mardi 15 décembre 2009

Tomber à plat ...


Mes préparatifs des Fêtes avançaient drôlement bien! J’avais rédigé mes dernières cartes de Noël et il ne me restait qu’à aller les déposer au bureau de Poste. Puis, hier, j’avais profité d’une incursion au centre-ville pour m’acheter deux cadeaux de Noël. Au retour, je m’étais empressée de les emballer, les yeux fermés. Si je me souviens qu’il s’agit de romans, un en anglais et l’autre en français, j’en ai oublié les titres et le résumé. J’adore les surprises!

Mes menus du Jour de l’An étaient affichés sur le frigo depuis une semaine. Il m’avait fallu tenir compte qu’il y aurait, durant la période des Fêtes, plus de carnivores que de végétariens autour de ma table. J’avais réussi à trouver des marchands spécialisés dans la fabrication de mets haut de gamme comme des tourtières, des pâtés au poulet et autres plats à base de viande. Décidément, ça se passait bien.

Pour loger tout ce beau monde qui allait débarquer chez moi les 29 et 30 décembre, il me manquait une couche confortable et j’avais commencé à faire des recherches sur internet pour trouver un magasin de meubles pas trop loin de chez moi, espérant dénicher un divan-lit compact ou un futon abordable. Quant aux draps, j'aurais eu honte d'obliger mes invités à dormir entre mes vieux trucs en flanellette! Heureusement, mon amie Claudine avait sauvé ma réputation en achetant pour moi deux ensembles en percale qui étaient en solde à la boutique où elle travaille. Je l’avais échappé belle!

Dans mon salon se trouve un foyer surplombé d’un large manteau de cheminée. J’avais imaginé y suspendre dix jolis bas de Noël tout bossus de contenir des petits présents et des babioles pour les miens. Par conséquent, la semaine dernière je m’étais mise au travail : après avoir dessiné un patron, j’avais taillé une série de bas dans une magnifique tapisserie. Je voyais déjà la scène : Frérot allumait un feu avec le bois qu’il avait prélevé de sa réserve, dont il avait rempli sa remorque, pendant qu’au dessus de sa tête, les bas dodus attendaient l’heure de se faire dépouiller. Je songeais déjà aux jolies photos que j’allais prendre!

Pour le repas de la veille du Jour de l’An, je désirais que ma table soit particulièrement invitante, et j’avais en tête un projet pour fabriquer des marques-places. Quant à la nappe, je la voulais blanche, même si elle risquait de ne pas le demeurer longtemps. C’est ainsi qu’hier, en revenant du centre-ville, j’avais confectionné deux nappes assez longues pour couvrir ma table une fois ses deux panneaux ajoutés. Puis, dans le même tissu, j’avais taillé plusieurs serviettes; pour une fois que j’allais recevoir toute ma famille, je n’allais quand même pas utiliser celles de papier!
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Je venais tout juste de repasser la trente-deuxième serviette pour bien aplatir l’étroit ourlet que j’avais fait tout le tour, lorsque le téléphone sonna.

- Salut Soeurette!

- Hé! Salut Frérot!

- Je t’appelle parce qu’il arrive quelque chose, mais c’est rien de grave…

- Ha! oui? De pas grave?

- Ouin, mais c’est un peu plate par contre…

- Plate?

- Ouin… Maman m’a dit qu’elle se sentait trop fatiguée pour aller chez toi aux Fêtes…

- …

- … et si Maman reste ici, je veux pas la laisser toute seule…

- …

- donc, on n’ira pas chez toi au Jour de l’An.

- C’est pas vrai? Zut alors … mais bon, t’as raison, c’est pas grave, mais c’est plate en sapristi, vraiment plate...

Je m’empressai ensuite de téléphoner à Grand Frère qui m’avait laissé imaginer qu’il pourrait peut-être envisager se joindre à nous le 1er janvier, afin de l’informer du revirement.

- Allo Grand Frère!

- Allo Soeurette!

- J’espère que tes billets d’avion ne sont pas réservés parce que Maman ne se sent pas suffisamment en forme pour sortir de chez elle au Jour de l’An.

- Non, finalement, Pamoureuse et moi, on n’aurait pas pu y aller…

- Ah, bon, c’est pas grave…

Quant à Grande Sœur et Bôf-Adoré, ils avaient déjà réservé leur billet et atterriront à Montréal à la fin de décembre. Nous passerons donc le Jour de l’An ensemble, tous les trois.
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D’accord, de n’avoir pu être tous réunis après 16 ans d’éloignement, ce n’est pas si grave. N’empêche, je trouve ça plate, vraiment plate…

4 commentaires:

Lise a dit…

Sally fée,

oui c'est plate, mais je suis certaine qu'avec ton don d'émerveillement, et ce coeur d'enfant que tu as gardé, tu sauras tout de même profiter de ce temps des fêtes.

Et les retrouvailles se feront un jour, c'est certain. Le temps passe tellement vite...

Une nouvelle maison, un nouveau départ! Et une fée n'a pas toujours besoin de sa baguette magique pour voir la lumière.

Bonne année 2010, lumineuse Fée!

Contes de Fée a dit…

Chère Lise,

Malgré ma grande déception de n'avoir pu rassembler ma famille, je me console en pensant à la joie que j'aurai de recevoir mes anglais préférés dans ma nouvelle maison.

Quant à l'Abitibi, si elle n'a pu venir à moi, et bien, pardi, j'irai à elle! ;O)

Merci pour vos bons voeux Lise; je vous souhaite une année 2010 Fée-rique et remplie d'amour.

Fitzsou, l'ange-aérien a dit…

Bon, la phrase plate: "Rien n'arrive pour rien"... Qui sait si un amoureux ne sera pas à t'attendre dans un petit café sur la 1ère Avenue...

Contes de Fée a dit…

@ Mon Ange:

Euh... sur la 1re Avenue à Amos? J'espère bien que non!

:O/