vendredi 11 décembre 2009

Impératif présent ...


Quand on veut aller au bout d’un projet, il faut avoir de la discipline, s’imposer une cadence et tenter de bloquer des périodes dans son agenda et, si rien de cela ne fonctionne, il ne reste qu'une solution: S’acculer soi-même au pied du mur.

Malgré ma paresse bonne volonté, je n’arrivais pas à me replonger dans l’histoire que j’avais débutée dans le cadre de mon examen en création littéraire. Ce n’est pourtant pas qu’elle doive être très longue puisqu’elle devra contenir entre 1000 et 1500 mots seulement. De plus, j’avais déjà en tête le déroulement et un premier jet avait été enregistré sur mon ordinateur. Mais entre une première version et un produit fini, je vous assure qu’il y a tout un monde de corrections, d’ajustements, d’ajouts, de suppressions et de peaufinage. Mais je m’égare…

Ainsi, dans le but non dissimulé de m’obliger à en finir une fois pour toutes avec cette fameuse histoire afin de la présenter à ma correctrice avant que le bon Père Noël ne vienne se faufiler dans ma cheminée, j’ai pensé vous en présenter la première partie. Vous aurez compris que, de cette façon, je serai contrainte de terminer la seconde avant la parution de mon prochain billet dimanche. À moins, bien sûr, que le ciel ne me tombe sur la tête…

Voici les consignes pour cet examen 3 du module 3 :

« Rédigez le début d’une histoire en choisissant de la commencer soit par l’ordre chronologique, soit par le conflit principal. Votre texte devra comporter de 1000 à 1500 mots. Ne vous attardez pas trop sur la description de votre personnage principal. Cela constituera l’objet de la prochaine évaluation. Vous serez entre autres évalué sur le respect de la contrainte imposée, le fond et la forme de votre création. »

Le titre : Panique transatlantique.

Lorsqu’un voyant rouge se mit à clignoter sur le tableau de bord, le pilote perdit sa belle assurance. Sur son visage, le sourire qui l’illuminait se mua en un rictus d’étonnement doublé de la plus vertigineuse des angoisses.

Vivement, l’homme actionna un gros bouton jaune et attendit, en vain, que le témoin passe au vert. Quelques secondes plus tard, il comprit qu’il était réellement dans de mauvais draps; il ne lui restait plus qu’à entamer sa descente en priant pour que ce qui se trouvait sous lui soit propice à un atterrissage d’urgence.

Secoué dans tous les sens, l’homme dut faire appel à toute sa concentration pour réussir la manœuvre délicate qui consistait à poser son engin parmi les congères qui zébraient le paysage accidenté. Le cœur battant à tout rompre, ce n’est qu’une fois son appareil immobilisé qu’il pu respirer à nouveau, tout en marmonnant dans sa barbe de plusieurs jours, qu’il commençait à se faire trop vieux pour de telles acrobaties.

Un coup d’œil à sa montre lui apprit ce qu’il savait déjà : s’il n’arrivait pas à identifier la cause de la panne, il serait irrémédiablement en retard, ce qui constituerait une véritable catastrophe. Coûte que coûte, il devait trouver ce qui n’allait pas et redécoller. Fébrile, l’homme sauta de l’habitacle et brandit le faisceau de sa torche ici et là, cherchant à découvrir ce qui clochait. S’il était l’un des meilleurs pilotes que le ciel ait vu voler, la mécanique représentait un territoire inconnu qu’il n’avait jamais désiré explorer. Cette nuit-là, il sentit qu’il allait le regretter amèrement.

Les aiguilles marquèrent 22h00. Encore une demi-heure et il ne pourrait rattraper le temps perdu. Pour la première fois de sa longue carrière, l’homme ne sut que faire et ce constat l’affligea. Sa mission était de la plus haute importance et il devait l’accomplir. Il n’avait pas le choix.

Le visage défait, il ne pouvait croire qu’il serait contraint d’abdiquer, de déclarer forfait. Sous l’éclairage d’urgence, il remonta dans le cockpit, en proie au désespoir le plus profond. Pendant ce temps, au dessus de sa tête, la voute céleste se donnait en spectacle, insensible aux tourments de ce pauvre bougre échoué au milieu d’un immense et blanc désert.

–Non! Pas ça, pas ça… Murmura-t-il.

C’est alors qu’il entendit, déchirant le silence, un son qu’il reconnut immédiatement. Puis, au loin dans le ciel, il distingua un faible éclat rougeoyant qui grossissait rapidement et se dirigeait droit sur lui.

4 commentaires:

Zoreilles a dit…

Le poisson est ferré d'aplomb. À quand la suite?

Contes de Fée a dit…

@ Zoreilles:

Hum, la suite? Ç'aurait pu être ce soir. Mais, en relisant attentivement les consignes pour l'examen, je me suis rendue compte que je n'avais pas tout à fait bien saisi... Résultat? La seconde partie du texte devra être remaniée complètement.

Ça m'apprendra ...

:O)

Fitzsou, l'ange-aérien a dit…

... je dirais même plus "ça devait être ce soir..."
Ben quoi? tu nous laisse en plan comme ça?...

Contes de Fée a dit…

@ Mon Ange:

N'avais-je pas écrit "si le ciel ne me tombe pas sur la tête"?

Bon, ce n'est pas tout le firmament mais un beau gros morceau de la voute qui m'a dégringolé dessus et sur mon personnage qui devra improviser (et moi aussi).

Mais promis, je m'y remets bientôt.

:O)