mercredi 8 octobre 2008

Le jour de la marmotte…


La vie est un perpétuel recommencement: chaque jour nous posons les mêmes gestes, formulons les mêmes souhaits de bonheur, ressentons les mêmes désirs d'une vie harmonieuse.

Pas surprenant qu'en cours de route il nous arrive parfois d'avoir une impression de "déjà vu". Comme si la vie, taquine, rembobinait le film de notre parcours pour nous le projeter encore et encore. Au montage il y a bien quelques ajouts, de légères modifications, mais la trame reste similaire.

Nous ressentons la même angoisse mêlée de fébrilité pour ce projet tout neuf ou ce nouveau travail. Un changement de cap nous passionne mais nous insécurise. Une nouvelle rencontre nous fait rêver, parfois hésiter. La fin d'une idylle nous broie le cœur ou nous amène à réfléchir sur ce qu'elle aurait pu devenir. Boulots, foyers, passions, ils se succèdent à la fois uniques mais si semblables.

Mon aujourd'hui s'annonçait sensiblement le même que l'autre d'il y a trois semaines: Rendez-vous avec Marie, ma sorcière de coiffeuse, suivi de quelques courses ici et là qui, sans être tout à fait pareilles à celles de l'autre fois, n'étaient pas si différentes.

De retour dans mon village je fis un crochet par le bureau de poste comme d'habitude. Comme la fois précédente, en passant devant l'antiquaire, je m'arrêtai pour saluer Lise, mon ex-coloc qui y travaille. Mes pas me menèrent ensuite à l'atelier de couture de mon amie Céline, l'ange gardien qui s'occupe habituellement de Jules lorsque je m'absente.

De coutume, nous prenons le temps de monter à l'étage de la boutique Passerose qui abrite un sympathique café pour déguster, elle une tisane aux fruits et moi un thé English Breakfast. Pas aujourd'hui. Dès que je mis les pieds dans son petit local attenant à la boutique, elle me demanda si j'avais envie de lui prêter main forte. L'automne lui apportait beaucoup plus de travail qu'en temps normal et elle avait à confectionner, avant samedi, une dizaine de coussins pour chaise. "Débordée" fut le terme qu'elle employa.

C'est ainsi que je passai une partie de mon après-midi à assembler des rectangles de tissu que Céline avait déjà taillés. J'y retournerai demain et, une fois les coussins terminés, je l'aiderai à venir à bout des nombreuses réparations qui s'ajoutent jour après jour.

Bref, ma journée fut semblable aux précédentes sans toutefois être vraiment pareille. Car aujourd'hui j'ai fait une rencontre; ma première du genre. Elle a bien failli mal tourner comme il arrive parfois. Mais la fin est jolie, vous l'aimerez…

Sur la route qui me ramenait dans mon village, j'aperçus une petite bête qui se dirigeait lentement vers la ligne jaune au centre de la chaussée. Deux automobiles me suivaient. Malgré mes coups de klaxon, la bestiole hésitante restait en plein dans la trajectoire de mes roues. Après avoir ralenti, je réussis à la contourner et à stationner ma voiture sur le bas-côté. Dès le moteur éteint, je me jetai hors de mon véhicule et allai me placer devant la petite chose téméraire pour l'empêcher d'aller plus loin, en tentant de la repousser avec mes pieds.

Les conducteurs des voitures derrière moi eurent la gentillesse d'attendre que j'aie immobilisé ma protégée avant de passer. Sauf qu'en sens inverse, un peu plus loin, je venais d'apercevoir un camion-remorque qui arrivait à vive allure. Le petit animal était apeuré et devait bien se demander ce que je lui voulais! Je réussis tant bien que mal à le faire reculer jusque sur le bord de la route. Lorsque je constatai que le fond du fossé était recouvert d'herbe et qu'il était sec, je n'hésitai pas et je fis dégringoler la boule de fourrure jusqu'en bas. Au même moment, le camion passa en vrombissant.

Émue malgré tout, il ne me resta plus qu'à souhaiter que la petite marmotte n'ait pas l'idée de remonter et de traverser la route. Ce n'est pas tous les jours qu'elle aura une bonne Fée pour veiller sur elle…

4 commentaires:

Lise a dit…

Fée,

une autre belle histoire, le sauvetage de la marmotte ! Et je ne plaisante pas, j'aime tellement les animaux ( avec ou sans fourrure ), et j'aurais fait sans doute la même chose.

Ça va bien avec le texte racontant comment tu as libéré un petit insecte d'une toile d'araignée. Moi aussi quand je trouve une "bibitte" je m'empresse de la remettre dans son milieu naturel. Je me dis que tout ce qui vit à le droit d'être ici autant que nous.

Et, en tant que future mémère à chats, je m'assume entièrement. Les animaux consolent de bien des choses, ce n'est pas peu dire...

Le Scarabée... a dit…

Chère petite Fée...

C'est par des petites histoires de ce genre que je comprends l'affection que j'ai pour toi. Tu respectes la Vie et je sais qu'elle te le retourne également sans condition...

Ton ami le Scarabée...

Zoreilles a dit…

C'est aussi ce que j'ai compris de toi dans ce récit, ton amour de la vie, ton goût d'en prendre soin, à la fois pour tes amis(es) débordés(es) comme pour les marmottes insouciantes!

Anonyme a dit…

Je suis française et je ne sais pas ce qu'est une "bibitte", par contre je connais à North-Hatley la boutique Passerose , mes enfants m'y ont acheté une très jolie robe.
North-Hatley est charmant .Le village est jumelé avec un village médiéval de Dordogne : Eymet.
Si vous y venez j'aurai plaisir à vous recevoir.
Liliane Bureau