mardi 3 février 2009

Déplier bagage…


Mes bagages n'étaient pas encore défaits que le téléphone se mit à sonner. Bon, d'accord, il est vrai que ça me prend un temps fou à vider mes valises lorsque je reviens de voyage. Des jours? Pffff… pire encore. La plus grosse, celle qui était pleine à craquer lorsque je suis revenue de
Saint-Pierre et Miquelon le 5 janvier dernier, gît encore près de mon lit. A l'intérieur s'y trouvent quelques chaussettes, un pull ou deux et un cahier de notes. J'avais bien cru pouvoir lui régler son compte jeudi dernier lorsque je commençai mes préparatifs pour aller à Amos mais finalement je n'eus besoin que de la petite. Résultat? J'ai maintenant deux valises qui traînaillent dans ma chambre.

Mais revenons à nos sonneries. Mon amie Céline sera absente de son atelier toute la semaine et elle m'avait demandé si je pouvais la remplacer auprès de sa clientèle. En couture, février est un mois tranquille. Le printemps est encore trop loin pour donner envie aux gens de ressortir leurs vêtements légers qui, durant l'hiver seront devenus trop étroits, trop courts ou pas assez tendance.

Néanmoins, deux clientes me téléphonèrent, à quelques minutes d'intervalle, ayant besoin de faire modifier pour une, et raccourcir pour l'autre, quelques vêtements. Une des deux clientes est une jeune femme qui fait le beau métier
d'illustratrice de livres pour enfants. Il m'est arrivé à plusieurs reprises de la croiser au petit café où j'ai mes habitudes. Elle est la fille de la propriétaire de la boutique dans laquelle mon amie Céline a installé son atelier de réparation, et la sœur de mon technicien informatique qui lui, est le conjoint de la fille de mon ancienne coloc. Vous me suivez? Bref, je la connaissais un peu avant qu'elle ne vienne frapper à ma porte.

Cette
artiste sait ce qu'elle veut. Et elle adore les vêtements. Mais pas n'importe lesquels. Ce qui l'emballe c'est d'aller chiner dans les bazars; elle revient avec des tuniques, des jupes et des robes qui n'ont souvent coûté que quelques sous. Il lui arrive aussi de dénicher des balles de laine, des coupons de tissus et, pour son grand bonheur, de magnifiques rubans et galons décoratifs qui, dans des magasins spécialisés, se vendent plutôt cher.

Commence alors son véritable plaisir: elle imagine telle robe raccourcie ici ou là, superposée sur une tunique ou une autre. Elle coupe les manches d'un pull qu'elle épingle sur celles d'un chemisier ou d'un manteau; elle visualise un col ou un capuchon taillé dans une jupe ou un châle de laine.

Parmi les vêtements que cette designer en herbe m'a apportés, un devra être ajusté tandis qu'un second aura besoin d'être réparé. Un autre, une longue tunique en coton indien, qui fut choisie pour sa couleur, devra être agrandie.

Mais la pièce de résistance est une robe composée d'un corsage qui s'est vu greffé d'une jupe garnie d'une bande de dentelle. Ma nouvelle cliente trépignait littéralement de joie lorsque la couturière à qui elle avait confié la transformation, lui montra le résultat. Mais… une erreur lors de la prise des mesures fit en sorte que la robe, si jolie fut-elle, se révéla beaucoup trop petite. Si petite, qu'elle fut incapable de l'endosser.

Et c'est là que mon intervention fut requise. En utilisant les retailles de tissu récupérées du corsage et en taillant une nouvelle jupe dans un coupon du coton imprimé, je pourrai redonner toute sa dimension à la robe tant désirée. Et ça, juste au moment où j'avais l'intention de songer à évaluer la possibilité de vider mes valises... Zut!

2 commentaires:

Zoreilles a dit…

Il doit y avoir quand même des travaux plus emballants que d'autres, comme de redonner vie à un vêtement qui autrement aurait été abandonné longtemps dans une penderie, sans tes doigts de fée.

Contes de Fée a dit…

Emballants et instructifs.

Lorsque je dessine un vêtement, je tente d'éliminer ce qui est compliqué et qui donnerait envie à ma couturière de fabriquer une poupée vaudou à mon effigie...

Alors que si j'ai à transformer un vêtement selon les désirs d'un client, je dois affronter les difficultés au lieu de les contourner.

J'aime ...