jeudi 5 février 2009

Repassage à tabac…


Il n'avait rien vu venir. Dès qu'il avait tourné la poignée de la porte de la salle de bain, celle-ci s'était ouverte d'elle-même, comme si elle avait été poussée de l'extérieur. L'adolescent maigrichon n'avait eu que le temps de tendre les bras, évitant ainsi de recevoir en pleine poire le lourd objet qui lui était tombé dessus.

-Tu parles d'une distraction! Se dit le jeune homme de 17 ans en allant ranger la lourde planche à repasser dans le placard où elle aurait dû être remisée. Faite de bois massif, elle avait été fabriquée par son grand-père il y avait de cela très longtemps. Sa mère, qui aurait bien pu remplacer cette vieillerie par une nouvelle plus légère, s'entêtait à utiliser cette ancienne planche qui devait bien peser dans les trente livres.

L'adolescent avait oublié cet incident lorsque, quelques jours plus tard, en voulant sortir de la salle de bain, il se retrouva aux prises avec la fameuse planche qui avait été appuyée sur la porte. Mécontent, mais néanmoins surpris, il alla la remettre à sa place. Puis il partit à la recherche de sa mère qui devait être en train de ranger les vêtements qu'elle venait de repasser; ses distractions finiraient par blesser quelqu'un, à la fin!

Lorsqu'il pénétra dans la cuisine il fut étonné. Sa mère avait les bras blancs de farine et pétrissait une pâte à pain dans un grand bol. Et c'est là qu'il aperçut sa petite sœur, juchée sur une chaise. Qu'il remarqua son drôle de sourire. Soudain, malgré qu'elle fût en train de malaxer, avec beaucoup de vigueur, une petite boule de pâte, il eut un soupçon.

-Maman, as-tu fait du repassage tout à l'heure? Demanda-t-il.
-Du repassage? Non. Pourquoi?

C'est alors que la fillette pouffa de rire, ne pouvant contenir plus longtemps sa satisfaction d'avoir joué un tour à son grand frère.

Les jours passèrent et le jeune homme, lorsqu'il entrait dans la salle de bain, prit l'habitude de tendre l'oreille. La planche à repasser était si lourde qu'il était persuadé qu'il entendrait sa petite sœur la déplacer si elle s'avisait de tenter de l'attraper à nouveau.

Il sous-estima sa sœurette; non seulement elle sut attendre le moment où il baisserait la garde, mais elle arriva, sans faire le moindre bruit, à mouvoir le lourd objet. Ainsi, plusieurs semaines après son dernier tour, la petite peste récidiva. Un moment plus tard, lorsqu'elle entendit le bruit d'une chute suivi d'éclats de voix, elle courut se cacher derrière la jupe de sa mère. Si elle ne craignait pas les représailles de ce grand frère si doux, elle jugeait quand même préférable de se trouver une alliée.

Vous l'aurez deviné, la petite canaille, c'était moi. Et celui que je réussis à berner tant de fois, c'était mon Grand-Frère-Disparu. Ah, le coup de la planche à repasser!

Tiens, il ne faudrait pas que mes nièces apprennent cette histoire! C'est qu'elles ont, elles aussi, une victime euh… un grand frère tout doux. Bof, les planches à repasser sont tellement légères maintenant…

2 commentaires:

Zoreilles a dit…

T'étais espiègle, toi, dis donc!

Contes de Fée a dit…

Juste un p'tit peu!

:O)