mardi 30 septembre 2008

Mon été indien …


Me voilà de retour après deux semaines de vacances pendant lesquelles la température fut exquise.

Grande Sœur et moi avons pris la route qui nous a conduites à Amos où nous attendaient Frérot et sa petite famille ainsi que Maman. Entre les soupers familiaux, les balades sur les chemins de notre village natal dont l'arrêt au cimetière pour un bref recueillement sur la pierre tombale de Papa, nous avons profité de ces moments rares et précieux.

Contre toute attente, j'ai pu voir trois de mes amis assis autour d'une même table à un resto d'Amos. Mon vieux chum Dan n'ayant pu se joindre à nous, l'amie Sylvie et moi avons accepté son invitation le lendemain pour un délicieux souper dans sa belle maison de campagne que Sylvie a pris un plaisir évident à découvrir.

Grande Sœur, Maman et moi avons aussi rendu visite à oncle Michou qui, malgré le vide qu'a laissé ma tante récemment décédée, a décidé de vivre sereinement les belles années qui lui restent. Il habite maintenant une charmante maison de retraite à Rouyn-Noranda, ville qui l'a vu naître, entouré de cousines, d'anciens compagnons et de connaissances.

A trois coins de rue de là habite une tante, sœur de Maman, qui nous a accueillies chaleureusement. Elle traverse une période difficile et se bat courageusement contre la maladie et les traitements pénibles qu'elle doit subir pour tenter de faire disparaître à tout jamais de sa chair et de son vocabulaire le mot "
cancer". Notre visite surprise lui a apporté un grand réconfort.

La route de retour fut ensoleillée et nous a menées dans les Laurentides où Grande Sœur et moi, après un arrêt chez ses amis, avons déambulé dans les rues de Val David et de St-Sauveur, cassé la croûte sur des terrasses et savouré l'ambiance particulière et le charme pittoresque de ces beaux villages qui avaient revêtu leurs jolies couleurs d'automne. Nous y retournerons sans aucun doute.

C'est sur la rue St-Denis samedi dernier que se sont retrouvés, après une quinzaine d'années, nos neveux et notre nièce. Je me demandais comment allait se passer cette rencontre de jeunes adultes qui n'avaient gardé que peu de souvenirs les uns des autres. Ce fut encore mieux que ce que j'avais espéré…

De ma place, j'ai pu observer les sourires radieux de ces jeunes gens portant le même patronyme, qui semblaient vraiment heureux de renouer les liens. Ce qui m'a fait le plus plaisir, fut de voir les yeux de M-A. mon "grand-petit-neveu" comme il se désigne, pétiller de bonheur lorsque sa tante, mon ex-belle-sœur s'est déplacée à l'autre bout de la table et s'est assise près de lui pour "refaire connaissance".

En regardant tout ce beau monde sourire, se raconter et aussi s'observer pour retrouver les traits des enfants ou adolescents qu'ils étaient il y a 15 ans, j'étais heureuse. Il ne suffit parfois que d'un bon prétexte pour se réunir au lieu d'attendre que ce soit un événement malheureux qui s'en charge. Cette fois-ci ce fut la visite de Grande Sœur au Québec. L'été prochain ce sera pour faire la connaissance de bébé-Meaghan qui verra le jour dans une ou deux semaines. Il y a de grandes chances aussi qu'on se réunisse tous pour souligner un autre événement heureux, mais ça, ce sera un autre Conte de Fée…

Pour l'instant, la vie reprend son cours. Je taillerai une commande pour ma cliente du Saguenay et je poursuivrai la rénovation de ma petite maison rouge en attendant qu'un acheteur se manifeste. Je travaillerai sur un projet que j'ai décidé de devancer et reprendrai la plume avec un grand plaisir. Je bûcherai aussi sur mon examen 4 en création littéraire qui me donne un peu de fil à retordre. Puis je continuerai à rêver d'une escapade aux îles de Saint-Pierre et Miquelon et à un bel insulaire qui y vit…


PS: Ha oui! Mon ami le Scarabée… Je vois vos yeux pétiller de curiosité. Comment est-il? Comment s'est déroulée notre rencontre "pour vrai"?

C'était une journée magnifique et ensoleillée. Il est venu frapper à la porte de la chambre d'oncle Michou et nous nous sommes retrouvés tous les deux face à face, moi croyant que c'était un préposé de la résidence, lui pensant qu'il était en retard!

Comme nous n'avions que quelques minutes à nous, nous avons décidé de marcher sur la promenade du Lac Osisko au centre-ville de Rouyn. Le vent chaud et puissant balayait tout autour de nous; il nous a accompagné tout le long de ce rendez-vous disons… surréaliste. Assis face au lac, nos voix devenues familières au fil des longues heures passées au téléphone nous ramenaient à notre amitié virtuelle. Mais dès que nous tournions la tête, que nous nous regardions dans les yeux, nous trouvions étrange de ne pas nous reconnaître. Ce fut une très belle rencontre et comme les deux complices que nous sommes devenus, nous avons repris nos discussions là où nous les avions laissées lorsque Bell nous servait d'intermédiaire.

@Lise et Zoreilles que ça intéressera sûrement: mon ami le Scarabée est un superbe garçon, très grand, mince et vraiment charmant. Ho, les filles, du calme! Il n'est pas disponible, hé non…

jeudi 25 septembre 2008

Semaine 2 avec Grande Soeur...

L'Abitibi et les Laurentides sont derrière nous. Grande Soeur et moi sommes arrivées à l'auberge située au coeur du Plateau, en fin d'après-midi après avoir passé la nuit chez des amis à Ste-Adèle et exploré les rues et les galeries d'art de St-Sauveur. C'est Bof Adoré qui sera content du magnifique tableau que Grande Soeur lui rapportera; il a été réalisé par un peintre montréalais. Mais c'est une surprise... je compte sur vous pour garder le secret!
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J'imagine que, tout comme celles des Laurentides, les forêts de l'Estrie ont revêtu leurs jolies parures d'automne. Le panorama est magnifique! De vert, tout est passé au jaune, au rouge et au orangé en quelques jours à peine. Même en quittant Amos hier matin, nous pouvions voir quelques jolies taches colorées parmi les épinettes sombres.
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La journée de demain sera dédiée à ... ne rien faire, à improviser, à ne pas avoir d'horaire sauf pour un souper probable avec la cousine Diane que Grande Soeur n'a pas revue depuis plus de 20 ans.
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Quant à samedi, ce sera une journée spéciale. Très très spéciale même. Un resto du coin sera témoin des retrouvailles de cousins et cousine qui ne se sont pas vus depuis une quinzaine d'années. Nos neveux et notre nièce, une ex-belle-soeur et son conjoint ainsi qu'une bientôt maman (et conjointe d'un neveu), sans oublier Grande Soeur et moi, Soeurette, nous nous retrouverons autour d'une table pour nous raconter les uns les autres, pour nous observer, pour nous dire à quel point le temps passe vite et pour nous promettre de nous revoir plus souvent. Et vous savez quoi? J'ai vraiment hâte!
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Je devine que quelques uns(es) d'entre vous aimeraient bien savoir si j'ai pu rencontrer "pour vrai" mon ami le Scarabée lors de mon séjour en Abitibi. Et bien, vous devrez attendre encore un peu pour le savoir...
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Bon week-end!
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samedi 13 septembre 2008

J'aime ...


… imaginer le regard de Grande Sœur cherchant celui de sa sœurette pendant qu'elle avancera entourée des autres passagers en provenance d'Heathrow lundi prochain.

… songer à l'arrêt que nous ferons dans les Laurentides et à ces deux semaines que nous passerons ensemble à nous observer, à discuter, à apprendre à mieux nous connaître.

…traverser le parc La Vérendrye lorsque le soleil brille, revoir ses routes sinueuses, ses nombreux lacs scintillants, ses arbres à perte de vue.

… sentir mon cœur battre un peu plus vite lorsque sur la 117, un peu après l'ancien garage Croteau et juste avant le Motel Amosphère, j'aperçois le toit de la cathédrale Ste-Thérèse qui domine la ville.

… penser à la joie de Maman, de Frérot, de LadyDy et de mes nièces lorsque Grande Soeur et moi frapperons à la porte de notre petit frère mercredi soir.

… m'attabler dans n'importe quel café ou bistro d'Amos et regarder autour de moi au cas où j'apercevrais une connaissance, un ancien compagnon de classe, une ex-collègue.

…croire que j'aurai le temps de bavarder avec ma copine Lina devant une tisane, de prendre un café avec mon vieux chum Dan et de trinquer avec l'amie Sylvie entre deux visites de famille.

…imaginer qu'après tous ces mois d'échange de courriels, toutes ces heures passées au téléphone à parler affaires, de la vie et de nos amours respectifs, je pourrai enfin rencontrer "pour vrai" mon ami le Scarabée.

… anticiper le souper-retrouvailles qui réunira, après de longues années, la progéniture de mes deux Grands frères.

… rêver à celui qui donne à mon bonheur une si jolie teinte; un bleu de mer, un bleu d'azur, bleu comme ses yeux…


A bientôt…


jeudi 11 septembre 2008

Maudite jalousie ...


Hier j'ai passé quelques heures à l'usine de mon sous-traitant. Je devais faire imprimer des traceurs de coupe pour une petite commande que ma cliente du Saguenay m'a fait parvenir.

J'étais dans la salle de coupe déserte et j'avais entrepris de sortir des étagères mes rouleaux de tissu qui s'y trouvaient encore pour les rapporter chez-moi. C'est alors que j'entendis une voix familière me dire: "Tiens, bonjour mademoiselle!". C'était Ex. Après avoir été brièvement partenaire de mon sous-traitant, il y occupe maintenant un poste en développement web, enfin je crois.

Nous avons échangé quelques mots à la sauvette; nous avions pourtant tout plein de choses à nous raconter. Il eut le temps de me dire qu'il avait été touché de revoir quelques amis(es) lors des funérailles de l'ami Dédale, qu'il savait que mon amie Diane était venue me visiter (il avait lu le billet sur mon blog) et qu'il venait d'adopter un chiot Husky. Puis il a ajouté: "-S'il fallait que C. apprenne que je t'ai parlé…". La femme qui partage la vie d'Ex fait des crises d'urticaire lorsqu'elle m'aperçoit et ce depuis le début de sa relation avec mon ancien associé et conjoint. Et comme elle travaille aussi chez mon sous-traitant, il est inévitable que nous nous croisions à l'occasion.

Ex m'a avoué qu'à cause de moi, elle lui a fait toute une scène récemment. J'avais envoyé un message à Ex et elle l'a lu. Oui, elle l'a lu. Et euh… il fallut que, sur la poignée de courriels que je pus envoyer à Ex depuis notre séparation, la majorité pour lui faire part d'événements qui concernaient l'entreprise de laquelle, à cause de l'inertie du notaire, il est techniquement encore co-propriétaire, elle tombe sur CELUI qu'elle n'aurait pas dû lire…

J'avais appris que C. reprochait à Ex de pas arriver à "se couper de son ancienne vie" (?). Je connais C. depuis 4 ou 5 ans et elle fut une amie pendant 2 ans. Bref, je ne comprenais justement pas son attitude puisqu'elle connaissait les sentiments qui ne nous habitaient plus Ex et moi depuis des années. Alors en juin dernier, peu de jours après son anniversaire, j'avais écris à Ex un courriel vibrant d'amitié et d'empathie. Mes mots disaient ceci:
"Je trouve ça quand même dommage ce que tu vis... Maudite jalousie, comme le chante Kevin Parent... En plus, c'est injustifié, chose du passé et complètement inutile sauf à rendre fragile votre amour parce qu'un jour tu vas peut-être en avoir ta claque de ne pas avoir la confiance de celle avec qui tu partages ta vie. Enfin, je te souhaite vraiment vraiment que tu finisses par être heureux." Oups…

Bon, si en principe elle n'avait aucune, mais aucune raison d'avoir peur de moi, là je crois qu'elle en a une excellente pour me détester.

"Maudite jalousie, c'en est rendu une maladie…"


mardi 9 septembre 2008

131...



C'est le nombre de boutons que j'ai cousus aujourd'hui. Ma cliente du Saguenay n'a pu résister aux rabais mirobolants que je lui ai offerts et elle a dit oui à la moitié des vêtements qui se languissaient dans des boites depuis 1 ½ an.

Il me fallu passer le fil dans le chas de l'aiguille à 43 reprises et la piquer 786 fois dont 1 seule dans mon index gauche. Saviez-vous que les boutons cousus à la main résistent plus longtemps que ceux fixés à la machine? Parfois d'avantage que le vêtement lui-même? C'est tout dire…

Outre la nuque douloureuse et les épaules courbaturées, ces 7 heures passées à l'atelier ont néanmoins permis à mon esprit de réfléchir, de peaufiner des plans, de se projeter dans l'avenir et de butiner ici et là. Je le surpris même à quelques reprises à faire de la haute voltige au dessus d'une île minuscule au large de Terre-Neuve!

Cela m'a rappelé le bouquin de Pierre Morency "Demandez et vous recevrez" que j'ai entrepris de relire récemment. Ce physicien et aventurier posait la question suivante: "...combien de temps par semaine passez-vous à simplement penser?". Bon, j'avoue que depuis le début de l'année j'ai eu tout plein d'occasions. Ce temps je l'ai pris puisqu'enfin je l'avais.

Au cours des derniers mois, j'ai aussi réalisé que le travail physique et répétitif, celui qui ne demande aucune concentration, était idéal pour laisser vagabonder l'esprit. De ces moments peuvent naître des idées géniales, des solutions, des avenues auxquelles nous n'avions jamais songé.

Mais le temps que notre cerveau se mette au repos et se détache des obligations qui prennent toute la place, il faut souvent plus que le temps dédié à laver la vaisselle, le plancher ou à tondre la pelouse. Il en faut d'avantage pour le délester de tout ce qui l'encombre, pour faire le vide avant de mettre en marche la machine à penser.

Certes ce n'est pas tout le monde qui a des planchers à frotter à genoux, à vernir au pinceau-éponge ou du repassage qui peut occuper le corps durant 4 ou 5 heures d'affilée pendant que l'esprit met les voiles. Alors pour ceux et celles qui auraient besoin d'une occupation d'automate qui leur permettrait de faire le point et de réfléchir, j'ai une solution. Que dis-je… LA solution! Il me reste des boutons à coudre sur des redingotes. Voilà… 17 redingotes, multipliées par 5 boutons, fois 5 minutes chacun pour les débutants, cela donnerait, hum, voyons voir… 7 belles heures juste pour penser. Wow!!!

Comme l'écrit si bien Pierre Morency: "Si vous ne prenez pas le temps de penser pour améliorer votre efficacité au travail et la couleur de votre vie en général, qui le fera?"

@ Lise: mais non ce n'est pas l'enfer… mais oui j'enfilerai les aiguilles!

dimanche 7 septembre 2008

Caprice dominical...


Hier, alors que l'amie Claudine eut l'excellente idée de venir frapper à ma porte, histoire de se changer les idées, je l'invitai à partager mon souper. Le contenu du frigo ne me laissa que peu de choix et j'optai pour des pizzas-pita aux légumes et noix. La veille j'avais ouvert une bouteille de vin et ce qui en restait accompagna fort agréablement nos discussions pendant que le four répandait le parfum des poivrons rouges et verts, des champignons, de la sauce tomate et du fromage de nos pizzas qui cuisaient.

Ce matin, ayant avalé tardivement mon (très copieux) petit-déjeuner, je n'eus pas faim pour dîner. Mais à 17h00 il me vint comme un besoin de grignoter. Je repensai à la pizza d'hier mais ce dont j'avais envie, c'était de quelque chose de sucré.

C'est alors qu'une idée fit son chemin… Du congélateur je sortis une pâte-pita au blé entier. Je pelai et coupai en petits morceaux deux pommes qui s'avérèrent nettement insuffisantes. Une fouille plus exhaustive du frigo me permis de découvrir un zucchini qui menaçait de quitter son tiroir pour aller se réfugier dans le bac à compost si je l'ignorais plus longtemps. J'hésitai à peine quelques secondes et il s'en fut rejoindre, coupé menu, les pommes dans un bol. Je leur ajoutai un peu de cassonade, une pincée de cannelle et mélangeai le tout pour que le sucre adhère bien aux fruits et au légume.

J'étalai le mélange sur le pain-pita préalablement enduit de margarine, j'ajoutai des noix de Grenoble, encore un peu de cassonade et recouvris le tout de fines tranches de fromage Cheddar.

Trente minutes plus tard je sortis du four cette pizza aux pommes et zucchini qui se révéla être délicieuse. Très très délicieuse même…



vendredi 5 septembre 2008

Les éveilleurs…



J'aime les discussions avec mes amis. Lorsqu'on parle de nos vies, de nos amours, du travail, du quotidien. On évoque des rêves, des buts et on se remémore des expériences moins heureuses, des gaffes, parfois des regrets.

Ça me fait un bien fou à moi ces bavardages et ça me change de mes soliloques et de mes causeries avec Pixel et Jules. J'ai remarqué que souvent ça réveillait des idées et des vieilles envies enfouies dans mon petit cerveau surchargé.

Lorsqu'on est en affaires, ça devient une seconde nature d'élaborer des projets et de résoudre les problèmes qui surviennent, quels qu'ils soient. Des plans s'échafaudent, des rêves se transforment et se concrétisent ou sont mis en veilleuse pour être ressortis à une période plus propice. Des solutions, des alternatives et des virages "sur un 10 cents" sont imaginés en moins de temps qu'il ne faut pour dire "restructuration d'entreprise".

De partager ces plans ou ces sorties de secours avec un associé, un partenaire ou un conjoint nous aide à éliminer les plus farfelus et à classer les autres dans leur compartiment respectif. Le jour où le besoin s'en fait sentir, nous sommes deux pour retrouver l'idée utile ou la porte de sortie adéquate.

Seule, je constate que toutes ces idées et ces portes de secours s'entassent pêle-mêle dans les compartiments de mon cerveau qui, à l'image des tiroirs de mes commodes, sont sans dessus-dessous. Les nouvelles masquent les anciennes. Les plus intéressantes se retrouvent parfois sous les autres, les abracadabrantes, les folles, les ennuyeuses ou les trop sages.

Puis, au gré d'échanges, de conversations et même de jacassages avec mes amies et mes chums, une phrase ou un mot réveille en moi une idée poussiéreuse ou un vieux plan B oublié. Il suffit parfois d'un simple petit ajout ou d'un léger ajustement pour remettre ce projet ou ce dessein au goût du jour et au mien.

C'est ce qui s'est passé récemment. Tour à tour, Emma, Blanche-Neige et mon vieux chum Dan ont prononcé des mots magiques. L'un de ces mots a fait réapparaître un désir profond que j'avais rangé tout au fond d'un compartiment, car irraisonnable. Un autre a fait ressortir un vieux projet pour lequel j'avais même élaboré un plan détaillé; en modifiant légèrement le contenu, il est devenu encore plus intéressant. Finalement, Dan a dit tout haut ce à quoi je réfléchissais tout bas.

Il faut tendre l'oreille et lever les barrières… Qui sait quand des mots magiques seront prononcés, ramenant à la vie ce que nous avions cru à jamais endormi…

mercredi 3 septembre 2008

L'envie d'y croire ...


J'avais terminé le décompte de tous les vêtements étalés sur ma table de coupe et l'étape suivante consistait à entrer les données sur une grille Excel afin de pouvoir la télécopier à ma cliente du Saguenay. En plus du nom du vêtement, celui du tissu, la couleur, la quantité par taille et le prix de gros régulier, il me fallait encore déterminer "LE" prix qui ferait en sorte que ma cliente ne pourrait résister à la tentation d'acheter la totalité de mon inventaire… ou presque. J'étais bien décidée à aller en deçà du prix de revient car, chose certaine, ces vêtements ne feraient pas partie de mon prochain déménagement. Oh, que non…

Déterminée à en finir une fois pour toute, je venais de déposer mon inventaire manuel à côté du clavier de mon ordinateur lorsque le téléphone sonna. Au bout du fil, j'eus le grand plaisir d'entendre Lyne, une amie que je ne vois que rarement. Je lui avais rendu visite au printemps dernier juste avant mon escapade à l'île St-Pierre. Je l'avais trouvée en assez bonne forme malgré qu'elle fût toujours en convalescence. J'avais justement l'intention de lui téléphoner dans les prochains jours pour prendre de ses nouvelles et lui en donner des miennes.

J'étais heureuse de cet appel car mon amie Lyne n'ose habituellement pas me téléphoner, de crainte de me déranger ou je ne sais quoi. Je lui racontai le bonheur vécu lors de mon voyage dans les îles, elle évoqua le sien en Gaspésie. On parla de boulot et de nos projets jusqu'à ce que mon chihuahua m'avertisse avec force jappements, qu'on frappait à la porte d'en avant.

Tenant le téléphone d'une main et le chien de l'autre, je découvris sur le palier, des amis: Diane et son conjoint, B. Notre dernière rencontre remontait à bientôt cinq ans. Il y a très longtemps, Diane fut ma meilleure amie. Ma grande amie. Cette amitié dura une quinzaine d'années et prit fin à l'automne 1992 en même temps qu'apparaissait dans sa vie, un nouvel amour contrôlant et hermétique qui allait la tenir à l'écart une dizaine d'années. Malgré l'usure du temps et l'amitié sacrifiée, nous eûmes néanmoins du plaisir à nous revoir et nous passâmes un après-midi des plus agréables à bavarder de tout et de rien devant une théière fumante.

Et comme un peu plus tôt j'avais parlé longuement au téléphone avec Sylvie, ma future-ex-couturière que j'aime beaucoup et qui est aussi une amie. Et que juste auparavant, mon ami M. m'avait téléphoné pour partager avec moi le bonheur qui l'habite tout entier depuis qu'il a rencontré une personne merveilleuse (et géniale, belle, douce, intelligente, ouverte et qui ressemble à au moins 2 stars du cinéma...), je me dis qu'un de mes vœux s'était réalisé. Celui de partager avec des amis, dont certains débarqueraient chez-moi sans prévenir, des joies simples, des souvenirs, des rêves et des ambitions.

Si le souhait que j'avais exprimé dans un billet précédent s'était concrétisé, pouvais-je croire que mon second se réaliserait bientôt? Celui qui, avant que ne tombe la première neige, ferait apparaître un immense "VENDU" sur la pancarte "Maison à vendre" plantée sur mon terrain?

En partant de chez-moi en fin d'après-midi, Diane et B. m'ont promis deux choses: que nous nous reverrions bientôt et que jamais ils ne remettraient les pieds dans cette maison.

J'ai très envie d'y croire...

Jolie maison à vendre dans le charmant
village de North Hatley.
Zonage commercial et résidentiel

lundi 1 septembre 2008

dimanche 31 août 2008

Ses amis et les miens…

Je suis une nouvelle fan de Rafaële Germain. En plus d'écrire dans La Presse, cette jeune auteure collabore et se fait entendre à Radio-Canada à l'émission "Je l'ai vu à la radio".

Si j'avais dévoré son premier roman "Soutien-gorge rose et veston noir", j'ai bu jusqu'à la dernière goutte d'encre son second, "Gin tonic et concombre". Dès la première page, j'ai plongé dans l'univers délicieusement concocté où le doux-amer de la peur de l'engagement et celle de devenir une grande personne, se mêle au piquant du désir et de l'amour. Une généreuse rasade d'humour et d'amitié est venue épicer ce récit enivrant. Je m'y suis saoulée.

J'ai assisté avec bonheur aux aventures d'une poignée d'amis soudés très fort. Une fille, trois gars. Autour d'eux, des personnages colorés et tout aussi attachants qui avaient le don parfois, de se mettre les pieds dans les plats…

Rafaële Germain a une plume efficace, délicieuse, drôle et qui sait aussi être touchante. Spirituelle, spontanée, plus vraie que vrai, elle nous amène dans l'univers de Marine et de celui de ses trois chums de gars. J'ai envié leur monde, leur amitié à toute épreuve, leur connivence et … leur rituel du dimanche.

Ce furent 526 pages délectables et lorsque j'ai tourné la dernière, ce fut comme si j'avais dit adieu à ma gang de chums. Ce roman m'a rendue un peu nostalgique et m'a donné très envie de revoir mes amis disséminés un peu partout, d'Amos à Rouyn, en passant par St-Jérôme. Ceux de Québec et de Cap-St-Ignace. Et surtout celui, tout là bas, à St-Pierre. Car en Estrie, j'en ai peu. Trop peu.

Ce bouquin a également fait naître le désir de me faire des nouveaux amis, tout près ceux-là, avec qui échanger, rire, refaire le monde. Des amis un peu fous, ouverts, capables de donner et de recevoir. Des chums de gars et de filles qui débarqueraient chez-moi avec une bouteille de vin, 2-3 bières ou juste les derniers développements de leur nouvelle histoire de coeur. Des amis pour qui l'amitié aurait autant d'importance que l'amour. Pour que j'oublie un instant que les autres, mes vieux chums et mon insulaire, sont loin. Trop loin…

vendredi 29 août 2008

L'inventaire ...


Aujourd'hui, malgré le chaud soleil qui donne envie de paresser sur la terrasse avec un bouquin ou de faire une sieste à l'ombre des thuyas, je me suis enfermée à l'atelier.

Pourquoi? Parce qu'hier j'ai téléphoné à ma cliente du Saguenay et j'ai prononcé les mots "liquidation", "prix coûtants" et "fin de collection". En affaires, on apprend à recourir à la magie des mots lorsqu'on veut obtenir des résultats. Cela a tellement bien fonctionné, que je dois maintenant dresser à son intention l'inventaire du contenu de 5 ou 6 grosses boites. J'ai donc placé tous les vêtements sur ma table de coupe, ce qui m'a permis de les séparer par genre; ce fut en quelque sorte un voyage dans le temps. J'ai revu des robes de bal, de mariée et de tous les jours. Des jupes longues, des courtes et même des jupons. Des corsages de dentelle, de tricot et des bustiers. Des vestes pour femme, d'autres pour homme et des chemises. Des manteaux et des redingotes ont réapparu avec des foulards et des petites pochettes.

Durant cet exercice, l'image des dernières années m'est revenue. Beaucoup de travail, d'efforts et d'espoir. Toute l'énergie employée à tenter de garder la tête hors de l'eau dans un marché de plus en plus difficile. Puis la décision crève-cœur de fermer la boutique pour éviter à l'entreprise de sombrer complètement.

Des regrets? Pas du tout. Les bâtons dans les roues nous amènent à chercher des solutions. Nous font réfléchir aussi. A ce que nous voulons pour l'avenir et à ce que nous ne voulons plus. Ils nous rappellent que nous avons parfois des rêves barricadés et qu'il n'est jamais trop tard pour leur ouvrir la porte.

La mienne, j'ai décidé de l'ouvrir toute grande…

jeudi 28 août 2008

Présage ...



Malgré le sursit que nous accorde Dame Nature, ça ne sent presque plus l'été et déjà un peu l'automne. La lumière n'est plus tout à fait la même et dans l'air, il y a ce quelque chose de presque imperceptible, d'à peine tangible, qui nous donne envie de profiter goulûment de ces dernières journées avant l'équinoxe d'automne.

Dans mon village, les montagnes tout autour portent encore leurs jolies robes vertes mais déjà, ici et là on peut apercevoir quelques individus pressés d'endosser leur livrée flamboyante.

Les criquets multiplient leurs concerts et les asclépiades éparpillent leurs semences. Dans mon jardin, les jeunes geais bleus ont appris à se nourrir seuls et crient bien fort leur plaisir de venir chaparder mes dernières framboises tardives.

Les nuits sont fraîches et ont ce parfum de feux de bois et de terre mouillée qui donne envie de se blottir sous la couette et d'écouter la douce musique de deux cœurs qui battent à l'unisson, tel un heureux présage…

lundi 25 août 2008

Il était une fois…

Pour un moment, je laisse de côté l'histoire sur laquelle je travaille d'arrache-mots depuis quelques jours. Encore deux ou trois lectures méticuleuses et je serai prête à la soumettre à l'équipe d'une boite de marketing, dynamique et imaginative.

Comme mon ami Blanche-Neige doit bientôt venir me donner un coup de main pour déplacer les meubles du salon, je prends un peu de temps pour bouger ce que j'arrive à faire seule. J'ai vidé une première bibliothèque et rempli la penderie du salon de tout ce qui peut y loger.

En apercevant mes vieux albums-photos, je n'ai pu résister à la tentation d'ouvrir le plus ancien, celui que ma marraine m'avait offert pour mon anniversaire. Pendant ce court voyage dans le temps, j'ai revu cette petite fille alors âgée de 6 ans. Je me suis souvenue que quelques mois avant la prise de cette photo, ses cheveux étaient très longs mais qu'elle avait tant insisté auprès de sa mère que celle-ci, à regret, avait accepté de lui faire couper.

Le jour où le photographe était débarqué à son école pour croquer le portrait de tous les enfants, les professeurs, armés de peignes et de brosses, s'étaient attaqués aux petites têtes ébouriffées. La fillette n'avait osé dire à sa maîtresse d'école qu'elle détestait qu'on place ses cheveux derrière ses oreilles. C'est donc à cause de sa timidité qu'elle dû se résigner à se faire photographier ainsi coiffée.

Pourtant, j'aime beaucoup cette photo. Cette petite bouille intimidée avec ses grands yeux verts, son sourire un peu forcé et ses petites fossettes, me touche. Qu'a pu devenir cette fillette réservée et rêveuse? Quel fut son parcours? Ses rêves se sont-ils réalisés? A-t-elle aimé, ri, pleuré?

Je l'imagine aujourd'hui, passionnée, intrépide et amoureuse. Tournant sans regret des pages, des chapitres. Chaussant ses bottes de sept lieues pour faire de grands pas lorsqu'elle le doit. Ne regardant jamais en arrière, si ce n'est que pour contempler le chemin parcouru, tous les bonheurs vécus et pour parfois, revoir la petite fille qu'elle était et qui a su, malgré les ans, garder son cœur d'enfant…

samedi 23 août 2008

Mon père ...

Aujourd'hui, s'il avait été encore de ce monde, mon père aurait soufflé 85 bougies sur son gâteau d'anniversaire. Mais il nous a quittés le 3 juillet 1998 après avoir subi un second accident cérébro-vasculaire. La première attaque, en 1991, l'avait laissé avec une paralysie partielle, une légère perte de mémoire et un intellect passablement diminué. Cependant il lui restait tout ce qu'il fallait de ruse pour, au nom de sa paralysie, faire faire ses quatre volontés. Par contre, lorsque ma mère revenait d'une absence de plusieurs heures, il arrivait fréquemment qu'elle retrouve la pièce de mon père complètement réaménagée, le divan ayant pris la place de son lit, son vieux bureau de métal qui pesait une tonne, déplacé et le contenu du congélateur mis sans dessus-dessous, dans l'espoir d'y trouver une tarte ou un gâteau.

Lui jadis féru de politique, d'actualité et de lecture, n'avait plus la concentration nécessaire pour lire ou pour suivre ce qui se passait dans le monde et vers la fin, il s'abrutissait l'après-midi devant une télé débilitante ou encore il comptait le nombre de camions qui passaient devant la fenêtre du salon qui donnait sur la route tout près.

Quel contraste avec l'homme qu'il avait été. A l'époque où il était commerçant, il aurait réussi à vendre une moissonneuse-batteuse à un citadin . Il avait des opinions sur tout, des ambitions, des rêves et un sens de l'humour dont ses enfants ont hérité. Au début de mon adolescence, mon foyer devint une famille d'accueil. Plusieurs garçons et filles de tout âge défilèrent chez-moi, les uns pour quelques jours, les autres pour plusieurs années. Lili et Rolande furent de ce nombre. Une fois adolescentes, elles eurent bien sûr des copains que maman invitait parfois à partager notre souper. La blague préférée de mon père, au dessert, était de demander à l'amoureux timide et pétrifié s'il voulait un "bon morceau de tarte aux pommes avec une boule de crème glacée dessus". Évidemment, le garçon acceptait et là mon père lui répondait en souriant: "-Ah, si c'est dommage... on n'en a pas...".

Lorsque ma mère et lui vivaient encore sur la ferme, mon père répétait à qui voulait l'entendre "qu'il était le plus bel homme du rang 4". Et il avait entièrement raison! Notre rang comptait seulement trois maisons: la première était habitée par les "vieux garçons", deux frères très âgés, courbés et ridés comme des fruits séchés. La nôtre était au milieu, puis au fond, c'était la maison de la famille D. Le père de famille, un gentil monsieur et ancien bûcheron, avait des traits grossiers et un nez imposant. Malgré tout, l'affirmation de papa nous faisait rire. Et combien de fois l'avons-vous entendu répéter, un petit sourire aux lèvres: "Ah, que je suis dont tanné d'être beau, jeune et joli...".

Enfant, je n'ai jamais été proche de mon père et mon adolescence tumultueuse n'arrangea rien. Cependant, une fois adulte, je vis les efforts qu'il déployait pour se rapprocher. Rien ne lui faisait plus plaisir que lorsque j'acceptais de l'accompagner dans ses périples au Témiscamingue ou chez des "prospects" comme il appelait ses clients potentiels. Combien de fois, durant la période où je vécu dans ma première maison de campagne, dans un fond de rang en Abitibi, débarqua-t-il chez-moi pour venir prendre un café et me parler de politique, de machinerie agricole ou d'autres sujets que je trouvais barbants. Mais je voyais à quel point cela lui faisait plaisir d'être là et je l'écoutais, acquiesçais et lorsqu'il repartait, je savais qu'il était content.

Puis un jour, je décidai de prendre un congé sabbatique. Mon plan était simple: partir à Québec chez ma copine Josée-Ninon et prendre ça cool pendant un an. Puis retourner dans ma maison que j'avais louée, reprendre mon boulot et ma vie d'avant qui m'auraient attendue. Malgré le statut temporaire de mon absence, mon père fut très affecté par mon départ. Et pour la première fois de ma vie, je le vis pleurer lorsque j'allais dire au revoir à mes parents. Cela me bouleversa...

C'était en décembre 1987 et mon père était encore en santé; c'était avant que la maladie ne frappe et ne le change à tout jamais.

Mais dans mon coeur, il restera pour toujours "le plus bel homme du rang 4".

Fleurs sauvages qui poussent près du cimetière
de Saint-Maurice de Dalquier.

vendredi 22 août 2008

Dame Jacqueline ...


Au milieu des années 1990 la bâtisse qui abritait le célèbre restaurant Dame Jacqueline de North Hatley, était condamnée à être démolie. En lieu et place serait construit l'édifice qui accueilleraient entre autres, la boutique et galerie d'art Yvan Dagenais, portraitiste talentueux et réputé qui allait devenir, avec son épouse Chantal, des amis.

Avant sa démolition, Ex avait "acheté" la bâtisse et son contenu pour 3 jours. Il avait eu le temps de récupérer trois bains sur pattes, des portes françaises, des fenêtres et quelques feuilles de tôles embossées qui provenaient du plafond du fameux restaurant. Les fenêtres furent installées sur la façade de ma maison où jadis se trouvait la galerie extérieure. Deux feuilles de tôle carrées de 24 X 24 pouces trouvèrent leur place dans la cuisine, les bains et les portes furent vendus tandis que les autres tôles furent remisées dans la cave.

Il y a deux ans, lors du départ d'Ex, je fis un ménage monstre dans la cave mais je décidai de conserver les tôles au cas où…. Les espaces de rangement étant peu nombreux, j'empilai toute sorte d'autres "au cas où" sur les feuilles de métal: un paquet de bardeaux de bois, des tuiles extra pour le plancher de la cuisine, une vieille armoire qui cache une planche à repasser, l'antique chaise (en morceaux) de grand-papa, des tubes isolants pour les tuyaux, des goujons… Bref, je n'apercevais qu'un petit bout des tôles.

La semaine dernière, je réfléchissais à la façon de remplacer l'hideuse, cabossée et rouillée plaque de métal sur laquelle est déposé le petit poêle à bois du salon. Au printemps dernier je m'étais rendue dans un magasin spécialisé espérant trouver le même type de plaque qui, j'en étais certaine, ne me coûterait pas trop cher. L'homme qui me répondit avec un air un tout petit peu suffisant, me dit: "-Ça, ma p'tite madame, ça se fait plus depuis longtemps, mais je pourrais vous vendre ce modèle là …" et il me montra un truc composé de carrés de céramiques noirs, gris, bruns que je trouvais non seulement laid, mais imposant et à des lieues de ce que j'avais imaginé.

Je m'étais presque résignée à repeindre l'ancienne plaque et à la fixer à nouveau au plancher pour qu'elle arrête de retrousser dans les coins. Mais pour cela, il fallait que je décide une fois pour toutes de l'orientation du poêle. Mon salon est relativement grand; d'un côté il y a l'espace télé et vélo stationnaire. De l'autre, c'est celui qui accueille le futon-lit et où j'aime lire. Depuis que les vis ne retenaient plus la plaque au plancher, j'avais pris l'habitude, au gré de mes fantaisies, de pivoter le poêle pour l'orienter soit vers le futon-lecture, soit vers le petit fauteuil-télé. Et bon, j'aimais assez le principe.

J'allais bientôt être prête à débuter la restauration de la seconde partie du plancher du salon et décidément, le cas de la plaque me turlupinait. C'est alors que j'ai pensé aux tôles embossées. Je crus qu'en en combinant quelques unes, ce serait assez grand pour y déposer le poêle. J'avais justement un bout de contre plaqué ¾ qui pourrait me servir d'assise.

Je descendis à la cave et entrepris d'enlever tout ce qui était empilé sur les tôles. Et là… surprise! J'avais oublié qu'en plus des petites carrées, il y en avait des rectangulaires. J'en trouvai une qui demandait un minimum de restauration; sa superficie était suffisante et ferait exactement l'affaire. Je la vissai sur la feuille de bois et repliai ses rebords sur deux côtés. Chez mon voisin quincaillier, je dénichai des petites rondelles "Slide Glide" que je fixai sur l'envers du contre plaqué. Je garnis le contour d'une moulure de bois (trouvée aussi dans la cave) et enduis le tout de trois couches de peinture noire.

C'est la semaine prochaine, lorsque des amis viendront me donner un coup de main, que je saurai si j'ai réussi à relever le défi d'avoir un poêle pivotable.

J'imagine le sourire de Dame Jacqueline…

J'ai trouvé ce texte glissé parmi plusieurs autres. Pour vous éviter de devoir parcourir
le long article pour le trouver, je l'ajoute ici:


Tirés de L'Agora, vol 2 no 10 (1995)
Un survol de l'histoire du pain
par Hélène Laberge


"Celui qui fait germer deux épis sur un terrain vierge se rend plus utile à l'homme et à sa patrie que toute une ribambelle de politiciens."

"Le pain retrouvé
par Hélène Laberge


On assiste à l'heure actuelle à un phénomène étonnant: la création de boulangeries artisanales dans tout le Québec. L'Agora, fidèle à sa vocation de montrer les liens entre le présent et le passé, sans lesquels notre vie n'est qu'une succession d'instantanés, veut dans ce dossier rendre hommage à une pionnière du bon pain: Dame Jacqueline. Au début des années soixante-dix, à North Hatley, dans les Cantons de l'Est, Dame Jacqueline ouvrait une boulangerie-restaurant qui allait pendant vingt ans devenir un lieu d'attraction touristique pour les Européens aussi bien que pour les Québécois. Implantée au coeur d'un village depuis peu conquis par les professeurs de l'Université de Sherbrooke, mais fondé par les riches Sudistes américains, à qui il doit son admirable architecture, la boulangerie était elle-même un lieu historique: l'immense maison faisant face au lac datait du XIXe siècle et un de ses logements situés en retrait avait servi de prison! Ce restaurant, qui allait devenir l'un des fiefs de la campagne référendaire de 1980 par ses fameux déjeuners du dimanche, représentait pour Jacqueline Cusson beaucoup plus qu'une aventure gastronomique: il s'agissait de conquérir la clientèle locale anglophone, d'afficher les couleurs du français, de les faire respecter.

C'est ici que commence une histoire presque archétypale, celle du lien d'amitié qui a duré jusqu'à la mort, entre la grande dame de North Hatley, Emily Le Baron, dont la famille est implantée dans la région depuis la Révolution française, (le surnom de Le Baron avait été donné à l'ancêtre, un noble réfugié aux usa qui n'avait jamais révélé son véritable patronyme!) et Jacqueline Cusson. D'un côté la gentry anglaise, avec toutes ses qualités d'attachement au terroir et au patrimoine qui la rendent si proche des gens de la terre. De l'autre, le peuple québécois incarné dans une Gaspésienne expatriée à Montréal, ayant eu dure vie et travail acharné, mais ayant décidé, au milieu de sa vie, de s'enraciner à tout prix dans ce magnifique village.

C'est donc Emily Le Baron qui a acheté à Jacqueline son premier pain. C'est elle qui l'a fait connaître en l'offrant à ses amis. C'est elle enfin qui le matin du référendum est venue dire à Jacqueline: "What ever will be the result of the referendum, we will stay friends, wo'nt we?" Car Jacqueline, cette passionaria de l'indépendance, avait par amitié consenti à parler l'anglais! Le pain de Jacqueline! Qu'en dire d'autre que ceci: nous l'avons consommé tous les jours pendant vingt ans, toujours avec ce quelque chose qui est plus que le plaisir: le sentiment de l'achèvement. Il nous semblait éternel, ce pain. Il a disparu maintenant, comme la boulangère. Mais il renaît dans les boulangeries artisanales qui apparaissent dans les régions depuis quelques années. Nous vous en présentons quelques-unes en pensant que l'esprit de Dame Jacqueline a peut-être soufflé sur tous ces boulangers qui ont l'expertise, et ce brin de génie effervescent qui la caractérisait! Ce dossier sur le pain est donc dédié à la mémoire de Dame Jacqueline."

jeudi 21 août 2008

Olym-pique…


Dans la discipline du lever de l'abat-jour,
ce diptère a remporté les médailles d'or,
d'argent et …de bronze!

mardi 19 août 2008

Noël en août…


Je prends une pause, une toute petite, le temps que sèche, dans la cave, la peinture de ma première réalisation faite à l'aide de ma scie sur table. Je dois aussi trouver deux amis qui pourraient me donner un coup de main pour déplacer les meubles du salon. La première partie du plancher est terminée et tout ce qui est entassé au fond doit être transporté et déposé délicatement sur les lattes qui ont reçu leur dernière couche de vernis hier. Il me tarde de commencer les travaux sur la seconde section du plancher.

J'ai contacté à deux reprises l'ami Blanche-Neige mais il ne répond pas à mes courriels. Qu'à cela ne tienne! J'ai son numéro de téléphone au travail, à la maison et celui de son cellulaire… Il ne pourra pas se cacher bien longtemps!

Ce que je ferai durant cette pause involontaire? Lire? Tailler le gazon au devant qui est trop long? Terminer mon examen # 4 en création littéraire? Mieux encore. Je travaillerai sur ce que je considère comme mon premier test, ma première épreuve. Et je l'avoue, ça me rend un peu fée-brile…

J'apprenais récemment que les commandes attendues ne viendraient pas. Qu'il est possible que je n'en reçoive pas avant des mois. Lorsqu'on est travailleur autonome, comme je le suis, ce ne sont pas de bonnes nouvelles. Étant seule actionnaire dans ma compagnie, je n'ai pas droit aux prestations d'assurance chômage. Inquiétant. Très très inquiétant. Cependant il semble que ce soit cette catastrophe annoncée qui m'ait décidée à enfin proposer mes mots à l'équipe d'une boite de marketing dont j'admire le travail et l'originalité. Mon idée a été retenue et pour le moment, on n'a besoin que d'un texte mais je tenterai d'en présenter deux afin de leur donner le choix. Le genre? Courte histoire pour enfant. Le thème? Noël!

Depuis toujours, j'estime que "rien n'arrive pour rien"; je verrai bien si j'ai eu raison cette fois encore d'y croire.

Avant de vous quitter pour faire jouer le CD de Noël du Chœur de l'Archipel, question de me mettre dans l'ambiance, j'ai envie de vous montrer le plancher du salon. Ça valait bien quelques courbatures, non?



Plancher du salon après le nettoyage à la laine d'acier et quatre couches de vernis.

dimanche 17 août 2008

Toucher du bois…


Malgré qu'il y ait une infinité de travaux, petits et gros, à faire dans la maison pour la rendre encore plus jolie qu'elle ne l'est déjà, je m'attaque à ceux qui feront la différence, qui auront un impact réel, à ce qui saute aux yeux. Les autres, ceux de moindre importance, comme l'aménagement final et la décoration, je les garde pour la fin, comme un dessert, une récompense. Mais sincèrement je préférerais être privée de dessert par un acheteur qui serait tombé amoureux fou de ma petite maison rouge!

Prochaine étape des travaux? Le plancher du salon. A l'origine, à l'étage il y avait trois chambres et une salle de bain. En 1995, lors de l'achat, le mur qui séparait deux des chambres fut démoli pour faire une grande pièce. Le hic, c'est que le plancher de bois franc, jadis, fut posé une fois les divisions intérieures érigées. Par conséquent, à l'emplacement de la cloison qui séparait les chambres, il n'y avait que le sous-plancher qu'on apercevait 1 cm plus bas. Comme il était impossible de "raccorder" les lattes d'une chambre à l'autre, celles-ci n'étant pas alignées, je choisis de faire poser des planches de bois transversalement, suivant le tracé des anciens murs. Les ouvriers que j'avais engagés l'année dernière pour régler une fois pour toute ce cas de "il faudrait bien…", étaient sceptiques mais je tins mordicus à mon idée. Une fois le travail terminé, ils durent reconnaître que le résultat était des plus jolis.

Bref, j'en suis à ce plancher. C'est-à-dire à la première moitié du salon délimitée par les planches transversales. Il semble que les lattes de bois des trois chambres de l'étage furent sablées il y a très longtemps, sans doute bien avant 1995. Au fil des ans, le bois nu accumula taches, cernes, saleté, gouttes de peinture et de plâtre. Un beau défi, quoi! Évidemment, j'aurais pu utiliser une sableuse. Le travail aurait été exécuté rapidement et j'aurais peut-être réussi à faire disparaître la majorité des marques. Mais je l'avoue, juste à imaginer la quantité de poussière de bois que ce procédé aurait occasionné, si j'en juge par celle qui a envahi la maison lorsque j'ai sablé les marches de l'escalier, recouvrant même les murs, cela me donna envie d'utiliser un procédé plus lent, plus zen et sans poussière. Car la poussière, je déteste. Vraiment beaucoup. J'abhorre l'époussetage. Donc, j'ai eu recours une fois de plus à la laine d'acier inoxydable, comme celles qu'on utilise dans la cuisine. A part l'exercice intense et les quelques courbatures dues à la position de Cendrillon (ou de Donalda…), cela ne fait aucun dégât et donne un résultat des plus satisfaisants. Cool, très très cool…

Pour éviter que le bois nu ne se salisse, j'ai déjà appliqué deux couches de vernis. Il me faudra maintenant boucher des trous dans lesquels passaient des tuyaux et des fils électriques et un autre, rectangulaire, vestige de l'ancien système de chauffage à air forcé. Ici les ciseaux à métal ne me seront d'aucun secours. J'utiliserai plutôt ma toute nouvelle et toute neuve scie sur table dont j'ai enfin terminé l'assemblage hier après-midi. Il me tarde de me servir de ce nouveau joujou! Oui, Grand Frère… je serai très prudente et je porterai des lunettes protectrices. Bien sûr Blanche-Neige, j'enfilerai mon gant de coupe en "cotte de mailles". Ah, ces mecs! Dès qu'une fille joue dans leur cour, ils imaginent les pires catastrophes. Quoique…

Le plancher avant qu'il ne soit nettoyé à la laine d'acier ...

vendredi 15 août 2008

Des nouvelles du paradis…


J'étais à genoux à frotter énergiquement les lattes de bois du plancher du salon lorsque le téléphone sonna. Je jetai un rapide coup d'œil sur l'afficheur pour découvrir que l'appel provenait des résidences Saint-Pierre.

Ciel! Me suis-je dit. Qui cela peut-il être?

C'était Michel. L'époux de ma tante et marraine qui est décédée le 30 juin dernier. J'étais heureuse de l'entendre, qu'il ait pris le temps de me téléphoner. Je savais qu'il avait emménagé dans une résidence pour personnes retraitées; il avait visité l'endroit au printemps dernier avec ma tante. Tous deux âgés et de santé plus fragile, ils avaient décidé qu'il était temps pour eux de franchir cette étape qui est celle de dire adieu à leur maison. Ils étaient prêts… mais comme me le dit Michel, Yolande est "partie avant".

Je le questionnai à savoir s'il aimait son nouvel environnement. "-C'est un véritable paradis!" me répondit-il, enthousiaste. Cette résidence est située dans la ville natale de Michel et parmi les pensionnaires, il a retrouvé plusieurs amis et connaissances. Ce gentil monsieur, ancien directeur d'école, érudit et passionné trouvera un auditoire à sa mesure. Malgré l'absence de ma tante qui se fait sentir, la flamme brille haut et fort et il me le confirma en déclarant: "-Je ne suis pas pressé d'aller dans l'autre paradis". Cette phrase me soulagea. Ses enfants, ceux qu'il fit siens il y a longtemps en épousant ma tante qui était alors veuve, craignaient que leur père d'adoption ait perdu le goût à la vie suite au départ de leur mère. Il semble qu'il n'en soit rien. Son cœur certes gardera cette grande blessure pour toujours, mais l'amour qu'il porte à ses enfants, à ses nombreux petits-enfants, à la musique, à la nature et à la vie en général est plus fort que la mort.

Avant de raccrocher, Michel me dit: -"Je t'embrasse, et Yolande aussi." Ces mots me déchirèrent le coeur. Je le revis, debout près du cercueil de ma tante, sa main effleurant le visage de celle qu'il avait tant aimé et se penchant pour lui chuchoter à l'oreille. Et je compris. Je compris que si la mort avait ravi le corps torturé de son épouse, son esprit et son souvenir, eux, étaient encore vivants pour Michel. Je compris aussi que l'amour peut vaincre de tout et que c'est cet amour qui lui donne envie de vivre intensément le temps qui lui reste.

Je n'aurais pu souhaiter de meilleures nouvelles du paradis…

jeudi 14 août 2008

Puisque vous avez été sages…


J'ai enfin terminé la métamorphose du contre plaqué de la salle de bain; ça s'annonçait comme un petit travail tout simple à réaliser. Simple? Hum…

C'est que, voyez-vous, j'aime improviser. Évidemment je dresse un plan approximatif mais en cours de route je le transforme, j'hésite et par conséquent, il peut se produire que le travail s'avère plus long. Beaucoup plus long.

Il m'arrive même de faire des choses non recommandables. Pas comme celle de sauter des étapes, non. Mais de les mélanger, oui. Et c'est ce que j'ai fait avec ce bout de plancher dont la plus grande partie se trouve sous le bain, rendant difficile l'application de peinture à moins d'être une contorsionniste, et encore… Mon improvisation m'a amenée à appliquer trois couches de peinture et quatre de vernis. Oui, sept au total…

Au départ je voulais simplement peindre le contre plaqué en blanc. Rien de compliqué et ça "ferait propre". Mais voilà qu'une fois peint, ce grand rectangle me sembla bien ordinaire et pas du tout original. Me vint alors l'idée d'y ajouter des motifs. Pourquoi pas des cercles? Mon rideau de douche a des pois dans des tons de bleu et de vert. Un rappel des formes et des teintes me plaisait.

Jusque là, pas de problème. Les trois couches de blanc étaient déjà appliquées et les petits cercles seraient faits par étampage à l'aide d'éponges que j'avais sculptées. Cela leur donnerait un contour un peu inégal qui serait du plus bel effet. Et surtout… une seule application de peinture serait nécessaire. J'étais drôlement fière de l'idée. Cool!

Toutefois, le plancher blanc à pois bleus et verts ne s'avéra pas aussi intéressant que je l'avais cru. Mais bon, je n'allais pas y passer la semaine! J'appliquai donc une couche de vernis pour rendre la surface lustrée et facile à nettoyer puis je laissai sécher. Lorsque vint le temps de la seconde couche de vernis, à peine avais-je ouvert le gallon, qu'une petite voix se fit entendre. Vous savez, LA petite voix! Trop tard pour l'ignorer… Elle me chuchota que si j'avais peint le plancher en jaune-vert au lieu d'en blanc, cela aurait été vraiment plus joli. Euh…elle n'aurait pas pu se manifester avant, celle-là, non???

Bon… Récapitulons: Le vernis était déjà appliqué. Je commençais à en avoir plein le dos. En principe il était trop tard pour la peinture. A moins que … N'en étant pas à une bêtise près, je décidai de mélanger un peu de jaune-vert au restant de mon vernis et j'en étalai une couche sur le plancher. Non seulement cela fit-il des stries jaunâtres, mais je voyais bien que je ne pourrais me contenter d'une seule couche de ce vernis coloré. Arghhhhhhh...

Deux heures plus tard, j'étendis donc une autre couche de vernis teinté qui, si elle ne réussit pas à uniformiser le jaune, arriva presque à masquer les pois… Eh misère! Cette fois-là, je n'attendis pas que ça sèche. Je trempai mon pinceau-éponge dans le vernis jaunâtre et je badigeonnai généreusement le plancher. Et je repassai ici, en ajoutai là. Encore et encore. Après un long moment, je me relevai et reculai pour voir l'œuvre dans son ensemble. Wow! Vraiment… wow!

Il ne me restait qu'à refaire les pois bleus et les verts. Et comme il m'arrive parfois d'avoir des bonnes idées, j'avais conservé les petites étampes en éponge au lieu de les jeter comme je faillis le faire…

Ça vous dit de voir le résultat?

Avant...

Après...