samedi 7 février 2009

L'odyssée du prince…


Je t'offre ce conte de Fée…
Bon anniversaire!
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Il était une fois, très loin d'ici, un charmant prince qui vivait sur une toute petite île déposée au milieu de l'océan. Il habitait un château qui avait été construit au sommet de la plus haute montagne. Il y coulait des jours paisibles, entouré des siens et aimé de ses sujets.

Le prince était un homme heureux. Toutefois, il avait le sentiment que son bonheur était incomplet; comme si une facette de sa vie restait à polir. Que pouvait-il donc lui manquer? De l'or? Des diamants?

Chaque jour, le prince montait tout en haut de sa tour et passait des heures à rêver, ses yeux errant sur la surface de l'océan. Comme il l'aimait cette mer. Qu'elle soit teintée de bleue, barbouillée de gris ou écumante de colère, elle savait l'émouvoir. Elle avait toujours fait partie de sa vie et il ne pourrait vivre loin d'elle. Jamais.

Les jours d'ennui, il arrivait au prince de se demander ce qu'il y avait là bas, au bout de l'horizon. Se pourrait-il qu'il existe d'autres terres? Étaient-ils seuls, lui et ses sujets, à habiter cette immensité?

Las de ses questions, il comprit que le temps était venu d'obtenir des réponses. Aussi, il décida de faire construire un navire. Il engagea les meilleurs artisans et après des mois de labeur, il pu enfin monter sur le pont. C'était un beau et grand bateau. Son mat, finement sculpté, était si haut, qu'il se perdait dans les nuages. Et ses voiles, telles des ailes d'un blanc pur, claquaient au vent, impatientes de prendre le large.

Le prince choisit le jour de son anniversaire pour lever l'ancre. Les lueurs de l'aurore commençaient à teinter le ciel, lorsque le prince regarda la terre s'éloigner et son royaume rétrécir peu à peu. A l'instant où son île ne fut plus qu'un point minuscule sur la ligne d'horizon, il sentit une grande fébrilité l'envahir. Tout à coup, il redevint le petit garçon qu'il avait été. Il quitta la poupe du navire et alla se poster à la proue, impatient de découvrir où la mer le mènerait.

Ils naviguèrent ainsi pendant trois jours et trois nuits, entre l'océan immense et le ciel infini.

Le capitaine et le prince disputaient une partie de cartes lorsque qu'ils entendirent ce mot tant attendu: Terre! Ils se précipitèrent tous deux sur le pont. A l'horizon, tout là bas, une longue bande foncée contrastait avec le bleu de l'océan et celui du ciel. Et ils se dirigeaient droit dessus.

Il leur fallut près de quatre heures pour approcher la côte et trouver un endroit pour se mettre à l'abri avant la nuit. Le crépuscule venait de tomber lorsqu'ils jetèrent l'ancre. Aussi, le prince jugea préférable d'attendre au lendemain avant d'aller à terre. Cette nuit là, personne ne put trouver le sommeil tant il leur tardait de découvrir ce monde inconnu.

Au petit matin, après un déjeuner hâtif, un canot fut descendu et le prince, accompagné du capitaine et de trois marins, y prirent place. Lorsque l'embarcation s'enlisa dans le sable, les hommes sautèrent par-dessus bord et tirèrent la barque sur la plage.

C'est le cœur battant que le prince posa le pied sur la terre ferme. Il avait maintenant la preuve que son île n'était pas la seule à flotter sur la mer immense. Cela signifiait, hors de tout doute, qu'il en existait d'autres. Plusieurs? Où? Pourrait-il… Le prince n'eut pas le temps de poursuivre ses réflexions. Des hommes, une dizaine, se dirigeaient vers eux. Un peu inquiet, le prince leva les deux mains en signe de paix. Le groupe s'arrêta et un homme, sans doute leur chef, fit un pas en avant et tendit les mains à son tour. D'un même mouvement, le prince et le chef du clan se mirent en marche, s'avançant lentement l'un vers l'autre.

Le prince examina l'homme qui se tenait devant lui. Malgré son étrange accoutrement, l'individu lui inspira confiance. Son sourire semblait franc et son regard était empreint d'une grande douceur. Lorsque le chef prit la parole, le souverain, étonné, découvrit que son dialecte ressemblait étrangement à sa langue.

L'homme lui fit comprendre qu'il se trouvait au royaume d'Haghia, un pays habité par des fées, des sorciers et quelques humains. Son nom était Luboak; il était le chef et le grand mage de ce territoire.

Pour souhaiter la bienvenue à ces visiteurs venus de très loin, Luboak convia le prince ainsi que le capitaine et son équipage, à un grand banquet. En acceptant, le prince ne se doutait pas qu'il allait enfin trouver ce qu'il cherchait depuis si longtemps.

Ce fut une soirée pour le moins magique, et les habitants d'Haghia allaient se souvenir longtemps de cette grande fête et de leurs amis venus de par delà l'océan.

Le prince n'avait pas été sans remarquer le charme de la fille aînée de son hôte, la fée Elliha. Son sourire mutin, ses boucles brunes et ses grands yeux verts captivèrent le jeune monarque. Assise en face de lui, elle le questionna sur son pays, sur l'immensité de l'océan, sur les montagnes qui entouraient son château. Le prince, en lui répondant, tentait de cacher l'émoi que la belle faisait naître en lui. Comment pourrait-il gagner son cœur? D'ailleurs, était-il libre? Et il lui faudrait bientôt reprendre la mer pour retourner vers ses sujets. Accepterait-elle de le suivre? Comment lui demander de quitter les siens, de dire adieu à ses vallées verdoyantes, à sa vie?

Le prince chassa ces idées qui risquaient d'assombrir la joie qu'il ressentait auprès de ses nouveaux amis.

De son côté, la jeune femme était troublée. Elle avait été subjuguée par la profondeur du regard si bleu, du prince. Il y avait tant d'amour et de respect lorsqu'il évoquait son royaume et ceux avec qui il le partageait. Elle aurait tout donné pour qu'il lui offre son cœur. Mais pourrait-elle lui demander de quitter son île? Pourrait-il se faire à ce monde, si différent du sien?

Lorsque les appétits furent rassasiés et que les musiciens commencèrent à faire résonner leurs instruments, le prince entraîna la fée Elliha sur la terrasse qui croulait sous le foisonnement de plantes étranges et odorantes. La nuit étoilée, telle une immense écharpe, recouvrit leurs incertitudes et leurs craintes. Elle su inspirer le prince et rassurer la belle. C'est en levant les yeux au ciel, au moment où apparut une étoile filante, que leurs mains se touchèrent. Leur regard se rejoignirent un court instant, avant que leurs lèvres se soudent pour un baiser qui su exprimer d'avantage que toutes les déclarations d'amour.

Ils n'eurent pas besoin de mots pour comprendre que, malgré l'océan qui allait bientôt les séparer, leur cœur continuerait de battre à l'unisson, gardant intact leur amour et leur univers.

A partir de ce jour, on revit souvent, amarré dans la baie du royaume d'Haghia, un grand navire portant le doux nom d'Elliha.
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Et ils vécurent très heureux …
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Si je lui avais coupé les ailes
Il aurait été à moi
Il ne serait pas parti
Mais ainsi
Il n'aurait plus été un oiseau
Et moi
C'est l'oiseau que j'aimais."
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(Hegoak)

3 commentaires:

Zoreilles a dit…

Une belle histoire comme je les aime, avec la mer, l'horizon sans fin, les îles, le ciel étoilé, les bateaux, les amours, les plages et la liberté...

Elle était sur mesure pour moi et j'avais 5 ans tout le temps que je te lisais!

Contes de Fée a dit…

Merci Zoreilles,

J'apprécie sincèrement tes mots d'encouragement et d'appréciation.

Je devrais plonger plus souvent ma plume dans l'encre dont on fait les contes. C'est un univers dans lequel je me sens tellement bien.

Sally Fée,
5 ans et 3/4
:O)

Anonyme a dit…

Incroyable ton talent pour l'écriture...J'aime énormément te lire...
Et la belle pensée de la fin est allée se réfugier dans mon baluchon en songes...
xoxo