mardi 23 février 2010

Pas ce soir ...


Mardi matin : il neigeote, c’est le jour de mon cours de peinture et j’ai mal à la tête.

Deux Advil, petit-déjeuner et début de la production pour la boutique de Chicoutimi. Le mal de tête persiste. Mon dîner n’y change rien.

Midi quarante-cinq : visite à la bibliothèque municipale où je retourne cinq bouquins et en emprunte cinq nouveaux. Près de l’entrée, une étagère contient des romans que personne n’a plus envie de lire. J’en déniche dix qui deviennent miens pour $10.25. Si ce n’était de mon mal de tête, je sauterais de joie.

Il est passé 13h15 et le cours débute lentement parce que tout le monde a des questions sur son projet personnel. Moi, je n’en pose qu’une : «Est-ce qu’on pourrait commencer?». Il semble que oui… Mon ciel est bleu, la mer aussi, mais plus foncée. Le professeur me surprend à mélanger le bleu de Prusse et le blanc sur ma palette. Oups… Les montagnes près de la ligne d’horizon me donnent mal à la tête, mais pas autant que l’herbe jaunie et le vert des bosquets.

«C’est donc ben beau!», répète ma consœur étudiante, celle à qui le qualificatif «sympathique» ne sied pas trop et qui est amie avec celle d’à côté qui est du même acabit. Je fais comme si je n’avais pas entendu… j’ai trop mal à la tête.

Seize heures trente et des poussières: en remontant la rue transversale, les quinze livres pèsent lourd dans mon cabas à roulette et la gadoue dans laquelle je patauge n’arrange pas les choses. Les muscles douloureux de mon bras, de mes trapèzes et de ma nuque me font oublier un instant mon mal de tête.

À peine entrée dans la maison, le téléphone sonne. «Martin? Je te rappelle.». Quinze minutes plus tard, ding-dong; ma cliente arrive pour le second essayage de deux pantalons auxquels j’ai fait plusieurs ajustements qui s’avèrent réussis. Ouf! Bien qu'un étau me serre le crâne, je souris et elle fait de même malgré le montant de sa facture.

Re-ding-dong. Un livreur? À 18h00? Oui, me dit ce dernier tout sourire, car chez UPS c’est payant de faire des heures supplémentaires! Il repart en me souhaitant la bienvenue à Saint-Sauveur et en me laissant un ballot de tissu qu’il me faudra tailler pour une commande spéciale de ma cliente du Saguenay.

Mais pas ce soir, j’ai trop mal à la tête…


7 commentaires:

Samuel Pothier a dit…

Je ressentais votre malaise cérébral à travers l'écriture: percutant (et douloureux!)

Peut-être une balade sur le chemin de briques jaunes vous remettrait d'aplomb; bonne guérison!

SP

Lise a dit…

Misère! Même sans avoir mal à la tête je ne serais pas venue à bout de la moitié de ce que tu as fait.

Quand ça me frappe (pour dire le moins)je n'ai qu'un désir obsédant, et lancinant comme ledit mal de tête: me coucher en boule dans mon lit, et oublier le reste du monde. Mais il est vrai que je ne suis pas une Fée...

Lise a dit…

Et j'oubliais le principal, avoir écrit ce texte avec un mal de tête. Bravo!

L'insulaire a dit…

C'est une "tough" notre fée :)

Mais ne serait-ce pas l'étang de la Cormorandière ? ...ce qui signifierait que la réalisation est réussie !

Je te souhaite bien du mieux pour aujourd'hui en tout cas.

** *

ClaudeL a dit…

Vous ne pouviez pas mélanger le bleu et le blanc sur la toile? Seulement sur une palette?
Et le mal de tête finalement?
Peut-être les sinus?

Contes de Fée a dit…

@ Samuel:

Au pays d'Oz? J'y penserai la prochaine fois. Ça va déjà mieux, merci! Tiens, vous êtes gentil en plus d'être drôle!

:O)

@ Lise:

Ce n'était qu'un banal mal de tête dû à des tensions à la nuque et aux épaules. Lorsque je fais des migraines, là, c'est autre chose et je deviens "loqueteuse"!

@ L'Insulaire:

J'avais oublié le nom mais je garde de magnifiques souvenirs de Miquelon. Tu me pardonneras d'avoir modifié légèrement le panorama et d'avoir omis les deux gros blocs de pierre? Au prochain cours je tenterai de les greffer au paysage (c'est pas facile, les arbres...)!

** *

@ ClaudeL:

Eh non! Mon prof. insiste pour que nous "mixions" nos couleurs sur la toile. D'ailleurs mon ciel a été fait ainsi. J'ai plus de difficulté avec les bruns qui nécessitent plus de couleurs.

Mon mal de tête vient probablement d'avoir été trop penchée sur de trop nombreux contrats de couture récemment. Rien n'est parfait!

Anonyme a dit…

Des livres de lecture! Il me plaît de lire... parfois, mais jamais pour en faire une corvée. Toutefois, puisque je suis inscrit à un cours de création littéraire, j'ai récemment fait un effort avec l'ouvrage:«L'envie d'écrire, oser l'aventure des mots», de Marie-Christine Guillon. J'y ai fait la découverte de nombreux termes expressifs et mots nouveaux, sauf qu'après quelques pages, j'ai trouvé les textes trop surchargés de plein de qualificatifs et j'allais l'abandonner avant la fin.
Fort heureusement, il m'est venu l'idée d'une lecture rapide pour noter des mots nouveaux, ou des associations de mots pouvant me servir pour colorer mon écriture.
Puis un passage du livre me fait la suggestion d'une phrase à compléter:«Une femme retire sa chemise, qui laisse voir une autre chemise, qu'elle retire, qui laisse voir une autre chemise, qu'elle retire...» Et voilà que nait la création par mon imagination: elle retire sa chemise, laissant paraître la blancheur des boutons d'une autre chemise, laissant entrevoir les délicates teintes rosées d'une broderie sur une nouvelle chimise qu'elle défait délicatement la boutonnière pour exposer de délicieuses aréoles en motif sur un gilet ajusté à des contours pour en révéler de douces rondeurs au-dessus du relief laissé par un nombril. Joli nombril qu'il m'aurait plu d'explorer l'histoire, délicieux plaisir engageant d'y glisser un index innocent; joli nombril surplombant l'interdit, celui de la cachette de bébé, la caverne d'Ali Baba; jolie nombril qui me ramène mes joies d'y glisser un doigt. Et ce n'est qu'une ébauche à une composition mieux développée.

Crépuscule, pour aimer écrire et... quelque fois lire ':)