois l'avons-vous entendu répéter, un petit sourire aux lèvres: "Ah, que je suis dont tanné d'être beau, jeune et joli...".

Enfant, je n'ai jamais été proche de mon père et mon adolescence tumultueuse n'arrangea rien. Cependant, une fois adulte, je vis les efforts qu'il déployait pour se rapprocher. Rien ne lui faisait plus plaisir que lorsque j'acceptais de l'accompagner dans ses périples au Témiscamingue ou chez des "prospects" comme il appelait ses clients potentiels. Combien de fois, durant la période où je vécu dans ma première maison de campagne, dans un fond de rang en Abitibi, débarqua-t-il chez-moi pour venir prendre un café et me parler de politique, de machinerie agricole ou d'autres sujets que je trouvais barbants. Mais je voyais à quel point cela lui faisait plaisir d'être là et je l'écoutais, acquiesçais et lorsqu'il repartait, je savais qu'il était content.

Puis un jour, je décidai de prendre un congé sabbatique. Mon plan était simple: partir à Québec chez ma copine Josée-Ninon et prendre ça cool pendant un an. Puis retourner dans ma maison que j'avais louée, reprendre mon boulot et ma vie d'avant qui m'auraient attendue. Malgré le statut temporaire de mon absence, mon père fut très affecté par mon départ. Et pour la première fois de ma vie, je le vis pleurer lorsque j'allais dire au revoir à mes parents. Cela me bouleversa...

C'était en décembre 1987 et mon père était encore en santé; c'était avant que la maladie ne frappe et ne le change à tout jamais.

Mais dans mon coeur, il restera pour toujours "le plus bel homme du rang 4".

Fleurs sauvages qui poussent près du cimetière
de Saint-Maurice de Dalquier.

vendredi 15 août 2008

Des nouvelles du paradis…


J'étais à genoux à frotter énergiquement les lattes de bois du plancher du salon lorsque le téléphone sonna. Je jetai un rapide coup d'œil sur l'afficheur pour découvrir que l'appel provenait des résidences Saint-Pierre.

Ciel! Me suis-je dit. Qui cela peut-il être?

C'était Michel. L'époux de ma tante et marraine qui est décédée le 30 juin dernier. J'étais heureuse de l'entendre, qu'il ait pris le temps de me téléphoner. Je savais qu'il avait emménagé dans une résidence pour personnes retraitées; il avait visité l'endroit au printemps dernier avec ma tante. Tous deux âgés et de santé plus fragile, ils avaient décidé qu'il était temps pour eux de franchir cette étape qui est celle de dire adieu à leur maison. Ils étaient prêts… mais comme me le dit Michel, Yolande est "partie avant".

Je le questionnai à savoir s'il aimait son nouvel environnement. "-C'est un véritable paradis!" me répondit-il, enthousiaste. Cette résidence est située dans la ville natale de Michel et parmi les pensionnaires, il a retrouvé plusieurs amis et connaissances. Ce gentil monsieur, ancien directeur d'école, érudit et passionné trouvera un auditoire à sa mesure. Malgré l'absence de ma tante qui se fait sentir, la flamme brille haut et fort et il me le confirma en déclarant: "-Je ne suis pas pressé d'aller dans l'autre paradis". Cette phrase me soulagea. Ses enfants, ceux qu'il fit siens il y a longtemps en épousant ma tante qui était alors veuve, craignaient que leur père d'adoption ait perdu le goût à la vie suite au départ de leur mère. Il semble qu'il n'en soit rien. Son cœur certes gardera cette grande blessure pour toujours, mais l'amour qu'il porte à ses enfants, à ses nombreux petits-enfants, à la musique, à la nature et à la vie en général est plus fort que la mort.

Avant de raccrocher, Michel me dit: -"Je t'embrasse, et Yolande aussi." Ces mots me déchirèrent le coeur. Je le revis, debout près du cercueil de ma tante, sa main effleurant le visage de celle qu'il avait tant aimé et se penchant pour lui chuchoter à l'oreille. Et je compris. Je compris que si la mort avait ravi le corps torturé de son épouse, son esprit et son souvenir, eux, étaient encore vivants pour Michel. Je compris aussi que l'amour peut vaincre de tout et que c'est cet amour qui lui donne envie de vivre intensément le temps qui lui reste.

Je n'aurais pu souhaiter de meilleures nouvelles du paradis…

mercredi 13 août 2008

Bizzzz…


Mais qui c'est lui? Un espion envoyé par Grand Frère? Un inspecteur en bâtiment? Mais pourquoi il me regarde comme ça? Hé vous! Y a rien à voir! Circulez!!!

Bizzzz-arre…

PS: J'espère au moins que Grand Frère appréciera l'effort déployé pour produire un billet alors que je n'avais pas le temps, mais alors, tellement pas!

samedi 26 juillet 2008

Puisque le ridicule ne tue pas ...

La Belle...

La Bête...

J'ai peur des araignées. Pas à en demeurer paralysée si j'en voyais une, mais plutôt à hurler si par malheur la bestiole se ruait sur moi. Mon ex-coloc, elle, nourrissait une véritable phobie à leur endroit. C'est tout juste si elle n'est pas grimpée sur la table le jour où elle a découvert, à ses pieds, un gros spécimen plutôt amorphe que j'entrepris de reconduire dehors, sans lui faire de mal.

Il y a différentes méthodes pour se débarrasser des intruses (euh… des araignées, pas des colocs…). La première, drastique, est de les trucider d'un coup de talon ou de tapette à mouche. J'en suis incapable… La seconde, loin d'être cool, consiste à utiliser l'aspirateur, mais j'avoue que ça me donne mauvaise conscience (parfois). Par conséquent, j'ai décidé d'adopter une méthode dite douce pour les araignées qui se trouvent à ma portée et qui ne sont ni trop grosses, ni trop rapides: je saisis un contenant en plastique transparent et une feuille de papier. Je place rapidement le contenant par-dessus la bibitte et je glisse la feuille en dessous, de sorte à fermer l'ouverture. Il ne me reste plus qu'à relâcher la bestiole dehors et de vitement refermer la porte derrière moi. Mais cette méthode ne fonctionne pas pour les araignées que j'ai au plafond, enfin, façon de parler… Désolé, mais celles-là vivent l'expérience d'un long tunnel au bout duquel il n'y a pas de jolie lumière blanche…

Cependant, peut-être à cause de ma peur et de ma répulsion, les araignées me fascinent. Comme tous les insectes d'ailleurs. Une d'entre elles a choisi une fenêtre de mon atelier, à l'extérieur, pour y tisser sa toile.

Mercredi dernier j'avais du travail d'assemblage à faire avec ma surjeteuse qui est placée juste à côté de cette fenêtre. J'étais occupée à remplacer les bobines de fil ivoire par du noir lorsque j'ai vu du mouvement provenant de la toile. Une mouche venait de s'y prendre. L'araignée est descendue à une vitesse incroyable et quelques secondes plus tard, l'insecte, après avoir été enroulé habilement dans le fil, servait de petit déjeuner à son hôte. Brrrr…la scène ressemblait drôlement aux films d'horreur de ma jeunesse.

Je me remis au travail mais voilà que quelques minutes plus tard, le même manège se produisit à nouveau. Un autre insecte s'était imprudemment approché et lui aussi subissait le même sort. Une véritable ogresse cette araignée! C'est à ce moment que je vis une toute petite bestiole dans le bas de la toile, qui venait à son tour d'être prise au piège. Une de ses ailes était bien collée, l'autre en partie, comme ses pattes sauf une antérieure. Tout ce qu'elle arrivait à faire, c'était de lever sa patte libre. Jamais elle n'arriverait à se sortir de là. "–Hé! Ne bouge pas!" me suis-je dit. "Tu vas alerter l'araignée!" Mais le petit insecte, que je cru un instant être un maringouin, continuait à tendre sa petite patte… comme si elle implorait mon aide!

Je sais, c'est complètement dingue mais l'espace d'un moment, j'eus l'impression de capter les sensations de l'insecte pris au piège. Comme si la petite mouche savait que l'énorme araignée, qui devait bien faire dix fois son poids, viendrait bientôt la dévorer et qu'elle avait très peur.

Je chassai ces idées idiotes et je continuai à travailler. Je jetai un œil sur l'araignée qui n'avait pas encore fini de manger le deuxième insecte. Puis mes yeux redescendirent sur la petite mouche. Elle avait toujours sa patte dressée et la bougeait lentement, semblant me faire signe.

Ah et puis zut alors … j'ouvris la fenêtre tout doucement pour ne pas déranger la grosse araignée, saisis une règle de plastique et brisai une portion de la toile qui emprisonnait la petite mouche. Rapidement je refermai la fenêtre. Et là je me retrouvai avec la petite bestiole toute collée sur ma règle. "- Bon, j'en fais quoi maintenant?" me suis-je demandé.

Le mieux était de la déposer dehors dans un endroit sûr. Pourquoi pas dans un des pots de géraniums? J'essayai de déprendre la mouche du fil gluant. Ouf… c'est ce que ça colle ce truc! Je parvins à libérer l'aile prisonnière mais pour ses pattes minuscules, ce n'était pas une mince affaire. Pauvre petite chose, j'entendais le bourdonnement de ses ailes qu'elle battait furieusement afin de s'échapper. Alors que je me démenais avec le fil qui la retenait toujours à ma règle, horreur… je lui arrachai une patte. Malgré tout, je continuai tout doucement à la dégager et je réussis… enfin, presque. Un petit amas de fils était resté englué sur son abdomen. Du bout de l'ongle, je la poussai doucement sur le terreau du pot de géranium. Elle resta collée à mon doigt. Hé, misère!!! Finalement, à l'aide d'une aiguille de pin qui traînait par là, je pus déposer la petite mouche sur la terre légèrement humide, en espérant que ça empêche quoi que ce soit de lui coller après, le temps qu'elle se ressaisisse. Elle alla se cacher sous une feuille et je retournai à l'atelier.

Après avoir cousu 4-5 pochettes pour les baguettes magiques du Magicien, mon esprit n'arrivait pas à se détacher de ma protégée. Je retournai au pot de géraniums. Elle était toujours là; j'en profitai pour prendre quelques photos… ratées… Elle essaya de s'envoler mais des résidus de terre s'étaient collé sur son ventre. Re-zut… je saisis très, mais vraiment très doucement la petite mouche et lentement du bout des doigts, je réussis à sectionner le fil qui retenait les petits morceaux de terre à son corps. Immédiatement, elle s'envola, me percuta le front et disparu!

Je sais, c'est une histoire tout à fait ridicule! Alors, ça reste entre nous?

jeudi 24 juillet 2008

A moi la parole ...


Le mois dernier, je répondis à l'invitation de l'équipe du Journal de l'Association pour la protection du lac Massawippi, "Le Massawippi", en composant un court texte qui exprimait mon attachement à mon village d'adoption. L'édition Été 2008 a été distribuée dans nos boites aux lettres ce matin. Voici ce qu'on peut lire dans la section "A vous la parole!".


Passion estrienne...

La première fois que je le vis, j'eus un véritable coup de foudre. Je sus immédiatement que nous allions vivre une histoire d'amour. Ça se sent ces choses là. Il avait tout pour me plaire; généreux, calme, romantique et d'une grande beauté! Au risque de paraître superficielle, c'est cette dernière qualité qui me fit tomber amoureuse, éperdument.

Notre histoire d'amour dure maintenant depuis plus de 15 ans. Entre nous, aucune lassitude malgré le quotidien et son train-train. Il me plait encore autant ; il arrive à me séduire, jour après jour, quelle que soit la saison.

Lorsque des amis me l'ont présenté, peu après mon arrivée en Estrie, je leur jurai qu'un jour je partagerais sa vie. J'en étais certaine. Pour moi, il représentait un idéal, un ingrédient qui allait sublimer la recette de mon bonheur. Deux ans plus tard, mon désir fut exaucé; nos destins allaient enfin s’entremêler.

North Hatley. C'est ce petit village, un des plus beaux des Cantons de l'Est, qui me fit perdre la tête et que je choisis en 1993 pour y installer mon nid. Malgré les années, il m'émerveille chaque jour: ses montagnes, cette nature à perte de vue et ce lac qui me salue, voisin paisible ou déchaîné, juste au coin de ma rue. J'observe ses humeurs, ses couleurs. Ce lac magnifique, source de vie, de plaisirs et de rêveries, est un trésor précieux et fragile. Si par le passé, il pu arriver qu'il soit un peu négligé, voire malmené, je constate maintenant les efforts qui sont déployés pour éviter l'érosion de ses rives et son vieillissement prématuré. Les gens d'ici ont réalisé sa valeur et la place qu'il occupait dans leur vie et dans leur cœur.

Malgré la beauté du lac Massawippi, je l'avoue, moi c'est la rivière qui a ma préférence. Je suis accro à son parc, à ses arbres majestueux, à la multitude de plantes sauvages qui poussent librement sur ses berges et à la faune ailée qui y trouve nourriture et abri et qui nous berce de ses chants. Le parc de la rivière et moi avons développé une réelle connivence. Si mon chien l'adore, moi je m'y ressource; il me fait oublier les petits tracas de la vie, me rebranche sur l'essentiel et me rappelle à quel point l'univers est riche et passionnant.

Quelqu'un que j'aime beaucoup qualifie mon village de "coin de paradis"... il a raison. Le bonheur y est palpable et c'est toujours avec beaucoup de fierté et de tendresse qu'à mon tour, je le présente aux amis de passage.

Pour toi, Bôf Adoré, la "translation" qu'on en a faite:


Eastern Townships' Romance ...

The moment I saw him, I knew we were made for each other. It was love at first sight. Through my veins and my heart, I could feel that both of us were bound to share great times together. He had everything to please and seduce: generous, calm, romantic… beautiful. Without wanting to sound superficial, I must admit that this last quality is the one that made me fall in love. Beautiful.

Our love story has been going on for 15 years now. No regrets. No boredom either, even with routine slowly settling in. He still pleases me as much as before. He seduces me over and over again, day after day, season after season. North Hatley: the name of the village, one of the nicest in the Eastern Townships, which conquered my heart. It is there, in 1993, that I chose to build my nest. Years have gone by, and yet he still amazes me every day with his blooming vales and hills, where nature grows endlessly. I smile each morning when my next door neighbour waves to me: lovely Lake Massawippi. Of changing mood, he entertains the neighbourhood with many surprises, be he calm, aggressive, peaceful or lively. I watch his fluctuations, his changing colors, with great interest. To my eyes, he is a priceless treasure, full of dreams, pleasure and life. Although in the past he might have been neglected or mistreated, today he has found a family that works hard to slow down his premature aging, protecting his shoreline from wrinkles and retarding its erosion. The people from around have realized what value he has and how precious he is to their lives and hearts.

Someone I admire refers to him as "heaven on earth" … he is right. His beauty emanates from every parcel of earth and infuses well-being. It is with great pride and tenderness that I, in turn, present my love North Hatley, to friends who come to visit.

dimanche 6 juillet 2008

Souvenirs en mémoire...

Au moment où je publiais mon billet "Une fleur se meurt", ma tante exhalait son dernier soupir. C'est ce que j'appris quelques heures plus tard. Sa maladie ne nous avait laissé aucun doute sur sa fin prochaine. Malgré tout, il est toujours bouleversant de se retrouver devant le fait accompli. Particulièrement d'assister au grand chagrin de ses enfants et à celui, incommensurable, de son vieil époux.

Ce furent des moments émouvants que vinrent pourtant adoucir les retrouvailles. Je revus des cousins, des cousines, des tantes et oncles, des connaissances, les vieux amis de notre famille et parfois même les amis de nos amis. Nous nous sommes rappelés des événements lointains. "-Tu te souviens de ..." "-Je me rappelle que ...". Avec mes cousines nous avons beaucoup évoqué notre enfance. Les fois où je me fis garder chez ma tante. La longue et éprouvante maladie de son premier mari, mon parrain. La configuration des pièces de leur ancienne maison. Les enfants que nous étions. Des événements cocasses ou dramatiques.

Durant ces quelques heures passées en terre abitibienne il y eut aussi des moments heureux. Entre autres, celui d'avoir au bout du fil une ancienne compagne de classe lorsque je fréquentais l'école primaire. Elle vit en Belgique depuis 40 ans. Nous parlâmes de choses et d'autres et elle m'apprit, puisque je n'en avais gardé aucun souvenir, que nous fûmes en compétition l'une contre l'autre en composition française. Il semble que le vendredi le professeur choisissait la meilleure rédaction et en faisait la lecture devant la classe; mon amie me dit que la lutte se fit souvent entre sa composition et la mienne. La mémoire retient certains souvenirs et en efface d'autres.

Aussi, lorsque nous fûmes tous réunis, après les funérailles de ma tante, je nous observai et me dis que nous étions en train de nous fabriquer des souvenirs. Certains seraient tristes ou touchants et d'autres comiques. Ma nièce Anne-Sophie contribua à ceux de cette dernière catégorie.

Du haut de ses 9 ans, ma nièce nous fit part qu'elle trouvait un de ses petits cousins "vraiment beau". Malgré ses descriptions, nous n'arrivions pas à reconnaître celui dont elle nous parlait. Elle me dit alors: "-Viens, je vais te le montrer et pour ne pas que ça paraisse, je vais faire semblant de me choisir un dessert." Une de mes tantes, assise en face de ma nièce, décida de nous accompagner puisqu'elle connaissait le prénom des nombreux petits cousins qui étaient regroupés à la table près du buffet. Après que ma nièce eut désigné discrètement l'objet de sa pâmoison, ma tante la pris par surprise et lui présenta Yosef qui, en souriant, lui serra la main. De retour à notre table, Anne-Sophie s'écria: "-Je ne me laverai plus jamais la main et en plus, il m'a parlé!!!" avant de demander à Frérot, son père, de vitement lui donner son sac à main qui était près de lui. Devant nos regards médusés, elle fouilla à l'intérieur, en ressortit un miroir et s'y regarda peut-être pour s'assurer que le sourire qu'elle avait offert au si beau cousin n'avait pas été gâché par un quelconque résidu de sandwiche ou de chou-fleur. Toute la table s'esclaffa évidemment.

Parmi les souvenirs tristes de ces deux jours pendant lesquels nous avons fait nos adieux à tante Yolande, se glissera cette anecdote qui y sera dorénavant associée et qui nous fera sourire...

lundi 30 juin 2008

Une fleur se meurt…


Une fleur jadis grande, belle et forte
Ayant bravé le destin, pleuré ses disparus
Dans un dernier soupir franchira la porte
Pour bientôt rejoindre ceux qu'elle n'attendait plus

S'étiolant depuis tant d'années
Elle fit la paix avec l'existence
Entreprit un long voyage dans son passé
Pour nous laisser ses mémoires, son essence

Nous regretterons sa force tranquille
Nous souviendrons de ce qu'elle fut
Batailleuse têtue au corps fragile
Guerrière à la foi tenace et convaincue

Sa disparition créera un remous
Un grand vide jamais comblé
Qui nous rappellera surtout
Que la vie d'une fleur est bien vite passée

Pour Yolande
Ma tante, ma marraine
Et les siens qui lui tiennent la main