mardi 2 mars 2010

Hors d'oeuvre ...


Dorénavant, à mon cours de peinture, il n’y aura plus d'exercice imposé. Ainsi, durant les six prochaines leçons, chaque élève choisira un projet qui sera supervisé par notre professeur.

Aujourd’hui, je devais poursuivre le paysage entrepris la semaine dernière. Toutefois, comme nous l’avons appris cet après-midi, avant de continuer une oeuvre déjà amorcée, nous devons enduire la toile d’huile de lin puis l’essuyer parfaitement avec un papier absorbant. Il va sans dire que cette étape exige que la peinture précédente soit sèche et archisèche. Sur la mienne, le ciel et la mer l’étaient, mais pas le brun des collines qui auront besoin de beige ici et là ainsi qu’un peu de vert pour les conifères qui poussent en taillis sur cette partie de Miquelon. Merci à mon ami l’Insulaire pour m’avoir soufflé le nom de l’étendue d’eau que j’ai tenté de reproduire et qui est désignée comme l’étang de la Cormorandière.

Par la force des choses, j’ai plutôt travaillé sur un tableau commencé il y a trois semaines et qui représente une scène campagnarde, sorte de clin d’œil naïf au métier d’éleveur et d’agriculteur qui fut celui de ma mère durant une grande partie de sa vie. Maladroitement, j’ai peint notre silo, la nouvelle grange qui fut construite après l’incendie qui détruisit notre ferme au début des années 1970 et l’étable qui, à une époque, abrita une centaine de bêtes. J’ai modifié la topographie du terrain, déplacé des vallons et fait disparaître la route de gravier que j’ai remplacée par une clôture de perches qui me semblait plus facile à peindre poétique que celle de barbelé qui ceinturait le pacage de nos vaches.

Il me reste encore beaucoup de peinture à appliquer, d’ajouts à faire et de corrections à apporter pour que l’ensemble soit attrayant. Malgré tout, je m’amuse comme une enfant et ça tombe drôlement bien, car une fois terminée, c’est à ma mère que j’offrirai cette oeuvre. Et comme c’est une femme de goût, surtout lorsqu’il s’agit de sa progéniture, les mots lui manqueront pour dire combien elle me trouve intelligente, belle, drôle talentueuse. Puis je parie que, contrairement à mon professeur, Maman ne passera pas de commentaire sur la couleur des poils de Caillette.

D’ailleurs, a-t-on jamais vu une vache avec une si jolie robe?


3 commentaires:

François Sobieraj a dit…

Chapeau !
Votre personnage armé d'une fourche fait penser au célèbre "Gothique américain" de Grant Wood.
Quant au décor, c'est du pur douanier Rousseau.
Cordialement.

Anonyme a dit…

C'est tout comme si je retrouvais la célèbre série des «Arpents verts». Mais où donc se trouve Mme Douglas?

Au risque d'être répétitif, je dirais que votre coup de pinceau est à travailler encore.
Toutefois, la vache est bien invitante par son regard, on souhaiterait presque gambader dans ses traces ':)


Crépuscule, pour aimer écrire et... apprécier le charme bucolique.

Contes de Fée a dit…

@ François:

Oh! Merci! Justement, le chapeau: j'en avais fait l'esquisse et j'ai dû le cacher puisqu'il n'était pas du tout réussi. Ma mère portait toujours un large chapeau de paille et je sens que j'aurai besoin de beaucoup de patience pour arriver à en reproduire la texture. Ce sera un excellent exercice!


@ Crépuscule:

Je ne désespère pas; comme ma plume, mon pinceau finira bien par s'assouplir!